Actualités :: Lutte contre la corruption au Burkina : Le REN-LAC interpelle les trois (...)

Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), en collaboration avec l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), ont organisé une tribune d’interpellation des trois pouvoirs sur l’état de la corruption au Burkina Faso, le jeudi 18 novembre 2021, à Ouagadougou.

Placée sous le thème : « Les trois pouvoirs face à la lutte contre la corruption », la présente tribune d’interpellation se voulait être un exercice de redevabilité auquel allait être soumis l’exécutif, le législatif et le judiciaire pour informer le citoyen sur leurs actions en matière de lutte contre la corruption et l’impunité des crimes économiques au Burkina Faso.

Selon, Luc Marius Ibriga, contrôleur général d’Etat, il était impératif pour eux d’organiser cette tribune au vu de la montée du terrorisme. En effet, il a affirmé qu’il était important pour le REN-LAC de faire le lien entre la corruption et le phénomène du terrorisme afin de pouvoir lutter efficacement contre l’insécurité au Burkina Faso.

Luc Marius Ibriga, contrôleur général d’Etat

« Au vu de l’insécurité grandissante au Burkina, il est clair que nous n’allons pas nous en sortir seuls. C’est pour cette raison que nous avons daigné mettre en évidence le lien existant entre la corruption et le terrorisme, car si la corruption se développe, l’on constate une diminution du patriotisme. Cette situation fera que nous n’arrivons pas à venir à bout du terrorisme », a-t-il laissé entendre.

M. Ibriga a cependant exhorté les trois pouvoirs, l’exécutif, le législatif et le judiciaire, à prendre les éventuelles interpellations avec beaucoup de sagesse et à ne surtout pas se sentir frustrés ou indexés par ces interpellations.

« Je voudrais que ceux qui seront interpelés ne le prennent pas comme une agression mais comme une façon pour les uns et les autres d’exprimer leurs ressentis », a-t-il-confié.

Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du REN-LAC

Pour Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du REN-LAC, le but de cette grande tribune était d’échanger avec les trois pouvoirs sur la montée de la corruption au Burkina Faso.

« C’est une tribune pour interpeler les trois pouvoirs ensemble, pour que ceux-ci puissent écouter ce que ces structures de contrôle étatiques et non étatiques retiennent comme phénomène qui témoigne de l’existence de la corruption dans les secteurs publics », a-t-il martelé.

A cet effet, il a expliqué qu’après avoir effectué une nette amélioration de son classement entre 2015 et 2017 dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency international (TI), en passant de 38 points à 42 points, le Burkina Faso a vu sa note et son rang se détériorer à partir de 2018. En 2020, le Burkina Faso stagnait à 40 points sur 100 et s’était retrouvé 86e mondial sur 180 pays. Cette prouesse était bien loin de l’objectif des 60 points sur 100 qui était visé par le PNDES I.

Remise symbolique du mémorandum

Ce qui est plus alarmant, selon lui, c’est que la phase II du PNDES qui vient d’être adoptée pour la période 2020-2025, a revu à la baisse les ambitions du Burkina Faso en termes d’amélioration de son classement dans l’indice de perception de la corruption de Transparency international, qui a placé la barre cette fois-ci à 45 points sur 100 ; objectif désormais visé pour la fin du second mandat du président du Faso en 2025.

« Le choix de viser en-dessous de la note moyenne de 50 points sur 100 c’est vite fait, comme si le gouvernement se résignait déjà dans la lutte contre la corruption qui prend, chaque jour, des proportions inquiétantes », s’est indigné M. Nacanabo.

Dans le but de venir donc à bout de la corruption au Burkina Faso, les initiateurs de la tribune ont soumis des recommandations aux trois pouvoirs. Ces recommandations ont pour but d’aider ces différents pouvoirs à améliorer la situation du Burkina Faso en matière de lutte contre la corruption et indirectement de lutte contre l’insécurité.

L’assemblée a observé une minute de silence en mémoire des victimes de Inata

Cette tribune avait également pour objectif de transmettre aux trois pouvoirs, un mémorandum.

« Notre cri de cœur à l’endroit de ces différents pouvoirs, c’est qu’ils puissent être exemplaires, montrer la voie à suivre et qu’ils s’engagent avec une volonté politique plus affichée dans la lutte contre la corruption », a conclu Sagado Nacanabo.

Patricia Coulibaly (Stagiaire)
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