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Diaspora : « Pour le futur, je crois que la diaspora burkinabè comptera davantage », Nongainéba Benjamin Zoumba, délégué CSBE Île-de-France et Dom Tom

Accueil > Diasporas • Par Yéroséo Kus, Paris, pour lefaso.net • mardi 10 juillet 2018 à 16h18min
Diaspora : « Pour le futur, je crois que la diaspora burkinabè comptera davantage », Nongainéba Benjamin Zoumba, délégué CSBE Île-de-France et Dom Tom

Nongainéba Benjamin Zoumba, doctorant en stratégie d’entreprise et entrepreneuriat à l’Université Paris-Est Créteil, est désormais délégué auprès du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger (CSBE) pour la région Île-de-France et Dom Tom et ce, depuis les scrutins du 24 juin dernier. Avec Hermann Ouédraogo, ils constituent désormais les voix des Burkinabè de cette région, en plus des six autres délégués élus en France. Selon le décret du 22 février 2007, le CSBE est chargé, entre autres, de rassembler les Burkinabè de l’étranger sans aucune distinction, d’assurer leur participation au développement économique et socioculturel du Burkina Faso tout en facilitant leur insertion dans la vie nationale.

L’enjeu est donc ici important pour tous les Burkinabè aspirant à une nation unifiée et forte, et au regard des multiples défis qui s’érigent au jour le jour.En marge donc du forum de la diaspora qui a lieu du 11 au 13 juillet 2018, nous avons rencontré Benjamin Zoumba qui, avec ce calme olympien qu’on lui reconnaît, nous livre le programme de ses trois ans de mandat qui court déjà, en espérant que ces délégués contribueront réellement à l’essor de leur patrie.

Lefaso.net : Au sortir des élections des délégués CSBE Île de France qui a eu lieu le 24 juin dernier, quels sentiments vous animent-ils aujourd’hui ?

Benjamin Zoumba (B.Z.) : Je voudrais tout d’abord remercier sincèrement tous ceux qui ont travaillé à ce que mon élection soit effective, en l’occurrence mon équipe de campagne et tous ceux qui, par action et/ou attitude, ont influencé directement ou indirectement l’avènement des résultats de l’élection en faveur de ma modeste personne. Je ne vous oublierai pas.

Je voudrais aussi témoigner ma gratitude à toute la diaspora burkinabè en France et particulièrement en région parisienne. Je suis élu pour cette diaspora. Mes nombreux sentiments post-élection sont sous-tendus par les attentes de cette diaspora à mon égard. Honnêtement et pour être concis, je me sens investi d’une haute responsabilité sociétale à assumer avec intégrité, humilité, audace et détermination.

Lefaso.net : Qu’est-ce qu’un délégué CSBE en quelques mots ?

B.Z. :Un délégué CSBE est élu de la diaspora burkinabè. Il a pour mission de défendre cette diaspora et de promouvoir son développement socioculturel et économique. Les actions du délégué CSBE recouvrent deux dimensions. Premièrement, il a une fonction de coordination de la diaspora à travers entre autres, la promotion d’activités socioculturelles, de l’intégration des Burkinabè dans leur pays d’accueil (en France pour ce me concerne) et auprès des autres communautés. Deuxièmement, le délégué CSBE a une fonction de représentation. En ce sens, il représente la diaspora auprès des autorités burkinabè d’une part, et dans une certaine mesure, auprès des autorités des pays d’accueil d’autre part.

Lefaso.net : Pensez-vous alors que votre programme vous a permis de faire la différence avec les autres candidats ?

B.Z. :Avec mon équipe de campagne, nous avons proposé un programme ambitieux issu d’un diagnostic profond de la diaspora burkinabè en France. Nous avons pu le faire parce que nous sommes proches de cette diaspora. Effectivement, il nous semble que nos idées sur la promotion de l’investissement, de l’entrepreneuriat, de l’emploi, de la sécurisation et de la mobilisation/valorisation de la diaspora burkinabè ont été distinctives.

Je vous invite à accéder ma page Facebook CSBE (Benjamin ZOUMBA CSBE France) pour prendre davantage connaissance de mes propositions. Cela vous est d’ailleurs indispensable pour me demander des comptes à la fin de mon mandat. Certains électeurs nous ont accordé leur confiance sur la base du programme proposé. Outre le programme, il nous semble que pour d’autres compatriotes, notre modeste personne au travers des valeurs que nous défendons/promouvons et incarneraienta été très déterminante.

Lefaso.net : Pourquoi avez-vous choisi de porter votre candidature au CSBE ? Ressentez-vous un vide à combler ?

B.Z. : J’ai porté ma candidature au CSBE tout d’abord parce que je porte une vision pour la diaspora. Il s’agit d’une part, de faire du CSBE France, un outil véritablement au service de la diaspora burkinabè en France. D’autre part, notre vision est d’amener/d’inciter la diaspora burkinabè en France à assumer pleinement sa capacité contributive au développement sociopolitique et économique du Burkina Faso. Pour moi, la diaspora est une entité importante du Peuple Burkinabè qui mérite d’être traité avec plus d’égard.

Le CSBE tel que nous l’entendons peut-être un outil efficace pour engager notre diaspora au service du Burkina Faso. Ensuite, ma candidature se fonde sur l’espérance que je bénéficierai des soutiens de tous les Burkinabè et des amis sincères du Burkina Faso pour mobiliser la diaspora burkinabè vers la vision que je porte. J’ai besoin de votre soutien pour y parvenir !

Lefaso.net : Dites-nous concrètement, quelles activités sont à noter déjà dans les agendas ?

B.Z. :En termes d’activités, nous en avons déjà entamé quelques-unes. Il s’agit d’abord d’un ensemble de concertations avec mes collègues délégués CSBE France. Nous souhaitons, au terme de ces concertations, asseoir une organisation collégiale afin d’augmenter la performance collective de nos actions. Pour nous, ce sera aussi donné un exemple de solidarité, promouvoir l’esprit d’union et la bonne cohésion sociale. Ce sont des valeurs autour desquelles nous souhaitons mobiliser nos compatriotes.

Outre ces concertations, il y a également notre participation au Forum national de la diaspora qui se tiendra du 11 au 13 juillet 2018 à Ouagadougou. C’est aussi une activité à laquelle nous prenons part, d’une part en tant que membre de la délégation française, d’autre part en tant que délégué CSBE France, donc une responsabilité supplémentaire. Bien d’autres activités seront entamées en vue du déploiement de notre programme.

Lefaso.net : En parlant justement du Forum national de la diaspora, en quoi cela va-t-il consister ?

B.Z. : Le Forum national de la diaspora, à l’instar de tout forum, est d’abord un cadre de débat intellectuel. Il réunit toute la diaspora burkinabè et des autorités burkinabè en vue de discuter, de mettre à jour, d’envisager des mécanismes qui devraient permettre de promouvoir notre diaspora. En ce sens un ensemble de panels seront tenus sur différents thèmes comme la « protection et la promotion des Burkinabè de l’étranger » ou encore « mobilisation et organisation de la diaspora pour le développement national ».

En ce qui concerne la participation et la contribution de la délégation française, notre communauté a en amont mis en place une commission ad hoc qui a recueilli les attentes et les contributions de l’ensemble de la diaspora. Ladite commission a par la suite produit un document de synthèse sur les différentes contributions. La contribution des membres de la délégation française mobilisera alors le document de synthèse lors des débats.

Lefaso.net : Quelle lecture faites-vous de la diaspora burkinabè en France et à Paris particulièrement ?

B.Z. :Je ne prétendrais pas faire une lecture dite objective de la diaspora burkinabè en France ou même à Paris ici. Je ne dispose pas d’éléments suffisants pour y prétendre. En termes de valeurs, j’observe et j’entends (de non-Burkinabè en France) que la diaspora parait intègre, travailleuse et solidaire avec leurs proches restés au pays.

J’ai donc le sentiment que notre diaspora est assez dynamique et a une bonne réputation promouvant ainsi l’image du pays des Hommes Intègres. Néanmoins, comparativement à d’autres diaspora à l’instar de celles du Mali ou du Sénégal, la nôtre paraît discrète. Cela procéderait peut-être de notre culture qui fait de nous très souvent des Hommes modestes.

Nous constatons aussi une mobilisation plus prononcée de notre diaspora ces dernières années pour les activités socioculturelles. Les associations sont assez dynamiques et font preuve de créativité dans l’élaboration des programmes d’activités socioculturelles. Ceci est à saluer !

Lefaso.net : Vous croyez vraiment à leur contribution quant au développement socioéconomique du Burkina Faso ?

B.Z. :Pour commencer, je veux dire que la diaspora compte déjà pour le Burkina Faso. Elle contribue socioéconomiquement à travers entre autres le financement de l’éducation/formation de nombreux jeunes restés au pays, le financement de la réalisation de structures éducatives, sociales et culturelles, le financement d’activités sociales, etc. Elle contribue aussi politiquement en animant d’une part, le débat politique et,en alimentant le personnel politique d’autre part et ce, depuis la période pré-indépendance à nos jours.

Plus encore pour le futur, je crois surtout que la diaspora burkinabè comptera davantage. C’est le sens de notre engagement au CSBE. Pour que la diaspora puisse compter davantage, il faudrait que des dispositifs soient promus au triple plan socio-culturel, économique et politique.

Au plan socio-culturel, il nous faut des mécanismes pour soutenir l’intégration de la diaspora aussi bien dans les pays d’accueil qu’au Faso, les organiser afin qu’il y ait plus de solidarité et de cohésion sociale, garantir l’expression et la promotion de la multiculture du Burkina Faso. Sur le plan économique, des dispositifs doivent permettre de sécuriser et de valoriser la contribution économique de la diaspora, de valoriser et d’organiser la mobilisation de son expertise. Sur le plan politique, les dispositifs à mettre en place doivent garantir l’expression pleine et entière de la citoyenneté des Burkinabè de l’étranger.

Lefaso.net : Pensez-vous alors que le Burkina peut se développer de façon durable au regard de la situation que ce pays traverse depuis un certain temps ?

B.Z. :J’y crois fermement d’abord parce que nous avons des acquis en termes de valeurs fondamentales. Nos aïeux et des contemporains nous ont laissé en héritage l’intégrité, la persévérance au travail et le patriotisme. Certains ont incarné et incarnent ces valeurs. Beaucoup d’autres prétendent les incarner/défendre. C’est un acquis important qu’il faut se féliciter et surtout promouvoir. Partant de ces valeurs, il me semble qu’il nous manque principalement deux choses : la vision claire, convaincante et partagée du devenir du Burkina Faso par et pour les Burkinabè, et des actions stratégiques concrètes pour matérialiser notre cheminement vers la vision qui est la nôtre.

Je crois aussi au développement du Burkina Faso parce qu’en tant que jeune de surcroît, j’ai (nous avons) « le droit de rêver » à la réalisation de nos idéaux. J’accepte très volontiers une vision utopique du Burkina Faso pour réaliser des actions stratégiques extraordinaires impactant pour des générations. Les Hommes, les groupes d’Hommes et les sociétés qui ont réalisé des actions stratégiques impactant durablement les sociétés ont sous-tendu leurs actions par des visions plus ou moins utopiques, non ordinaires.

Notre génération, notre jeunesse a besoin d’ « oser pour inventer l’[nos] avenir[s] ». Nous avons bien évidemment besoin des anciens, mais nous devons avoir la claire conscience que l’avenir du Burkina Faso dépend essentiellement de nous jeunes, de notre génération. Assumons-le avec intégrité, humilité, détermination et audace.

Lefaso.net : Votre dernier mot

B.Z. : Je voudrais tout simplement rappeler que c’est pour la diaspora et au service du Burkina Faso que je me suis engagé au CSBE. Avec la grâce de Dieu et « le soutien de tous, dont j’ai besoin », je suis mobilisé avec intégrité, humilité, détermination et audace pour qu’ensemble nous disposions une diaspora solidaire, dynamique et entrepreneuriale.

Yéroséo Kus, Paris, pour lefaso.net

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