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Souleymane Yaméogo, candidat à la présidence de la Fédération du basket : « Nous allons redonner au basket son lustre d’antan »

Accueil > Actualités > Sport • LEFASO.NET • mardi 4 août 2020 à 22h25min
Souleymane Yaméogo, candidat à la présidence de la Fédération du basket : « Nous allons redonner au basket son lustre d’antan »

Les acteurs du basket seront appelés le 22 aout 2020 à élire le président de la Fédération burkinabè de basketball. Avant cette date, la campagne bat actuellement son plein, avec certes moins de bruits qu’au football. Deux amoureux de la balle au panier vont à la conquête des électeurs : Charles Bado et Souleymane Yaméogo. Dans cette interview, le dernier cité, parle de ses ambitions pour la discipline et de la manière dont il compte y parvenir. « Redonner au basket son lustre d’antan », tel est le credo de Souleymane Yaméogo. Lisez !

Lefaso.net : Certains vous ont découvert lors de votre déclaration de candidature, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Souleymane Yaméogo : Je suis Souleymane Yaméogo, gestionnaire des ressources humaines à la Sonabhy. Je suis amoureux de la balle au panier depuis mon enfance. Je n’ai pas eu la chance de pratiquer à fond cette discipline mais cet amour a fait qu’en 1995, nous avons mis en place la section basketball de l’AS Sonabhy que j’ai présidée. Durant mon mandant, nous avons remporté des trophées, des coupes et j’ai fait de l’AS Sonabhy basket l’une des équipes phares de notre championnat, bien entendu avec des collaborateurs.

En 2008, fort des réalisations, nous avons d’avantage réfléchi pour promouvoir le basket. Nous avons créé l’Association pour la promotion du basketball (APROBA). Des activités ont été menées. La première activité a été le Festival Vacances basket au profit des enfants de 3 à 10 ans.

La deuxième a été le Tournoi de l’intérieur. Dans nos régions, des élèves et des étudiants pratiquent le basket mais ils n’ont pas la chance de se faire voir. Nous avons donc monté des dossiers et grâce à des appuis, nous avons pu organiser le Tournoi. Ce qui a permis à ceux de Ouaga et de Bobo de reconnaitre le mérite de certains joueurs de l’intérieur. Le club de Banfora, qui est érigé aujourd’hui en district, est illustré lors de ce tournoi.

Comme troisième activité, nous avons organisé le Tournoi de l’intégration. Nous avons pu réunir des équipes masculines et féminines du Bénin, du Niger et du Burkina, pendant une semaine, dans le cadre de ce tournoi. L’autre activité que nous avons organisée a été la Nuit du basket. Elle était l’activité phare qui regroupait tous les acteurs de la balle au panier au cours d’une nuit.

En 2013, nous avons remporté la première édition de la Coupe du Faso. Et en 2016, je suis passé président central de l’AS Sonabhy qui compte les sections basket et handball. En 2019, j’ai passé le flambeau à d’autres camarades à qui je souhaite bon vent.

J’ai, par ailleurs, été vice-président de la Fédération en 2005 pendant le mandat de Mohamed Drabo. En 2010, il y a eu une petite crise et le bureau a démissionné. En 2016, j’ai été 3e vice-président sous Joachim Baki.

Vous êtes candidat à la présidence de la Fédération burkinabè de basket. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ?

Nous avons fait, avec un certain nombre d’acteurs du basket, l’état des lieux et nous avons décidé de donner au basket son lustre d’antan, de le crédibiliser au près des partenaires et les basketteurs eux-mêmes.

C’est une profession de foi qui doit se manifester, selon moi, sur deux actions fortes. La première est de promouvoir l’esprit de coopération et non de confrontation. Parce qu’il faut qu’on arrive à travailler ensemble avec le souci de l’objectif général.

La deuxième action forte va consister à faciliter le travail en équipe. Nous devrons travailler dans un climat d’entraide et de coopération. Ainsi, il faut donc savoir déléguer et faire confiance, être à l’écoute de son équipe, valoriser les compétences des collaborateurs, se remettre en question, montrer l’exemple, savoir reconnaitre l’échec comme la réussite.

Quel programme comptez-vous proposer aux acteurs du basket ?

J’ai construit mon programme sur cinq axes et il tient compte de nos réalités. Le premier axe vise à redynamiser la pratique du basket sur toute l’étendue du territoire. La pratique du basket doit être évidente partout au Burkina parce qu’il ne faut pas qu’on se limite à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Les habitants des villages reculés comme Falangountou pourront-ils aussi pratiquer le basket ?

S’il plaît à Dieu. Si tout est réuni pour cela, nous n’y voyons pas d’inconvénients. S’il y a des plateaux de basket, c’est sûr qu’il y aura des joueurs. Mais il faut noter qu’il n’est pas du rôle de la Fédération de construire des plateaux. Mais ce sont des plaidoyers auprès des décideurs afin qu’ils en construisent. Après cela, les maitres d’EPS vont recevoir les bases pour former des enfants.

Dans notre programme, nous avons prévu mettre l’accent sur les jeunes (filles et garçons). A cet effet, une commission « Jeunes » sera mise en place et sera chargée de faire des propositions. Elle devra se focaliser sur les écoles, les lycées pour la détection des talents et assurer ainsi la relève. Du reste, nous avons eu des rencontres avec le chargé des activités sportives, culturelles et des loisirs de l’éduction (DASCLE) et le directeur de l’USSU-BF.

Outre la détection, il y a le problème des infrastructures sportives qui se pose dans nos établissements notamment pour ce qui concerne le basket. Nous en avons parlé avec les responsables que j’ai cités un peu plus haut et nous sommes convaincus qu’un partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENA-PLN), avec le Ministère des Sports et des loisirs, avec l’ISSDH, avec des collectivités territoriales, avec certaines compagnies de transport, pourra être signé et va permettre d’atteindre cet objectif.

L’axe n°2 de notre programme va consister à l’organisation d’un championnat régulier et structuré dans toutes les catégories. Pour le cas du Burkina, l’activité phare de la FEBA sera l’organisation d’un championnat sur une période de 7 mois. Par contre, un problème se pose avec le basket féminin.

Nous avons remarqué que toutes les politiques qui ont été menées n’ont pas permis de le promouvoir et nous menons la réflexion dans ce sens. Nous avons à ce sujet avec des personnes ressources et cela nous a permis d’élaborer un projet que nous allons soumettre aux amoureux de la balle au panier réunis au sein des ligues et des districts.

La formation va constituer le troisième axe de notre programme. Nous avons pour ambition de former tous les acteurs. Il s’agit essentiellement des dirigeants de clubs, des entraineurs, des arbitres et officiels, les joueurs à travers les regroupements réguliers à travers les équipes nationales ou régionales. Les journalistes sportifs, les statisticiens, les médecins seront également formés.

Pour cela, nous envisageons un partenariat avec le CNOSB et FIBA Afrique. Le quatrième est consacré à la communication. Cet axe est important parce que nous avons relevé que ces dernières années l’une des faiblesses de notre discipline a été le manque de communication sur les activités de la Fédération et entre les acteurs du basket eux-mêmes. Nous voulons y remédier en mettant l’accent sur la communication à l’interne et à l’externe. Pour cela, la conception d’une stratégie de communication sera confiée à des spécialistes en la matière.

Le cinquième est la participation régulière aux activités de la Fédération internationale de basketball (FIBA) pour toutes les composantes (équipes, dirigeants, arbitres, entraineurs, etc.). Si nous avons l’occasion, nous allons former ceux qui sont au pays. Quant aux équipes nationales, nous allons d’abord organiser un championnat digne de ce nom et régulier avant de penser à participer aux joutes africaines.

Le Burkina Faso a déjà participé à l’Afro-basket, quelles sont vos ambitions ?

Pour que le Burkina puisse à nouveau se qualifier à l’Afro-basket dans un court délai, il aurait fallu qu’il n’y ait pas de rupture du championnat. On ne va pas à l’Afro-basket avec quinze ou vingt matchs dans les jambes. Voilà pourquoi nous disons qu’il faut organiser un championnat d’une durée d’au moins sept mois et pendant au moins deux ans avant de penser à l’Afro-basket. Parce que pour moi, il ne suffit pas de participer. On n’ira pas se faire ridiculiser. Malheureusement nous sommes obligés de repartir à la base, reconstruire notre équipe de basket.

Quelle place réservez-vous aux basketteurs qui ont raccroché ?

Ils sont pris en compte dans notre programme. Nous allons arrimer notre organigramme à celui de la FIBA. Il y aura en plus du Bureau exécutif au moins sept commissions. Ils auront donc leur place dans ces commissions et il faudra qu’ils participent activement à l’élaboration de certains outils. Ils pourront aussi se former à l’arbitrage, au coaching, etc.

Comment comptez-vous financer votre programme ?

Notre programme est réaliste et réalisable. Il est vrai que l’argent est le nerf de la guerre et que sur le plan financier, il va falloir batailler dur pour réunir les fonds. A ce niveau, un lobbying a déjà été amorcé afin que nous ayons les moyens de notre politique. Je puis vous assurer qu’il n’y a pas de souci pour cela. Chaque membre du bureau est appelé à se battre pour décrocher des partenaires.

C’est du reste ce que nous avions fait sous Mohamed Drabo et ce que nous avions obtenu n’avait rien à voir avec la subvention du Ministère. En son temps, le champion en sénior garçons avec 1 million de francs CFA comme prix, les dames avaient 750 000, et il y avait des prix dans toutes les catégories. On avait à chaque saison des budgets de 40 à 50 millions de francs CFA.

Comptez-vous augmenter la cagnotte ?

Notre souci majeur est de donner les occasions aux enfants de jouer. Dans notre démarche, nous avons rencontré tous les acteurs de la balle au panier et le principal souci est le manque de jeu. Nous allons nous y atteler et lorsque nous aurons assez de moyens financiers, nous allons augmenter les prix.

Les ligues ont renouvelé leurs bureaux, comment cela se passe pour votre camp ?

Vous pourrez vous renseigner auprès des ligues. Ce sont les clubs qui élisent les districts et les ligues. A ce niveau, je peux vous dire que nous sommes très sereins. Je n’en dirai pas plus.

Vos hommes ont donc raflé toutes les ligues ?

Je vous ai parlé de sérénité. Vous pourrez vous renseigner auprès du président de la Ligue du centre, Bambara Quentin, du président du district du Houet et de celui des Cascades. Certains clubs ne pourront malheureusement pas prendre part aux votes parce qu’ils ne remplissent pas toutes les conditions. Mais je crois que ce n’est que partie remise.

A ces élections, vous aurez comme challenger Charles Bado. Quelles sont vos chances ?

Que Dieu nous donne la santé et qu’on se retrouve le jour des élections. Chacun saura mesurer ses chances.

Est-ce qu’il est possible de voir une candidature unique aux élections ?

C’est possible. Il se peut même qu’avant la date des élections, il y ait un consensus. Il suffit d’être raisonnable, réaliste, de penser au bien du basket, nous aurons toutes les chances, nous qui ne sommes que deux, de trouver ce consensus.

Est-ce que vous avez entrepris une démarche dans ce sens ?

Je l’ai approché à un moment donné et il était d’accord qu’on se revoit. Donc j’attends que mon petit frère Bado vienne me voir pour qu’ensemble nous travaillions pour le rayonnement de cette discipline. Je sais que chacun de nous est passionné par le basket mais pensons à l’intérêt supérieur de cette discipline au profit de nos enfants. Je disais tantôt que quand on est seul on va plus vite mais quand on est nombreux, on va plus loin.

Je voudrais vous remercier et rassurer les acteurs du basket que notre candidature vise à relancer la discipline au Burkina Faso. Pour cela, nous avons le programme le plus solide. Je vous appelle donc à voter pour moi et vous ne serez pas déçus.

Propos recueillis par Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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