Décès du gendarme François de Salle Ouédraogo : L’hommage du slameur Nathanaël Minoungou

LEFASO.NET | Soumaila Sana • jeudi 7 juin 2018 à 17h00min

Au lendemain de la mort du gendarme François de salle Ouédraogo, tombé le 22 mai 2018 dans le quartier Rayongo de Ouagadougou, lors d’une opération d’interpellation de présumés terroristes, l’artiste slameur Nathanaël Minoungou, étudiant en génie minier à Fada N’Gourma, a fait un slam pour lui rendre hommage. Le mardi 5 juin 2018, nous l’avons rencontré et il évoque les raisons qui l’ont poussé à le faire.

Décès du gendarme François de Salle Ouédraogo : L’hommage du slameur Nathanaël Minoungou

Etudiant en fin de cycle en 3e année génie minier à l’Université de Fada N’Gourma, le slameur Nael Melerd, à l’état civil Nathanaël Minoungou, double champion de la compétition nationale « Je slame pour ma patrie » est le lauréat à la Semaine nationale de la culture (SNC 2018) en catégorie slam.
Il représentera bientôt son pays à la Can 2018 de slam en novembre au Tchad. Nous lui avons rendu visite et il explique les raisons qui l’ont poussé à écrire un texte en hommage au marechal des logis-chef François de Salle Ouédraogo de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie, arraché à la vie le 22 mai dernier lors d’une mission d’intervention dans le quartier Rayongo de Ouagadougou.

Pour le jeune slameur, c’est le fait d’être jeune comme François de Salle Ouédraogo qui n’avait même pas la trentaine d’années, le fait qu’il pouvait être à la place de ce soldat et subir ce qu’il a subi, qui l’a inspiré dans la composition de ce single en hommage à ce vaillant pandore.

« Si j’étais à sa place, qu’est-ce que j’aurai voulu qu’un artiste slameur écrive ou fasse pour moi ? J’ai eu la chair de poule lorsque j’ai lu l’information, surtout par rapport à son âge. C’est raison pour laquelle j’ai eu une motivation de nature humaine et une compassion pour ce frère tombé », a soutenu le double champion de « Je slame pour ma patrie ».

A en croire Nathanaël Minoungou, le gendarme François de Salle Ouédraogo n’était pas en boite de nuit pour danser, mais sur le terrain pour sécuriser le Burkina Faso dans la vigueur de sa force, comme à son habitude. En effet, a-t-il dit, ce jeune MDL-chef a été blessé lors des attaques terroristes du café Aziz Istanbul. « J’ai écrit ce texte le même jour et je l’ai enregistré, arrangé en studio de 16h à 3h du matin. J’ai fait la rédaction de mon texte de manière brusque comme l’a été l’évènement douloureux », a confié le représentant du Burkina à la Can de slam 2018.

Selon le jeune slameur, son texte vise à interpeler tous les Burkinabè et attirer l’attention de ceux qui sont toujours dans l’insurrection continue avec les multitudes de grèves alors que ces revendications contribuent à créer une instabilité pour le pays et favorisent les actes terroristes.

A l’entendre, les revendications continues ont plus occasionné des inconvénients que des avantages. « Regarder de nos jours, le gouvernement n’a plus le temps de s’occuper des questions sécuritaires ou d’autres questions du pays si ce n’est des revendications. Pour ma part, il faut laver le linge sale en famille pour ne pas permettre à des individus qui vivent avec vous, d’exploiter vos failles afin de faire du mal. Il faut se souder les coudes pour qu’ensemble on y arrive », a-t-il recommandé. « La gloire d’un soldat c’est d’aller en mission, la réussir en mettant hors de nuire un ennemi de la nation. Aidons-les donc à réussir leur gloire au bénéfice de toute la nation », a conclu le jeune artiste slameur.

Soumaila Sana
Lefaso.net

SOLDAT OUEDRAOGO !

Que faisiez-vous le 22 à 2h du mat ?

Vous étiez couché sur un lit, ou dans un hamac.

Avec votre femme toute belle, couchée à vos côtés,

Digérant une cuisse ou un ail d’un poulet sauté.

Vous aviez suivi un film, romantique ou de guerre.

Vous aviez lu un chapitre des sciences de la terre.

Vous étiez autour d’un thé, ou avec quelques amis,

Vous aviez lu quelques versets et vous avez dit « amiin »

Vous aviez votre enfant mignon, séré dans vos deux mains,

Vous avez pensé aux millions, que vous dépenserez demain.

Vous reveniez d’une soirée, en oubliant votre lucidité,

Vous avez bu quelques gorgées, et raconté des absurdités.

Mais de toute façon à 8h, vous vous êtes réveillés.

Il y avait du pain et du beurre, à votre petit déjeuné.

Alors, vous vous êtes dit, que tout le monde allait bien,

Que ceux qui étaient à 2h sont encore là ce matin.

Alors vous avez prévu de faire vos activités,

C’est-à-dire marcher dans la rue, pour encore revendiquer.

Soit une augmentation, ou contre un maire de commune,

Soit une nouvelle condition, ou alors pour un fonds commun.

Parce que vous vous êtes dit, que le Burkina allait bien,

Que ceux qui étaient à 2h sont encore là ce matin.

Pourtant vous auriez du savoir, que ça ne s’est pas passé comme cela.

Qu’il y en a qui ont mis leur gloire, à protéger votre toit.

Pourtant vous auriez du savoir, que ça ne s’est pas passé comme cela.

Que certains souffles respiratoires, sont partis avec le vent.

Un souffle de 28 années, rempli de force à faire valoir.

En fait pendant que vous dormiez, c’est eux qui faisaient le cauchemar.

Parce que au jour du 22, à 2h du matin,

Des fils se battaient et l’un d’eux, nous laisserait un chagrin.

Soldat OUEDRAOGO le fiable. Ce n’est pas en vain que je le dis.

Ce jeune a vaincu les diables. Normal qu’il soit au paradis.

Soldat OUEDRAOGO au passage, salut le seigneur pour moi.

Demande lui de rendre sage ceux qui se disputent çà et là.

Tu as décidé de te sursoir, pour faire assoir la nation.

Tu es tombé un matin noir, et c’était juste pour une raison.

Pour que de toute façon à 8h, vous vous réveillez,

Pour que le pain et le beurre, demeurent à votre petit déjeuné.

Juste pour que tu te dises, au matin que tout va très bien.

Même si sa peau devient grise, pour OUEDRAOGO sa fait rien.

Alors lorsque vous prévoirez de faire vos activités,

Pensez un peu à respecter ce soldat et son armée.

Parce que ce qu’il nous faut, c’est peut-être un fonds commun.

Mais juste un cœur nouveau, pour aller au front comme eux.

Valeureux soldat OUEDRAOGO, bon voyage dans le ciel.

Tu ne reviendras pas d’aussi tôt, vu que tu as fait l’essentiel.

Et en passant, au paradis, salut le seigneur pour moi.

Demande-lui de garder la vie, de nos valeureux soldats.

On fera ensemble cette guerre.

Pour que demain apparaisse l’arc en ciel

Et peu importe, que la terre te soit légère.

De toute façon du résides au ciel.

On fera ensemble cette guerre.

Pour que demain apparaisse l’arc en ciel.

Et peu importe que la terre te soit légère.

De toute façon désormais, tu réside au ciel.

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