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Festivités des 40 ans de l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) : Bilan satisfaisant, selon Prosper Kompaoré

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou • jeudi 28 juin 2018 à 11h10min
Festivités des 40 ans de l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) : Bilan satisfaisant, selon Prosper Kompaoré

Du 15 au 25 juin 2018, l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) a célébré ses 40 ans d’existence. Une dizaine de jours durant, Ouagadougou a vibré au rythme d’une trentaine de représentations théâtrales données par des troupes du Burkina Faso et de pays invités. Pour faire le bilan de cette célébration, nous avons reçu Prosper Kompaoré, directeur de l’ATB. Lisez plutôt !

Lefaso.net : L’Atelier théâtre burkinabè a célébré, du 15 au 25 juin, son quarantième anniversaire. Quel bilan faites-vous des festivités ?

Prosper Kompaoré (P.K.) : D’abord je voudrais dire merci au journal en ligne lefaso.net qui nous a accompagnés du début à la fin. Grâce à vous, vos lecteurs ont pu suivre presqu’au jour le jour, l’évolution de cette activité. Ces dix jours ont été pour nous dix jours intenses au cours desquels nous avons eu la chance de célébrer l’anniversaire de l’Atelier théâtre burkinabè, notamment le 18 juin où nous avons pu véritablement fêter les 40 ans, à travers des chants d’action de grâce de toutes les religions, des représentations théâtrales, des activités ludiques et récréatives. Pour nous, c’est une grâce de pouvoir tenir pendant 40 ans avec des hommes et des femmes qui y croient et d’avoir pu engranger un certain nombre de réalisations pour le développement de notre pays.

Le deuxième point important de notre célébration, ce sont les différentes représentations qui ont été données. Je n’ai pas fait le décompte exact, mais nous avons eu entre 25 et 30 représentations théâtrales qui ont été données par les différents troupes et un certain nombre de représentations aussi bien à l’ATB que hors de Ouagadougou, à Loumbila. Et sur cette trentaine de représentations, nous avons comptabilisé environ 5000 spectateurs. 5000 personnes qui ont assisté aux différentes représentations et, le plus souvent, elles ont beaucoup acclamé ces spectacles.

L’autre bilan que nous pouvons tirer, c’est la qualité des prestations qui ont été servies tant au niveau du théâtre-forum qu’au niveau du festival. Au niveau du théâtre-forum, nous avons constaté que les troupes qui ont pris part ont présenté des pièces de bonne qualité qui traitent de thématiques très variées et très actuelles, que ce soit des problèmes liés à l’intolérance religieuse, ceux liés à la grogne sociale qu’aux relations entre les organisations de la société civile et les pouvoirs publics. Ou encore des problèmes plus classiques comme le foncier rural, les droits des enfants, les droits des femmes.

À travers les pièces qui ont été jouées lors du concours de théâtre-forum, il s’agissait de montrer que ce théâtre n’est pas un théâtre dénaturé, c’est un théâtre qui prend chair dans nos réalités, qui parle à nos populations de réalités qui les intéressent, qui les interpellent.

Dans le festival, nous avons eu des spectacles de très grande qualité et assez diversifiés. Nous avons vu beaucoup de créations qui se font avec un, deux ou trois personnages sur scène. C’est ce que nous appelons les spectacles à faible distribution, mais à haute intensité d’émotions. Si je prends par exemple la pièce jouée par la troupe Kandima du Burkina Faso à partir d’une œuvre écrite par Aristide Tarnagda (Terre rouge- Façons d’aimer), je pense que ça a beaucoup touché le public.

De la même manière que la pièce d’Aristide Tarnagda, « Et si je les tuais tous, madame », pour ceux qui ne connaissaient pas cette pièce, ça a été une vraie découverte. Nous avons eu nos amis de Côte d’Ivoire qui nous ont présenté un très beau duo qui a beaucoup touché les gens. Nos amis du Sénégal, notamment Copine’ Art et Justice, ont aussi touché le public par leurs représentations. Nous n’oublions pas aussi les pièces qui ont mis sur scène les grands effectifs. C’est notamment le cas de l’ATB avec la pièce « Gouverneur de la Rosée ».

Je crois que le public a vraiment apprécié et je crois que beaucoup souhaitent revoir cette pièce. Nous espérons que d’ici la rentrée, nous allons programmer de façon plus continue cette pièce. Nous n’oublions pas également nos amis du Tchad qui ont présenté une belle pièce.

Nous apprécions aussi le public qui est venu nombreux et qui est composé en grande partie d’étudiants et moi je me réjouis beaucoup que des étudiants soient venus suivre ces spectacles. Au-delà des étudiants, il y a le public intellectuel de la ville qui a marqué son soutien à la manifestation.

Je voudrais rendre hommage aux troupes sœurs qui n’ont ménagé aucun effort pour apporter leur soutien à notre activité. Il s’agit de la Fédération nationale du théâtre du Burkina, du CITO, du CARTEL. Tout cela montre la solidarité entre les hommes de théâtre.

Je voudrais manifester notre reconnaissance à la mairie de Ouagadougou qui n’a pas hésité à nous accompagner, en particulier le 18 juin par la présence effective du maire, et par la signature d’une convention entre la mairie et l’ATB. Je ne doute pas que d’autres structures emboîteront le pas.

Nous avons reçu une lettre d’encouragement du président du Faso, mais aussi la visite du ministre de la Culture qui s’est déplacé sur le terrain pour encourager les artistes. Nous avons aussi obtenu le concours appréciable du ministère de la Communication. C’est le lieu de remercier les médias publics, notamment la RTB, mais aussi les médias privés qui nous ont soutenus. La présence de lefaso.net est ici emblématique de ce que les médias privés, notamment ceux en ligne, nous ont apporté.

Lefaso.net : Après la célébration de ce quarantième anniversaire, quelles sont les perspectives pour l’ATB ?

P.K. : Évidemment après la fête, il ne faut pas que ce soit la défaite. Donc après la fête, nous allons reprendre nos outils de travail et nous remettre au travail. Créer de nouvelles pièces, engager de nouveaux combats, nous lancer sur de nouveaux défis. Nous sommes déjà dans la perspective de préparer la saison nouvelle. Et cette saison nouvelle va commencer à partir du mois de juillet.

Ensuite, nous avons tout le travail relatif à l’organisation des différents chantiers des théâtres communautaires et d’autres chantiers que nous devons mener la saison à venir. Pour tout dire, nous devons embrayer un nouveau cycle, une nouvelle phase de la vie de l’ATB qui devrait nous conduire, si Dieu le veut, aux 50 ans de l’ATB.

Lefaso.net : Au vu de votre bilan que vous avez estimé satisfaisant, avez-vous foi en l’avenir du théâtre au Burkina Faso ?

P.K. : Je crois déjà qu’au Burkina Faso, nous avons des hommes et des femmes qui croient au théâtre. Et des hommes et des femmes qui sont prêts à tous les sacrifices pour que le théâtre s’implante durablement. Il y a des compagnies théâtrales, des organisations qui y croient. Je crois aussi que le public est de plus en plus conscient du rôle que le théâtre peut jouer dans la décrispation sociale, dans la solution d’un certain nombre de problèmes de société.

Le rôle que le théâtre peut jouer dans l’accompagnement des efforts de développement à la base, en éveillant les consciences, en cultivant au niveau des populations, la conscience citoyenne. Au-delà de cela, nous pensons que le théâtre peut encore mieux jouer son rôle que lorsqu’il aura acquis le soutien non seulement théorique, mais aussi pratique de tous ceux qui aujourd’hui reconnaissent l’importance du théâtre.

J’entends par là les décideurs, que ce soit les décideurs publics, les opérateurs culturels, les opérateurs économiques et tous, même les simples individus. Si au-delà des discours, chacun acceptait de mettre la main à la poche, les hommes et les femmes de théâtre vivraient mieux de leur art, le théâtre pourrait rayonner davantage et occuper la place qui lui revient dans l’espace culturel africain.

Aujourd’hui il ne faut pas se le cacher, le Burkina Faso passe pour être l’un des pôles du théâtre en Afrique et en particulier le théâtre pour le développement. Il ne reste qu’un petit coup de pouce pour que nous puissions pleinement jouer ce rôle-là.

Propos recueillis par Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Messages

  • Au theatre, il y croit et y a trouve sa contribution au developement de son pays, avec consistence, perseverence et rigueur. Je me souviens bien de mon temps a l’ ’ATV" (devenu ATB) aupres du Naba et de l’epanouissement que j’en ai retire. Merci Prosper de m’avoir offert cette oportunite. Bon courage.

  • Joyeux Anniversaire à l’ATB ! Respect, félicitations et bon courage à M. Compaoré qui fait largement sa part pour le développement de notre cher Burkina

  • Se du vraiment un temps fort.fu regret au absent.le professeur Prospère Kompaore par ses action dans son atelier ATB a joué un très grande rôle dans le processus du développement dans ma chère patrie.40 and de combatte ,40 ans vie exemplaire.longue vie a Naba pour que l’ATB puis fêté le jubilé d’or en sa présence.L’ATB la maison de la culture au Faso.le vrais de vrais.

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