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Gratuité des soins au Burkina : le système a couté plus de 30 milliards de F CFA en 2017

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Dimitri OUEDRAOGO • samedi 4 août 2018 à 15h00min
Gratuité des soins au Burkina : le système a couté plus de 30 milliards de F CFA en 2017

L’Association des journalistes burkinabè (AJB) a organisé, en collaboration avec le Projet de gouvernance économique et de participation citoyenne (PGEPC), une conférence publique sur la mise en œuvre des soins gratuits au Burkina Faso, ce vendredi 3 août 2018 à Ouagadougou. Les journalistes ont eu droit à trois communications.

La première communication était axée sur « les fondements, le bilan et les défis » de la gratuité des soins. Elle a été présentée par Dr Pierre Yameogo du ministère de la Santé.
La deuxième, faite par Simon Kaboré du RAME (Réseau d’accès aux médicaments essentiels), a concerné le contrôle de la mise en œuvre du système. Enfin, la troisième communication, faite par Dr Bertrand Méda du Syndicat des travailleurs de la santé, a porté sur les insuffisances du système.

Faire en sorte que les journalistes aient le plus d’informations possibles sur la gratuité des soins, c’est l’objectif poursuivi par l’AJB à travers l’organisation de la conférence publique sur les soins gratuits. Ce vendredi 3 août 2018, les journalistes, venus de plusieurs médias, ont pu se faire une idée de la situation réelle de la gratuité des soins au Burkina Faso.

Dr Yameogo du ministère de la Santé a fait savoir que c’est 25% de la population qui est concernée par le système. Il s’agit des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes, des femmes en per, post-partum, des femmes vivant avec une fistule obstétricale, des femmes âgées de 25 à 55 ans. Ces personnes bénéficient des accouchements et interventions obstétricales, des soins préventifs et curatifs pendant la grossesse, des soins curatifs de l’enfant de 0 à 5 ans et des dépistages et traitements in situ des lésions précancéreuses du col de l’utérus.

Selon le communicateur, des moyens financiers, des produits pharmaceutiques et du carburant accompagnent la mesure. Le coût global de l’opération en 2017 est de 30 milliards 184 millions 380 mille 129 F CFA. Selon Dr Yameogo, le contrôle du système est laissé à la société civile.

Les acteurs du contrôle étaient représentés par le RAME. Son directeur exécutif, Simon Kaboré, tout en louant l’initiative, a relevé des dysfonctionnements sur le terrain. Il s’agit des ruptures des produits, du non-remboursement dans les délais des prestations, de la prescription de spécialités à la place des MEG, des ruptures des supports de gestion et le non-respect de la gratuité par certains agents. Ce n’est pas tout ; au niveau des césariennes, il y avait en 2017 des écarts entre ce qui est présenté comme bilan et ce qui a été fait. Il y avait 617 césariennes déclarées de trop, pour un coût de 63 239 435 francs CFA estimés.

Au vu de cela, monsieur Kaboré a suggéré que la chaîne d’approvisionnement soit sécurisée. Il a aussi demandé que le contrôle de l’effectivité de la gratuité soit associé à la veille citoyenne. De son avis, les cas dénoncés doivent faire l’objet de sanctions dissuasives. Il a enfin suggéré une sensibilisation/formation des agents de santé et des usagers à l’usage rationnel des médicaments et des services.

Le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale, à travers Dr Bertrand Méda, a salué l’initiative du gouvernement. Seulement, il souligne que l’instauration de la politique de gratuité s’est faite sans une préparation préalable des acteurs de terrain. Ensuite, il estime aussi que la politique de gratuité a été instaurée sans mesures d’accompagnement. Et ce n’est pas tout.
Dr Méda pointe du doigt l’absence de ressources humaines suffisantes dans certains centres de santé, l’absence d’infrastructures et de matériel technique pour la prise en charge adéquate des malades. Pour ce qui est des agents indélicats, il estime que toute personne qui s’adonnerait à ces pratiques ne sera pas couverte par le syndicat. Le président de l’AJB, Guezouma Sanogo, à la fin des débats, s’est réjoui de la richesse des échanges.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 5 août à 02:10, par gu En réponse à : Gratuité des soins au Burkina : le système a couté plus de 30 milliards de F CFA en 2017

    félicitation à AJB.La mésure pouvait vraiement contribuer à améliorer la santé des populations mais hélas la mauvaise volonté de certains agents de santé qui ont vu leur deal emporté la mesure se manifeste sous plusieurs formes : denigrements des beneficiaires, comportements à saper la mesure et à revolter les beneficiaires contre les iniateurs... j attendais que l on precise la faiblesse qui a le plus influencé negativement la gratuité. la population ne sera pas dupe quand on brandira la mesure en 2020 comme...

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