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Diaspora : « Les Burkinabè du Niger sont très bien intégrés », Léontine Marie Kaboré, Consul général

Accueil > Diasporas • LEFASO.NET • lundi 11 mars 2019 à 22h15min
Diaspora : « Les Burkinabè du Niger sont très bien intégrés », Léontine Marie Kaboré, Consul général

Le gouvernement burkinabè a officiellement lancé, le 28 février 2019, les opérations spéciales de délivrance de la Carte nationale d’identité burkinabè et du passeport aux Burkinabè de la disposera (en perspective de l’élection de 2020). C’est Niamey, capitale du Niger, qui a accueilli ce lancement, présidé par le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo. Pour l’occasion, nous avons tendu notre dictaphone au Consul général du Burkina au Niger, Léontine Marie Kaboré. Dans cet entretien, elle revient non seulement sur cette opération spéciale, mais également sur la vie de ses compatriotes dans ce pays d’accueil.

Lefaso.net : Depuis le 28 février, l’opération pour la délivrance des documents de vote est en cours dans votre Consulat ; comment appréciez-vous déjà le déroulement ?

Léontine Marie Kaboré : Comme on peut le constater, il y a beaucoup d’engouement de la part de nos compatriotes résidant ici au Niger, principalement à Niamey. Je peux donc dire que l’opération a été bien lancée et les travaux se poursuivent très bien. Jusqu’à présent, il n’y a aucun problème qui ait été enregistré.

Quelles sont vos estimations, d’ici la fin de l’opération ?

Nous espérons atteindre la majorité des Burkinabè qui sont là, qu’on peut estimer à 750 mille. Je souhaite donc que ce soit le maximum qui puisse profiter de cette opération pour avoir les pièces nécessaires comme la CNIB (Carte nationale d’identité burkinabè) et le passeport biométrique.

Vous estimez à 750 mille, le nombre de Burkinabè résidant au Niger. Dans quelles conditions vivent-ils ?

Les Burkinabè sont dans différents compartiments de la société (ils travaillent comme domestiques, agents de sécurité, dans le jardinage, le petit commerce…). Il y a également les fonctionnaires internationaux qui également nombreux, avec des élèves et des étudiants. C’est l’essentiel des composantes des Burkinabè qui vivent ici au Niger (avec bien sûr, le personnel du Consulat général).

Des témoignages que nous avons reçus, il semble que les Burkinabè sont très bien intégrés. C’est aussi votre constat ?

Oui, je peux dire que les Burkinabè du Niger sont très bien intégrés, au point où on ne fait pas souvent la différence avec les Nigériens. Il n’y a pas très longtemps, au Niger, on n’admettait pas la double nationalité. De ce fait, certains de nos compatriotes avaient, pour plus de facilité, opté, dans leur intégration ici, d’avoir la nationalité nigérienne. Aujourd’hui, c’est un problème qui n’a plus sa raison d’être ; cela a facilité les choses. Les Burkinabè sont là et sont fiers.

Malgré cette très bonne intégration, il y a quand même des inquiétudes exprimées par les Burkinabè vivant au Niger, à savoir la Carte de séjour (Carte d’identité consulaire) ; les CNIB qui ne sont pas assez valorisées, reconnues lors des contrôles. Comment travaillez-vous à résoudre ces difficultés posées par les Burkinabè ?

Pour les CNIB, il y a moins de problème, surtout ceux qui se déplacent du Burkina pour venir ici ou bien ceux qui sont là, qui sortent tard, qui tombent dans les contrôles de la police. Des fois, il y a quand même des inquiétudes qui sont signalées.

Au niveau du Consul général, nous essayons de sensibiliser les compatriotes ; parce que vous savez que nombre d’entre eux sont analphabètes et ne peuvent donc pas se défendre correctement quand il y a des contrôles de police. Nous avons également des rencontres périodiques avec les commissaires de police, pour voir comment juguler surtout les tracasseries. Pour le permis de séjour, c’est un problème en étude.

Donc, je ne saurai me prononcer pour le moment sur le sujet, mais je sais que c’est un dossier qui est en cours de traitement au niveau des autorités burkinabè. On espère donc que d’ici à là, il y aura une issue heureuse pour les Burkinabè du Niger.

Pour vivre au Niger, il faut combiner plusieurs cartes : la carte consulaire, la CNIB ou peut-être même le passeport !

C’est bien d’avoir toutes ces pièces qui, comme vous le savez, sont des pièces d’identité valables. Une seule suffit. Ça dépend de ce qu’on veut faire ; ceux qui veulent voyager dans d’autres pays en dehors de la CEDEAO sont obligés d’avoir le passeport. Sinon, les autres peuvent voyager tranquillement avec la CNIB (la CIC, c’est un peu plus difficile, mais avec la CNIB, ils peuvent se déplacer dans l’espace CEDEAO). Nous les encourageons donc à avoir toutes ces pièces.

La diaspora contribue également au développement du Burkina, de façon globale. Quel est le niveau de participation de la diaspora du Niger dans le développement du Burkina ?

Les Burkinabè qui sont ici essaient de contribuer, à leur manière, et leurs moyens. Vu la proximité, beaucoup sont en train d’investir au Burkina. C’est courant de voir des gens qui ont des activités au Burkina Faso et aussi au Niger. C’est donc quelque chose qui est réel, palpable.

Le Burkina et le Niger partagent des préoccupations liées à l’insécurité. Quelles sont les consignes que vous donnez aux Burkinabè qui foulent le sol du Niger ?

Nous leur disons d’avoir leurs pièces en règle et d’éviter certains comportements à risques, des comportements qui peuvent conduire à des problèmes. Nous leur demandons par exemple de ne pas se déplacer à partir d’une certaine heure (c’est préférable de rester chez eux) ; parce que dans certaines zones du Niger, il y a l’état d’urgence qui est décrété, donc au-delà d’une certaine heure, on ne doit pas voir les gens dehors. Nous essayons donc de sensibiliser les gens sur ces questions et leur demander de respecter les règles, les lois du pays d’accueil.

Avant cette interview, vous nous avez présenté un monsieur qui a été interpellé par la police. Il y aurait même des Burkinabè qui sont peut -être gardés pour des besoins d’informations. C’est dire qu’au quotidien, vous gérez des cas !

Oui, on peut dire que c’est presqu’au quotidien, qu’on rencontre les problèmes de Burkinabè arrêtés pour telle ou telle infraction. Donc, dès que nous sommes informés, nous nous déplaçons en pour voir, nous enquérir des conditions de détention de nos compatriotes, voir comment agir pour obtenir leur relaxe. Avec le cas que vous venez de citer, on a eu la chance. Au lieu de passer un mois en prison, ils ont accepté de le libérer aujourd’hui même (1er mars, ndlr), soit deux ou trois jours. Donc, nous travaillons de concert avec la sécurité, pour que nos compatriotes qui sont détenus puissent être relaxés.

Propos recueillis par O.L.O
Lefaso.net

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