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« Assassinat » de Thomas Sankara : Les Progressistes unis pour le renouveau appellent à la célérité dans le dossier

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET | OL • lundi 15 octobre 2018 à 00h49min
« Assassinat » de Thomas Sankara : Les Progressistes unis pour le renouveau appellent à la célérité dans le dossier

31 années que le président Thomas Sankara a été « assassiné » avec douze de ses compagnons. Pour cette date commémorative, les Progressistes unis pour le renouveau (PUR), parti sankariste, a choisi ce samedi, 13 octobre 2018, pour marquer le début de la commémoration de la disparition de l’illustre guide du patriotisme et du panafricanisme.

Après une minute de silence en la mémoire des disparus du 15 octobre 1987 et de toutes les Forces de défense et de sécurité tombées pour la patrie, les conférenciers constatent que, jusque-là, la justice n’est toujours pas rendue dans ce dossier, 31 ans après. D’où leur appel d’urgence à boucler le dossier. « Cette journée du 15 octobre 1987 reste marquée du sceau de la douleur, de l’espoir assassiné certes, mais elle est aussi celle de la prise de conscience de l’effectivité du transfert de l’esprit ‘Sankara’ à travers des générations et des générations », lit-on dans la déclaration liminaire.

Selon les responsables du PUR, la commémoration 2018 sera marquée par des prières dans des lieux de culte, des travaux d’intérêt public, des actions de sensibilisation sur les valeurs prônées et défendues par l’illustre disparu, etc.

C’est dans l’espoir d’une justice pour Thomas Sankara et ses compagnons que les responsables du PUR saluent à sa juste valeur, la « déclassification partielle » des documents sur Thomas Sankara par la France. Cette situation ne laisse pas insensible ; parce qu’étant une étape de franchie, selon le premier responsable du parti, Wahir Justin Somé.
« On espère qu’on peut trouver des éléments qui peuvent nous mener à la justice », fonde le président du PUR. « C’est un pas, ce n’est pas la victoire, parce que la victoire, c’est la justice pour Thomas Sankara », précise-t-il, avant de rassurer que le cap de la lutte sera maintenu par le parti jusqu’à l’aboutissement de la justice.

Cette conférence a été une occasion pour le PUR de réitérer sa vision de la politique et d’analyser la vie politique nationale. Pour le parti sankariste, aujourd’hui, la « déception » est réelle quand on sait que lors de l’insurrection populaire, les idéaux de Thomas Sankara ont traversé la nation et les jeunes ont été inspirés par lui, bien que nombreux ne l’aient pas connu.

C’est pourquoi ils dénoncent dans le même esprit, les comportements aux antipodes des idéaux de Thomas Sankara (corruption, incivisme, gestion de l’Etat) qui ont toujours cours dans la société burkinabè. « Nous n’avons pas respecté l’esprit de l’insurrection qui voulait une rupture totale », soutient le président du PUR, Wahir Justin Somé. « Aujourd’hui, la tendance est aux intérêts individuels », observe-t-il.

Les géniteurs du PUR disent s’attendre à ce que les aspirations soient comblées, surtout que les gouvernants actuels sont, selon eux, arrivés au pouvoir par le fait de l’insurrection. C’est pourquoi ils appellent la jeunesse à demander à la génération actuelle au pouvoir de se reposer. « Et ce qui nous écœure plus ; cette génération qui a géré le pays pendant 30 ans reconnaît qu’elle n’a pas préparé l’avenir », déclare M. Somé, pour qui cela est inquiétant.

Pour les responsables du PUR, cette jeunesse aussi qui doit prendre la relève ne reflète pas les valeurs recommandées. Ce qui ne met pas en valeur le concept d’intégrité tant défendu par Thomas Sankara.

Selon Lassina Sawadogo, secrétaire chargé de la prospective et des orientations politiques, le PUR est né parce que les attentes de l’insurrection populaire ont été déçues, alors que les Burkinabè espéraient un nouveau point de départ pour un Burkina nouveau avec le sacrifice de la jeunesse et même des vieilles personnes.

Il déplore que personne ne veuille marcher pour le changement tant prôné. De son avis, le changement ne vient pas seulement d’en haut, c’est de tout le monde. « Le changement, c’est d’abord en nous et individuel d’abord », appelle M. Sawadogo qui estime qu’on ne peut exiger des autres un changement que soi-même refuse d’emboiter.

Le PUR n’entend donc pas rester muet face à certains manquements du pouvoir, tout comme il ne compte pas « s’aligner béatement » derrière une opposition qui a du mal à concilier certaines contradictions internes et des velléités dans lesquelles il ne se reconnaît pas.

Le parti entend par contre tracer sa propre voie, son sillon, loin des caricatures qui définissent aujourd’hui la politique au Burkina. « Pour bâtir un pays comme le Burkina Faso, nous avons besoin de véritables bâtisseurs qui ne se préoccupent point de la poursuite d’intérêts politiques », signent les responsables du parti.

Le PUR affirme la nécessité du renouvellement des élites politiques et intellectuelles comme « solution à ce nœud gordien » qui semble inextricable au premier abord. « Ce renouvellement devrait déboucher sur la formation d’une nouvelle génération de leaders et permettre une meilleure contribution de tous, dont la diaspora, au développement du Burkina Faso et de l’Afrique.
Cette nouvelle génération devrait savoir être plus critique sur le discours actuel sur le développement. Elle devrait aussi être compétente dans les domaines hier inexistants tels que la prospective, la médiation et les TIC », développent-ils.

Fort de cette situation, le parti lance un « appel patriotique à la jeunesse éclairée » de tous les bords politiques ; de la société civile, des élites intellectuelles, à s’engager et à accompagner l’élan amorcé par le PUR afin que survienne enfin ce renouvellement de la classe et de l’élite politico-intellectuelle, seul gage du renouveau qui permettrait de bâtir le Burkina avec les standards propres, les forces propres en priorité, dans la justice et la paix.

OL
Lefaso.net

Messages

  • Le plus important c’étaient les travaux d’intérêt commun organisés surtout par le PUR dans la matinée du samedi 13 octobre par le remplissage des crevasses de la voie menant au siège du parti. Les premiers responsables comme pour donner l’exemple étaient avec pelles et brouettes ainsi que de nombreux militants pour joindre l’acte à la parole.Cela me rappelant les mardis soir des années 85 ou les élèves (pionniers) transportaient les briques pour la construction des cités de la révolution. C’est cette culture que le jeune parti entend donner à ce vaillant peuple pour oser inventer un avenir radieux au lieu d’utiliser le nom du CAPITAINE comme une échelle pour accéder à des postes politiques tout en s’illustrant négativement..
    C’est pourquoi en ce 31ème anniversaire,le PUR invite le peuple Burkinabè à changer surtout de paradigme de développement en mettant en oeuvre les nobles idées de Sankara puisse que nous avons cru qu’après l’insurrection nous serions un exemple mondial par nos actions courageuses dans les différents secteurs mais Hélas son gout est inachévé et c’est fromage pour ne pas dire dommage. Ceci a conduit les vrais Sankarites à à rechercher d’autres repères..Ainsi naquit le PUR comme le referentiel du Sankarisme réel pour garder de Sankara l’image d’un homme qui a mené une vie utile pour tous !
    Le PUR, ensemble nous vaincrons !

  • - Encore un parti politique qui veut manger par la fenêtre ’’Thomas Sankara’’ !! Dieu ait pitié de l’âme de Sankara.

    Par Kôrô Yamyélé

    • Koro yamyélé. Voyez vous, quand nous disons qu’au PUR nous voulons tracer notre sillon loin des caricatures de la politique au Burkina, c’est justement pour répondre à de telles réactions. Nous aurions voulu profiter de prébandes que nous n’aurions pas quitté majoritairement l’Unirps. Alors, je crois qu’à certains moments il faut éviter les réactions stéréotypes non fondées sur aucune réelle analyse ou sur la connaissance réelle des contextes ou des choses.
      En toute fraternité. Merci

  • Il n’y’a eu qu’un seul THOMAS SANKARA au burkina , pourtant nous ne pouvons compter les partis sankaristes de nos jours au faso jusqu’a ce que d’autres mangent avec ses propres assassins qui sont aux affaires depuis des decennies. Est t’on en train de faire comme dans le christianisme ou dans l’islam ou au nom du seul jesus christ ou autre nous avons autant de réligions chrétiennes et islamiques ? Non arretez ca, vivement un loi interdisant l’utilisation du nom de cet homme dans un quelconque parti au burkina, nul n’a le droit de profaner son nom comme c’est le cas aujourd’hui dans les partis sankaristes. Vive THOMAS SANKARA et abbat tout parti sankariste au BURKINA FASO.

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