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Mali : le président IBK prête serment sur fond de contestations

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET | Par Issouf OUEDRAOGO (stagiaire) • mercredi 5 septembre 2018 à 15h14min
Mali : le président IBK prête serment sur fond de contestations

Réélu le 20 août dernier au second tour, le président Ibrahim Boubacar Keïta a prêté serment le 4 septembre et empile pour un nouveau mandat. Vainqueur avec 67,16% des suffrages contre 32,84% pour l’opposant Soumaïla Cissé, IBK fait face à une contestation depuis sa réélection. Son rival n’a pas reconnu sa défaite, et ne reconnaît point son investiture. Un nouveau départ révélateur de nombreux défis pour le nouveau président malien.

Reparti pour un second mandat, le président Ibrahim Boubacar Keïta a prêté serment le 4 septembre 2018 à Bamako pour un second quinquennat et a réaffirmé la paix comme priorité absolue dans un pays abandonné aux attaques terroristes. Et ce, pendant que l’opposition conteste farouchement sa victoire avec des marches qui ne faiblissent pas depuis la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle le 20 août dernier.

Dans son premier discours prononcé devant plus de 3 000 personnes rassemblées au Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ, Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé mardi « placer le retour de la paix et la sécurité au rang de priorité absolue », avant d’ajouter : « Je serai le président de toutes les Maliennes et de tous les Maliens, de toutes les régions et de la diaspora. De tous ceux qui m’ont apporté leurs suffrages. De tous ceux qui ont fait d’autres choix. De tous ceux qui ne se sont pas exprimés lors de l’élection présidentielle ».

Malgré les efforts de l’État dans le nord du Mali, beaucoup reste à faire dans la lutte contre l’insécurité. Lors de la cérémonie, qui a connu la présence des membres du gouvernement, de diplomates et du public, IBK a affirmé sa volonté d’être implacable avec tous ceux qui veulent bafouer les valeurs de liberté et de tolérance.
Il poursuit en expliquant que rien ne s’opposera à la volonté d’un peuple uni face au terrorisme, faisait allusion aux attaques terroristes dont la dernière a ciblé, mardi, un camp de l’ONU à Ménaka (au nord) où un Casque bleu a été blessé à la suite de tirs d’obus, selon des sources de sécurité et administratives.

Nul doute que pour le second mandat du président IBK a pour leitmotiv la question sécuritaire qui s’impose comme une priorité, pour mettre fin aux conflits communautaires dans le centre du pays. Un conflit qui a fait des dizaines de victimes civiles ces derniers mois avec un taux de menace terroriste élevé, de criminalité organisée qui n’a pas cessé. Même si les extrémistes n’ont pas réussi à déstabiliser le processus électoral, ils ont été responsables de nombreuses attaques durant le scrutin.

Il faut rassurer les habitants de la région de Mopti en évitant que le conflit ne continue pas encore au sud. Relever les nombreux défis sécuritaires passe aussi par une réforme urgente de l’armée malienne et surtout une relance de l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touarègue. Sa mise en œuvre accumule les contretemps et n’a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du Mali et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Le retour de la paix conditionne l’amélioration du quotidien des Maliens. Les attentes économiques et sociales sont aussi fortes qu’il y a 5 ans. La santé, l’éducation, mais aussi l’emploi sont autant de secteurs qui doivent être réformés. Pour ne citer qu’un chiffre, 28% seulement des lycéens ont réussi leur bac cette année.

Autre chantier pour le nouveau président, c’est la lutte contre la corruption, qui va de pair avec une meilleure distribution des ressources et de manière générale avec une rupture en matière de gouvernance et l’amélioration du quotidien des Maliens.

En outre, le président doit s’atteler à ressouder le tissu social qui est en branle avec les contestations de l’opposition depuis la proclamation des résultats. Sur la question, le président dit tendre « la main à tous ceux qui veulent que le Mali réussisse, sans exclusive aucune », ainsi pour faire allusion à l’opposition dont le principal chef, son adversaire au second tour Soumaïla Cissé, n’a pas reconnu sa défaite.

M. Cissé dénonce « des fraudes » à la présidentielle. Il a appelé les Maliens à nouveau, dans un communiqué, à une « mobilisation pacifique et non-violente pour défendre leurs droits démocratiques ». Pour enfoncer le clou, il affirme, au nom de « La coalition pour restaurer l’espoir » formée d’une dizaine de candidats à l’élection présidentielle : « Le candidat Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas été élu par le peuple malien. La cérémonie d’investiture d’un président non-élu prévue pour mardi 4 septembre est nulle et de nul effet ».

L’opposant et ses partisans organisent des marches tous les weekends depuis l’annonce des résultats définitifs. Ce nouveau départ ne devrait donc pas laisser beaucoup de répit au président malien qui a été réélu par 34 % de la population seulement et dont le premier mandat a fait de nombreux déçus.

Issoufou Ouédraogo (stagiaire)
Lefaso.net

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