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Énergies renouvelables : Et si on utilisait le charbon à base de tourteaux d’anacardes ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • LEFASO.NET | Nicole Ouédraogo • jeudi 20 septembre 2018 à 23h35min
Énergies renouvelables : Et si on utilisait le charbon à base de tourteaux d’anacardes ?

Savez-vous qu’il est possible de produire du charbon à partir des coques d’anacardes ? Cette idée, qui s’inscrit dans le cadre du programme Switch Africa green (initiative pour le reverdissement de l’Afrique), est de l’Institut 2iE, à travers le Laboratoire énergies renouvelables et efficacité énergétique (LabEREE) et ses partenaires. Les résultats dudit projet ont été présentés ce jeudi 20 septembre 2018, lors d’un atelier.

Il s’agissait, au cours de cette rencontre, de restituer les résultats du projet de valorisation énergétique des déchets de la filière anacarde, et surtout de partager les résultats obtenus avec les acteurs œuvrant dans les domaines connexes au programme Switch Africa green (SAG). En effet, après trois années de recherches, le Laboratoire énergies renouvelables et efficacité énergétique de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), conduit par docteur Marie Sawadogo, est parvenu à produire des combustibles alternatifs au charbon de bois au Burkina, en partant des déchets de la filière anacarde.

« À partir des déchets de l’anacarde que nous avons broyés, nous avons fait un mélange avec de l’amidon et de l’eau pour produire des briquettes combustibles en utilisant une presse à vis. Une fois que ces combustibles ont été obtenus, ils ont été testés en laboratoire sur foyer amélioré et ensuite, dans les chaudières des PME », a-t-elle expliqué, soulignant que « nous avons obtenu des résultats identiques, sinon meilleurs à ceux du bois et du charbon de bois ».

Au-delà de la valorisation des déchets d’anacarde, ce projet, selon la coordinatrice du projet Switch Africa green au niveau de l’institut 2iE, Marie Sawadogo, vise à substituer le bois par des briquettes d’anacardes auprès des populations et pour la production d’énergie thermique des Petites et moyennes entreprises (PME). C’est ainsi que des carbonisateurs de coques d’anacardes ont été conçus et mis à la disposition d’une PME.

Aussi, 30 personnes issues des PME ont été outillées sur les techniques de valorisation des déchets agro-industriels et sur la production des briquettes combustibles. La technique est toujours dans la phase d’expérimentation, et docteur Sawadogo a noté que des enquêtes ont été réalisées auprès de 80 PME de la ville de Bobo-Dioulasso en vue de connaître leurs besoins en combustibles.
Et à ce jour, le directeur de l’Entrepreneuriat et de la formation continue de l’institut 2iE, Djim Doumbé Damba, confie que certaines de ces PME ont commencé à utiliser les coques d’anacardes comme combustibles à la place du bois ou du charbon de bois. « Nous tendons vers la phase de la vulgarisation. Certaines coopératives vont s’en approprier pour faire de la production à grande échelle », a-t-il souligné.

Près de six projets mis en œuvre au Burkina

Exécutée par ONU Environnement, Switch africa green est une initiative de l’Union européenne qui s’inscrit dans le cadre du concept « Economie verte ». Mis en œuvre dans six pays que sont le Burkina, le Ghana, l’Ethiopie, le Kenya, les Iles Maurice et l’Ouganda. Ce programme, selon le coordonnateur national de l’initiative, Albert Compaoré, a quatre domaines prioritaires que sont l’agriculture, l’industrie manufacturière, le tourisme et la gestion intégrée des déchets.

Djim Doumbé Damba

Au Burkina Faso, outre le projet de valorisation énergétique de la filière anacarde, ce sont cinq projets qui sont mis en œuvre par d’autres structures, suite à un appel à projets.
Il s’agit du projet Néeré qui consiste à appuyer les communes dans la gestion intégrée des déchets, le projet de transformation de déchets ménagers en fertilisants agricoles, le projet de promotion et d’encouragement des PME dans l’utilisation de l’énergie solaire et celui sur la promotion des modes de consommation de productions durables à travers la promotion de l’éco-entreprenariat.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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