Actualités :: Violences conjugales : Une cause de décès fréquents chez les femmes

Considérée comme un des obstacles à l’épanouissement humain, la violence touche toutes les couches sociales sans distinction et demeure un problème universel. Au Burkina, les violences faites aux femmes constituent une préoccupation majeure pour les autorités du pays mais la plupart des victimes préfèrent souffrir en silence. Pour en savoir plus, lisez plutôt !

« L’année dernière, une femme mariée s’est faite excisée sur des menaces et intimidations de son mari », nous a avoué la directrice des affaires juridiques du ministère de la Promotion de la femme, Mme Marie Bernadette Tiendrébéogo. Elle nous a révélé que certaines violences ont été intériorisées et nationalisées si bien que la plupart des femmes victimes préfèrent souffrir en silence. Et cela pour des multiples raisons.

Entre autres, la lenteur administrative, voire la complicité de l’administration.

« Si vous allez porter plainte en sachant que votre cause est perdue d’avance, autant rester chez vous ! Et tant qu’il n’y a pas de plainte, on ne peut pas imaginer le nombre de victimes », nous a affirmé Mme Tiendrébéogo. Ainsi, les coups et blessures sont gérés en silence.

Selon Mme Tiendrébéogo, c’est quand les femmes n’en peuvent plus, qu’elles viennent vers le ministère de la Promotion de la femme pour se faire entendre. C’est le cas par exemple de la suspension de la pension alimentaire, du problème de succession ou de lévirat, etc. Dans ce sens, elle a expliqué que la mission de la structure qu’elle dirige est de faciliter l’accès des femmes à la justice. « Nous ne sommes pas une juridiction mais nous collaborons avec les associations, ONG et toutes les structures œuvrant à l’émergence de la justice », a-t-elle précisé.

Définitions de la violence

Mme Tiendrébéogo : « Généralement, les femmes viennent vers nous en larmes. Nous les consolons, les écoutons et les orientons sur la démarche à suivre ou vers d’autres structures ».

Selon le droit civil, la violence se définit comme tout fait de nature à inspirer la crainte telle que la victime donne son consentement à un acte que sans cela, elle n’aurait pas accepté.

Selon le droit pénal, c’est l’ensemble des infractions constituant une atteinte à l’intégrité des personnes.

Pour les Nations unies, la violence contre la femme désigne tout acte de violence fondé sur l’appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer à la femme des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles, morales ou psychologiques, y compris la menace, la contrainte ou la privation de liberté.

La violence à l’échelle mondiale

A l’échelle mondiale, une femme sur cinq (05) a subi au cours de sa vie des sévices corporels ou sexuels perpétrés par un ou plusieurs personnes. Des données statistiques on démontré que 25 % des femmes sont battues pendant leur grossesse. 25 à 50 % des femmes ont été, dans toutes les sociétés, agressées au moins une fois dans la vie par leur partenaire intime, selon l’OMS. Au plan national, en 1962, 99 % des femmes ont subi des violences (d’après les sondages de BISOS).

Les types de violences conjugales

Les violences conjugales sont de diverses sortes. Ce sont notamment les coups et blessures volontaires, les violences verbales et menaces de mort, les attitudes et comportements humiliants, la polygamie, l’adultère du mari, le viol conjugal, l’excision et toutes les pratiques traditionnelles néfastes, le mariage forcé, la répudiation, l’abandon du foyer conjugal par le mari, la non reconnaissance des enfants, le retrait des enfants, le refus de donner la pension alimentaire, le lévirat, l’exclusion sociale, etc.

Les causes des violences conjugales sont liées à la persistance des stéréotypes véhiculés par les médias et le système éducatif, la banalisation de la violence dans la société, la méconnaissance des droits par la femme, la peur du jugement social, la pudeur et la peur d’exposer sa vie privée en public, la non application des textes, le manque de courage de la femme victime à pouvoir se plaindre et à dénoncer son tortionnaire le difficile accès des femmes à la justice, les difficultés financières voire la pauvreté.

Les conséquences sont nombreuses et vont de simples blessures à la mort. Elle peuvent être physiques, sociales, sanitaires ou psychologiques.

Toutes les violences ont, pour conséquence, le traumatisme, la perte de confiance en soi, la douleur, la déchéance sociale. Les conséquences morales sont les plus dures à surmonter. C’est en fonction de sa personnalité que la victime remonte ou pas la pente.

Des solutions

La femme violentée a deux recours. Elle peut saisir le juge civil ou le juge pénal. Dans le premier cas, la femme veut éviter les peines d’emprisonnement ou d’amende pour l’auteur des violences. Elle demande simplement au juge d’intervenir pour faire cesser la violence, ordonner la résidence séparée, prononcer le divorce à la demande de la femme ou condamner l’époux à des dommages et intérêts. Dans le second cas, elle peut porter plainte soit à la police, soit à la gendarmerie, soit saisir directement le procureur du Faso.

L’application effective des textes de loi, le renforcement des campagnes de sensibilisation et d’information sur les droits des femmes et l’action de certaines associations et organisations non gouvernementales (telles que CBDF, RECIF-ONG, Promo-femme, pugsada) et surtout, la politique nationale de promotion de la femme sont autant d’éléments sur lesquels la lutte contre les violences faites aux femmes pourra se reposer. Toutefois, le silence des victimes, la complicité de l’administration, la lenteur de la justice, le manque de mesure d’accompagnement, la qualité de l’auteur des violences limitent l’efficacité de la lutte.

Face à cet état de fait, la direction des affaires juridiques du ministère de la Promotion de la femme suggère, d’une part, la création de centres d’écoute pour les femmes victimes de violences d’autre part, un accroissement de leurs revenus pour leur permettre de résoudre les problèmes matériels. Par ailleurs, une étude par les violences faites aux femmes en vue de les quantifier et de faire l’état des lieux a été initiée sur la direction mais le manque de moyens financiers freine son effectivité.

Aimée Florentine KABORE (kaborette@yahoo.fr)
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