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Décès de Mathias Sorgho

mardi 4 mai 2004.

 

Comme nous l’écrivions également, son retour aux ancêtres est intervenu dans des circonstances dont on a rarement enregistré des précédents dans les annales nécrologiques de notre pays. Son départ est en effet intervenu la veille même du jour où devait retourner en terre du Burkina Faso la dépouille mortelle de son fils jumeau et aîné, Germain Sorgho, fonctionnaire international au siège régional de l’OMS à Brazzaville (Congo) au moment de sa disparition.

Toujours de source proche de la famille, il était dans sa cour avec son barbier quand il a été pris de malaises. Tout s’est joué en l’espace d’une demi-heure.

Les obsèques, initialement prévues pour son fils Germain, s’en sont trouvées alors bouleversées. Car si la veillée a bel et bien eu lieu le vendredi de 20h à 22h, l’inhumation, elle, n’interviendra que ce mardi après la cérémonie religieuse à l’église Ste-Rita à Moaga (Tenkodogo) à partir de 10h, cette fois à côté de son père, comme il l’aurait lui-même souhaité par testament, selon certaines confidences. Le corps du père a été transféré dès le vendredi 30 à la morgue de l’hôpital Yalgado, où l’a rejoint le samedi 1er mars celui de son fils.

Une messe de requiem commune a été célébrée hier à 18h en la cathédrale de l’Immaculée Conception. Les corps ont été transférés à Moaga ce matin de bonheur.

Qui était Daogo Mathias Sorgho ?

Né selon l’état civil en 1920, il est de la lignée des premiers instituteurs publics de notre pays. A ce titre, il a été notamment premier directeur de l’école publique de Houndé de 1943 à 1950 puis de l’école de Taamsin, actuelle Ouaga-sud de 1951 à 1954. Elu conseiller territorial de Tenkodogo en 1952, il entamera à partir de 1954 une prodigieuse carrière politique dont les principales étapes sont les suivantes :

- Président de l’Assemblée territoriale, ancêtre de l’Assemblée nationale (1954-1957) député UDV (1959) ;

- ministre de la Santé publique (de février à décembre 1958) ;
- ministre de la Jeunesse et des Sports (de décembre 1958 à avril 1959) ;

- ministre des T.P., des Transports et des Communications (d’avril 1959 à février 1960) ;

- ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports (de janvier 1961 à mai 1961) ;

- ministre de l’Education nationale (de mai 1961 à octobre 1963) ;

- ambassadeur de la Haute-Volta à Paris de 1963 à 1966.

Malgré cette brillante carrière politique et toutes les facilités auxquelles cela donnait accès en son temps, les gens sont unanimes à reconnaître que Mathias Sorgho fut un exemple de droiture, non seulement comme serviteur de l’Etat, mais aussi et surtout comme père de famille (à juger par ce qu’il fit de ses 10 enfants, 2 garçons et 8 filles) ainsi que comme époux inséparable de sa moitié, Hélène.

Comment oublier enfin que ce fut un homme de foi, et à ce titre un grand bienfaiteur de l’Eglise catholique burkinabè...

La rédaction du journal, où il compte quelques anciens élèves, s’associe au double deuil de la famille Sorgho.

L’Observateur



Vos commentaires

  • Le 2 novembre 2013 à 06:41, par Duke Williams. En réponse à : Décès de Mathias Sorgho

    Dear Germain Sorgho and Family,
    Although several years have passed, please accept my profoundly belated condolences.
    Respectfully,
    Dr. Duke Williams (USA).

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