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ONATEL-SA/BF : Les travailleurs ne souhaitent que la signature du directeur général

Accueil > Actualités > Multimédia • Entretien réalisé par Tambi Serge Pacôme Zongo • mercredi 4 juillet 2018 à 20h23min
ONATEL-SA/BF : Les travailleurs ne souhaitent que la signature du directeur général

Depuis le lundi 3 juillet 2018, les travailleurs de l’Office national des télécommunications (ONATEL) observent un mouvement d’humeur. Des propos du secrétaire général du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL), Souleymane So que nous avons approché, ce mouvement d’humeur est observable aussi bien à Ouagadougou que dans les autres régions du pays. Dans cet entretien, M. So nous donne également les raisons de cette crise.

Lefaso.net : Pouvez-vous nous dire ce qui est à l’origine de ce mouvement d’humeur au sein de l’ONATEL ?

Souleymane So (S.S.) : Ce mouvement d’humeur est observable aussi bien à Ouagadougou que dans les autres régions du pays. Tous les services, tous les travailleurs ont décidé d’observer ce mouvement d’humeur à partir d’avant-hier (lundi) pour protester contre une décision qui a été prise de façon unilatérale par le directeur général (Sidi Mohamed Naïmi).
Décision, qui est contraire au consensus que nous avons trouvé dans les négociations que nous menons avec notre ministre de tutelle, le ministre de l’économie numérique et des postes. Nous avions pu obtenir un protocole d’accord sous l’égide du gouvernement, le 10 novembre 2016. Les négociations au niveau du ministère ont porté sur la mise en œuvre de ce protocole d’accord.

Lefaso.net : Quels sont les points contenus dans ce protocole d’accord ?

S.S. : Les points saillants peuvent être résumés comme suit :
-  L’acquisition du matériel de l’outillage de la logistique pour permettre aux travailleurs de produire et de travailler à satisfaire les besoins de la clientèle ;
-  Le code vestimentaire ;
-  La prime de productivité, qui est régulièrement payée aux travailleurs en fonction du résultat réalisé par l’entreprise.

Lefaso.net : Qu’est ce qui bloque ?

S.S. : Un accord a été trouvé, une commission a été mise en place, mais malheureusement les conclusions et les recommandations de cette commission sont rejetées par la direction générale au point où aujourd’hui nous nous retrouvons dans le même manque criard de matériels de production d’outillage et de la logistique. Aujourd’hui, on peut se retrouver dans certaines agences où on a plus de deux mois de rupture de câbles si bien que les abonnés ne peuvent pas avoir accès aux services pour lesquels ils ont eu à souscrire.

Le SYNATEL trouve que cela est inadmissible. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au niveau du médiateur, qui après deux mois de négociation et de demande à ce que les uns et les autres fassent des concessions, est arrivé à nous faire une proposition.
Laquelle proposition a été adoptée de manière consensuelle. Ce consensus, le directeur général l’a encore rejeté et soutient payer la prime sur l’ancienne base. Le SYNATEL trouve que toutes ces remises en cause apparaissent comme du mépris envers les travailleurs et même envers les autorités. La protestation intervient maintenant parce qu’il y a des points qui devraient être mis en œuvre en 2017 et d’autres en 2018.

Lefaso.net : Depuis quelques jours, l’ensemble de votre réseau de communication est d’une mauvaise qualité. Y aurait-il un quelconque lien avec ce mouvement d’humeur ?

Secrétaire général du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL), Souleymane So

S.S. : Il n’y a aucun rapport ou lien entre la dégradation de la qualité du réseau et le mouvement d’humeur en cours. Les populations, au contraire, doivent savoir que les travailleurs sont en train de se battre pour avoir les moyens matériels et logistiques afin de faire la production et la maintenance.
Ce sont des pannes qui sont survenues et n’ont rien à voir avec le mouvement d’humeur. Mais le fait que les agents ne sont pas en poste depuis le lundi, explique la lenteur dans la restauration du problème. Du reste, le SYNATEL a tenu dans cet état de protestation, à demander aux militants qui étaient chargés de la maintenance, de s’y atteler pour le relèvement du dérangement qui portait sur les prépayés et le réseau internet.

Lefaso.net : A quelle étape sont les discussions ?

S.S. : Aujourd’hui, avec l’engagement de notre ministre, nous sommes sur une voie qui pourrait aboutir à une sortie de crise si le DG révise sa position. Parce que le gouvernement a travaillé à proposer aux deux parties un protocole, qui doit permettre de sortir de cette situation. Après avoir marqué notre accord, nous sommes toujours dans l’attente de la réponse de la direction générale qui doit se prononcer.

Lefaso.net : Un mot de fin sur le sujet ?

S.S. : J’invite les travailleurs à garder leur sérénité. En ce qui concerne la direction générale, il faut qu’elle revienne à la recherche de la paix de telle sorte que les travailleurs ne constituent pas un problème pour l’entreprise. Ce mouvement ne s’est pas installé dans la durée, mais si le DG devait continuer dans sa position, les travailleurs et le SYNATEL pourraient s’organiser pour mener d’autres luttes qui vont s’inscrire dans la durée.

Entretien réalisé par Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

Messages

  • Il y’a des non-dits dans les propos du professeur Tournesol. Quel est ce chef d’entreprise privée qui a des concurrents qui refuse « L’acquisition du matériel de l’outillage de la logistique pour permettre aux travailleurs de produire et de travailler à satisfaire les besoins de la clientèle ». Les marocains ont sorti 27 milliards en avril pour passer de de 51% à 61% du capital de l’ONATEL sans que le syndicat ne bronche et le syndicaliste veut nous faire croire que c’est pour perdre des parts de marché face aux conçurents en ne satisfaisant pas les besoins de la clientèle. Ce n’est pas claire ce n’est pas logique : les marocains et tous les investisseurs étrangers viennent au Burkina pour faire du CFA et non pour en perdre et ce syndicaliste est mal placé pour indiquer aux marocains comment gagner du cfa.. Si c’est pour obliger l’ONATEL à investir dans le fixe analogique c’est peine perdu, parceque c’est une technologie en déclin dans laquelle les opérateurs n’investissent plus ( le nombre d’abonnés au fixe ne fait que baisser dans le monde l’ONATEL est passé de 152.000 en 2009 à 77.000 à fin mars 2018 ) il n’y a que les anciens opérateurs qui les avaient comme actifs qui le conservent dans leurs infrastructures, les nouveaux arrivés ne font plus de fixe analogique. Le mobil avec ses services data et mobil money sont les seuls secteurs porteurs de croissance des opérateurs de téléphonies aujourd’hui qui les intègrent et les surveillent comme le lait sur le feu dans leurs stratégies . Ce syndicaliste oublie qu’il est dans une société privée et le ministre de l’économie numérique bien qu’il soit le ministre tutelle n’est que médiateur le ministre ne décide de rien ( l’état n’a que 16% de l’ONATEL) il ne fait que tenter de concilier les positions. Sur le code vestimentaire le syndicaliste ne détaille pas pour la gouverne des lecteurs. Idem sur la prime de rendement dont le principe n’est pas remis en cause mais on devine qu’ils veulent indexer ça ( comme le fond commun du ministère des finance sur le budget ) sur un agrégat des résultats financiers de l’entreprise alors qu’ils ne sont pas actionnaires.
    Il fallait avoir l’intelligence de racheter vos 10% de part lors de la privatisation cela vous aurait permis de partager en moyenne 2,7 milliard de dividendes par an entre travailleurs soit plus de 2,7 millions par travailleur ( l’effectif est entre 800 et 900). Mais hélas on fait la danse du scalpe en tournant autour de la maison (ONATEL) pour des miettes au lieu d’y entrer pour récolter le jackpot.

  • Voici ce que nous récoltons avec les vendeurs d’illusion (Programme d’ajustement structurel - PAS). Norbert Zongo nous avait prévenus. Une nation ne confie pas ces entreprise stratégique a des étranges.
    J’espère que la génération nouvelle apprend bien des erreurs des générations passé.
    Qu’elle bêtise avec cette PAS.

  • "La prime de productivité, qui est régulièrement payée aux travailleurs en fonction du résultat réalisé par l’entreprise." Voici un autre fonds commun ! Qui dit mieux ? Chacun défend son FC les gars ! Qui est fou ?

  • Prime de productivité, vous avez dit, ? Un semblant de fonds commun alors.

  • Maria de Ziniaré, vous avez peut-être raison de vous poser ces questions. Cependant ce sont les mêmes questions que les travailleurs se posent au regard du comportement de la direction générale. Faites juste votre petite enquête en déposant une demande de ligne dans n’importe quelle agence ONATEL ; aussi, renseignez-vous avec les sous-traitants et autres fournisseurs de service qui travaillent pour ONATEL. Vous comprendrez pourquoi la qualité du réseau est si médiocre. Surtout je prie que votre ligne ne tombe pas en panne.
    Quand vous aurez fait cette enquête, vous revenez (mieux éclairé) pour faire un nouveau commentaire à ce poste.
    Pour votre gouverne, je vous informe qu’avant la vente des 10% de la part de l’Etat burkinabé,une protestation a été faite par le SYNATEL et par écrit au gouvernement : relisez certains journaux. Vous avez fait une belle analyse, malheureusement vous êtes moins informé sur le sujet. Nous (peuple burkinabé) sommes tous coupables de la gestion esclavagiste des marocains.

  • Maria de Zianiaré , c’est trop facile de s’asseoir devant son clavier pour écrire des sottises.Allez bien aux informations avant de vous étaler lugubrement sur un sentier qui n’est pas le vôtre

  • Bravo, les syndicats ! Voici une nouvelle forme de lutte qui va rendre fou le Gouvernement THIEBA : Mouvement d’humeur, ah oui ! Quand on grève on fait des coupures de salaire. Quand on fait sit-in, on dit que c’est illégal et on envoie les Forces de l’ordre. Désormais, les syndicats vont observer des Mouvements d’humeur. Bravo pour une telle trouvaille ! A vous la balle, les faux législateurs qui soutiennent la dérive répressive du Gouvernement.

  • Sur le principe, le syndicat a raison de revendiquer des moyens conséquents pour assurer la gestion technique du réseau au standard international. Le domaine de la maintenance et de l’exploitation du réseau de télécommunications fait l’objet d’une attention particulière au niveau de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) à travers ses recommandations pertinentes de la Série E&M. Le concept de qualité de service (QS) est notamment décrit dans la recommandation E 800.

    Ce qui m’étonne et m’offusque, c’est l’attitude attentiste et bienveillante de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) face à la défaillance des opérateurs de télécoms au regard des objectifs de QS fixés dans les cahiers de charges. Que fait la direction technique de l’ARCEP pendant ce temps ? Des benchmarking sur la performance des trois opérateurs sans intérêt puisque la finalité est d’encenser des opérateurs dont le niveau de qualité des réseaux est médiocre.

    Tous les professionnels du secteur savent que l’atteinte des objectifs de QS selon le standard de l’UIT implique d’importants investissements et une part importante de charges récurrentes d’exploitation. Sans des mesures coercitives, les opérateurs ne feront pas les investissements requis pour atteindre ces objectifs de QS. C’est pourquoi, à défaut de la puissance publique dont l’ARCEP est la dépositaire déléguée, il revient aux habitants de ce pays de relever la tête pour défendre leurs intérêts vitaux. Il y a quelques jours, je suis passé à ma banque et on m’informa que toute la journée, la connexion était indisponible, donc pas de transactions. Que fera l’ARCEP ? Sait and See.

    Au final, je soutiens l’action des travailleurs de l’ONATEL. Cependant , je leur demande de tenir compte des intérêts vitaux du pays qui est en guerre contre un ennemi sans visage ni foi. Nous avons impérativement besoin d’un réseau national de télécommunications performant pour assurer la remontée des informations vers les centres d’analyse. Pour rappel au plus jeunes, lorsque le pays fut agressé le 25 décembre 1985, les ingénieurs et les techniciens de télécommunications ont été mobilisés dès les premières heures et placés sous commandement de l’armée. La salle de conférence se transformât en poste de commandement. Missions : rendre disponible l’ensemble du réseau et des moyens d’écoute de fréquences. Ces mesures ont contribué à localiser dans un délai très court la position et les mouvements des troupes d’agression au nord et à l’Ouest (Koloko). Pensez y ; vous êtes des "réservistes" de nos forces de défense et de sécurité.

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