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Marthe Koala, athlète burkinabè : « Je demande aux autorités de continuer à nous faire confiance, nous allons ramener la médaille mondiale olympique »

Accueil > Actualités > Sport • LEFASO.NET | Par Soumaila SANA • samedi 1er septembre 2018 à 12h30min
Marthe Koala, athlète burkinabè : « Je demande aux autorités de continuer à nous faire confiance, nous allons ramener la médaille mondiale olympique »

Elle est athlète burkinabè, spécialiste des épreuves combinées, c’est-à-dire, les heptathlons, 100 mètres haies et la longueur. Marthe Yasmine Koala, c’est d’elle qu’il s’agit, vice-championne au championnat d’Afrique en athlétisme à Asaba, au Nigéria et championne du meeting de Ouagadougou. Nous l’avons rencontrée le 23 août 2018, en pleine séance d’entrainement au stade du 4-août, à Ouagadougou.

Lefaso.net : Quand est-ce vous avez débuté votre carrière et les motivations du choix de cette discipline sportive, l’athlétisme ?

Marthe Yasmine Koala (M.Y.K.) : J’ai commencé l’athlétisme en 2005, dès mon arrivée au collège, avec Missiri Sawadogo. Très vite, j’ai intégré l’équipe nationale en 2009, aux jeux de la CEN-SAD au Niger. Mais, j’ai choisi les heptathlons, parce que, toute petite, j’ai toujours aimé tout faire. Donc, avec mon coach Missiri Sawadogo, j’ai débuté avec la vitesse. J’ai tenté la longueur et ainsi de suite, les 800 m. C’est en catégorie junior que j’ai été spécialisée en heptathlon par mon coach Sawadogo et j’ai vite progressé dans cette discipline.

Lefaso.net : Dites-nous comment se déroule votre carrière actuellement ?

M.Y.K : Tout ce passe bien actuellement. J’ai eu de très belles performances, depuis mon arrivée dans un centre en Iles-Maurice (elle évolue dans ce pays) grâce à une bourse. J’ai encore beaucoup de réserve et je pu vous dire que ça va dans l’ensemble.

Lefaso.net : Parlez-nous de vos records et le nombre de médailles engrangées ?

M.Y.K : J’ai eu plusieurs médailles, au niveau national et international. En 2009, j’ai été championne d’Afrique cadette. En 2011, j’ai été championne d’Afrique junior et en 2013, championne d’Afrique junior en 100 m et 3e au classement en 100 m en longueur. Championne d’Afrique sénior en 2014 en heptathlon et c’était ma première médaille en sénior.

En 2015, j’ai également battu le record du Burkina Faso en heptathlon, avec un total de 5852 points et en 2016, j’ai été vice-champion d’Afrique et double vice-champion à Durban en heptathlon et au 100 m haie. En 2017, j’ai obtenu deux médailles d’or aux jeux de la Francophonie à la longueur et au 100 m haie.

En plus de cela, j’ai battu le record du Burkina de 6230 points en heptathlon ; ce qui m’a permis de participer aux championnats du monde et les minimas étaient de 6 000 points. Cette année, j’ai battu le record du Burkina et après, j’ai été double vice-championne d’Afrique à Asaba, au Nigéria, à la longueur et en heptathlon.

Lefaso.net : Quelles sont les difficultés rencontrées depuis le début de votre carrière au Burkina Faso et à l’extérieur du pays ?

M.Y.K : Je dois dire qu’étant au Burkina, les conditions n’étaient vraiment pas favorables ; parce que je m’entrainais à Bobo-Dioulasso ou le stade ne répondait pas aux normes. Il y avait manque de matériel sportif de certaines disciplines, notamment de haie, de sautoir, etc.

En plus, une des difficultés était comment concilier les études au sport. Mais à l’époque, comme il y n’avait pas assez de compétitions, je pouvais m’entrainer pendant une année et n’avoir que quatre compétitions. Cela m’a découragé un peu, parce que le sport demande beaucoup de moyens (l’alimentation, le suivi et le matériel adéquat, etc.,…) et je n’avais pas tout cela au Burkina. Mais dès que je suis arrivée en Ile-Maurice, j’ai vu que les conditions étaient favorables et surtout avec un bon encadrement technique.

Lefaso.net : Comment arrivez-vous à associer sport et études ?

M.Y.K : Quand je suis arrivé à l’Ile–Maurice, il a fallu que je fasse deux ans de cours d’anglais, car les cours y sont dispensés en anglais. Je suis arrivée là-bas avec le baccalauréat comme diplôme obtenu au Burkina, avant de poursuivre à l’université. Je fais le management des Sports et j’arrive à concilier les deux, car je prends les cours le matin et le soir, je m’entraine. L’année scolaire se passe bien et actuellement, je suis en pleins préparatifs des examens.

Lefaso.net : Y a-t-il des bourses que le ministère en charge des sports met à votre disposition, pour accompagner la carrière des athlètes, comme vous ?

M.Y.K :
Oui, moi je bénéficie de la bourse Olympique et cela m’aide beaucoup.

Lefaso.net : Par qui et comment votre carrière est-elle gérée ?

M.Y.K : Ma carrière est gérée par la Fédération burkinabè d’athlétisme et le Centre international de sports de haut niveau de l’Ile-Maurice (où j’évolue actuellement).

Lefaso.net : Parlez-nous des conditions dans lesquelles s’est déroulée votre récente participation au championnat d’Afrique à Asaba, au Nigéria ?

M.Y.K : J’ai eu des difficultés ; parce que je suis arrivée au Nigéria le 29 juillet et ce n’ai que le 31 juillet que j’ai pu rejoindre Asaba, la ville dans laquelle s’est déroulée la compétition. A l’aéroport, il n’y avait pas d’avion et je ne comprenais pas ce qui se passait. Il fallait attendre deux jours pour avoir un vol pour Asaba. Egalement, j’ai perdu deux de mes sacs, où il y avait mes chaussures de compétition.
Donc, j’avais beaucoup de stress, la fatigue et la panique, je ne savais pas si j’allais pouvoir compétir. Sincèrement, avant la compétition j’ai perdu beaucoup du poids. Tout cela à contribuer à impacter sur ma performance. Malgré tout, j’ai été vice-championne et en suis fière, pour moi et pour mon pays. La prochaine fois sera la meilleure.

Lefaso.net : Quel appel avez-vous à lancer aux autorités en charge des sports ?

M.Y.K : Je demande aux autorités de toujours continuer à nous soutenir, même si elles le font déjà. Je leur demande d’aider l’athlétisme, les jeunes talents car, il y a beaucoup de talents au Burkina, il suffit d’un bon suivi et on pourra avoir des athlètes de classe mondiale.
Cela est possible. Qu’elles continuent à faire confiance et nous allons donner encore plus, pour ramener la médaille mondiale Olympique. Je profite de cet entretien pour dire merci aux autorités du Burkina Faso, à la Fédération d’athlétisme, à tous les Burkinabè et surtout un grand merci à vous, la presse, pour ce que vous faites pour le sport et pour la nation.

Lefaso.net : Pour des jeunes et surtout les filles qui veulent embrasser une carrière comme la vôtre, quel conseil avez-vous à leur donner ?

M.Y.K : A mes frères et sœurs athlètes, j’aimerais leur dire d’être patients et disciplinés ; parce que la discipline prime dans tout ce qu’on pratique comme sport. Il faut du courage, se donner à fond. C’est vrai qu’au Burkina, il n’y a pas assez de moyens, mais si on veut atteindre un certain niveau, il faut se battre et faire de bonnes performances.
Car, en athlétisme, ce sont les performances qui parlent. Donc, il faut bosser dur pour engranger des médailles afin d’espérer intégrer un centre. C’est ce que j’ai fait, pour me retrouver également aujourd’hui dans un centre en Ile-Maurice.

Interview réalisée par Soumaila SANA
Lefaso.net

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