Intégration sous-régionale : Les douanes du Togo et du Burkina désormais liées

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • mardi 29 mai 2018 à 00h42min

C’est officiel. Les serveurs des administrations douanières de Lomé et de Ouagadougou sont maintenant interconnectés. Un contrôle rapide, une réduction du temps de passage au Poste de contrôle juxtaposé (PCJ) de Cinkansé de trois jours à deux heures, une fluidité du trafic entre le Togo et le Burkina. La modernisation des opérations douanières des deux pays s’est concrétisée ce lundi 28 mai 2018, à Ouagadougou. C’est le ministre en charge du Commerce, Harouna kaboré, qui a procédé au lancement officiel de l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers Togo-Burkina.

Intégration sous-régionale : Les  douanes du Togo et du  Burkina désormais liées

On le sait. Outre les barrières tarifaires qui entravent la réalisation du marché unique au sein de l’espace UEMOA, d’autres difficultés d’ordre physique ou administratif, à l’instar de la double procédure de transit sur les corridors internationaux, notamment l’arrêt prolongé des camions à la frontière, constituent sans nul doute un grand obstacle à libre circulation des biens dans la région.
En réponse, les Etats envisageaient d’interconnecter leurs systèmes informatiques douaniers. C’est désormais chose faite entre les douanes du Burkina et du Togo. Et depuis le 11 mai 2018, les premières opérations de transit informatisées des produits pétroliers ont été enregistrées au niveau du Bureau des hydrocarbures de Lomé à destination des douanes de Bingo, au Burkina. Pour Adama Sawadogo, directeur général des douanes du Burkina Faso, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour les deux pays, en matière de transit international.

« Tous les acteurs de la chaîne logistique y gagnent »

Dans la pratique, l’interconnexion, selon le ministre du Commerce, Harouna Kaboré, se traduit par « l’émission d’un document unique de transit depuis un bureau de départ au Togo, jusqu’à un bureau de destination au Burkina Faso, sous le couvert d’une caution unique ». Cela signifie que les informations fournies par l’importateur au port de Lomé, consignées et matérialisées par le document de transit, seront communiquées en temps réel à l’administration douanière burkinabè.

A titre d’exemple, le directeur général des douanes du Burkina explique : « Quand vous accomplissez un transit à partir du port de Lomé à destination du bureau de Bingo, dès que le douanier togolais saisit la déclaration de transit et qu’il valide cette déclaration à partir du port de Lomé, il y a un message électronique qui est transmis directement au bureau de Ouagainter. Ce document électronique contient environ 46 informations sur la cargaison (nom du propriétaire du camion, le bureau de destination (…) » a-t-il noté. Puis de poursuivre : « Quand le camion arrive à la sortie du Togo, le douanier togolais doit mentionner le passage du camion et le douanier burkinabè en fera de même dès l’arrivée, et dès qu’il ce message électronique en manifeste, il y a une information qui repart au port de Lomé pour souligner que le chargement est arrivé à destination (…) ».

Ainsi, à en croire le directeur général des douanes, cette révolution technique présente des avantages indéniables pour les deux pays. Au-delà du gain de temps et d’argent, cette interconnexion permettra, selon lui, de lutter contre la fraude et d’assurer la fiabilité et la transparence des transactions. Et pour le ministre du Commerce, ce sont tous les acteurs de la chaîne logistique qui vont en bénéficier. « Les transporteurs, les chauffeurs n’auront plus à souffrir au niveau de la frontière pour les formalités de transit. (…) Les bénéfices, en termes de barrières non-tarifaires, seront également visibles car le gain de temps se fera tout au long du trajet », a-t-il indiqué, souhaitant en retour une amélioration des niveaux de recouvrement des recettes douanières pour les des deux pays.

Un corridor particulièrement important

D’un coût global de 1 093 786 867 francs CFA, ce tout premier projet d’interconnexion des systèmes informatiques douaniers le long du corridor Lomé- Ouaga est financé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et mis en œuvre par l’UEMOA, avec l’appui technique de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Figurant parmi les axes prioritaires du réseau routier de l’UEMOA, c’est également « un corridor particulièrement important où transitent 39% des marchandises importées au Burkina Faso ».

Présents à la cérémonie, Ibrahima Dieme, le commissaire chargé du Département du marché régional du commerce, de la concurrence et de la coopération (DMRC) de l’UEMOA, et le représentant de la JICA, Kobayashi Takemichi, ont émis le souhait que cette réforme sur le corridorLomé-Ouagadougou se poursuive sur l’ensemble des corridors de l’espace communautaire. Notons que les douanes du Burkina et du Togo utilisent le système Synodia Word, développé par le CNUCED.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 29 mai à 00:33, par Substance Grise En réponse à : Intégration sous-régionale : Les douanes du Togo et du Burkina désormais liées

    Félicitations
    Il faut tout faire pour arrêter la fraude basée sur la corruption cancer contre le developpement de l’Afrique. Alors chers fonctionnaires restez vous mêmes et les autres ne pourront pas frauder car très souvent C’est parce qu’il y’a des complices au niveau de l’administration publique qu’un commerçant peut oser frauder.
    En rappel la corruption fait perdre à l’Afrique chaque année près de 55 milliards de dollar
    Ce sont les hommes politiques et les agents de nos états qui en sont les prémiers responsables.
    Donnez l’exemple en premier et les citoyens n’auront pas le choix que de suivre et respecter les lois.
    Mais tant que vous mêmes voulez etre en même temps des hommes d’affaires ;etre des milliardaires ça ne peut pas marcher.
    Acceptons tous vivre sur des principes respectés par tous pour le futur des générations naissantes .Si non tôt ou tard nous allons tous payer.
    Trop d’anarchie et de laissez aller dans ces fausses démocraties en Afrique.

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  • Le 29 mai à 10:54, par Maria de Ziniaré En réponse à : Intégration sous-régionale : Les douanes du Togo et du Burkina désormais liées

    Enfin .......le bébé est sorti du ventre de la mère. Faut - il féliciter au pleurer parce que ce projet date du 1er mandât de Soumaïla CISSÉ (2003- 2007) à la Commision de l’UEMOA et était inscrit dans le premier PER ( Programme Économique et Régional) de l’Instituion. Nous avons mis plus de 10 ans pour finaliser ce projet de poste juxtaposés de douane BurkinaTogo et son corollaire d’interconnections des systèmes informatiques. Certe c’est un pas vers l’intégration mais que de temps il a fallu ! Les peuples de la sous région ne veulent qu’un même passeport une même carte d’identité un même drapeau une même immatriculation des voitures une même armée une même monnaie..une même compagnie aérienne ...etc mais héla force est de reconnaître que tous les chantiers vers cette case commune traînent en longueur du fait de la gouvernance des projets , des méfiances entre les pays et de l’égoïsme de certains ........ combien de générations faut-il sacrifier pour voir le bout du tunnel ?

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