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Bityaar : Un projet de bourse africaine qui veut révolutionner l’économie

5 octobre 2021, 13:36, par Sidpawalemde Sebgo

Monsieur @Ouarme Inoussa : Quand on parle sérieusement, il faut éviter de parler "sentiments".
Les nouvelles opportunités qu’offrent la technologie de la blockchain, notamment le financement décentralisé, sont trop importantes pour nos pays pour qu’on laisse une mauvaise communication dénigrer et décrédibiliser la chose.

Les financements que les banques commerciales, internationales et le FMI nous refusent et qui nous empêchent de décoller, on peut les avoir par ce moyen, pratiquement sans limite. Mais il ne faut pas laisser des faux-types gâter le nom de la chose !

En rappel, la promotrice de "onecoin", Ruja Ignatova, a disparu avec environs 3,5 milliards de dollars américains, récoltés pour son "projet" de "nouveau bitcoin". Des pays ont déjà commencé à interdire les activités liées aux crypto-monnaies à cause des mauvais comportements.

Parlant de révolution, la description de la "future plateforme" c’est exactement celle de Binance, lancée depuis 2017 par Zhao Changpeng et d’autres plateformes comme CoinBase ou Kraken. Soyons sérieux, prendre "L’enfant noir" de Camara Laye, en changer le titre et l’auteur, ce n’est pas "révolutionner la littérature" !

La première remarque est que l’article ne donne aucune information élémentaire sur le projet ou ses promoteurs, mais s’étend surtout sur la description des futurs services.
Aucun nom, aucune adresse, aucun montant, aucune localisation, aucun contact, aucun site internet, Facebook ou autres. Ça semble devenir une habitude de lefaso.net d’ailleurs.

Il faut chercher beaucoup (Google ne donne rien, il faut passer par le Facebook de SNTT) pour trouver leur site , et lire leur "white paper" (tous exclusivement en anglais !) pour avoir une partie de ces informations. A quoi servent alors une conférence et des articles de presse ? Mais parlons-en quand même.

1°) La feuille de route, ou "road map" n’existe pas. Il est juste dit que l’idée est née en 2018 et qu’il y aura quelque chose au "deuxième trimestre 2022" dans l’article.

2°) Le livre blanc ou "white paper", est sensé résumer le projet, comme un plan d’affaire montre aux investisseurs potentiels que l’entreprise est bancable. Ici, il se borne à décrire (exclusivement en anglais) des services déjà existants sur d’autres plateformes sans aucune indication de comment on va le réaliser, quand et avec quoi, avec qui. Même simplement le mode de consensus de la future blockchain Bityaar (très important pour son impact énergétique donc sa durabilité) semble encore non défini.

3°) L’équipe de projet (jolis T-shirts hein...), n’est pas détaillée dans l’article. Le "white paper" lui indique que le promoteur principal a des compétences en programmation. Mais quelles sont leurs compétences en finance internationale ? En sécurité contre les "hackers" ? En droit international des affaires ? Quelle est leur expérience en gestion d’actifs ? Leurs casiers judiciaires sont-ils tous vierges ou est-ce des "brouteurs" reconvertis ?

Le caractère "africain" sensé être un plus, est contredit par des noms russes et/ou ukrainiens qui semblent les vrais patrons de la chose, donc même ça c’est pas très convaincant.
Que dire des membres de l’équipe qui préfèrent garder l’anonymat ? Qui irait déposer son argent sur une plateforme conçue par un "hacker" qui a sans doute prévu une porte dérobée pour se servir ?

4°) La levée de fonds se fait sur Binance, la plus grande plateforme de crypto-actifs du monde. Cette méthode est supposée ouvrir aux investisseurs déjà initiés aux crypto-actifs dans le monde entier. Mais étonnamment, la liste blanche des futurs investisseurs s’adresse spécifiquement au Burkina, à la Cote d’ivoire, au Cameroun, au Sénégal, à la Mauritanie, au Togo et au Bénin. Notons qu’un seul de ces pays est (partiellement) anglophone mais que c’est la seule langue retenue pour la présentation.
C’est paradoxal, surtout quand aucune indication n’est donnée sur ce qu’est une IDO, ou comment y participer alors que ces notions sont nouvelles pour beaucoup en occident à plus forte raison dans ces pays !

Même si les promoteurs sont de bonne foi, ils savent (s’ils ont fait leurs devoirs) que 70% des projets dans ce domaine échouent parce que mal ficelés, et que 20% (au moins) sont de pures arnaques. Il leur appartient donc de "montrer patte blanche" s’ils veulent être écoutés par une population qui a vu défiler année après années des "opportunités" (marketing de réseau, trading, etc) qui sont parties avec leur argent, et sont toujours en suspens en justice.

Nos amis comptent récolter pas moins de 20 millions de dollars (11 milliards de Fcfa) avec nous, cela justifie qu’on pose quelques questions "kan miême" ? De deux choses l’une : Soit l’article rendant compte de leur présentation ne leur a pas rendu justice, soit ils doivent faire des efforts en communication. Je penche pour la seconde...

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