Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

LEFASO.NET | Par Jacques Théodore Balima • vendredi 22 juin 2018 à 19h59min

Le deuxième sommet des cyber-activistes d’Afrique se tient du 22 au 24 juin 2018 à Ouagadougou. Il s’agira pour eux de définir le type de collaboration à avoir avec les gouvernants pour l’ancrage d’une vraie démocratie en Afrique. Ils ont profité de l’occasion pour demander au président du Faso la libération de Naïm Touré, web activiste burkinabè arrêté après avoir fait un post sur l’armée.

Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

La rencontre de Ouagadougou mobilise plus de 200 personnes venues d’Afrique et d’Europe. Des jeunes, pour la plupart, ils ont pour ambition, de par leurs écrits et par le truchement des réseaux sociaux, de dénoncer les tares de nos sociétés et pousser les dirigeants à aller vers une vraie démocratie génératrice de développement.

Seulement, la pratique de cette activité n’est pas sans conséquence. « Il est évident que nous ne sommes pas souvent amis avec les politiques. Nous ne nous entendons pas très souvent non plus parce que nous sommes pris dans la plupart des cas pour des adversaires politiques, des faiseurs de bruit et des trouble-fêtes. Certains d’entre nous subissent des pressions quotidiennes dans leurs pays, d’autres sont obligés de vivre en exil. Nous pouvons en compter une vingtaine.
Il y en a qui n’osent plus s’exprimer à visage découvert dans leur propre pays. Certains devaient même être parmi nous ce matin mais n’ont pu pas faire le déplacement parce qu’interdits de quitter le territoire et d’autres sont en prison », a résumé le président du réseau « Africtivistes », Cheik Fall.

Définir un mécanisme de collaboration avec les gouvernements
Pour donc trouver le type de collaboration à avoir avec les gouvernements qui apaisent les relations et sécurisent les activistes, ils se sont retrouvés dans la capitale burkinabè au tour du thème : « De la démocratie numérique en Afrique : quel mécanisme de collaboration entre gouvernements et acteurs de la société civile ? ».

La répression de ces lanceurs d’alerte est devenue trop forte surtout en Afrique. Certains y laissent la vie. C’est le cas de Luc Nkulula, de la Lutte pour le changement (LUCHA) en RDC, qui a trouvé la mort dans l’incendie de sa maison. Pour ceux qui sont en prison, Cheik Fall a demandé l’appui du chef de l’Etat pour convaincre les autres présidents de les laisser exercer ce travail.
« Cette tribune est pour nous l’occasion de vous demander d’être notre porte-parole auprès de vos pairs afin que ceux qui sont en prison puissent obtenir clémence notamment Naïm Touré », a plaidé Cheik Fall.

« Les réseaux sociaux ne sauraient être des zones de non droit »
Le président du Faso a tenu à être présent à cette cérémonie. Comme un dialogue direct entre lui et les jeunes activistes, Roch Kaboré en a profité pour leur dire son entendement de l’utilisation qui devra être faite de ces nouveaux moyens de communication.
« Je ne saurais passer sous silence la responsabilité qui est la vôtre de développer les bonnes pratiques chez tous les internautes. Facebook et Tweeter ne peuvent être des espaces de non-droits ou des instruments de subversion ou de nuisance à la disposition d’acteurs mal intentionnés », a indiqué Roch Kaboré.

Le chef de l’Etat a également appelé les activistes à se garder de la désinformation et de la manipulation « toutes choses qui peuvent mettre à rude épreuve la paix, la sécurité et le vivre ensemble ». Il a en outre réaffirmé que « seul votre professionnalisme et votre intégrité seront les gages de votre crédibilité et de l’efficacité de votre action citoyenne à travers la toile ».

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 23 juin à 09:56, par papa En réponse à : Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

    Merci au president Roch pour sa declaration comme reponse aux doleances de ces soit-disant activistes Africains. Pour le cas de Naim Toure´ il doit s´expliquer devant les juges et peut etre libere´ si les juges constatent que ses declarations ne constituent pas un danger pour le pays. Pas de pressions ,laissez les juges faire leur travail.

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  • Le 23 juin à 15:46, par FALL En réponse à : Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

    Ces participants qui ont demandé la liberation de Naïm , ne savent pas ce qu’est un Activiste(sinon ils n’auraient pas demander sa liberation).
    Comme un opposant ;denoncer, critiquer, attaquer surtout surtout avec respect et respect,aussi si simple ;mais insulter et manquer de respect à ton President qui peut etre ton pere, c’est comme si tu l’ a fait à ton propre pere !!!Dites moi svp comment on appelle ce genre de fils ?
    Incitér la gendarmerie à la revolte.... Vous appelez ça etre activiste ?
    Non,c ’est de l’incivisme, la voyoucratie, la délinquance.
    Je crois que soit vous confondez les choses, ou soit vous faites semblant de ne voir la verité parceque vous n’aimez pas le pouvoir en place.Meme si y a un acte salutaire qui est posé ,on trouve toujours quelque à dire.
    Non, Naïm n’est pas un activiste.

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  • Le 23 juin à 20:44, par Un fils de Solenzo En réponse à : Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

    Fall, ce que vous dites n’est pas encore prouvé. Il faut coûte que coûte préserver la liberté d’expression. Si un fou vous incite à la révolte et que vous le faite est ce que devant le juge vous pourrez être innocenté et le fou condamné ? Penser ou encore dire que l’écrit de Naim incite la gendarmerie à faire ceci ou cela est pour mon entendement un manque de respect pour notre gendarmerie. À ce que je sache, la gendarmerie fait parti des services de l’Etat les plus riches en matière grise et ne saurait se faire manipuler car mûre et responsable. L’incitation pour moi suppose un dialogue ou tout au plus un contact physique entre l’incitateur et l’incitee. Inciter quelqu’un à la violence n’est alors prouvé que si cette dernière suit vos affabulations. Le cas d’ecole de l’incitation est vraisemblablement celui de l’affaire Norbert Zongo. Dans ce cas des “voyous” ont exécuté l’ordre d’un incitatateur et c’est ce que notre justice devra prouver pour espérer accueillir François Compaore au Faso.

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  • Le 24 juin à 06:53, par #BlackBird En réponse à : Cyber-activisme : Les participants au sommet Africtivistes demandent la libération de Naïm Touré

    Pourquoi Lui il est en prison et pas vous ? Laissez la justice faire son travail. Etre activiste n’est pas un passe-droit pour etre hautain et condescendant. Je voudrais que les politiciens (pouvoir opposition et activistes) aient pitié de nous et laissent l’armée en dehors de la politique. On se bat depuis 2015 pour dépolitiser l’armée et un impertinent vient benoitement lui demander de faire un coup d’Etat. Et il s’en trouve des gens pour applaudir. On a assez souffert maintenant on veut juste la tranquillité pour faire nos affaires

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