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Député Elisée Kiemdé : Les militants UPC du Bazèga dénoncent une « fraude à la loi » par l’appartenance à la fois à l’UPC (opposition) et à la majorité

vendredi 6 octobre 2017.

 

C’est la substance de la conférence de presse organisée dans la matinée de jeudi, 5 octobre 2017 au siège national du parti, Union pour le Progrès et le Changement (UPC), par les responsables des sous-sections de la province du Bazèga (circonscription d’où est élu le mis en cause). Par cette sortie, les militants UPC de cette localité exigent la démission du député de l’Assemblée nationale, synonyme de la remise du mandat électif aux mandataires (électeurs).

Les responsables locaux du « parti du lion » se veulent clairs : Elisée Kiemdé doit démissionner, dans un bref délai, de l’Assemblée nationale pour laisser la place à son suppléant.

Cette sortie fait suite à une lettre ouverte adressée à l’intéressé, le 25 septembre 2017, par laquelle, les militants de ladite province demandaient cette démission.

« Les militantes et militants du Bazèga exigent, dans les plus brefs délais, que le député Kiemdé démissionne de l’Assemblée nationale pour que le mandat qu’ils ont acquis de haute lutte leur revienne », a lancé le secrétaire général de la sous-section UPC de Kombissiri, Clément Pacmogda

Pour rappel, c’est à sa session extraordinaire du 20 juillet 2017, que son bureau politique national a exclu Elisée Kiemdé du parti pour « connivence avec des partis politiques adverses pour nuire à l’UPC, désertion des réunions du parti depuis près de deux ans et refus de s’expliquer ».

Selon les conférenciers, « la goutte d’eau ayant fait déborder le vase a été son refus d’obéir à la discipline du parti lors du vote de la loi sur les Partenariats publics-privés (PPP) ». A la charge du député Kiemdé également, des manœuvres avec le défunt président du parti au pouvoir, alors président de l’Assemblée nationale, pour « liquider » le parti dans le Bazèga et dans la région du Centre-sud (d’où relève la province) et bien d’autres manœuvres dans le cadre de ce projet.

A en croire les conférenciers, le député Kiemdé a fait une fraude à la loi, en jouant à la fois pour l’UPC (opposition, ndlr) et pour la majorité présidentielle.
Selon les conférenciers, suite à la lettre ouverte (sus-mentionnée), le député Elisée Kiemdé a réitéré son engagement à céder le mandat. « Mais, son idée était peut-être de le faire à six mois de la fin de la législature ! », analysent les conférenciers avant de réitérer la requête des militants de la province de voir, dans un bref délai, sa démission de l’Assemblée nationale.

Dans cette détermination, les conférenciers ont déclaré que les militants du Bazèga se réservent le droit d’entreprendre toute action qu’ils jugeront utiles, pour réclamer leur siège dont le député veut faire sa propriété.

Quid donc de l’interdiction du mandat impératif du député ? Sur cette question, les conférenciers ont déclaré que l’exigence des militants du Bazèga respecte bien ce principe que stipule que tout mandat impératif est nul.
Après démonstrations de l’évolution de ce principe (inscrit dans la Constitution de juin 91), le juriste Kouliga Nikiéma (sous-section UPC de Saponé) a indiqué qu’une jurisprudence (un précédent, Conseil constitutionnel du Burkina) existe même en la matière.

Par voie de conséquence, disent-ils, l’UPC, par cette démarche, ne viole pas la règle de l’interdiction du mandat impératif du député. C’est pourquoi, à défaut d’obtenir cette démission, les responsables du parti comptent l’obtenir via les procédures devant les juridictions compétentes.

Lire aussi : UPC : Les militants de la province du Bazèga demandent la démission du député Élysée Kiemdé
O.O
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