Groupe parlementaire UPC : « Le fait de s’abstenir n’est pas de l’équilibrisme »

LEFASO.NET | Moussa DIALLO • jeudi 7 juin 2018 à 00h06min

Le groupe parlementaire UPC (Union pour le progrès et le changement) a organisé une conférence de presse, le 06 juin 2018, pour faire le bilan de la première session ordinaire de l’année 2018. Activités réalisées au sein de l’hémicycle et activités extraparlementaires, au cours de cette période, ont été présentés aux hommes de médias. Sur les 27 lois adoptées, l’UPC a quelquefois voté « abstention ». Au cours de la conférence de presse, les membres du groupe ont expliqué ce choix et précisé qu’il ne s’agit nullement de faire dans l’équilibrisme.

Groupe parlementaire UPC : « Le fait de s’abstenir n’est pas de l’équilibrisme »

Ouverte le 07 mars 2018, la première session parlementaire ordinaire de l’année 2018 a clos ses travaux le 04 juin. Cette première session dite session des lois a connu l’adoption de 27 projets de lois dont 16 portant ratification. Le premier groupe parlementaire de l’opposition a donné sa caution pour l’adoption de 21 projets de loi, a voté « contre » une fois et a voté « abstention » pour les autres projets de lois. La plupart des projets de loi portant ratification ont tous reçu l’onction du groupe parlementaire UPC.

Mais, pas ceux relatifs à l’extradition et l’entraide judiciaire entre le Burkina et la France pour lesquels le groupe a voté « abstention ». « Nous ne sommes nullement contre l’extradition de qui que ce soit, car tous les Burkinabè sont égaux devant les juridictions. A l’instar de tous les Burkinabè, nous avons soif de vérité et de justice pour tous les dossiers de crime commis au Faso. Mais, l’explication de notre vote trouve sa justification dans le fait que la loi ne peut être un instrument de règlement de comptes politiques. Elle doit être impersonnelle et de portée générale », ont expliqué les élus du parti de Zéphirin Diabré.

Comme les précédents projets cités, le groupe parlementaire UPC a également voté « abstention » lors de l’adoption de la loi organique portant modification de la loi relative au Conseil supérieur de la communication.

« Nous avons voté « abstention » parce que, loin de renforcer la liberté de la presse et la démocratie dans notre pays, cette loi s’avère dangereuse parce qu’elle remet en cause des principes et des droits démocratiquement acquis et fortement garantis par la constitution, notamment l’indépendance de l’institution CSC », a précisé Henriette Zoumbaré, la vice-présidente dudit groupe parlementaire.

Quid du vote « abstention » ?

Mais, pourquoi autant d’abstention ? Que peut bien cacher une telle option ? Les conférenciers du jour. « 27 projets de lois ont été votés. Nous avons voté « pour » 21 fois, trois fois « abstention » et une fois « contre ». Le fait de s’abstenir à l’UPC n’est pas de l’équilibrisme. Il y a une sagesse africaine qui dit que ‘’dans le doute, il vaut mieux s’abstenir’’.

Lorsque les choses ne sont pas suffisamment claires, vous ne pouvez pas donner votre caution. Si vous votez contre également, vous pouvez vous tromper. On a dit simplement qu’il y a de la précipitation dans l’élaboration de certaines lois, ce qui nous conduit souvent à nous abstenir », a expliqué le député Moussa Zerbo.

Le projet de loi portant code pénal, passé en plénière le 31 mai 2018, n’a pas, elle aussi, reçu la caution de l’UPC parce que, soutient-elle :

- certaines dispositions du présent code ne reflètent pas nos réalités ;

- l’absence du code de procédure pénale qui devrait normalement accompagner le présent code ;

- le quantum des peines d’emprisonnement constitue des risques de surpopulation du milieu carcéral, alors que nos prisons ne répondent déjà pas aux normes internationales de respect de la dignité humaine ;

- la question de l’incrimination de l’homosexualité n’a pas été prise en compte par le présent projet de code ;

- la question de l’incrimination du client de la prostituée n’a pas non plus été pris en compte ;

- la précipitation avec laquelle le texte a été élaboré, en témoigne les nombreux amendements faits et acceptés par le gouvernement lors de l’examen du présent projet de loi, laissent paraitre une légèreté blâmable ;

- la non implication de certains acteurs clés que sont les praticiens du droit (les avocats et les magistrats) et même la chefferie coutumière lors de l’élaboration du présent de code pénal.

« Mauvais fonctionnement de l’institution parlementaire »

Pour assumer notre rôle de contrôle de l’action gouvernementale, huit questions orales et une question d’actualité ont été posées à cette première session, dont deux émanent des députés du groupe parlementaire UPC. Par ailleurs, ils ont pris une part active dans les débat qui ont suivi le traditionnel discours sur la situation de la nation présenté par le premier ministre Paul Kaba Thiéba, ainsi que l’exposé du ministre de l’économie, des finances et du développement sur le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle.

En ce qui concerne les activités extraparlementaires, le groupe parlementaire met à son actif la tenue de ses journées parlementaires, du 15 au 17 mars 2018 à Dédougou sous le thème : « le vote des Burkinabè de l’extérieur : contraintes et défis ». Aussi, cite-t-il, la conférence de presse co-organisée, le 21 mai dernier, avec le CDP et PJRN ont co-animé cette conférence de presse.

L’objectif de cette sortie était, soutient-on de : dénoncer le mauvais fonctionnement de l’institution parlementaire caractérisé. « Nous réaffirmons que pour une Assemblée nationale, efficiente et participative, il faut un strict respect de la séparation des pouvoirs, le respect du règlement intérieur de l’institution », a rappelé le député Léonce Zagré.

Aussi, « certains députés du groupe ont bénéficié de plusieurs formations au niveau national et effectué des missions à l’extérieur dans le cadre du travail parlementaire », reconnaissent les conférenciers.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Messages

  • Merci pour cette conférence de presse qui nous éclairci sur certains points surtout le nouveau pénal. Si le gouvernement veut jouer franc jeu devrait en principe, en démocratie et en Etat de droit présenter le code de procédure pénale en plus tenir compte de certains points soulever par le groupe parlementaire UPC et bien sur certaines formations politiques qui ont refusé de voter ce nouveau code pénal.

  • « Présenter tous les clients comme des pervers, et toutes les prostituées comme des victimes, était au mieux le résultat d’une certaine paresse intellectuelle, au pire la traduction d’une vision doctrinaire.
    Que cela plaise ou déplaise à nos députés, il y a deux formes de prostitution. D’abord la prostitution imposée, qui relève de la traite des êtres humains. Ensuite la prostitution choisie, qui relève du travail sexuel.
    C’est le grand paradoxe de cette proposition de loi : elle vise à pénaliser le client, sans interdire aucunement la prostitution. Tout simplement car l’interdiction de se prostituer est rendue impossible par la jurisprudence européenne : celle-ci a au contraire affirmé à plusieurs reprises le droit des femmes et des hommes à disposer d’eux-mêmes, fut-ce pour exercer un travail sexuel, pornographie ou prostitution.
    Le Burkina, en votant la pénalisation du client, contournera cette liberté : la prostitution restera juridiquement légale, mais sera empêchée par la chasse au client. Une liberté dont on empêche l’exercice est-elle encore une liberté ? C’est l’aboutissement d’une logique liberticide, portée par des courants néo-féministes bien mal inspirés : alors que le féminisme défend la liberté et la responsabilité des femmes, le néo-féminisme veut pouvoir dire ce qui est possible ou pas. Et placer les femmes en liberté surveillée.
    Étonnamment, cette liberté n’a jamais vraiment été discutée lors des débats, alors qu’elle sera une victime collatérale de la pénalisation du client. Elle n’a pas été discutée car les tenants de la pénalisation du client ont systématiquement amalgamé prostitution choisie et prostitution contrainte. La réalité, un peu plus complexe que cela, fut mise de côté au profit du dogme : tous les clients sont des coupables, toutes les prostituées sont des victimes. Dogme simpliste répété ad nauseam.
    Mais peu importe, les députés promoteurs de la pénalisation du client restent arcboutés sur leur convictions. Nietzche disait : "les convictions sont les ennemis de la vérité". A méditer par nos députés. »

  • Si c’est le cas, je félicite l’action du groupe parlementaire UPC parce que la question de l’incrimination du client de la prostituée n’a pas été pris en compte ! Au Burkina il faut que le législateur se prononce clairement sur ce fléau qui ne reflète pas nos valeurs sociales !

  • Je crois que l’UPC est entrain de commettre une très grave erreur d’appréciation sur la loi portant abolition de la peine de mort. Oui tous le monde sait que c’est le cas de Francois Compaoré qui a entrainé cette précipitation. Car les délais courent contre le gouvernement. Si nous renvoyons l’adoption de la loi à plus tard, l’extradition de Francois ne sera plus possible, et il va quitter le territoire français immédiatement et ce sera encore une fois de plus un rdv manqué pour rendre enfin justice à Norbert. C’est ce que l’UPC veut ? Pour ma part, cela me surprend énormément et confirme un rapprochement avec le CDP. Cela ne fait de décrédibiliser nos parties politiques qui n’ont que pour seule motivation la conquête du pouvoir. On met entièrement de coté, les facteurs qui ont conduit à la chute sans appel du régime de compaoré : injustice, crime économique, et légitimité. L’UPC fait une grosse erreur de rapprochement, car cette stratégie ne fera que l’éloigner du pouvoir.

  • Le parti du caméléon n’a qu’à dire seulement qu’il est maintenant avec le cdp et il est contre l’extradition de qui que ce soit. sinon il n’y a rien de nom de personne ni de politique collé à la loi.

  • Donc comme ça dans le nouveau code pénal voté par la majorité parlementaire MPP, l’homosexualité n’est pas punie ? Donc les homosexuels pourront célébrer des mariages en toute légalité ! OOOHHH mon Burkina ! Je comprend pourquoi l’UPC s’est abstenu par rapport à certaines lois ! Ils savent très bien que les burkinabé ne tolèrent pas l’homosexualité ! UPC et honorable Moussa zerbo nous vous remercions ! Que Dieu vous bénisse !

  • L’UPC est en perdition cat elle perd son âme, au cas ou elle aurait. Ce parti fait tout simplement de la prostitution politique. Il est désormais disqualifié pour apporter un quelconque changement à ce pays car il est à la remorque des bourreaux d’hier dont lui même a été victime. ce qui veut dire que ce parti ne sait même pas ce qu’il cherche. Il navigur à vue, s’accroche à toute opportunité, soit-elle malsaine, est prêt à enjamber le cadavre de Norbert, et que sais-je. Une vraie déchéance en morele politique

  • Mes amis de l’UPC, dites nous si vous êtes pour ou contre la suppression du fonds commun.
    Vous êtes toujours muets sur les sujets d’actualité brûlante.

  • Selon l’upc, le dossier Norbert Zongo est un règlement de comptes politiques. Sacré politicien !

  • Cher Raogo, je voudrais savoir si vous savez que la lutte contre la prostitution a beaucoup d’avantages que sont la réduction des MST et une meilleure éducation des enfants qui s’adonnent de plus en plus jeunes à cette activité. A y regarder de près il n y a que des avantages à y aller non du dos de la cuillère, mais assez franchement. Il y a la position politique que vous adoptez, et je peux vous comprendre, bien sûr, mais, il y a la question de la responsabilité de chacun de nous à l’édification d’une nation de bonnes mœurs et de développement. Rappelons que la prostitution est un important canal d’infection aux MST et au VIH/SIDA dont la prise en charge gréve le budget de l’Etat qui devait être consacré aux investissements, à la création d’emplois, etc. IL faut parfois se départir de l’appartenance politique et rester ouvert à la contradiction avec juste des arguments et SANS PERDRE DE VUE CE QUE NOUS VOULONS POUR CE PAYS. Bien à vous

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