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Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman • jeudi 8 novembre 2018 à 08h00min
Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

Au troisième jour de son interrogatoire ce mercredi 7 novembre 2018, le commandant Abdoul Aziz Korogo, Chef de corps par intérim de l’ex-Régiment de sécurité présidentiel (RSP) a eu droit à une levée de boucliers de la part de certains avocats de la défense.

Le troisième jour de comparution du Commandant Abdoul Aziz Korogo a été marqué par les questions de certains avocats de la défense. Cette levée de boucliers montre à quel point ce que celui-là même qui est poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, accable certains de ses co-accusés. Une attitude qui tranche avec l’habitude, ce qui fait sourire le parquet militaire qui se voit ravir son ‘’rôle’’. « Nous ne sommes pas étonné de voir le déchainement des autres avocats de la défense sur le Commandant Korogo », lance le Parquet militaire.

Les avocats du Général Diendéré, du Capitaine Dao, du Sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo, du Sergent-chef Roger Koussoubé dit « Touareg », ont voulu comprendre certains faits cités par l’accusé et qui chargent leurs clients.

Pour Me Alexandre Sandwidi, avocat du Sergent-chef Roger Koussoubé, de Abdoul Nafion Nébié et du Soldat Amado Zongo (celui qui aurait menacé de tirer sur le Commandant), la présence d’éléments « incontrôlés, indisciplinés, insoumis », montre que le Commandant Aziz Korogo n’avait pas la maitrise de ses hommes alors qu’il en était le chef. Pourquoi n’avoir pas démissionné ? demande-t-il au militaire. « Si un militaire à la première difficulté, dit qu’il va démissionner, alors il aura intérêt à retourner à l’école de formation militaire », rétorque l’accusé.

L’avocat poursuit avec ses séries de question. « A la dissolution du RSP, vous étiez affecté où mon Commandant ? ». « Ce n’est pas l’objet du procès », lance l’accusé. « Le RSP a été dissout le 25 septembre 2015 et vous étiez le Chef de corps. Les jours suivants vous étiez chef de corps de quoi ? ». Le commandant réplique : « j’étais chef de corps du Régiment qui venait d’être dissout ».

Me Sandwidi n’est pas satisfait de la réponse et revient à la charge. « Cela veut dire qu’après la dissolution vous n’étiez plus rien ? ». L’accusé répond qu’il était le chef de corps du Régiment que l’on venait de dissoudre. L’avocat persiste en ces termes : « Si vous n’étiez plus rien, à quel titre et sur quelle base vous donniez des ordres ? ». L’accusé dit qu’il garde sa précédente réponse. Pour Me Sandwidi, il est évident que le Commandant après la dissolution du corps le 25 septembre 2015, n’avait aucune qualité, ni aucune fonction de sorte à donner des ordres.

Après un jeu de passe-passe entre le Parquet militaire et des avocats de la défense, l’avocat du Commandant Korogo, Me Willy Dieudonné demande à son client s’il connait la position de la « galette ». « Oui Me », réplique l’accusé. Et à l’avocat d’expliquer en ces termes : « C’est-à-dire cuit de tous les côtés ».

Pour l’avocat c’est le destin du Commandant d’être cuit de tous les côtés, donc de subir les attaques tant du Parquet militaire que des parties civiles, mais aussi des avocats de la défense. Me Willy cite une disposition du code pénal ancien, c’est-à-dire au moment des faits. « N’est pas pénalement responsable celui qui commet une infraction en vue d’éviter un péril plus grave que l’on peut éviter sans poser un acte infractionnel ». Dans la posture, son client se devait d’opérer des choix et de faire des concessions afin de sauver le pays. Cela sur demande de la haute hiérarchie militaire.

Lorsque le Président de la police des débats donne la parole aux parties civiles, Me Prospère Farama au nom de ses collègues demande la suspension de l’audience afin de formuler un certain nombre de questions. Après avoir requis l’avis du Parquet militaire et de l’avocat de l’accusé, l’audience est suspendue et ne reprendra que le vendredi 9 novembre 2018 à 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 8 novembre 2018 à 11:28, par ND En réponse à : Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

    Vous fatiguez le Commandant ! Il fallait être militaire au temps des Hommes forts pour comprendre que ce n’était pas aussi facile. Si tu t’amuses, on te tue et on met au compte des feux du putsch. Sans le défendre, acceptons qu’il a grouillé quand même pour faire éviter le pire. Le plus important pour le peuple c’est que ce RSP qui fatiguait tout le monde est dissous.

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  • Le 8 novembre 2018 à 14:49, par yassid’minga En réponse à : Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

    salut a tous les internautes. Je souffre dans ma chaire de constater que des officiers ne disent pas la vérité ; Je sais que le mensonge est un droit mais je suis soulagé de savoir que les juges apprécieront et ne se laisseront pas trompés par les contrevérités des officiers. J’ai du mal a croire que ce sont des officiers qui devaient avoir la parole d’honneur, assumer leurs actes qui nous servent un spectacle nauséabonde d’un mensonge éhonté. Connaissant le général , nous savons qu’il a traité avec ses hommes de main à savoir les sous officiers mais il y’a lieu de souligner que les officiers ont soutenu le coup d’état pour des raisons diverses dont la principale est la préservation de leurs intérêts égoïstes(privilèges divers). Le commandant ne peut pas dire qu’il n’a pas approuvé le coup d’état. A-t-il oublié qu’il avait une liste de gens à assassiner dans son calepin ? Il a bel et bien approuvé le coup et c’est sous la pression de ses promotionnaires officiers(promotion 1992) qui ont été le fer de lance de la mobilisation militaire qu’il a commencé a jouer au "médiateur" puisqu’il savait que le rapport de force leur était très défavorable. Messieurs les officiers de l’ex RSP ,arrêtez ces mensonges qui n’honorent pas les forces armées et particulièrement les officiers. Le déballage peut commencer si on continue a se moquer du peuple et à mépriser la mémoire des martyrs

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  • Le 8 novembre 2018 à 15:32, par Le réaliste En réponse à : Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

    Il faut que certains avocats soient réalistes et apprennent à respecter les accusés dont certains sont plus intelligents, patriotes et dignes plus qu’eux qui sont des commerçants parfois véreux, mais un mal nécessaire dans le maillon judiciaire. Il est bien vrai qu’ils sont autorisés à défendre leurs clients par tous les moyens (mensonges, provocations, création d’incidents, etc.), mais il faut rester burkindi.

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  • Le 9 novembre 2018 à 03:30, par Baron En réponse à : Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

    Je n’ose meme pas imaginer la reaction de certains avocats ou meme certains membres du parquet, dans le contexte du coup d’État. Il suffit d’être moindrement intelligent pour savoir qu’un officier (fut il le dernier de l’armée encore moins Korogho) ne peut avoir planifié un tel coup. Mais bon pour le moment c’est leur heure de gloire. Pendant ce temps les terroristes se disputent le Burkina. Du jamais vu depuis la création de ce pays.

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  • Le 9 novembre 2018 à 16:46, par MENDEX En réponse à : Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »

    Prions pour le Burkina Faso afin que la paix revienne ; prions que dieu nous éloigne du mal ; qu’il apaise les cœurs des méchants ; que la vérité nous affranchisse au sortir de ce procès ;qu’il y ait un peuple réconcilié, cherchons à savoir le passé mais soyons indulgents, oublions le aussitôt et construisons l’avenir.

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