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Nouveau Code électoral : le gouvernement entend respecter la volonté du peuple

17 avril 2015, 20:50, par Sidpawalemdé Sebgo

Merci pour cette déclaration. Le gouvernement est dans son rôle de calmer le jeu, mais la référence au "sens élevé du débat démocratique" me semble un peu exagéré au vu de la stratégie adopté par l’ancienne majorité. En effet, en lieu et place d’un débat démocratique élevé, que constatons nous :

1°) Une remise en cause systématique de la légitimité du CNT et du gouvernement de transition. Alors même qu’ils sont signataires de la charte de la transition, laquelle instaure toutes ces institutions, ils distillent avec insistance la "non légitimité du CNT" pour contester la nouvelle loi électorale.

2°) Une remise en cause de la légitimité du conseil constitutionnel. Alors même qu’ils ont contesté la nouvelle loi électorale devant cette juridiction, de nombreuses déclarations de leurs fidèles la remettent en cause. Cela est encore plus inquiétant si on considère que c’est lui qui doit valider les résultats des élections. Ils s’apprêteraient à contester le résultat des urnes qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

3°) Le négationnisme version Burkinabè est la mode du moment chez ces anciens dignitaires. Des demandes de pardon au peuple et des tournées chez les personnes ressources, on en est venu à "on n’a rien fait de répréhensible", "c’était une divergence d’opinion politique", "le changement de l’article 37 n’était pas anticonstitutionnel", "ce sont les insurgés qui ont violé la constitution". Ce langage fait bien sûr l’impasse sur les morts et les supposés achats de votes et séquestration d’élus avec menaces.

4°) Chaque occasion est utilisée pour fragiliser les dirigeants de la transition et les mettre en difficulté, manifestations, attaques personnelles, pressions multiformes pour tout régler en quelques semaines, etc... On voudrais faire tomber la transition qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

5°) La "victimisation" est systématiquement utilisée dans les communications des anciens dirigeants. Les termes "inclusion", "droits de l’homme", "liberté d’expression", "élections libres et démocratiques" sont usées et abusés par des gens qui ont foulés aux pieds ces notions pendant des années mais qui se posent maintenant en victimes persécutées. Cette communication est surtout dirigée vers la communauté internationale, mais elle trouve aussi des échos localement auprès des gens sensibles qui de bonne foi se retrouvent à défendre nos bourreaux d’hier.

Que peut gagner l’ex majorité dans cette attitude ? Quel est leur agenda ? Si on prend délégitimation des institutions+contestations des résultats des élections+recherche de sympathie, on ne voit pas quel démarche démocratique se dégage de cela. On ne peut penser qu’aux choix du désordre comme issue à leur crise. Et cela, c’est un danger pour tout le pays. C’est le rôle du gouvernement d’anticiper et de nous protéger de ces dangers.


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