Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Tout ce qui vaut la peine d’être fait mérite et exige d’être bien fait» Comte de Chesterfield

Situation de la chefferie traditionnelle et coutumière du Burkina Faso : L’association RACINES en appelle aux autorités politiques, administratives, traditionnelles et coutumières

Accueil > Actualités > Société • Déclaration • mardi 26 mai 2020 à 14h30min
Situation de la chefferie traditionnelle et coutumière du Burkina Faso : L’association RACINES en appelle aux autorités politiques, administratives, traditionnelles et coutumières

Banfora, Diabo, Dori, Guénon, Rizziam (depuis plus de quarante ans), Sebba, Soubéira (même si cette crise qui a éclaté en 1974 s’est résolue d’elle-même avec la disparition des protagonistes), Tenkodogo, Zoaga… et aujourd’hui Fada. La liste des localités, allant des simples hameaux de culture aux anciens grands ensembles traditionnels (royaumes, émirats, grands cantons) dans lesquelles, la succession au trône divise à vie et, même, tue, est bien plus longue et risque de s’allonger davantage si aucune action n’est entreprise.

Sous l’administration coloniale française, ces conflits byzantins voire ces guerres intestines et dynastiques liés à la course au pouvoir traditionnel étaient attisés, entretenus par l’administration, qui divisait pour mieux régner. Ainsi, l’histoire nous enseigne que le colonisateur français a destitué des rois et des chefs indociles et intronisé, d’autres, plus coopératifs à ses yeux.

Le pouvoir traditionnel étant, contrairement au pouvoir moderne, héréditaire, détrôner un chef traditionnel, c’est désavouer une lignée (voire un lignage), au profit d’une autre, qui, quelquefois au regard des règles traditionnelles n’y était pas éligible. L’une des grandes conséquences de ces coups de force est l’allongement des ayant-droits à la succession au trône et l’embrouillement des règles de succession précédemment établies.

Mais que les crises liées à l’accès de la royauté soient provoquées ou non par une main extérieure, l’observation est que dans de nombreuses situations, la paix n’était intervenue qu’après l’exil des candidats malheureux et de leurs partisanes. Quelques-uns sont parvenus à mettre de nouvelles chefferies en place dans leurs nouvelles terres d’accueil. Cette démarche constituait une voie de sortie honorable pour les candidats malheureux et était salutaire pour les candidats élus par le collège électoral.

Aujourd’hui, l’État de droit ayant consacré le pouvoir moderne et les frontières étant, en principe, définitivement fixées, candidats malheureux et élus du pouvoir traditionnel, sont condamnés, à vivre ensemble sur les mêmes terroirs. Ainsi, ceux qui contestent la légitimité des personnes consacrées chefs, intronisent, à leur tour, d’autres chefs, instituant ainsi des doubles chefferies traditionnelles et/ou coutumières dans les mêmes localités, comme le cas du Gulmu qui, depuis plusieurs jours, défraie la chronique.

Au regard des nombreuses situations de doubles chefferies dans notre pays, mettant à mal le bien-vivre ensemble, la cohésion sociale et le développement, l’association Racines se sent interpellée conformément, à l’un de ses objectifs, qui est de contribuer à la prévention des conflits par le recours aux ressorts culturels. Elle affirme, encore une fois, l’impérativité et l’urgence de l’élaboration et la mise en œuvre d’un statut de la chefferie traditionnelle et coutumière. Un tel outil permettra de définir la place, le rôle, les droits et les devoirs des personnes garantes de la tradition, et, surtout, de baliser les règles de succession au trône. Il sauvera conséquemment, cette institution endogène de gestion et régulation sociale que doit être la chefferie traditionnelle.

En effet, notre chère patrie fait déjà face à l’extrémisme violent et à la pandémie du corona virus qui impactent négativement son développement économique. Secouée de toutes parts donc, la chefferie traditionnelle et coutumière doit rester un rempart pour éviter le péril, comme nous l’avons vu lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014.

Ce faisant, Racines voudrait, par la présente déclaration, lancer un appel citoyen aux différentes autorités politiques, administratives, traditionnelles et coutumières en vue de :
• La mise en place diligente de mécanismes efficaces pour le recensement exhaustif et la résolution des conflits en cours ;
• L’élaboration d’un texte législatif régissant et encadrant la chefferie traditionnelle et coutumière en tenant compte des spécificités socio-ethniques de notre pays.

L’association Racines les assure de sa disponibilité à accompagner tout processus allant dans ce sens.

Agissons donc maintenant pour que plus tard ne soit pas trop tard !

Le Président

Dr Elie Justin OUEDRAOGO
Naaba Baoogo de Gourcy

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Protection des enfants : Le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouaga I monte au créneau
Distinction scientifique internationale : Dr Halidou TINTO du CNRST entre à l’Académie Africaine des Sciences
Logements sociaux : Fin de calvaire pour Issiah Tabsoba
Ouagadougou : Des pesticides non-homologués saisis dans des marchés de la capitale
Agriculture : Le Projet PISAAF veut développer un système contractuel de vente au profit des producteurs de maïs
Campagne « Plus fort avec le lait maternel uniquement » : Le ministère de la Santé sollicite l’accompagnement des journalistes
KOSSOUKA voyage AU PDG de STAF : « Vous n’avez pas été prudent »
Quartier Zongo de Ouagadougou : Les habitants se mobilisent pour construire un pont
Enregistrement des naissances : L’Unicef et l’Union européenne renforcent les capacités opérationnelles de la direction générale de la Modernisation de l’état civil
BEPC 2020 au Nord : Fatimata Bintou Jaharahi Sawadogo bat le record
Prise en compte de l’animisme dans l’ONAFAR : L’association pour la tolérance religieuse salue le geste
Dori : L’UFC mobilise les FDS et la population civile pour le curage des caniveaux
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés