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Sécurité : Quels enseignements tirer de la révolution de Thomas Sankara pour venir à bout de l’insécurité actuelle ?

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET | Cryspin Masneang Laoundiki • lundi 15 octobre 2018 à 00h51min
Sécurité : Quels enseignements tirer de la révolution de Thomas Sankara pour venir à bout de l’insécurité actuelle ?

Dans le cadre de la commémoration des 31 ans de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, le Comité international mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS) et le collectif Le balai citoyen ont organisé un grand panel sur la politique sécuritaire, ce samedi 13 octobre 2018, à l’Université Ouaga I Pr-Joseph-Ki-Zerbo.

« Aujourd’hui, on ne peut plus dire que notre pays est menacé. Il est attaqué ; qu’il s’agisse des fous de Dieu ou des politiciens revanchards, ce sont tous des ennemis terroristes », a déclaré le porte-parole du collectif Le balai citoyen, Me Guy Hervé Kam, dans son mot d’ouverture du panel. Et d’ajouter que le combat contre ces ennemis est une affaire de tous les Burkinabè.

Une vue des participants à ce panel

C’est en adéquation avec l’idéal révolutionnaire qui dit « qu’il ne faut jamais aller chercher les solutions de nos problèmes ailleurs », que le Comité international mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS) et Le balai citoyen ont initié cette activité. Ledit panel s’est tenu sur le thème : « Politique sécuritaire sous le CNR : quels enseignements pour la situation sécuritaire actuelle au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest ? ».

De gauche à droite, Colonel Pierre Ouédraogo, Anselme Kammanl, Colonel-major Bernard Sanou et Colonel Ousseni Compaoré

Selon Me Guy Hervé Kam, la commémoration des 31 ans de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et de la renaissance de la révolution est marquée par « un problème qui nous assaille ». L’objectif visé, c’est d’interroger la révolution du 4 août 1984, en puisant la réflexion à la source. « Est-ce que la révolution du 4 août avait une politique sécuritaire adaptée ? Si oui, quelle était cette politique sécuritaire ? ». Les réponses à ces deux interrogations vont, selon Me Guy Hervé Kam, permettre aux panelistes de puiser les moyens de faire face à l’avenir du Burkina.

Sous la modération du chercheur en histoire, Anselme Lalsaga (Kammanl), la première communication a été donnée par le colonel-major Bernard Sanou, camarade d’enfance et de lutte de Thomas Sankara, par ailleurs président du CIM-TS. Avec beaucoup d’émotion, il a fait savoir que la révolution du 4 août était incomparable. Afin de défendre la révolution contre les ennemis, « le peuple a été organisé en ce que nous avons appelé Comités de défense de la révolution (CDR) », a justifié le colonel-major.

Les moyens de la défense sous la révolution…

Colonel-major Bernard Sanou (à gauche) et Colonel Ousseni Compaoré

A entendre le colonel Pierre Ouédraogo, sous la révolution, les CDR étaient militairement formés pour appuyer les unités ; « ce qui fait que dans le cadre d’une agression de type gueria (opérations de harcèlement, embuscades, sabotages, etc.), nous avons les moyens de mobiliser suffisamment les ressources des 8 000 villages, des 300 départements et des 30 provinces afin d’apporter le minimum sécuritaire en termes de surveillance et de renseignement ».

Selon le colonel Pierre Ouédraogo, ce système a permis à l’armée de disposer d’une source infinie de renseignements. « L’élément essentiel, c’était le renseignement ; vous ne pouvez pas faire quelque chose au Burkina, dans un village, sans que nous ne soyons au courant. Ce n’est pas possible ! », a-t-il commenté.

Quant au colonel Ousseni Compaoré, commandant de la gendarmerie sous la révolution, il a mis l’accent sur la capacité d’être efficace avec peu de moyens. « Pendant les réunions du CNR, à chaque fois qu’on parlait de sécurité, Thomas [Sankara] disait : Vous savez, l’abondance des moyens reflète l’incapacité des chefs », a-t-il relaté, ce qui a suscité de vifs applaudissements du public.

Quels enseignements tirer ?

Avant de tirer les leçons de la politique sécuritaire sous la révolution, le colonel Ousseni Compaoré a tenu à rappeler le contexte dans lequel cette révolution est survenue ; un contexte qu’il a qualifié d’environnement hostile.

Tout en confiant aux journalistes qu’ils vont soumettre des propositions à qui de droit, le colonel-major Bernard Sanou a indiqué qu’il faut adapter les solutions aux problèmes, compte tenu du moment. Pour être plus précis, il a pris le cas de l’insécurité à l’Est du Burkina. « On n’a pas ce système d’anticipation, c’est-à-dire de chercher l’information afin que ceux qui doivent la traiter soient au courant et réagissent avant », a-t-il confié.

Des interventions des trois communicateurs, l’on retient que sous la révolution, Thomas Sankara a su compter sur le peuple, car le renseignement était au cœur de la politique sécuritaire.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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