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Procès du putsch : Comment les preneurs de vue de l’armée ont été ’’chassés’’ de la salle d’audience

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • vendredi 29 juin 2018 à 23h30min
Procès du putsch : Comment les preneurs de vue de l’armée ont été ’’chassés’’ de la salle d’audience

Ce 29 juin 2018, alors que le président du tribunal s’apprêtait à appeler les accusés à sa barre, les avocats ont ouvert d’autres brèches. Parmi celles-ci, les deux gendarmes, les seuls d’ailleurs qui étaient là pour filmer et prendre des photos. A quelle fin le font-ils ? Ont-ils demandé au président Seydou Ouédraogo. Soit les professionnels en la matière, les journalistes ont aussi ce droit de publicité des débats, soit les pandores doivent plier bagages.

Cela n’aura échappé à personne. Le public est minutieusement fouillé à plus de 100 m de la salle d’audience. Ni portable, ni montre, ni ordinateur...n’étaient admis. Les professionnels de l’information étaient et sont toujours soumis à cette mesure restrictive. Caméras, appareils photos, enregistreurs dehors. Seuls un calepin et un stylo comme outils de travail. Pendant ce temps, le service de communication de la gendarmerie nationale est dans la salle, filmant tous les intervenants, et prenant des clichés. Un sujet laissé en suspens jusque là ?

En tout cas ce 29 juin, quand le président du tribunal Seydou Ouédraogo s’apprêtait à débuter (enfin ) l’interrogatoire des accusés, Me Bonkoungou de la défense a ’’exhumé’’ le problème latent, sur la publicité qui est faite des débats. Il demande au président les raisons de cet enregistrement, ce à quoi cela va servir puisque la loi l’interdit. Pour appuyer son argumentaire, des dispositions s’il y a une exception en la matière, elle doit aussi profiter aux journalistes.

Le procureur militaire, Alioune Zanré lui informera que c’est en temps normal, le service de communication de l’Etat major général des armées qui assure cette fonction de publicité des débats. Mais le cameraman a été tué lors de l’attaque de l’institution militaire le 2 mars 2018. Alors la gendarmerie a été sollicitée pour jouer ce rôle. Mais le président du tribunal en a-t-il été informé au préalable ? Apparemment non.

Me Prosper Farama ne contredira pas son confrère de la défense. La partie civile ne voit aucun inconvénient que le procès soit même retransmis en direct, pour que tout le public burkinabè soit instruit sur ce qui s’est passé en septembre 2015.

L’Etat major n’a pas consulté le président du tribunal et sans savoir eu l’autorisation, s’est invité à ce procès, enfoncera Me Bonkoungou, tout en demandant la destruction des images déjà enregistrées sans autorisation depuis le début du procès.

Le procureur militaire également notera que le parquet ne s’oppose nullement à la publicité des débats à grande échelle. ’’On ne se cache pas ici pour faire quoi que ce soit’’ rassure Alioune Zanré.

A plusieurs reprises, le président du tribunal informera que les enregistrements sont faits pour constituer les archives du tribunal militaire.
Finalement après une pause, le maitre des lieux demandera aux cameraman et photographe de libérer les lieux. Par contre, les images capturées depuis le début du procès devraient etre mises sous scellées au lieu d’être détruites, comme le recommandait Me Bonkoungou.

Tiga Cheick Sawadogo

Messages

  • C’est dommage qu’on en soit arrivé à cette décision d’expulser les reporters gendarmes. Ce procès mérite d’être documenté pour l’histoire et des disposIrions spéciales auraient pu etres prises à cet effet. L’écriture seule ne suffit plus pour couvrir un événement en ces temps de TIC.

  • Pour la vérité des dires et pour l’histoire je ne vois pas mal à ce que la gendarmerie ne puisse pas faire des images .ça aide même tout ce beau monde ( juges,avocats ,accusés ) à retrouver ses idées .
    Nous avons tous suivi un des avocats de la défense dire sur une chaine télé que son client peut dire des choses à l’instruction et venir à la barre dire le contraire ;que ce qui est dit à la barre est plus crédible qu’à l’instruction ;alors raison de plus pour avoir des enregistrements qui ne seront pas diffusés mais gardés au niveau de l’État major .

  • C’est ça le problème avec cette justice militaire, justice ’’au garde à vois’’, anachronique dans un état de droit.Pas confiance aux militaires ni en politique ni en justiciers.Tout est discipline aveugle chez eux, même les choses les plus anodines.
    Tenez par exemple : l’accusé Zerbo a récusé le PV fait par l’instructeur militaire au motif que pour lui pendant toute l’instruction il ’’voyait’’ l’instructeur en supérieur hiérarchique et il a du avouer des choses par respect..
    Drôle de justice militaire où tout le monde rendre dans le rang comme dans la caserne.
    Bref...
    #MOLOTOV

  • Ah mon cher Molotov, je peux vous concéder que "peut-être" le tribunal militaire comporte des imperfections. De là à dire que le sergent-chef Zerbo a été "brusqué" par le juge instructeur, c’est fort de café. Si Zerbo, soit disant membre d’une unité d’élite, n’arrive pas à faire la différence entre "sa vie" et une carrière militaire, qu’il tremble à s’en condamner facilement, soit il est inconscient soit il est un vrai coupable. Quand on risque définitivement sa liberté, il nya pas de chef qui tienne. Même un civil ne se serai pas attaché comme ça.

    Zitai.

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