Procès du putsch manqué de septembre 2015 : encore des problèmes d’avocats !

LEFASO.NET | Par Lefaso.net • mardi 12 juin 2018 à 23h26min

Le président de la Chambre de première instance du Tribunal militaire de Ouagadougou a renvoyé, ce mardi 12 juin 2018, le procès du putsch manqué de septembre 2015 à jeudi prochain. Il devra délibérer sur la demande de renvoi voulue par les avocats de la défense pour permettre au bâtonnier de commettre un avocat à Me Mamadou Traoré, dont le dernier soutien vient de se déporter.

Procès du putsch manqué de septembre 2015 : encore des problèmes d’avocats !

Contrairement à ce qui avait été annoncé à l’audience du 25 mai dernier, l’interrogatoire des accusés du putsch du Conseil national pour la démocratie (CND) dirigé par le général Gilbert Diendéré n’a pas eu lieu ce mardi 12 juin. L’ancien bâtonnier, Mamadou Traoré, accusé de « complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires », avait sans doute le plus grand nombre de conseils dès les premiers jours du procès. Mais au fil du temps, presque tous se sont déportés. Sauf Me Silvère Kiemtaremboumbou.
Mais ce dernier, lui aussi, a fini par jeter l’éponge, laissant l’accusé sans défense. En pareille situation, le président Seidou Ouédraogo doit saisir le bâtonnier (actuel) Mamadou Savadogo, pour qu’il commette un avocat à l’intéressé. « Un renvoi du procès est nécessaire », soutiennent Me Régis Bonkoungou et plusieurs autres avocats de la défense.

L’article 43 brandi

Une requête que le procureur militaire a jugée inopportune avant de demander au juge de poursuivre l’audience avec l’interrogatoire des accusés, en attendant que des diligences soient faites pour trouver un avocat à Me Mamadou Traoré. Pour la défense, pas question.
Car l’article 43 de la loi n°041-2017/AN portant organisation, fonctionnement et procédure applicable devant la Chambre criminelle, dispose que « à l’audience, la présence d’un conseil auprès de l’accusé est obligatoire. Si l’avocat choisi ou commis conformément aux articles 15 et 16 de la présente loi ne se présente pas, le président d’audience en avise immédiatement le bâtonnier qui lui en commet un d’office ».

« Force doit rester à la loi »

Me Silvère Kiemtaremboumbou

« Je souhaite qu’on respecte le minimum légal. Je ne vois pas quel avocat qui respecte son serment va venir prendre une audience en cours pour défendre un client. Je serai curieux de rencontrer ce confrère », a lancé Me Timothée Zongo de la défense. Du côté de la partie civile, l’on estime que les déports ont été malencontreusement utilisés comme stratégie de défense par les avocats qui abuseraient des règles pendant le procès.
« Il faut éviter que la vitesse de la langue ne nous amène dans des endroits où la vitesse des pieds aura du mal à nous en faire sortir. On a trop supporté les caprices. Et aujourd’hui, force doit rester à la loi », a martelé Me Guy Hervé Kam.

Prenant la parole pour la première fois, Me Michel Traoré de la défense a fait remarquer que ses confrères et lui n’avaient pas peur du procès. « Nous sommes là pour ça », a-t-il dit, avant de poursuivre : « Nous avons été formés pour ça ». Et Me Adrien Nion d’insister que « tout le monde souffre de ce que le procès tire en longueur.
Il faut mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Un renvoi est nécessaire ». Pour trancher, le président du tribunal, Seidou Ouédraogo, a renvoyé les différentes parties au jeudi 14 juin.

Gilbert Diendéré retrouve une partie de sa défense

A l’ouverture de l’audience le 27 février

Le sujet « Mamadou Traoré » n’a pas été le seul point chaud de la journée. Rappelons que dès l’entame du procès, à 9h12, le président Seidou Ouédraogo a donné lecture d’un arrêté du bâtonnier Mamadou Savadogo, qui décharge l’avocat Mamadou Keita de sa commission d’office auprès du général Gilbert Diendéré, qui avait souhaité garder ses anciens conseils.

Eh bien, le SCPA Somé et Associés, qui s’était déporté du dossier dans la défense du général, s’est constitué auprès de son client. Tout comme Me Flore Toé (absente pour cause de décès) auprès de l’accusé Nobila Sawadogo. Quant à l’accusé Relwendé Compaoré, rappelez-vous, son avocat, Me Ibrahim Guitenga, avait adressé au tribunal une lettre de restitution de dossier tenant lieu de déport. Le motif avancé était que son client souhaitait bénéficier des services de ses anciens conseils.
« Je me verrais mal m’approprier une stratégie de défense que je n’ai pas initiée. Je restitue donc les dossiers », avait déclaré Me Guitenga au tribunal.

Une avocate aux côtés du colonel Omer Bationo

Appelé à la barre, le lieutenant Relwendé Compaoré a rectifié : « Je n’ai pas dit à Me Guitenga que je n’acceptais pas ses services ». Pourtant, le procureur s’est dit surpris que l’accusé n’ait pas développé d’argument contraire ce jour-là (le 25 mai). Et le président Seidou Ouédraogo de demander à l’accusé s’il voudrait son ancien avocat ou un avocat commis d’office. Sans détours, il a préféré la deuxième option.

Me Maria Kanyili, avocate du soldat de 1re classe Samuel Coulibaly, est le nouveau conseil du colonel Omer Bationo. Commise d’office par le bâtonnier, elle déclare pourtant n’en avoir eu notification que le 31 mai. Elle n’a donc eu que onze jours pour prendre connaissance du dossier de son client. Pour ce faire, elle a demandé un délai de deux semaines pour se préparer. Rendez-vous le jeudi 14 juin !

Lefaso.net

Messages

  • J’aimerais avoir le moral du général Diendéré. Un homme stoïque. En fait je pense qu’il sait beaucoup de choses qui peuvent gêner les dirigeants actuels, notamment sur la transmission du pouvoir grâce à une loi d’exclusion politique (Loi SHERIFF) et sociale (les arrestations cavalières sans respect des procédures judiciaires du colonel Barry sous la Transition). Tout le Passoré te soutient mon Général.

  • Msr les juges passez a la vitesse superieur pour ne pas vous laisser balancer comme des bambins .Je trouve qu´´il ya trop d´exageration de la part des avocats de la defence et le juges ne doivent pas suivre leurs caprices . La startegie des avocats de la defense conciste a retarder le proces en esperant que le CDP revienne aux affaires pour liberer leurs complices , mais ils ignorent qu´il sont en train de preparer une guerre civile dans l´avenir. Tuer gratuitement des gens et se voir libre celä sera une insulte aux Burkinabe. Le temps nous situera.

  • Eh oui, sacré pays des hommes intègres. Finalement, vous avocats de la défense avez peur de quoi ? Je pense que pour une certaine déontologie et ordre, on ne devrait plus accepter les avocats qui se sont déportés. Pourquoi reviennent-ils à la charge ? Hey juges ! il n’y a pas d’œuvre humaine très parfaite au monde. Si le président du tribunal ne prend pas ses responsabilités tant pis ! Quelle grossièreté dans ce jugement ? Mais le jugement se fera n’en déplaise à ceux qui mijotent l’impunité dans ce pays.

  • On peut tout dire sur le fait que la justice peut être lente. La phrase "Du côté de la partie civile, l’on estime que les déports ont été malencontreusement utilisés comme stratégie de défense par les avocats qui abuseraient des règles pendant le procès. " est bien à propos. Les accusés et la défense se sont engouffrés dans la brèche des déports et constitution d’office pour user et abuser le tribunal.
    C’est maintenant une question de sérénité, de professionnalisme et de force de caractère des juges. Ils doivent tout mettre "au chaud" et attendre patiemment que cela se dénoue et reprendre sans avoir été usés et abusés.
    En tout cas, allons seulement

  • Tout ce long processus pour zéro car Djéndjéré lui même connait la sentence c’est de passer le reste de sa vie en prison puisque la peine capitale de mort va être abolie.Ce que nos juges avocats magistrats font ressemble à du zoblazo devant le gl et même à nos yeux

  • Diendéré doit comprendre qu’en réalité aucun avocat digne de ce nom ne voudrait le défendre, c’est pourquoi on le fait tourner en rond. Ce qu’il a fait est suffisamment grave

  • Le MPP ne veut pas du tout faire mal aux protégés de Blaise. C’est la même équipe. Par exemple ils ont pris le soin de retirer la peine de mort

  • - Au risque de provoquer le courroux de quelques-uns ici, moi je pense franchement qu’il faut coller la paix à ce Général ! Vous l’avez suffisamment humilié comme ça ! Et pendant ce temps on est incapable de monter des dossiers solides pour faire ramener ceux qui ont fui le pays. Gilbert DIENDÉRÉ et Djibril BASSOLET auraient dû prendre leurs jambes à leurs cous et ils en étaient bel et bien capables !

    Par Kôrô Yamyélé

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