Lutte contre la pratique de l’excision : Impliquer les jeunes pour plus d’efficacité

LEFASO.NET | Aïssata Laure G. Sidibé et Aïcha Drabo (Stagiaire) • jeudi 20 septembre 2018 à 23h40min

L’Association jeunesse unie pour l’éradication de l’excision (JEUNEE) a organisé une conférence publique, le jeudi 20 septembre 2018 à Ouagadougou. L’objectif visé était d’informer et de sensibiliser la centaine de participants composée de jeunes, de leaders coutumiers et religieux à la problématique de l’excision afin de susciter son engagement et son implication dans la lutte pour l’abandon de cette pratique. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le chef du département Prévention, accompagnement des victimes de séquelles de l’excision, Cyrille Yankine.

Lutte contre la pratique de l’excision : Impliquer les jeunes pour plus d’efficacité
La pratique de l’excision est un phénomène avilissant qui compromet le plus souvent le bien-être de la femme et de la jeune fille. Après plusieurs décennies de lutte à travers un engagement certain et des actions diverses, le Burkina Faso se positionne de nos jours comme un pays modèle en matière de promotion de l’élimination des Mutilations génitales féminines (MGF). Mais qu’à cela ne tienne, le phénomène persiste malgré la sensibilisation et la répression. Les cas d’excision survenus récemment dans les provinces du Sanmatenga, du Passoré, du Koulpélogo, du Kadiogo et du Ganzourgou, dont une centaine de filles ont été victimes, sont l’illustration parfaite de la recrudescence du phénomène. Face à une telle situation, l’Association jeunesse unie pour l’éradication de l’excision (JEUNEE), qui fait de la lutte contre cette pratique son cheval de bataille depuis 2008, s’est sentie interpellée.

C’est pourquoi elle a initié, le jeudi 20 septembre 2018 à Ouagadougou, une conférence publique sur la problématique de l’excision, au profit de la jeunesse burkinabè constituée en majorité de filles. Des leaders coutumiers et religieux y ont également pris part. « L’objectif était de renforcer les connaissances d’une centaine de participants sur cette problématique afin qu’ils puissent être des ambassadeurs de la lutte et aider le Burkina Faso à atteindre son objectif qui est zéro tolérance à l’excision », a dit le coordonnateur général, Idrissa Konditamdé.

En plus de la présente activité, l’association a plusieurs réalisations à son actif. « Nous avons déjà mené des actions de communication de proximité, des plaidoyers auprès des autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses, pour que le message puisse être transmis et aboutir à un changement de comportement », a déclaré le coordonnateur général.

Dans son discours d’ouverture, le chef du département Prévention, accompagnement des victimes de séquelles de l’excision, Cyrille Yankine, a salué l’engagement constant et la détermination de la JEUNEE qui, depuis une dizaine d’années, ne cesse de se déployer à travers des actions multiples et multiformes sur le terrain.
À l’écouter, le changement de comportement, surtout dans le domaine culturel, tout comme la résolution des problèmes socio-économiques, exige certes des moyens mais aussi et surtout du temps et de l’engagement. Séance tenante, il a invité la jeunesse du Burkina Faso à s’approprier ce combat pour l’épanouissement de la femme et de la jeune fille, avant de réaffirmer la disponibilité de son département à accompagner les jeunes dans la réalisation de leur projet.

Après avoir suivi un sketch qui relate l’excision avortée d’une jeune fille, les participants ont échangé autour des communications portant sur « l’état des lieux de la pratique de l’excision au Burkina Faso » et « la contribution de la jeunesse à l’élimination de cette pratique ». Au regard des conséquences désastreuses de la pratique sur les filles, ils ont exprimé leur réelle volonté de lutter contre le fléau.
« L’excision est une mauvaise pratique que certains de nos ancêtres pratiquaient et qui a eu des répercussions sur la vie de nos mamans. Pour cela, je m’engage à dénoncer toute pratique d’excision dont j’aurais vent, en appelant au 80 00 11 12 », a déclaré Hamsatou Tamboura, étudiante en Droit.

Pour sa part, Adama Diallo, un membre de l’association Zems-taab-n-maneg-sombo, s’est exprimé en ces termes : « La pratique de l’excision est un problème structurel car elle a commencé il y a longtemps. On ne peut pas l’éradiquer du jour au lendemain. Sa lutte nécessite l’engagement de tout un chacun. Contre cette pratique néfaste, barbare, je m’engage personnellement à dénoncer toute personne suspecte », a-t-il renchéri.

Même son de cloche du côté du représentant des autorités coutumières et religieuses, le Naaba Kougri. « Cette pratique est à abolir, car elle cause d’énormes dégâts. Nos ancêtres la pratiquaient certes, mais le monde a évolué, surtout avec l’apparition de nouvelles maladies comme le Sida. J’encourage la population à s’associer à cette lutte. Je remercie le gouvernement et le félicite pour le travail qu’il mène au quotidien pour éradiquer ce phénomène », a déclaré le chef coutumier.
En rappel, cette séance de sensibilisation a été organisée avec l’appui de l’ONG « Génération fille ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Aïcha Drabo (Stagiaire)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 21 septembre à 18:20, par Le questionnement En réponse à : Lutte contre la pratique de l’excision : Impliquer les jeunes pour plus d’efficacité

    La loi contre l’excision, n’a pas arrêtée l’excision. Chaque année pendant la période des vacances, les médias font cas de nombreux cas d’excision. Pourquoi continuer la lutte de la même manière il y a plusieurs années (sensibilisation, et certains s’enrichissent sur le dos de vielles prises la main sur les lames). Pourquoi ne pas changer la méthode de lutte en autorisant l’excision uniquement dans les centres de santé, uniquement pour les filles adultes ?

    Répondre à ce message

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