Actualités :: Thierry Viry, expert en police judiciaire : « Il y a trop d’enquêtes qui (...)

Fin, à Ouagadougou, ce jeudi 14 octobre 2021, de la formation sur les techniques d’audition au cours de l’enquête judiciaire. Initiée par le Collège sahélien de sécurité, elle a regroupé quinze spécialistes venus des cinq pays du G5 Sahel (Burkina, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad).

Ce sont donc trois participants de la chaîne pénale de chacun des pays (un magistrat, un policier, un gendarme), qui ont, du 4 au 14 octobre 2021 dans la capitale burkinabé, bénéficié de cette formation à la fois théorique et pratique relative à l’audition. Ils ont été sélectionnés avec rigueur par le point focal du G5 Sahel de chaque pays, apprend-on.

Le but est d’améliorer le résultat des enquêtes à travers l’amélioration de la qualité des auditions, précise le formateur, Thierry Viry, expert en police judiciaire. « Il y a trop d’enquêtes qui n’aboutissent pas, parce que les auditions ne sont pas bonnes. Donc, en améliorant la qualité de l’audition, on améliore la qualité de l’enquête. (…).

Le but de cette formation était de leur enseigner une technique d’audition des victimes, des témoins ou des auteurs, lors de l’interrogatoire au cours de l’enquête judiciaire. L’idée, c’est d’abandonner des pratiques qui ne sont pas bonnes (éviter les méthodes frontales, la brutalité…) pour obtenir la vérité de la bouche de personnes entendues. Le but final est d’améliorer les résultats de l’enquête.

Le porte-parole des participants, le Lieutenant-colonel Abdoulaye Haïdara (à droite), recevant son parchemin.

A partir du moment où on améliore le contenu des auditions, forcément, on améliore le résultat des enquêtes. Et lorsqu’il y a de bonnes auditions prises par des officiers de police judiciaire, on facilite le travail des magistrats par la suite. Si le juge d’instruction a de bonnes auditions en mains, il pourra mieux préparer le procès pénal. Donc, c’est toute la chaîne pénale qui bénéficie d’une amélioration de la qualité des auditions », explique Thierry Viry, colonel de gendarmerie à la retraite.

Le formateur, Thierry Viry

D’après lui, la formation a été donnée à travers des cours théoriques, mais surtout des cas pratiques, concrets ; les participants ont été soumis à des scènes de crime. Ensuite, ils ont réalisé des auditions, comme dans un commissariat, une brigade de gendarmerie, comme dans le bureau d’un juge d’instruction, détaille M. Viry.
Baptisée « Plume Sahel », la promotion a, par son porte-parole, le lieutenant-colonel Abdoulaye Haïdara du Mali, dit toute sa satisfaction du contenu de la formation et traduit sa pertinence pour le travail de terrain. C’est pourquoi les participants ont souhaité d’autres actions afin de leur permettre, à eux praticiens, d’accéder aisément aux techniques et données indispensables dans l’exécution des tâches.

‘’Savoir tirer du silence, des éléments probants …’’

Le G5 Sahel, par cette formation, démontre que les pays qui le composent sont aujourd’hui sur le bon chemin pour relever les nombreux défis auxquels ils font face, loue la promotion « Plume Sahel ». Elle a également témoigné sa gratitude à l’Union européenne, aux forces-vives du G5 Sahel, aux autorités burkinabé ainsi qu’à tous les experts qui se sont impliqués pour le succès de cette formation.

L’inspecteur général de Police, Alain Joachim Bonzi, représentant du coordinateur du comité national de coordination des actions du G5 Sahel pour le Burkina Faso.

L’inspecteur général de police, coordonnateur national de la plateforme de coopération en matière de sécurité et représentant le coordonnateur du comité national de coordination des actions du G5 Sahel pour le Burkina Faso, Alain Joachim Bonzi, se dit persuadé que le G5 Sahel va tirer le meilleur profit de la lutte contre l’hydre terroriste. Il invite les participants à mettre en œuvre les acquis engrangés lors de la formation et à les dupliquer. Alain Joachim Bonzi souhaite donc d’autres formations au profit d’autres acteurs de la chaîne pénale de la sous-région.

« L’interrogatoire semble être un peu musclé. L’audition vise à recueillir le maximum d’informations pour aider à éclairer les dossiers. Surtout qu’aujourd’hui, nous avons affaire au terrorisme, la méthode doit être affinée pour que le travail puisse produire des résultats escomptés. Vous savez que le terrorisme est plein de ramifications et de beaucoup de silence. Il faut savoir tirer du silence, des éléments probants permettant à la chaîne judiciaire de faire son travail », justifie l’inspecteur général de police, M. Bonzi.

Le capitaine de Police Elisabeth Traoré du Mali, recevant son attestation du Procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, Laurent Poda.

« Ils sont tous des responsables d’enquête dans leur pays, des unités de police judiciaire. (…). Le phénomène terroriste, après les actions sur le terrain, il est question, de plus en plus, de judiciariser les champs d’opérations. Donc, quand un terroriste est appréhendé, il faudrait bien qu’il y ait une suite judiciaire à cette arrestation. C’est dans ce second segment de la lutte qu’on se situe, à savoir la judiciarisation. Il faut donc outiller les acteurs judiciaires pour relever le défi dans cette action de la judiciarisation de la lutte contre le terrorisme », apprécie le coordonnateur du Collège sahélien de sécurité (CSS), Sékou Nama Coulibaly, soulignant que c’est la 32e activé, du genre, organisée par la structure.

« L’Union européenne est à vos côtés, elle vous soutient, elle fait le maximum de ses possibilités, et bien-sûr, en retour, elle entend que vous fassiez le maximum. La situation est urgente, tout le monde le sent », a déclaré le représentant de la délégation de l’Union européenne, Didier De Bonneval, pour qui ce genre de formation est toujours un petit plus dans la lutte contre la criminalité.

Pour mémoire, le Collège sahélien de sécurité (https://www.g5css.com/) est un outil de formation du G5 Sahel. Il a pour objectif de constituer un réseau des acteurs de la sécurité, de la chaîne pénale et de la société civile (agents des forces de l’ordre, magistrats, auxiliaires de justice, membres de la société civile, dignitaires religieux etc.). Il assure également la formation continue des cadres des forces de sécurité intérieure et de la justice.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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