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Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

Accueil > Actualités > International • par Jean-Pierre Béjot, fondateur de La Dépêche Diplomatique • lundi 4 mars 2019 à 22h28min
Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

C’est le plus grand pays d’Afrique par sa superficie, devant la RDC, le Soudan, la Libye et le Tchad. Ce n’est pas, pour autant, le plus peuplé : il ne figure qu’en neuvième position derrière des poids lourds démographiques : Nigéria, Ethiopie, Egypte, RDC, Tanzanie, Afrique du Sud, Kenya et Soudan. Question richesse nationale, il est au pied du podium derrière le Nigéria, l’Egypte et l’Algérie et juste devant le Maroc pour son PIB.

C’est le premier producteur africain de gaz naturel (et le 9è mondial), le troisième producteur africain de pétrole après le Nigéria et l’Angola mais devant la Libye. Il est le deuxième producteur de dattes après l’Egypte et le 4è dans le monde. 4è c’est aussi son rang, en Afrique, pour la production de blé.

Ajoutons à cela une position géopolitique privilégiée, au cœur du bassin méditerranéen, à quelques encablures de l’Espagne, de la France et de l’Italie, trois marchés européens majeurs. Le seul drame de l’Algérie c’est que la guerre de libération que ce pays a menée contre la France a conduit l’armée au pouvoir via le FLN et que l’une et l’autre, plus d’un demi-siècle plus tard, entendent toujours tirer les ficelles, y compris en « congelant » au pouvoir des leaders qui n’en peuvent plus.

Officiellement, l’Algérie a connu cinq présidents. Ahmed Ben Bella, qui avait accédé à ce poste en 1963 après avoir contraint Ferhat Abbas, président de l’Assemblée nationale constituante, à démissionner, a été dégagé du pouvoir par le coup d’Etat de Houari Boumediene qui va régner de 1965 jusqu’à sa mort en 1978 après une longue agonie politique. Chadli Bendjedid, qui lui succédera en 1979 après une transition assurée par Rabah Bitat, sera contraint à la démission en 1992. Son successeur, Mohamed Boudiaf, sera assassiné après six mois d’exercice du pouvoir ; c’est alors à Ali Kafi que sera confiée la mise en place d’une élection présidentielle qui portera Liamine Zeroual au pouvoir en 1994. Mais celui-ci devra à son tour se retirer en 1999 et organiser une présidentielle anticipée. Figure emblématique de la diplomatie panafricaniste et tiers-mondiste de l’Algérie sous Ben Bella et Boumediene, Abdelaziz Bouteflika sera ainsi élu à la présidence de l’Algérie le 27 avril 1999 puis réélu en 2004, 2009, 2014 avec des scores « staliniens » et des taux de participation qui feraient rêver n’importe quelle démocratie plus que centenaire.

C’est dire que l’histoire politique de l’Algérie est toujours le résultat d’une lutte d’influence entre la nomenklatura du FLN et les oligarques de l’armée, l’objectif étant essentiellement la confiscation par la caste dirigeante des revenus du pétrole et du gaz naturel. Ce n’est pas une surprise ni une nouveauté. La « révolution de libération » (comme on appelle la guerre contre la puissance coloniale française) avait déjà été l’expression de cette bipolarité. Ce n’est pas une nouveauté non plus que cette lutte d’influence pose constamment la question essentielle des bureaucraties staliniennes : qui doit être calife à la place du calife ? La réponse doit prendre en compte que le nouveau calife ne provoquera pas de remue ménage dans les institutions et l’économie tout en étant suffisamment charismatique pour symboliser un pouvoir algérien dont la légitimité trouve ses racines dans les années de feu, de sang et de cendres de la guerre de libération (1954-1962) mais aussi de la guerre civile (1992-2002).

1999 : un consensus mou autour de « Boutef »

En 1999, « Boutef » faisait consensus. Les résultats de la présidentielle (près de 74 % des voix en sa faveur) exprimaient bien sûr que ce consensus voulu par les apparatchiks du parti et de l’armée était totalement partagé par les électeurs. Personne n’était obligé de le croire, mais dans l’Algérie de la fin du XXè siècle, déchirée par une guerre civile qui aura fait, estime-t-on, 200.000 morts, il n’était pas grand monde pour ne pas l’espérer. Espérance trahie. Au fur et à mesure des élections présidentielles, les scores de « Boutef » ne cesseront de grimper : 85 % des voix en 2004 et plus de 90 % en 2009. Mais la mascarade ne pourra pas durer éternellement alors que le Maghreb et le monde arabo-musulman vont connaître à compter de 2011 des « printemps » qui, pour autant, ne déboucheront jamais sur l’été. En 2014, les chiffres officiels pour la présidentielle devront prendre en compte cette réalité : 80 % des voix pour « Boutef » et, surtout, seulement 50 % de taux de participation. Officiellement… !

Qui pouvait croire alors que « Boutef » était un président réel et non pas un président virtuel ? Victime d’un AVC (et quelques autres depuis), poussé dans un fauteuil roulant, incapable de s’exprimer en public depuis 2013, le vieil nomenklaturiste algérien – il est né le 2 mars 1937 – n’était même plus en mesure de faire illusion. Et pourtant, il va passer le cap d’un nouveau quinquennat sans accrocs majeurs malgré une conjoncture économique détériorée, un contexte politique confus, une diplomatie peu crédible et un environnement sécuritaire problématique.

L’éternel retour de Ahmed Ouyahia

Abdelmalek Sellal, Premier ministre d’avril 2014 à mai 2017, l’avait déjà affirmé en 2015 quand il avait été contraint de procéder à un premier remaniement ministériel : « La situation est délicate ». Il avait ajouté : « Il faut opérer une mue de notre économie vers la production et la création de richesse et d’emplois ». Enfin, il avait conclu : « C’est une véritable course contre la montre dans laquelle nous sommes engagés ». La course contre la montre, Sellal ne va pas la gagner ; son successeur, Abdelmadjid Tebboune non plus : il restera en poste moins de trois mois, battant un record : celui du plus court séjour au poste de premier ministre. Quant à Ahmed Ouyahia, nommé le 16 août 2017, il n’est pas mieux loti. Mais il connaît par cœur les arcanes de l’appareil bureaucratique algérien : il a été deux fois, déjà, le premier ministre de « Boutef » : mai 2003-mai 2006 et juin 2008-septembre 2012 (il a battu, à cette deuxième occasion, le record de longévité à ce poste). Plus exceptionnel encore, il a été Premier ministre de décembre 1995 à décembre 1998 sous la présidence du général Liamine Zeroual. Il a été, par ailleurs, diplomate (notamment en charge de la direction Afrique aux Affaires étrangères après avoir été en poste à Abidjan et avant d’être ambassadeur à Bamako), secrétaire d’Etat à la Coopération et aux Affaires maghrébines, député, ministre, ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République. La seule fonction qu’il n’ait pas assumée : Président de la République. Mais cela peut encore se faire… !

Ouyahia n’est pas membre du FLN. Il a créé en 1997 le Rassemblement national démocratique (RND), allié du FLN mais plus enclin à l’affairo-politisme et au « libéralisme » économique que son historique aîné. Le RND sera très proche de Zéroual, dont le retrait de la vie politique va ouvrir la voie à l’accession au pouvoir de « Boutef ». Zéroual et Ouyahia (qui a été son directeur de cabinet avant d’être son Premier ministre) seront les instigateurs de la fermeture de la frontière algéro-marocaine en 1994, une frontière qui, jusqu’à ce jour, demeure fermée. Ils ont été également les instigateurs de la Constitution de 1996 qui augmente les pouvoirs du président de la République tout en limitant à deux le nombre des mandats. Mais c’est Ouyahia qui initiera la révision de la Constitution de 2008 permettant à « Boutef » d’être candidat à un troisième mandat. C’est lui encore qui a promulgué en 1998 la loi généralisant l’usage de la langue arabe, loi qui mettra le feu à la Kabylie alors que le chanteur emblématique de cette région, Matoub Lounès, était assassiné. En pointe dans la politique « anti-française », il s’est illustré également par ses propos contre les étrangers séjournant illégalement dans le pays, les jugeant responsables des crimes, du trafic de drogue et de « plusieurs autres fléaux ».

Alors que « Boutef » vient de faire officialiser, le dimanche 3 mars 2019, sa candidature à la prochaine présidentielle (18 avril 2019 pour le 1er tour) et que le Conseil constitutionnel rendra public, le 13 mars 2019, la liste des candidats retenus, l’Algérie gronde et s’insurge. Un cinquième mandat (soit, au total, un quart de siècle passé au « pouvoir »), alors que depuis plusieurs années « Boutef » est physiquement (et sans doute mentalement) incapable de gouverner, ne pouvait que jeter dans la rue*, dès le 22 février 2019, des dizaines de milliers d’Algériens, hommes et femmes, jeunes et vieux, chômeurs et étudiants, relayés désormais par des journalistes qui fustigent la censure du pouvoir et la répression contre les médias, Alors que « Boutef » s’est envolé pour Genève, en Suisse, afin d’y subir des contrôles médicaux, c’est Ouyahia qui se trouve contraint de monter au créneau pour fustiger un mouvement qu’il dit « manipulé » par des « milieux étrangers », dressant un parallèle entre l’Algérie 2019 et la Syrie 2011 mais aussi avec la « décennie noire » (1992-2002).

L’immobilisme du système bureaucratique

Un vieillard impotent et nécessairement intellectuellement diminué (du fait de l’âge d’une part, de la maladie d’autre part) envisage donc de squatter le pouvoir tout au long du premier quart du XXIè siècle. Pas dans n’importe quel pays : en Algérie ! Des chefs d’Etat qui vieillissent au pouvoir depuis des décennies, l’Afrique en a compté beaucoup et en compte encore trop. Mais l’Algérie c’est quand même autre chose – politiquement et géopolitiquement – que la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Congo, le Soudan, le Tchad, l’Erythrée, Djibouti... On peut s’étonner qu’un pays comme l’Algérie ne soit pas à même de permettre à une personnalité politique significative d’émerger : « Boutef » est de la même génération que Boumediene qui a dirigé l’Algérie de 1965 à 1976 (Houari Boumediene était l’aîné de cinq ans de Abdelaziz Bouteflika) et que Zeroual (Liamine Zeroual est son cadet de quatre ans) qui a été au pouvoir de 1994 à 1999. C’est que les systèmes bureaucratiques, par leur immobilisme, tendent à la gérontocratie : ce n’est pas le pouvoir d’un homme autoritaire, c’est le pouvoir d’un appareil (le terme de nomenklatura, utilisé au temps de l’URSS, étant parlant en la matière) au sein duquel des hommes sont certes en compétition mais doivent veiller à ce que le système ne se dérègle pas sous peine d’en être exclu.

La « révolution algérienne » – si tant est qu’elle ait jamais existé – a été rapidement liquidée au lendemain de son indépendance. Ben Bella et Boumediene ont mis en place, au nom de la socialisation du pays, ce que d’aucuns ont appelé un « capitalisme d’Etat ». Ce n’était rien d’autre que l’instauration d’un système bureaucratique dans lequel l’économie nationale, fondée sur le pétrole et le gaz naturel, visait à gaver une nomenklatura au sein de laquelle la hiérarchie militaire tirait les ficelles. Sauf que l’industrialisation à marche forcée des années Boumediene et la valorisation des hydrocarbures façon Bendjedid – l’un et l’autre colonels lors de leur accession au pouvoir, il faut le rappeler – n’ont pas permis de développer l’Algérie qui demeure, plus que jamais, tributaire des cours du pétrole et du gaz sur le marché mondial. Et ces cours ont fortement chuté depuis la dernière présidentielle (2014), passant d’une fourchette de 80-110 dollars le baril à 40-60 dollars aujourd’hui. Du même coup, Alger est obligé de piocher dans les réserves de change du pays pour financer les indispensables importations (notamment de produits alimentaires) tandis que la population s’appauvrit : 10 % de celle-ci détient 80 % des richesses du pays. C’est un scénario à la vénézuélienne qui se profile à l’horizon, d’autant plus dramatique que la Tunisie et la Libye – traditionnels débouchés pour les Algériens – ne se portent pas mieux et que les tensions avec le Maroc ne cessent de s’exacerber tandis que la France verrouille toujours l’immigration algérienne malgré les promesses de visas des présidents de la République française successifs (« Boutef », depuis qu’il est au pouvoir, a reçu les présidents Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron).

L’africanisation de l’Algérie

C’est dire que, plus qu’aucune autre, la société algérienne est une société bloquée, verrouillée, asphyxiée, inapte à se transformer sauf à renouer avec son vieux démon : le terrorisme. C’est ce que dit l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouayahia, quand il déclare, devant l’Assemblée nationale algérienne : c’est nous (autrement dit « Boutef » au nom de la hiérarchie militaire) ou une nouvelle « décennie noire » au pire, le chaos façon Syrie au mieux (si, dans l’absolu, cela puisse être considéré comme un mieux !). Alors que la procrastination (le report à demain de ce qui doit être fait aujourd’hui) est devenue la terminologie à la mode, les procrastinateurs algériens sont plus que jamais sur le devant de la scène politico-sociale : ne rien bouger, pas même la momie de « Boutef » ! La proposition de « Boutef », faite au soir du dimanche 3 mars 2019, alors que sa candidature à la présidentielle était officialisée, en est l’expression : votez pour moi en 2019 et je promets de me retirer du pouvoir et d’organiser une nouvelle élection en 2020.

Dans ce contexte, Alger entreprend de s’africaniser. Pas par goût : à Alger, l’Afrique subsaharienne demeure une Afrique « noire », vraiment noire, mais par nécessité politique. Difficile aujourd’hui de compter sur la France et les autres pays de l’Union européenne (et particulièrement les pays européens méditerranéens) pour soutenir l’actuel processus électoral algérien. Moscou et Washington ont d’autres préoccupations, la Syrie pour la Russie, le Venezuela pour les Etats-Unis. La Chine, qui a fait de l’Algérie son premier partenaire dans le monde arabe, ne se soucie pas plus de démocratie à Alger qu’à Pékin. C’est donc du côté de l’Afrique subsaharienne que l’Algérie de « Boutef » recherche un meilleur ancrage diplomatique. Avec un argumentaire qui ne manquera pas de titiller les puissances européennes et Nord-américaines (Etats-Unis et Canada impliqués dans la sécurisation de la région) : toute déstabilisation de l’Algérie conduirait à une nouvelle déstabilisation de la bande sahélo-saharienne, une bande dans laquelle Barkhane a bien du mal à faire le ménage tandis que les pays francophones de la région (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) se retrouvent en première ligne. Et pour Alger, l’actuelle évolution sécuritaire du Burkina Faso depuis la chute du régime Compaoré (pour cause de volonté de rempiler pour un nouveau mandat) démontre la fragilité des Etats nouveaux qui ont émergé à la suite d’une « insurrection populaire ».

Ramtane Lamamra, le missi dominici

L’homme qui a été chargé de porter ce message n’est autre que Ramtane Lamamra. Il a été nommé ministre d’Etat, conseiller diplomatique du président Bouteflika le jeudi 14 février 2019. En fait, dit-on à Alger, il est chargé de superviser et de conduire la campagne du président sortant à l’étranger. Il lui faudra donc convaincre ses interlocuteurs que la faillite du pouvoir en place à Alger, et donc le recentrage de l’appareil sécuritaire algérien au profit de la lutte contre un terrorisme intérieur propagé par des puissances étrangères (selon l’actuel discours officiel), conduirait à l’insécurité aux frontières. Ce qui signifie une moindre implication de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme hors de son territoire et, en tout premier lieu, à ses frontières avec les pays africains « subsahariens », ce qui ne manquera pas de préoccuper les capitales des pays concernés.

Ramtane Lamamra est né le 15 juin 1952 à Amizour, dans la région de Béjaïa (à l’Est d’Alger, à mi-chemin entre la capitale et Constantine, autrement dit en Kabylie). C’est là-bas qu’il va grandir avant de rejoindre Alger et la section diplomatie de l’Ecole nationale d’administration (ENA) dont il sortira major. Après un passage par le service de presse de la présidence (1976-1979), il va rejoindre le ministère des Affaires étrangères, d’abord à l’information et au service de presse (1980-1989) avant de s’illustrer sur le terrain africain. En 1989, il sera notamment à Addis-Abeba en tant qu’ambassadeur en Ethiopie et à Djibouti et représentant permanent à l’OUA et à la CEA. En 1992, ce sera l’Europe : il est ambassadeur à Vienne et représentant de l’Algérie auprès de l’AIEA et de l’Onudi. L’année suivante, en 1993, ce sont les Etats-Unis : à New York, le voilà ambassadeur auprès des Nations unies, poste qu’il va occuper jusqu’en 1996, puis ambassadeur à Washington.

En 2000, au lendemain de la victoire de « Boutef » à la présidentielle, il sera de retour à Alger au sein de l’administration centrale. En 2003, il sera l’envoyé spécial de l’Union africaine au Liberia. Par la suite, il sera ambassadeur au Portugal (2004-2005) puis ambassadeur-conseiller au ministère des Affaires étrangères (2005-2007). Le 1er août 2008, à Addis-Abeba, il va être élu commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, prenant la suite de son compatriote Saïd Djinnit.

C’est en tant que commissaire Paix et Sécurité de l’UA qu’il va avoir à suivre la crise malienne. Une crise qu’il va avoir a gérer directement, mais dans un autre contexte, lorsqu’il sera nommé, le 11 septembre 2013, au portefeuille de ministre des Affaires étrangères. A noter qu’il avait mené sa première médiation en 1985 lors de la crise entre le Mali et le Burkina Faso à l’occasion de la « guerre des pauvres ». Sa nomination sera l’occasion de dénoncer l’amalgame entretenu entre terrorisme et mouvement de libération. Il l’avait déjà rappelé lors des travaux de l’université d’été des cadres de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), en août 2010, à Boumerdès. Lamamra avait, par le passé, dirigé la délégation algérienne invitée, au titre d’observateur, à l’occasion des premiers rounds de négociation entre le Maroc et le Polisario (juin 2007-janvier 2008). Il s’agissait, pour lui, « de mettre l’accent sur la légitimité de la lutte des Sahraouis pour leur autodétermination et de distinguer ce combat des autres aspects du terrorisme vu que le Sahara occidental se situe dans la région du Sahel où les groupes terroristes restent toujours en activité ». C’est dire que devenu patron de la diplomatie algérienne, il était essentiel pour lui de réaffirmer la « différence » entre le « terrorisme qui adopte la criminalité sous toutes ses formes » et les mouvements de libération qui se « caractérisent par leur adoption du principe de l’égalité faite entre les deux belligérants, tant en droits qu’en devoir, en appliquant le même comportement que toute armée est tenue de respecter entre les civils et la partie ennemie ».

L’Algérie évince le Burkina Faso dans la médiation malienne

L’arrivée de Lamamra aux affaires étrangères va marquer le retour d’Alger dans la résolution de la crise malienne, retour qui deviendra effectif à compter de l’été 2014. Sa participation, jusqu’alors, avait été à géométrie variable en fonction de la géopolitique algérienne : refus d’une présence militaire étrangère sur sa frontière Sud (ce qu’Alger ne pourra pas cependant empêcher, l’impéritie de Bamako ayant contraint la France à déclencher l’opération Serval) ; éradication des mouvements terroristes algériens opérant en Algérie depuis le Nord-Mali, le Sud-tunisien et la Libye ; temps mort diplomatique au cours de la brève campagne présidentielle qui permettra à « Boutef » de reprendre du service en avril 2014 (tout au moins d’assurer le rôle de figurant politico-bureaucratique) ; vigilance à l’égard du Maroc, enclin à vouloir jouer un rôle diplomatique majeur au-delà du Sahara. Cependant, Alger n’aura jamais perdu le contact avec les acteurs de la crise malienne : Africains, Européens, Américains ; civils comme militaires.

L’Algérie entendait ne pas se faire « évincer de son statut de puissance régionale dans le Sahel ». Son mot d’ordre sera des plus conformes à sa tradition diplomatique : « La solution ne peut être que politique et pacifique et sera la résultante d’un dialogue inclusif entre Maliens et, notamment, entre le gouvernement et la rébellion touarègue ». Les Algériens ajoutaient, là encore sans surprise, que ce dialogue « doit tenir compte des revendications légitimes des populations du Nord ainsi que de l’impératif du respect de l’intégrité territoriale du Mali ».

L’accord de Ouagadougou, signé le 18 juin 2013, sera présenté par la diplomatie algérienne comme un « accord préliminaire » ayant permis de doter le Mali « d’institutions démocratiquement élues, représentatives, légitimes, ce qui est une base pour pouvoir entrer dans le processus de négociation ». Lamamra affirmera lors d’une visite à Ouaga que « le sort [du Mali] intéresse les deux pays au plus haut point. La sécurité et la stabilité du Mali sont indissociables de la sécurité et de la stabilité de l’Algérie et du Burkina Faso. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre des hésitations, des inhibitions lorsqu’il s’agit d’être créatif, imaginatif, d’être engagé pour aider le frère à atteindre le résultat ».

Bamako a vu d’un bon œil l’éviction de Ouaga de la médiation (le Burkina Faso de Blaise Compaoré et de Djibrill Bassolé était trop inclusif au goût des Maliens) et le retour d’Alger sur le devant de sa scène diplomatique. Quant à avoir un sponsor, autant choisir le plus puissant d’entre eux ! Paris, de son côté, engagé sur le terrain militaire, diplomatique et politique (du fait notamment de la grande proximité entre le président François Hollande et le président Ibrahim Boubacar Traoré), choisira de faire défiler des troupes algériennes sur les Champs Elysées à l’occasion de la fête nationale française le 14 juillet 2014. La veille, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé la mise en place de l’opération Barkhane présentée comme « transversale », selon un axe Est-Ouest, de N’Djamena à Gao en passant par Ouaga et Niamey.

Il était clair désormais que le maître du jeu était Alger et que les atermoiements qui avaient marqué son action en 2012-2013 appartenaient au passé. Quant à Lamamra, il sera promu ministre d’Etat en 2015, toujours en charge des affaires étrangères, portefeuille qu’il conservera jusqu’au 25 mai 2017. Dans le même temps, la médiation algérienne dans la résolution de la crise malienne s’essoufflera tandis qu’Alger observera la montée en puissance du Maroc sur la scène africaine, montée en puissance diplomatique certes avec le retour du Royaume au sein de l’UA et son aspiration à rejoindre la Cédéao mais également économique alors qu’en la matière l’Algérie est totalement absente (certains commentateurs expliquent le départ de Lamamra du gouvernement comme résultant de l’échec du premier Forum d’investissements africains des 3-4 décembre 2016). Pour Lamamra, qualifié par la presse marocaine de « plus marocophobe des apparatchiks algériens », le déploiement accru de Barkhane sur la bande sahélo-saharienne, le retour du Maroc au sein de l’UA et la réussite de la politique africaine du roi Mohammed VI sonnent comme des aveux d’échecs de la diplomatie algérienne.

Convaincre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique que « Boutef » est le moindre mal

Ayant quitté le gouvernement, Lamamra va rebondir sur la scène mondiale en intégrant le Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation de l’ONU (qui compte 18 membres) mis en place en septembre 2017 par le secrétaire général Antonio Guterres. Un an plus tard, en juillet 2018, il sera nommé membre du conseil d’administration de l’ONG International Crisis Group (ICG), activité bénévole certes mais on peut se poser la question de savoir si elle est compatible avec la fonction de conseiller diplomatique du « candidat » Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle 2019.

Lamamra, étiqueté « multilatéraliste » (UA + ONU) va devoir convaincre ses interlocuteurs que son « président fantôme » est le seul barrage à la déliquescence de l’Algérie et qu’il faudra s’en accommoder jusqu’à ce que les nomenklaturistes du FLN et de ses groupuscules alliés (notamment dans la sphère affairiste) et les oligarques de l’armée trouvent un consensus en faveur d’un candidat moins en péril. Tout en espérant que les cours du pétrole remontent significativement pour permettre de calmer la rue (et de financer une nouvelle présidentielle anticipée). Compte tenu du poids géopolitique de l’Algérie et de sa potentielle capacité de nuisance (l’ombre du GIA et de ses « démembrements » plane encore sur le Maghreb, le Sahel et les pays européens méditerranéens), il pourrait bien réussir sa mission, ce qui ne manquerait pas de le projeter sur le devant de la scène politique algérienne pour les échéances à venir.

* C’est dans la rue Hassiba Ben Bouali, qui depuis l’Est (d’où son ancien nom de rue de Constantine) conduit au cœur d’Alger, que se concentrent les principales manifestations contre le pouvoir. Elle est une des plus longues de la capitale (près de 4 km) et porte le nom d’une jeune étudiante, militante du FLN, assassinée par l’armée française lors de la Bataille d’Alger, en 1957. Elle avait 19 ans !

Jean-Pierre Béjot
La Ferme de Malassis (France)
4 mars 2019

Vos commentaires

  • Le 4 mars à 23:49, par Ka En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Un régime qui refuse d’entendre les critiques de son peuple, et, pire, qui les fait taire par tous les moyens possibles et imaginables, n’a aucun avenir dans son pays : Et ce n’est pas Blaise Compaoré qui me dira le contraire. Ce malade doit écouter la jeunesse Algérienne assoiffée de l’alternance politique avant qu’il ne soit trop tard.

    Répondre à ce message

  • Le 5 mars à 08:14, par ACHILLE De TAPSOBA En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Merci mon cher frère KA pour votre contribution et soyez bénis. En tant qu’Africains, nous sommes très sidérés de cette candidature de trop. C’est manifestement une candidature immorale et illégitime que ses irréductibles partisans ont orchestrée pour continuer profiter des luxes du pouvoir( corruption, détournement, impunité...).Si en 20 ans, Bouteflika n’a pas fait sortir le peuple Algérien de la misère ce n’est pas étant cloué sur un lit d’hôpital qu’il le fera. C’est un immense plaisir pour les têtes couronnées en Afrique(présidents) de mourir au pouvoir tout en fermant les yeux sur la souffrance de leurs peuples. En Afrique, la morale agonise. C’est très triste de notre Afrique véhiculer une image cynique à travers le monde. Un président en phase terminale veut toujours diriger son pays comme s’il n’y pas de competence. Nul n’est indispensable pour sa famille encore moins pour son pays. Faut-il que le peuple Algérien reste stoïque face son destin ?. Il y va sa la survie le peuple Algérien doit continuer âprement la lutte contre cette abominable candidature de Bouteflika car la liberté s’attache au prix de la lutte. Après 27 ans de règne chaotique des frères Compaore, le BRAVE PEUPLE BURKINABE s’est littéralement affranchi de la monarchie et vit une nouvelle ère l’alternance. C’est au seul peuple Algérien de lutter sans répit pour obtenir l’alternance. Aucun ne fera à leur place. Le développement s’obtient par le travail qui n’est que la conséquence d’une lutte féroce parfois au prix du sang.

    À bas ceux qui baillonnent leurs peuples
    Vive l’Afrique
    La PATRIE ou la MORT NOUS VAINCRONS.
    Que le SEIGNEUR bénisse l’Afrique que nous aimons. Amen

    Achille De TAPSOBA le Bobolais (pur produit de Thom SANK et de Norbert ZONGO )

    Répondre à ce message

  • Le 5 mars à 08:57, par ACHILLE De TAPSOBA En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Merci mon cher frère KA pour votre contribution et soyez bénis. En tant qu’Africains, nous sommes très sidérés de cette candidature de trop. C’est manifestement une candidature immorale et illégitime que ses irréductibles partisans ont orchestrée pour continuer profiter des luxes du pouvoir( corruption, détournement, impunité...).Si en 20 ans, Bouteflika n’a pas fait sortir le peuple Algérien de la misère ce n’est pas étant cloué sur un lit d’hôpital qu’il le fera. C’est un immense plaisir pour les têtes couronnées en Afrique(présidents) de mourir au pouvoir tout en fermant les yeux sur la souffrance de leurs peuples. En Afrique, la morale agonise. C’est très triste de notre Afrique véhiculer une image cynique à travers le monde. Un président en phase terminale veut toujours diriger son pays comme s’il n’y pas de competence. Nul n’est indispensable pour sa famille encore moins pour son pays. Faut-il que le peuple Algérien reste stoïque face son destin ?. Il y va sa la survie le peuple Algérien doit continuer âprement la lutte contre cette abominable candidature de Bouteflika car la liberté s’attache au prix de la lutte. Après 27 ans de règne chaotique des frères Compaore, le BRAVE PEUPLE BURKINABE s’est littéralement affranchi de la monarchie et vit une nouvelle ère l’alternance. C’est au seul peuple Algérien de lutter sans répit pour obtenir l’alternance. Aucun peuple nee fera à leur place. Le développement s’obtient par le travail qui n’est que la conséquence d’une lutte féroce parfois au prix du sang.

    À bas ceux qui baillonnent leurs peuples
    Vive l’Afrique
    La PATRIE ou la MORT NOUS VAINCRONS.
    Que le SEIGNEUR bénisse l’Afrique que nous aimons. Amen

    Achille De TAPSOBA le Bobolais (pur produit de Thom SANK et de Norbert ZONGO )

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    • Le 5 mars à 12:01, par Ka En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

      Mon frère en christ Achille de Tapsoba, ‘’dans notre marigot politique Africaine, ceux qui arrivent au pouvoir usent toutes les intrigues et des coups-bas pour s’éterniser au pouvoir, oubliant que l’émergence et l’stabilité d’un pays demande des nouvelles idées, des nouvelles contributions qu’apporte une nouvelle génération qu’on appelle l’alternance politique et économique. Mais quand on veut dire la vérité a nos dirigeants de pacotille comme ce dernier très malade, il pense qu’on l’insulte : pourtant dans son état a 81 ans dans un fauteuil roulant causé par des AVC, cette vérité d’incapacité de gérer un pays est visible par le monde entier, car "L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. Merci de me lire mon frère Achille de Tapsoba. Que Dieu tout puissant te protégea avec ta famille.

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    • Le 5 mars à 12:15, par Lucide En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

      Mes chèrs, y a pas qu’en Afrique ce c’est comme cela à la seule différence que les occidentaux ne s’affichent pas seuls. Je veux dire la par là qu’en France depuis Sarkozy c’est la même politique ils sont juste trouver le moyen de nous faire miroiter un semblant d’alternance. C’est ce que nos gens n’ont pas encore trouver. Sauf peut être l’innovation du RD Congolais qui a fait un contre pied à tout le monde entier.

      Ce qu’il faut déplorer c’est le nombre réduit de ceux qui malgré les systèmes imaginés et mis en place depuis des un certain temps lutter pour le bien être de leur peuple : Chine, Rwanda, Russie, plus récemment Etats Unis avec trump que tout le monde veut diaboliser.

      Mais actuellement tout ce monde se trompe : les peuples ne se laisseront plus faire

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      • Le 5 mars à 13:44, par Nafiguia En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

        L Algérie n avait qu’ à rester française,
        il n y aurait pas tout ce bordel , tout comme le Burkina et les autres pays , qui ont crus bon de s émanciper , sans penser aux conséquences désastreuses de ce choix , sur l immense majorité , de leur peuple , qui souffre , d un système de santé, éducatif etc..... ,défaillant au plus au point
        avec un partage du pouvoir et des richesses , proche de zero !!!!!
        Comment oublier ce joyeux refrain ! " Ou est le temps béni ? le temps béni des colonnies ! "

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  • Le 5 mars à 09:07, par HUG En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Le syndrome du moi ou du cahot quand tu nous tient. Je me rappelle que Lassana Konté de Guinée était aussi dans un état comme celui du président algérien. Depuis 2013, ce monsieur est malade mais refuse de quitter sa fonction. Vous avez contribuez a ramener la paix en Algérie en mettant fin à la sanglante guerre dans votre pays mais cela n’est pas une raison pour s’agripper au pouvoir malgré les manifestations en cours dans votre pays. Cinq(5) mandats sont trop surtout votre état de santé très précaire

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  • Le 5 mars à 11:53, par kap En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    C’est son entourage qui le maintien pour piller le peuple à son nom si que le président lui même n’est qu’un zombie .

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  • Le 5 mars à 12:13, par Nabiiga En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Pour moi, c’est l’arrogance et les intérêts égoïstes de ceux qui l’entourent qu’il faut attaquer. Lui-même, qu’est ce qu’il lui reste pour gouverner un pays. Tout comme au Burkina, c’était les François, les Alizeta et autres qui ont mis Blaise dans le pétrin. Souvent et très souvent, ils oublient qu’il y a un gouverneur parce qu’il y a des gouvernés, sans les derniers il y aura pas des gouverneurs. Il n’a que lancer un petit coup de fil à Blaise à Abidjan, il en sait quelque chose et aura sans doute des conseils à donner au président algérien mourant

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  • Le 5 mars à 12:52, par TINTIN En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Moi je n’en pas à BOUTEFLIKA mais à son entourage(son chef de campagne ,les membres de son parti,les ministres les hauts cadres etc) qui soutient bec et ongle cette candidature.Le dossier de candidature est déposé pendant qu’il est sur son lit d’hôpital.C’est comme si dans toute l’Algérie aucun homme ne peut diriger.Le comble, si BOUTEFLIKA venait à mourir (ce n’est pas un souhait mais ce dont on est sur, c’est que nous sommes tous mortel et donc BOUTEFLIKA tout puissant qu’il est est aussi mortel) des candidatures foisonneront ;des messies apparaitront de partout.Ces prétendus messies crieront à l’exclusion si d’aventure le peuple prend ses responsabilités et voudra mettre de coté tous ceux qui auront accompagné BOUTEFLIKA dans ses inepties.

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  • Le 5 mars à 13:43, par wilibali En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Que ceux qui sont aujourd’hui ceux qu’ils sont parce que BOUTEFLICA est au pouvoir, aient le courage de descendre dans l’arène politique et se battre par leurs propres forces, et laisser ce vieillard finir tranquillement sa vie, car comme on le dit chez nous BOUTEF est aujourd’hui plus proche de DIEU que des hommes

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  • Le 5 mars à 23:10, par Africa En réponse à : Algérie : Abdelaziz Bouteflika recherche cautions africaines désespérément

    Je suis attristé d’assister à une pathétique fin de carrière politique d’une grande figure historique de l’Afrique militante et combattante pour la liberté et la dignité. Abdelaziz Buteflika s’est engagé dans l’Armée de libération nationale (ALN) à 19ans sur appel à l’enrolement du Front de Libération Nationale (FLN) à tous les élèves et étudiants. Abdelaziz Buteflika, c’est aussi ce talentieux diplomate qui porta haut le combat des pays en voie de developpement (pvd) sur les tribunes des Nations Unies pour reclamer un "Nouvel ordre économique international" plus juste ; c’était dans les années 1970. Enfin, Abdelaziz Buteflika c’est le pacificateur d’une Algérie déchirée par l’extrémisme religieux ; c’était dans les années 1990. Ce homme aurait mérité une sortie plus noble à la Mandela. Hélas ! Les charognards veulent profiter du prestige de ce vieill homme, diminué par la maladie pour désossser le pays. Ils l’ont donc poussé à l’erreur en le faisant endosser une candidature insensée.
    J’excuse le Président Abdelaziz Buteflika ; il n’est plus maître de ses dècisions. Il est l’otage d’une nomenclatura politico-militaire cupide. C’est à cette nomenclatura que j’en veux. Qu’ils laissent se reposer le président Abdelaziz Buteflika, panafricaniste et Tiermondiste tant respecté par des générations d’africains et d’ailleurs.

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