Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «La véritable cause de nos malheurs actuels est l’étonnante médiocrité qui égalisе tοus lеs individus. Si un hοmmе dе géniе раrаissаit, il sеrаit lе mаîtrе.» Joseph-Alexandre de Ségur

Revirement de kamhere et tshisekedi en RDC : La stratégie Gbagbo dépoussiérée

Accueil > Actualités > International • • mardi 20 novembre 2018 à 19h01min
Revirement de kamhere et tshisekedi en RDC : La stratégie Gbagbo dépoussiérée

« Un manchot ambidextre est aussi invraisemblable qu’un amnésique rancunier », disait Grégoire Lacroix. Cette citation met bien en exergue les louvoiements de deux (2) opposants congolais que sont Vital Kamhere et Félix Tshisekedi. En effet, après avoir signé avec cinq (5) autres opposants congolais, le 11 novembre dernier à Genève, l’accord désignant Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition congolaise pour l’élection présidentielle du 23 décembre prochain, les deux opposants sus-cités ont annoncé dès le lendemain de la signature dudit accord leur retrait de celui-ci.

L’une des raisons invoquées : la base serait hostile au bébé de l’accord. Pour une poudre de perlimpinpin destinée à dorer la pilule à l’opinion internationale, c’en est une. Car, nul besoin d’être grand clerc pour savoir que les arguments avancés, tel un soutien-gorge, sont des mensonges cousus de fil blanc pour s’attirer la sympathie de l’opinion. La volte-face des opposants congolais pose deux (2) sérieux problèmes : le respect de la parole donnée et la valeur des accords que nous paraphons.

Sur le premier point, pour bon nombre d’entre nous, la parole donnée n’a aucun sens et n’est qu’un paravent destiné à maquiller notre hypocrisie. Hier, au temps fort de la crise ivoirienne, dans les années 2000, c’est Laurent Gbagbo en tant que président ivoirien qui avait érigé le reniement de ses propos en mode de gouvernance politique.

Et ce, en reniant moult fois les accords de Marcoussi une fois de retour à Abidjan, avec comme motif : l’hostilité de la base au bord de la Lagune Ebrié aux conclusions desdits accords. En agissant pratiquement de la même manière, les Congolais Kaméhré et Tshisekedi dépoussièrent la stratégie Gbagbo et emboîtent le pas à celui-ci. Ce populisme de mauvais aloi ayant desservi Gbagbo, risque de produire les mêmes effets ad nauseam dans les eaux boueuses du fleuve Congo dans lequel barbotent Kamérhé et Tshisekedi.

Quel crédit peut-on désormais accorder à nos leaders censés être notre boussole quand ils nous offrent un tel piteux spectacle ?, est-on tenté de se demander. Certes, nos leaders sont aussi humains que nous, donc imparfaits de nature, mais ce n’est pas la perfection que nous leur demandons. Tout comme Dieu, c’est l’effort vers la perfection que nous attendons d’eux. Ce qui n’est manifestement pas le cas ici. Et que l’on ne me rétorque pas que politique et vertu ne font pas bon ménage.

Sur le deuxième point notamment la valeur des accords que nous paraphons, l’accord de Génève signé sous l’égide de la Fondation Koffi Annan a beau être assorti de menace de sanctions en cas de non-respect de celui-ci, Kamérhé et Tshisekedi n’en ont cure. Que prévoit l’accord ? Que les auteurs de son non-respect soient retirés de la scène politique, soumis à l’opprobre public et sanctionnés par leurs pairs. A y regarder de près, cet accord ne contient aucune clause contraignante pour les parties signataires.

Maintenant que les opposants congolais sus-cités se sont dédits, que va-t-il leur arriver s’ils campent sur leur position ? Rien et absolument rien. Et naïf est le zèbre qui croira qu’une épée de Damoclès planera sur les « têtes de linote » de ces deux politicards qui n’aspirent aucunement à la magistrature suprême en RD Congo, car conscients de la faiblesse de leur poids électoral sur l’échiquier national. Au-delà de leur égo, tout ce qui les anime, c’est d’accompagner le processus électoral à son terme et être invités à la soupe du gouvernement d’union nationale que le dauphin de Kabila constituerait en cas d’élection à la présidentielle. Et ce, en guise de contrepartie à leur traîtrise.

Alors, si nous voulons que nos leaders accordent du crédit à leurs engagements et aux accords qu’ils paraphent, il faut opérer non un retour mais un recours à nos sources africaines.
A cet effet, il aurait fallu signer l’accord de Génève dans un Etat africain telle l’Afrique du Sud et ce, en invoquant nos fétiches pour le respect dudit accord. Car, dans l’Afrique précoloniale, nos leaders avaient le sens du respect de la parole donnée et de la considération pour les accords qu’ils signent. Et à ceux qui commettaient l’impair notamment dans les royaumes yoruba au Bénin, on envoyait des œufs de perruche pour leur intimer l’ordre de se suicider avant …

En attendant un tel recours à nos sources, en RD Congo, c’est Kabila qui se trémousse au rythme du dombolo. Lui dont le régime a salué le revirement de Kamérhé et Tshisekedi en le qualifiant de « victoire de la démocratie » contre la tentative d’instrumentalisation de l’opposition congolaise par l’Occident. Mais comme le dit un proverbe africain : « La buse qui plane ne se doute pas que ceux qui sont en bas devinent ses intentions ».

Adama KABORE dit CBS L’iconoclaste
Ecrivain

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés