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Littérature : « En quête de progrès social : combat d’un militant », le témoignage de Harouna Toguyeni

Accueil > En librairie • LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • lundi 22 octobre 2018 à 16h05min
Littérature : « En quête de progrès social : combat d’un militant », le témoignage de Harouna Toguyeni

Sa vie d’étudiant révolutionnaire, celle de travailleur syndicaliste, son militantisme dans un parti politique. Dans son premier ouvrage intitulé « En quête de progrès social : combat d’un militant », Harouna Toguyeni, ex-militant du Parti communiste révolutionnaire voltaïque (PCRV), nous ramène sur les grands évènements qui ont marqué sa vie. Ce récit de vie de 300 pages, composé de quatre chapitres, a été dédicacé ce jeudi 18 octobre 2018.

L’histoire de notre auteur commence en 1975, quand il s’inscrit à l’Institut des mathématiques et physiques de l’université de Ouagadougou. Jeune militant de l’Association des étudiants voltaïques de Ouagadougou (AEVO), ancêtre de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), il sera définitivement exclu de l’université en 1979, avec certains de ses camarades. Cela, pour avoir pris activement part à la grève-boycott de juin 1979, notamment le combat de survie pour la baisse du prix du ticket du restaurant universitaire ; la lutte pour le boycott des examens dans le but de protester contre le mode sélectif jugé discriminant par son organisation syndicale.

Reversé dans l’enseignement et devenu professeur de Sciences physiques et de Mathématiques malgré lui, le jeune Toguyeni s’engage à nouveau, à Dori, dans le mouvement syndical. Il milite au sein du Syndicat unique de l’enseignement voltaïque du secondaire et du supérieur, affilié à la Confédération syndicale voltaïque dirigée à l’époque par Soumane Touré. Copté par la suite dans un parti clandestin (PCRV) grâce à son engagement dans le mouvement syndical, il se fera arrêter à la veille de la célébration du 1er-Mai 1980, pour avoir ventilé des tracts du PCRV.

Jugé pour « reconstitution de partis politiques dissous », cette arrestation lui vaudra une peine d’emprisonnement d’un mois. Après sa libération, il fut réintégré dans la Fonction publique et affecté à Diapaga. Absent du pays pendant quelques années, il rentre en 1989 et fonde, avec d’autres camarades, l’Union des socio-démocrates (UDS). Il y mène le combat en tant que militant d’un parti légal. Il y restera jusqu’à sa démission, parce que déçu du comportement de certains de ses camarades préoccupés plus par la politique politicienne, plutôt que la défense des intérêts du peuple…

« Nous avons un devoir de mémoire, un devoir de laisser les traces de notre conception de la vie, de ce que nous croyons être le meilleur », a justifié l’auteur, avant de poursuivre : « Très souvent, les jeunes n’ont pas de repères parce que nous, les anciens, nous n’avons pas laissé suffisamment de traces. J’ai essayé d’écrire ce livre pour leur permettre de se fortifier en partant de nos expériences, de nos erreurs, de nos forces, pour s’appuyer et construire quelque chose de meilleur ».

Parrain de la présente cérémonie de dédicace, son promotionnaire d’université, le Pr Albert Ouédraogo, inscrit en faculté de Lettres modernes à l’époque, avouera : « Jusqu’à ce que je quitte l’université, je n’ai jamais compris pourquoi nous sommes allés en grève. C’est son ouvrage qui m’a éclairé ».

Se rappelant cette période douloureuse mais pleine d’engagements, le Pr Albert Ouédraogo soutient : « La jeunesse d’aujourd’hui pense que les anciens n’ont rien fait, que nous étions aplatis, nous étions couchés, nous n’avons pas eu de rêves. Pourtant, des rêves, il y en a eus, il y en aura toujours ». Pour lui, il était nécessaire que « les aînés puissent témoigner d’une manière ou d’une autre pour montrer que la construction est une construction progressive. Chaque génération mène son combat. Il ne faut pas se tromper de combat en se trompant de génération. Chacun a fait ce qu’il pouvait avec ce qu’il avait. Et peut-être que les combats d’aujourd’hui ne sont possibles que parce que les autres ont eu à mener les combats d’hier ».

Chargé de la présentation de l’ouvrage, le journaliste Fousséni Kindo, pour sa part, soutiendra que cet ouvrage s’adresse à la jeunesse burkinabè en perte de vitesse. « Les mots du livre sonnent comme un rappel. Sans montrer le chemin, l’œuvre apparaît comme la voie pour sortir la jeunesse de sa léthargie. C’est un véritable appel à l’engagement, qu’il soit politique, social ou syndical », a-t-il relevé.
Né le 22 février 1955 à Bobo-Dioulasso, celui qui a fait ses premiers pas dans l’enseignement en 1979, est à ce jour fondateur de plusieurs écoles privées. Président donneur de l’Association des fondateurs, il est le porte-parole du patronat burkinabè et élu consulaire à l’Assemblée de la Chambre de commerce.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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