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Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Edouard K. Samboé (stagiaire) • jeudi 20 septembre 2018 à 23h30min
Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

La Place de la nation de Ouagadougou a accueilli la commémoration de la Journée des tirailleurs africains, le jeudi 20 septembre 2018, en présence du chef d’Etat-major général des armées, le général Omarou Sadou. Cette commémoration est organisée par le ministère de la Défense et des Anciens combattants, pour rendre hommage aux soldats tombés sur les champs de bataille.

C’est sur l’esplanade de la Place de la nation de Ouagadougou que les frères d’armes se sont retrouvés dans la journée du 20 septembre 2018. Parmi ceux-ci, des officiers coopérants français résidant au Burkina Faso, les chefs-corps des garnisons et des régiments, les anciens combattants, les anciens militaires et les veuves des soldats morts à la guerre. Ils sont venus de toutes les provinces du Burkina Faso pour « rendre hommage aux aînés tombés sur les champs de bataille ».

À l’entame de la cérémonie, la clôture de la Place de la nation était entourée par des hommes en uniforme. Plusieurs militaires de faction étaient vêtus d’épaulettes noires (en signe de deuil), arme à la main ou munis d’instruments de musique. Deux sentinelles postées dans le carré d’armes avaient le regard rivé sur la gerbe de fleurs.

Face au monument étaient assis les anciens militaires, les veuves, les civils et les militaires en service venus pour la circonstance. C’est dans ce décor que le général Omarou Sadou fit son entrée. Après les honneurs militaires dus à son rang et l’exécution de l’hymne national, il a procédé au dépôt de la gerbe de fleurs au pied du monument, avant que la sonnerie aux morts ne retentisse.

Le commandant Paul Tondé, président des anciens combattants et des anciens militaires du Burkina, s’est félicité de la tenue de l’évènement. Il a rappelé que « dans plusieurs théâtres d’opérations, nombreux sont les frères d’armes qui sont tombés pour notre pays ». D’où son invite à la population à plus de collaboration avec les militaires qui sont sur le terrain, afin de mettre fin à l’insécurité qui menace le Burkina.

Pour terminer, il n’a pas manqué de saluer à sa juste valeur leur esprit de devoir et de sacrifice. Le général Oumarou Sadou a lui aussi apprécié positivement la Journée des tirailleurs africains qui constitue « une occasion pour magnifier le sacrifice qui a été consenti par les aînés ». Pour lui, il s’agit, à travers l’organisation de cette cérémonie, non seulement de rendre hommage à ces aînés mais aussi et surtout « de les imiter pour leur sens de sacrifice et d’engagement ».

Au nom de la Fédération nationale des anciens combattants résidant hors de France (FACS), le général Jean-Pierre Beauchesne, 83 ans, venu pour la circonstance, n’a pas caché ses émotions. « Je suis venu rendre visite à mes frères anciens combattants du Burkina Faso. Les anciens combattants burkinabè sont les gardiens de la gloire du Burkina Faso parce qu’ils ont lutté pour que le Burkina Faso existe aujourd’hui », s’est-il exprimé.

À la faveur de cette cérémonie d’hommage, certains anciens combattants n’ont pas hésité à faire cas de leur situation précaire pendant et après le service militaire. Arborant ses quatre médailles, cet ancien combattant relate, sous le sceau de l’anonymat : « Ils disent que nous sommes à l’honneur. Eh bien, nous allons voir s’ils tiendront leurs engagements. Sinon, nous vivons une précarité. Nous espérons l’amélioration de nos conditions de vie. Nous voulons également participer à la lutte contre l’insécurité qui mine notre pays ».

Quoi qu’il en soit, ils étaient plusieurs centaines d’anciens combattants et anciens militaires rassemblés aux côtés de leurs frères d’armes en service pour rendre hommage aux frères tombés lors des théâtres d’opérations. Face aux pertes en vies humaines de nos forces de sécurité et de défense engagées dans cette guerre asymétrique contre le terrorisme, n’est-il pas temps de faire appel à ces braves anciens pour qu’ils apportent leurs expériences de terrain, de courage et de renseignement ?

Edouard Samboé (stagiaire)
samboeedouard@gmail.com
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 21 septembre à 05:05, par joe papi En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    c’est très émotionnel de ce rappelé ce moment de grand valeur et sacrifice du continent africain qui à sauvé l’Occident particulièrement la France plus proche de l’histoire. ses ancien combattants mérite d’être mieux traité de nos aujourd’hui, mais elas,

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  • Le 21 septembre à 07:31, par A qui la faute ? En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    Rien que le terme tirailleurs !
    La leçon est que nous n’avions pas notre mot à dire sur la raison de ces guerres injustes. Nous avons été embarqués pour exécuter cette guerre contre les pauvres algériens et vietnamiens qui luttaient pour une cause noble : leur indépendance. Nous avons tiré dans le mauvais sens.

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  • Le 21 septembre à 08:09, par Toutdemême En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    S’il s’agit d’une journée des tirailleurs africains, qu’on évite tout amalgame. Les « tirailleurs africains » sont bien connus : ce sont de jeunes africains qui ont contribué aux guerres de la France. Souvent recrutés sous la contrainte ou le chantage, sommairement formés, mal équipés, discriminés, ils firent preuve de bravoure sur les différents théâtres d’opérations. Ils furent récompensés en monnaie de singe (camp militaire de Thiaroye le 1er décembre 1944, pension dérisoire ou impayée, grades sous-évalués). La fraternité doit être réciproque. La commémoration de cette journée trouvera sa plénitude lorsque tous les torts que ces « tirailleurs » ont subis auront été réparés.

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  • Le 21 septembre à 08:57, par SOME En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    Tiens est ce aujourd’hui que l’on se rappelle qu’ils existent. Et puis M samboué il est gauche de vouloir lier cette situation des anciens combattants a la situation actuelle du burkina. Le burkina lui meme les a royalement ignorés.

    Ce n’est pas maintenant qu’ils vont se reveiller et les reconnaitre quand tous sont morts. Une journee alors qu’ils ont donne tout leur vie sans aucune reconnaissance ni des africains ni des europeens. Ce n’est pas maintenant qu’ils vont venir reparer quoi que ce soit quand ca ete deliberement et volontairement instauré. Ce n’est pas aujourdh’ui que des soi disants freres d’armes" vont venir pleurnicher sur "leurs freres d’armes" qu’ils ont brimés et exploités et sont morts dans la misere apres avoir tout donné pour eux. Pourquoi c’est aujourd’hui que nos chefs d’etat africains se remuent alors qu’ils n’ont jamais rien fait pour eux ? Ils se sont tus, muets comme des carpes....

    Bref c’est retourner sa veste pour continuer a exploiter les africains. Ils retournent leur veste parce que la donne a changé : dans leur guerre contre le monde africain, ils sont en train de perdre alors ils se veulent gentils et serviables et reconnaissants alors tout a fait le contraire.

    Mais les africains eux memes n’en ont meme pas conscience. Meme pas conscience que cela fait partie des armes utilisees pour les combattre. Prenez conscience que nous sommes dans une guerre planetaire. Au moment ou eux ils gagnaient ils ne disaient rien, ils ne faisaient rien : c’etait normal. Aujourdh’ui qu’ils perdent, ils veulent changer les regles. Non ! ils ont joué, ils ont perdu : la vie continue (thomas sankara)
    SOME

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  • Le 21 septembre à 09:15, par Sanogo Yacouba En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    La Journée du tirailleur africain
    En tant fils d’ ancien combattant de la classe (48) entendez 1948 je suis très écoeuré quand je vois une telle comédie de la france sur notre continent.En effet ils sont combien d’ anciens combattants qui sont décédés et dont les veuves n’ont jamais pu bénéficier de la pension de reversion jusqu’ à leur mort.Lorsque feu mon papa décédait en 1986 toutes les démarches ont été entreprises et les pièces du dossier de demande de pension de reversion au profit de la veuve fournies par plus de cinq(5) fois à l’ ambassade de france au burkina et j’ ai poursuivi ce dossier durant tout le temps à marcher entre l’ambassade et la paierie de france à ouagadougou jusqu’ au décès le 14 juillet 2007 de ma regrettée maman qui était légalement mariée à feu son mari ex sergent-chef de l’ armée française.
    Que la france arrête de nous divertir et d’ insulter notre intelligence.

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    • Le 21 septembre à 11:47, par Wend na lok-do En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

      cher Monsieur,
      Vous n’êtes pas le seul dans la situation malheureusement. Mon père est décédé depuis 2009 et nous poursuivons dans les mêmes conditions le dossier. Les aller-retour entre la pairie de France, la DACAM et l’Ambassade sont les mêmes. Il appartient aussi et surtout à nos autorités de se bouger pour défendre la cause des leurs. Mes multiples passages à la DACAM me mettent devant l’évidence d’un attentisme profond et désespérant. La réponse que l’on attend souvent est : "il faut rappeler, nous n’avons pas encore reçu de nouvelles. On va attendre encore un peu et on espère que ça aboutira". La présente commémoration aurait été une occasion en or pour passer en revue toutes les situations non régularisées. Je suis certains que rien n’a été dit dans ce sens !! Des centaines de personnes ne connaissant pas les arcannes de l’administration finissent par baisser les bras. Il convient de serrer les coudes et au besoin faire une mobilisation de tous ceux et celles qui attendent depuis plus de 10 ans la réversion des pensions. Une action civile commune ? Une démarche collective auprès de l’Ambassade de France ou de nos autorités ? C’est une injustice qui ne dis pas son nom. Que ceux qui lisent et qui sont dans cette même situation se mobilisent en vue d’une action commune.

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  • Le 21 septembre à 10:21, par Opinion plurielle En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    Bien chers freres, merci pour tout ce que vous avez dit et souligné comme singeries de la france et de leurs valets locaux ; mais ce qui constitue le comble, c’est aussi ce titre de l’article qui montre à quel point ceux qui ont formaté les esprits continuent de reussir leur coup : que des africains bon teint osent appeler "tirailleurs" leurs vaillants parents qui ont libérés ces MINABLES français.
    Que plus jamais cet individu auquel je demande qu’il change en nuançant bine le concept qu’il n’est point de lui et nous le savons tous, qu’il s’excuse d’avoir utiliser cette affront aux africains.
    Sur le contenu et tout l’emballage de ce cirque, les autres ont tout depeint et je n’est plus grand chose à y ajouter.
    Si des minables vous appellent tirailleurs pendant que ce sont votre sang versé qui les a libéré, demain nous dira qui a raison et qui à tord.
    Je veux dire par là que nous devons prendre conscience nous, et toutes les générations conscientes que nous allons fabriquer, afin qu’elles lavent l’affront de ces une fois de plus MINABLES ; pour preuve, nous continuons de leur servir de coussinet douillet pour leur survie.
    Prenez soin seulement que l’avenir nous comble de satisfactions, des frustrations en nous libérant nous mêmes du franc cfa, des bases militaires, de tous les avatars et du joug de ces plus que minables.
    Demain nous appartient et le jour commence à se lever pour nous à leur détriment.
    Ils sont dans l’agonie et voyez vous les signes précurseurs que sont ces comédies.

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  • Le 21 septembre à 11:29, par le paysan En réponse à : Journée des tirailleurs africains : Pour magnifier le sacrifice consenti par les anciens combattants burkinabè

    Je suis quand même ému et content de cette célébration. Il faut un début à tout. Pourvu que cela ne soit pas une manière pour manifester pour manifester. Avant d’écrire ce texte j’ai appelé mon papa pour le demander comment se fait-il qu’il n’est pas venu à Ouaga pour cette célébration ? Il dit ne pas être au courant. Certainement les bureaux locaux n’ont pas beaucoup communiqué sur ça. Cela a été en restreint que chaque responsable a choisit certainement les supposants valides pour faire le déplacement sur Ouaga. J’avais fais une proposition en demandant à l’état de reprendre quelques militaires valides à la retraite pour 2 ans pour aider les FDS à combattre les bandits qui sévissent à l’est et au nord du Burkina. Certainement après une petite remise à niveau de 45 jours.
    Comme le dit SANOGO, ce n’est pas facile avec la pairie française. Des fois on a l’impression qu’à l’origine des états financiers pour payer les retraités ils font expressément une toute petite erreur sur le nom ou prénom des anciens combattants et c’est le calvaire pour eux. Il faudrait tous les temps des soit disant certificats d’individualité à n’en pas finir. Ou bien vous écrivez et le dossier est remis à l’ambassade pour être acheminer en France pour correction.
    En tout cas je dis une fois de plus merci au Ministère d’avoir pensé à nos combattants. Cela pourra faire prendre conscience à nos jeunes soldats car donner sa vie à sa patrie n’a pas de prix. Rien qu’à voir un ancien combattant j’ai des larmes aux yeux parce que j’ai compris ce qui pouvait arriver à mon papa quand il était au Sénégal, en Algérie, en France et tout récemment au Mali en 75. En 75 quand il sortait, il m’a dit ceci : "si je reviens c’est ça, si je ne reviens pas c’est aussi ça, parce que c’est pour le pays que je parts, soyez sage et écoutez ta maman et canalise tes petits frères (j’avais 12 ans)". C’est en ce moment j’ai compris beaucoup de chose. J’ai du respect pour l’homme en tenue consciencieux. Comme le dit "c’est bien mais ce n’est pas arrivé". Que Dieu vous guide et vous bénisse tous.

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