En librairie : « Divine comedy » de Damien Glez. Le caricaturiste nous en parle et lève un coin du voile sur le sort du Journal du jeudi

lundi 2 juillet 2018 à 17h50min

Il a fait le bonheur des lecteurs du Journal du jeudi pendant plusieurs années ; et le "malheur" de ceux qui passaient sous sa plume acérée de caricaturiste talentueux. Damien Glez, qui continue de sévir dans plusieurs grands titres de la presse internationale, vient de sortir un recueil de bandes dessinées. Il nous en parle dans l’une des rares interviews qu’il a acceptées d’accorder et revient aussi sur le sort de l’hebdomadaire satirique « Journal du jeudi » qui a disparu des kiosques depuis quelques mois.

En librairie : « Divine comedy » de Damien Glez. Le caricaturiste nous en parle et lève un coin du voile sur le sort du Journal du jeudi

Pouvez-vous nous présenter rapidement l’auteur Damien Glez ?

Je suis un dessinateur de presse franco-burkinabè qui rédige également des articles ou des textes de chansons. Depuis un quart de siècle, j’ai réalisé tous mes dessins à partir du Burkina Faso, et certains ont circulé sur plusieurs continents, par la magie d’Internet. Aujourd’hui, le dessin de presse n’est pas assez valorisé au Faso et j’essaie, en tant que membre de l’association internationale "Cartooning for peace", de booster ce métier, notamment en collaboration avec le festival Ciné droit libre et ses clubs de province.

Vous venez de sortir un livre ; pouvez-vous nous en parler ?

Le livre qui vient juste de sortir de l’imprimerie est un recueil de la série "Divine comedy". Il s’agit d’un comic strip, une série de petites bandes dessinées d’une ligne qui a été publiée pendant une dizaine d’années dans des journaux de pays différents comme la Suède, la Pologne ou la Norvège. L’action se déroule au Paradis où les deux personnages principaux, Pete (Saint-Pierre) et Lord (le Dieu inspiré de la chapelle Sixtine) rencontrent des célébrités montées au ciel. C’est en réalité un regard décalé sur le monde moderne.

Où est-il édité et comment peut-on l’acquérir ?

C’est un éditeur français, les éditions Rouquemoute, qui a décidé de consacrer un livre à cette série qui était d’abord publiée à partir des Etats-Unis. Sur les 1400 épisodes existant, il a décidé de sélectionner 160 strips. Le livre sera dans un certain nombre de librairie fin août mais il est déjà possible de le pré-acheter, jusqu’à mi-juillet, sur https://fr.ulule.com/divine-comedy-glez/ . Il peut être livré au Burkina Faso, avec quelques surprises en prime : des dessins originaux, des caricatures de la personne qui commande le livre ou des produits dérivés.

Est-ce votre premier livre de cette nature ?

C’est le premier recueil de mes comic-strips, ma production éditoriale la plus visible étant en général le dessin politique qui a fait l’objet d’autres publications notamment collectives. L’édition est un domaine compliqué au Burkina Faso, sur le plan économique, et on ne peut que rendre hommage à des éditeurs comme les éditions Sankofa qui arrivent à produire régulièrement des œuvres de qualité. ça frise le sacerdoce, également du côté des auteurs.

Damien Glez est un caricaturiste célèbre au Burkina et dans le monde ; quels sont les sujets que vous traitez régulièrement ?

La matière première classique de la caricature est la politique. A travers ma collaboration avec l’hebdomadaire Jeune Afrique, il m’arrive de traiter l’actualité nationale de pratiquement tous les pays du continent. Et puis la satire, ce regard décalé qui emprunte à l’humour, se prête à des sujets de sociétés, à la vie du showbiz ou à l’actualité sportive.

Ailleurs, des caricaturistes sont l’objet de pressions, de menaces et même d’assassinat ; notez-vous parfois de telles menaces ?

Effectivement, pour ne prendre que le cas du continent africain, certains caricaturistes comme le Sierra-Léonais Azzo ou le Libyen Kais ont été assassinés. Récemment, le dessinateur Ramon Nse Esono Ebalé a été emprisonné cinq mois en Guinée équatoriale. Et on peut avoir une pensée pour les dessinateurs de Charlie Hebdo, notamment mon ami Tignous qui était à Ouagadougou en 2011. J’ai évidemment reçues des menaces similaires, mais il vaut mieux ne pas s’y attarder, sinon on paralyse son crayon. Ma mort a même été annoncée, photo à l’appui, ce qui devrait être un signe de longévité pour moi...

On vous connaît aussi comme responsable du célèbre hebdomadaire le Journal du jeudi ; que devient-il ?

Le Journal du Jeudi est dans une sorte d’hibernation, à la recherche d’un nouveau modèle économique compatible avec le statut de publication satirique qui ne se prête pas trop à la diffusion de publicité ou de publi-reportages. Nous devons inventer une nouvelle formule, car les talents de dessinateurs ne manquent pas au Burkina, avec notamment Marto, Zoetaba, Sam, Deris, “Main 2 dieu" ou encore Ledon.

Cyriaque Paré
Lefaso.net

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