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Direction Générale des Carrières : De bonnes pratiques partagées avec les exploitants artisanaux à Diébougou et à Bobo Dioulasso

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • DCPM/Ministère des Mines et des Carrières • mercredi 27 juin 2018 à 20h43min
Direction Générale des Carrières : De bonnes pratiques partagées avec les exploitants artisanaux à Diébougou et à Bobo Dioulasso

La Direction Générale des Carrières (DGC) a organisé du 24 au 26 mai 2018 à Diébougou et du 29 au 31 mai à Bobo-Dioulasso, des rencontres d’information et de sensibilisation des exploitants artisanaux de substances de carrières. Former et sensibiliser sur la règlementation de l’exploitation des substances de carrières et inciter les exploitants à s’organiser en coopératives, tels étaient principalement les objectifs des rencontres organisées dans les deux localités.

A Diébougou où la quasi-totalité des concessions est bâtie à partir des Blocs de Latérite Taillés (BLT) et à Bobo-Dioulasso où nombre de bâtisses administratives et familiales renferment du sable en provenance de la carrière de sable de Borodougou, les substances de carrières jouent un rôle déterminant dans la promotion des économies locales.

C’est pourquoi le choix de la Direction Générale des Carrière s’est porté sur ces deux localités. A Diébougou, la rencontre a été présidée par le Maire Alphonse SOMDA tandis qu’à Bobo Dioulasso, c’est Bakoné MILLOGO, Maire de l’arrondissement n° 4 qui a présidé la session d’information et de sensibilisation. Pour se mettre en phase avec l’évolution de la législation et de la règlementation en lien avec l’exploitation artisanale de carrières, les participants ont échangé avec la DGC autour de deux points.

Plus de 90 exploitants artisanaux de carrières ont participé aux rencontres de Diébougou et de Bobo Dioulasso

Le 1er point se rapporte aux innovations apportées en 2015 par le Code Minier. Au vu de ces innovations, la Direction Générale des Carrières était aux côtés des exploitants artisanaux dans les régions des Hauts-Bassins, et du Sud-Ouest, afin de leur expliquer les tenants et aboutissants de ladite loi qui consacre l’institution de trois types d’autorisation d’exploitation des substances de carrières au Burkina Faso. Il s’agit respectivement de l’autorisation d’exploitation industrielle, l’autorisation d’exploitation semi-mécanisée et l’autorisation d’exploitation artisanale.

Ce dernier type d’autorisation peut être obtenu par toute personne morale ou par des artisans organisés en coopératives dans le respect d’un cahier de charge et des dispositions du décret n°2017-0036/PRES/PM/MEMC/MATSI/MINEFID/MEEVCC/MCI du 26 janvier 2017, portant gestion des titres miniers et autorisations. La superficie maximum pouvant être demandée est de 100 ha soit 1 km². Dans le processus d’octroi des autorisations d’exploitation par le Ministère en charge des mines, les collectivités locales sont impliquées à travers des avis émis par les conseils municipaux des localités abritant les sites d’exploitation. Selon le code minier, 25% des taxes superficiaires payées par les exploitants contribue à l’alimentation du Fonds Minier de Développement Local. Aussi, la DGC a-t-elle mis à profit la rencontre pour inciter au civisme fiscal.

De bonnes pratiques à la portée des exploitants artisanaux

Pour nombre des habitants de Diébougou la confection brique constitue une activité de contre saison

Au Burkina Faso, le Ministère des Mines et des Carrières a relevé trois (3) principaux types d’exploitation artisanale des substances de carrières. Il s’agit notamment de l’extraction des argiles pour la poterie et la peinture, le concassage de granulats et le ramassage de sable et gravier pour la construction et enfin la taille de blocs de briques latéritiques servant à la construction. Selon les estimations de la Direction Générale des Carrières, ces activités d’exploitation occupent plus de 100 000 burkinabè. Bien que source importante de revenus pour ces nombreux burkinabè, les activités d’exploitation artisanale de substances de carrières ne se pratiquent pas sans difficultés.

Sur certains sites, des éboulements entrainant des morts d’hommes interviennent quelques fois. La carrière de Borodougou qui a servi de cadre pour la sensibilisation a d’ailleurs connu courant le mois de février 2018 un éboulement avec pour conséquence la mort de deux personnes. Après avoir témoigné sa compassion aux familles endeuillées au nom du gouvernement burkinabè, le ministère des mines et des carrières en partenariat avec d’autres ministères et de la commune de Bobo Dioulasso envisagent des mesures pour protéger les riverains de la carrière.

Oumarou IDANI Ministre des Mines et des Carrières

Au Burkina Faso, la transformation des anciens sites de carrières en étangs ou en dépotoirs d’ordures se présente comme un danger pour les hommes et les animaux. D’importants dégâts environnementaux découlent des mauvaises pratiques d’exploitation artisanale de carrières. L’infiltration et la pollution de la nappe phréatique figurent dans les messages d’alerte des spécialistes. Tout comme Diébougou et Borodougou qui ont été visités dans le cadre de la mission de sensibilisation, beaucoup d’autres sites sur le territoire burkinabè sont illustratifs de mauvaises pratiques d’exploitation.

C’est pourquoi la Direction Générale des Carrières propose aux artisans des carrières, des alternatives qui ont pour principales entrées la mécanisation d’une part et la structuration d’autre part. Une expérience réussie en mécanisation existe à Bobo Dioulasso et un autre projet porteur est prévu à Naponé dans la province du Kadiogo. La structuration offre aux exploitants artisanaux de substances de carrières, l’avantage d’être mieux suivis et encadrés par l’administration minière et les collectivités locales.

Oumarou IDANI Ministre des Mines et des Carrières

Déjà, les structures décentralisées conviées aux rencontres de sensibilisation se sont montrées disposées à travers leurs premiers responsables à jouer leur partition non seulement dans la promotion des substances de carrières mais aussi dans le développement de bonnes pratiques d’exploitation artisanale de substances de carrières. Le Maire Alphonse SOMDA de Diébougou qui est de formation et de profession technicien supérieur en génie civil, affirme avoir déjà eu à côtoyer régulièrement les petits exploitants des substances de carrières de par le passé.

Sa collaboration dit-il, a permis d’améliorer la qualité de la pierre et sa mise en forme. Bakoné MILLOGO, Maire de l’arrondissement n°4 de Bobo-Dioulasso qui a compétence territoriale sur la carrière de sable de Borodougou s’est quant à lui, engagé à poursuivre la concertation avec les exploitants, les propriétaires terriens et les chauffeurs de camions afin de préserver l’environnement et les infrastructures, à commencer par la route nationale N°1.

Le Directeur Général des Carrières, Abdoulaye SAMBARE, recommande que cette portion de la route Ouagadougou-Bobo Dioulasso soit protégée par des balises à distance raisonnable de la chaussée. « Dès à présent, une solution palliative devrait être trouvée en synergie avec les acteurs impliqués », a poursuivi le Directeur Général des Carrières qui souhaite qu’au Burkina Faso les activités d’exploitation artisanale de carrières soient dorénavant guidées par le triptyque ORGANISATION, CONFORMITE A LA LOI ET MECANISATION avec bien sûr la conformité à la loi comme volet central.

DCPM/Ministère des Mines et des Carrières

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