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Colloque sur l’éducation : Le droit à l’éducation n’est pas seulement le droit à l’accès à l’école

Accueil > Actualités > Société • • dimanche 8 juillet 2018 à 18h45min
Colloque sur l’éducation :  Le droit à l’éducation n’est pas seulement le droit à l’accès à l’école

« Le droit à l’éducation, un droit culturel au principe des droits de l’homme en développement. Analyse des résultats de l’observation participative et prospective, de l’efficacité de ce droit au Burkina Faso ». C’est sous ce thème que l’Association pour la Promotion de l’Education Non-Formelle (APENF), de concert avec la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame et l’association Vittorino Chizzolini (Italie), la chaire UNESCO de l’Université de Fribourg (Suisse) et l’Observatoire de la diversité et des droits culturels de Fribourg, a organisé, les 5 au 6 juillet 2018 à Ouagadougou, un colloque international sur le droit à l’éducation au Burkina Faso.

Il ne suffit de créer une école et d’y envoyer les enfants ; il y a tout un ensemble. Foi des experts de l’éducation. C’est dans la même lignée que le président du Conseil d’administration de l’APNEF, Jean-Noël Poda a, en substance, campé : « Un enfant qui a fait deux années solaires peut-il être considéré comme ayant eu droit à l’éducation ? ». D’où l’impératif d’avoir des outils, des critères, un tableau de bord, bref, un document de référence pour pouvoir évaluer l’effectivité du droit à l’éducation, justifiant du coup la pertinence de ce colloque international.

Autour de ce cadre, des spécialistes venus, en plus du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Niger, de la Suisse, de la France et du Togo, pour réfléchir sur ce droit fondamental (l’éducation) qui, jusque-là, n’est effectif dans nombre de pays africains dont le Burkina. La recherche qui a fait l’objet du colloque a porté sur des communes des régions des Cascades, de l’Est, des Hauts-Bassins, du Nord, du Plateau-central et du Sahel.

L’objectif principal de la recherche est de mettre à la disposition des acteurs de l’éducation, un outil d’observation permanente de l’effectivité du droit à l’éducation en termes d’obstacles et de dynamiques favorables au niveau local. De façon spécifique, il s’agit de développer des outils d’observation de l’effectivité du droit à l’éducation au niveau local, mesurer l’effectivité du droit à l’éducation au niveau local et de comprendre les dynamiques de l’effectivité du droit à l’éducation au niveau local.

Le coordonnateur de la recherche

Selon le Coordonnateur scientifique de la recherche, Claude Dalbera, pour observer le droit à l’éducation, il a été choisi une méthode inclusive. « C’est-à-dire qu’on ne considère pas que le droit à l’éducation se limite à l’inscription dans l’école primaire, il faut prendre en considération le pré-primaire qui permet un développement psychomoteur, le post-primaire ou la formation professionnelle qui, justement, complète l’éducation de base pour que le droit soit satisfait.
Par exemple, vous savez qu’avant 15 ans, les enfants n’ont pas le droit de travailler, donc ils ont droit à la formation, au moins jusqu’à cet âge ; puisqu’il y a ceux qui ont été exclus dans les années passées de l’éducation pour qui, il faut leur donner une éducation non-formelle, pour les jeunes, une éducation d’une deuxième chance et pour les adultes, c’est le droit à l’alphabétisation », situe-t-il.

« Tout le monde compte, dans le sens où il participe à l’éducation d’une manière ou d’une autre »

L’observation porte donc sur cet ensemble de composantes du droit à l’éducation, qui n’est pas, poursuit-il, limité à l’inscription dans le primaire.

« C’est inclusif aussi au niveau des acteurs ; parce qu’on a tendance à réduire l’éducation au rôle de l’enseignant ou du directeur d’école et de l’Etat à haut niveau. En réalité, quand vous regardez les choses, il y a énormément d’acteurs qui concourent à la satisfaction du droit. Donc, il faut qu’on prenne en considération toutes les parties prenantes. C’est-à-dire que, quel que soit le rôle des uns ou des autres, il faut qu’ils soient comptés », explique le Coordonnateur scientifique de la recherche, Claude Dalbera.

Dans la recherche donc, tout le monde compte dans le sens où il participe à l’éducation d’une manière ou d’une autre. Le droit à l’éducation étant considéré comme l’un des droits culturels. « C’est aussi inclusif, parce qu’on ne fait pas une observation avec uniquement les enseignants et uniquement par des chercheurs théoriciens ; on le fait avec les chercheurs de toutes les institutions du Burkina (les services de l’Etat, les chercheurs dans les instituts de recherche, les chercheurs dans les associations et les organisations non-gouvernementales). Le comité de pilotage est donc interdisciplinaire et inter-institutionnel. C’est au service, justement, aussi d’un développement inclusif.

Le président du Conseil d’administration de l’APENF, Jean-Noël Poda

Si vous voulez que le développement national ne soit pas limité à une petite minorité, pour qu’il soit inclusif, il faut donner à chacun, les moyens de son propre développement. C’est pour cela on dit aussi que c’est une recherche qui s’inscrit dans le principe du développement des droits de l’homme en développement, c’est-à-dire que se développer, au fond, c’est réaliser tous les droits de l’homme qui sont tout autant de libertés, ce ne sont pas seulement les droits civils, ce sont aussi les droits économiques, les droits sociaux et surtout les droits culturels dont nous considérons que c’est à la fois la pierre d’angle et la clé de voûte de tout système même de développement », a-t-il développé.

Mention à l’APNEF dans son combat pour déliver les populations de l’ignorance

e conseiller technique du ministère de l’éducation nationale et l’Alphabétisation, Rémy Habou

Pour le conseiller technique du ministère de l’éducation nationale et de l’Alphabétisation, Rémy Habou, qui a présidé l’ouverture et la clôture du colloque, la présentation des résultats de la recherche-action a permis non seulement aux participants de s’approprier les outils de mesure de l’effectivité du droit à l’éducation dans les 18 communes de six régions, mais aussi et surtout de se rendre compte des dynamiques positives et des freins des structures éducatives enquêtées par rapport au droit à l’éducation.

A l’en croire, l’étude constitue une avancée notable dans la recherche d’une éducation de qualité accessible à tous au Burkina. Il indique que les résultats de cette recherche sont une source d’inspiration, un guide, un référentiel idéal pour les autorités et la communauté éducative dans l’opérationnalisation de la convention relative aux droits de l’enfant et surtout dans le respect du droit à l’éducation.
« Nous insistons beaucoup sur le développement des compétences des citoyens pour pouvoir impulser le développement », a relevé M. Habou.

C’est pourquoi a-t-il adressé ses reconnaissances à l’APENF, créée en 1997, dans sa mission au quotidien à promouvoir une éducation de qualité et accessible à tous les Burkinabè, en délivrant les populations de l’ignorance.

La secrétaire exécutive de l’APENF, Valérie Ouédraogo

La secrétaire exécutive de l’APNEF, Valérie Ouédraogo, se réjouit du contenu de ces deux jours de travaux. « C’est une recherche qui a commencé au Burkina depuis les années 2000, dont la première ‘’phase’’ s’est achevée en 2007, les résultats ont été partagés et un manuel a été édité et reproduit en anglais. Nous sommes allés, depuis 2015, relire ces indicateurs, pour les décontextualiser afin qu’ils soient utilisés par tous les pays africains ; parce que nous nous sommes rendus compte que le problème de mesure de l’effectivité du droit à l’éducation intéresse tous les pays et nous nous sommes rendus compte également que les indicateurs pour mesurer cette effectivité n’existaient pas.

C’est donc un premier travail qui a abouti à un certain nombre d’indicateurs que nous avions eu l’occasion de présenter ici aux autres pays, notamment le Niger, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la France et la Suisse pour prendre part à ce colloque », a précisé la secrétaire exécutive, Mme Ouédraogo.

Aussi précise-t-elle également que le droit à l’éducation, ce n’est pas seulement le droit à l’accès à l’école, mais également tout un ensemble de droits qui donnent les conditions, notamment le droit à l’alimentation, le droit à la santé, etc. « C’est tout cet ensemble qui est apprécié.
Les participants ont donc souhaité que ces indicateurs soient connus par tous, notamment par les décideurs du Burkina, mais aussi des autres pays. Ils ont également souhaité que la démarche soit développée davantage et que les différents acteurs qui doivent contribuer à la mise en œuvre de ce droit soient informés de l’existant, que chacun joue son rôle afin que le droit à l’éducation soit effectif dans l’ensemble de nos pays », conclut-elle.

A la fin des réflexions, un comité restreint est constitué pour approfondir la mise en œuvre des recommandations de la recherche, dans la perspective de travailler à avoir un dispositif de mesure sous-régional, voire international, du droit à l’éducation pour pouvoir suivre ensemble l’effort fait par les différents pays pour offrir une éducation de qualité à tous.

O.L
Lefaso.net


Quelques recommandations du colloque :

- Recommandations à l’endroit de l’Etat

- Mettre à disposition des ressources matérielles et financières suffisantes aux collectivités pour leur permettre d’assumer leur fonction de développeur et de bailleur local de toutes les composantes de l’éducation de base ;

- Créer et/ou dynamiser des cellules d’éducation efficaces au sein des communes ;
- Rendre effective la valorisation des attestations du non formel à travers la création d’équivalences avec le formel afin de permettre des passerelles ;

- Prendre des mesures fonctionnelles au niveau communal pour la prise en compte des droits des populations en matière d’éducation ;

- Rendre opérationnel le complexe intégré d’Education de Base (CIEB) afin d’accroitre l’offre du préscolaire, du post-primaire et de la formation professionnelle de base dans les communes ;

- Appuyer l’élaboration de la carte éducative au niveau de chaque Commune ;
- Doter adéquatement les structures éducatives en cantines scolaires fonctionnelles ;
- Désagréger les fonds transférés pour l’éducation par composante (préscolaire, primaire, post-primaire, formation professionnelle et le non formel) au niveau des communes.

- Recommandations à l’endroit des communes

- Mettre en place un système d’information statistique (collecte, archivage, analyse, diffusion) au niveau de chaque commune ;

- Mobiliser le financement de toutes les composantes de l’éducation (préscolaire, primaire, post-primaire, formation professionnelle et le non formel) dans les budgets communaux ;

- Faciliter et encourager l’ouverture des centres d’éveil préscolaire dans les communes rurales ;

- Renforcer l’implication des communes dans la prise en charge et le suivi des activités des centres de formation professionnelle, de l’ENF et des CPAF.

Lefaso.net

Messages

  • Toutes mes félicitations à l’APENF pour la qualité de ce travail de recherche. Je formule mon vœu le plus cher. Que les autorités de ce pays prennent à bras le corps la problématique de l’Education pendant qu’il est encore temps. Les partenaires techniques et les organisations de la société civile (civilisées) sont engagés et l’APENF et ses partenaires viennent de le démontrer. Nous sommes à vos côtés pour affronter cette question du droit à l’Education.

  • Bravo ! Très beau travailler.
    Comme l’aurait dit mon professeur, Feu Kibsa Denis YANOGO, "Mesurer c’est comparer. Moyen d’évaluer quantitativement sinon ce n’est pas scientifique."

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