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Coopération Burkina-Taiwan : Avant tout...la formation professionnelle

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Burkina - Taiwan : 25 ans de coopération • LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • mardi 29 mai 2018 à 00h15min
Coopération Burkina-Taiwan : Avant tout...la formation professionnelle

Ils font partie des fleurons de la coopération entre le Burkina Faso et Taiwan : les lycées et centres de formation professionnelles construits dans le cadre du Programme de renforcement de la formation professionnelle (PRFP), dans des villes comme Dédougou, Koudougou, Bobo-Dioulasso et Gaoua pour ne citer que celle-là. Ces joyaux constituent le reflet d’une vision pratique de la République de Chine (Taiwan) qui a sû s’imposer dans le temps, avant tout, grâce à l’éducation.

Elève en BEP 1 d’Agro alimentaire au lycée professionnel régional Nazi Boni de Dédougou (LPRNB), Boro Esther rêve de créer une unité de transformation de produits locaux et d’employer plusieurs jeunes. “Ce n’est pas une bonne idée de quitter son pays pour aller se chercher ailleurs. Nous avons tout au Burkina Faso et nous ne devons pas chômer avec nos matières premières”, pense la jeune élève. Tout comme elle, une centaine d’apprenants espèrent s’insérer professionnellement et s’auto-employer, loin de la fonction publique, dans le domaine de l’agroalimentaire, une filière d’avenir.

Convaincre

Dans l’atelier Agroalimentaire

L’agroalimentaire est l’une des trois filières que compte le lycée professionnel régional Nazi Boni de Dédougou à savoir l’électrotechnique et la maintenance automobile. Tout est encore nouveau par ici mais l’insuffisance d’entreprises évoluant dans le domaine de la transformation n’est pas une source de démotivation des élèves, qui chaque jour veulent apprendre d’avantage, note Coulibaly Assita enseignante au LPRNB. “Il y a une élève qui voulait aller en maintenance industrielle mais qui a fini par se convaincre qu’elle avait sa place en Agroalimentaire”, se rappelle Mme Coulibaly, qui note que l’établissement a effectué des sorties au sein de quelques entreprises afin de faire comprendre aux élèves l’importance de cette filière.
Selon le proviseur M. Sanou Abdoulaye, le lycée qui a ouvert ses portes en octobre 2013, compte 171 élèves dont 126 garçons et 45 filles. Et comme tous les lycées professionnels, il est confronté à l’insuffisance d’enseignants. Toutefois, il peut compter sur Taïwan dans la formation continue des enseignants et la maintenance des équipements de dernière génération disposés à l’abri de la poussière dans les ateliers.

Un lycée en hommage au premier président du pays

Bâtiment administratif du lycée professionnel national Maurice Yaméogo de Koudougou

Avant le lycée professionnel régional Nazi Boni de Dédougou, il y a eu, en 2011, l’inauguration du lycée professionnel national Maurice Yaméogo (LPNMY) de Koudougou, du nom du père de l’indépendance du Burkina Faso (ex-Haute-Volta). C’est l’un des plus grands établissements publics de l’enseignement technique et professionnel du Burkina Faso dont la construction a été entièrement financé par Taiwan à hauteur de 3,5 milliards de francs cfa dont 1,2 milliards de francs pour son équipement. D’une superficie 25 hectares, le lycée a une capacité d’accueil de 450 personnes. On y trouve plusieurs spécialités dont l’électrotechnique l’électronique, la maintenance froid et climatisation, les télécommunications (Le lycée est pionnier dans ce domaine), la fabrication mécanique, la construction, la cuisine. Avec ses douze salles de cours pour 28 classes, les premiers responsables sont obligés de jongler pour pouvoir tenir la route.

Un centre pour redonner à Bobo ses industries de noblesse

Fronton du centre de formation professionnelle et industrielle de Bobo-Dioulasso

Le Centre de formation professionnelle et industrielle de Bobo-Dioulasso (CFPI) est également l’autre fruit mûr de la coopération entre le Burkina et la République de Chine (Taiwan). Construit sur 10 hectares à plus de quatre milliards de francs CFA, il a ouvert ses portes en novembre 2016 et compte 97 apprenants. Sa mission est de former des personnes à même de répondre aux exigences des industries du Burkina, en mettant sur le marché des hommes et des femmes capables de produire des pièces de rechange des installations industrielles, de faire la maintenance, de travailler en étroite collaboration avec des industriels et des opérateurs économiques.

Plusieurs spécialités y sont enseignées telles que la conception et la fabrication des moules, la mécanique de précision, l’automatisme / électricité industrielle, l’électronique, l’énergie solaire photovoltaïque, les réseaux informatiques et télécommunications, le froid et la climatisation, la maintenance industrielle. Selon le directeur général, Souleymane Ouattara, le centre dispose de onze (11) formateurs mais le ministère en charge de la formation et de l’insertion professionnelles a prévu de mettre à sa disposition. cinq autres formateurs

331 millions investis dans un centre

L’apprenante Da Noukeina dans l’atelier de coiffure du centre de l’ANPE

A Gaoua, le Centre régional de formation professionnelle, logé au sein de la Direction régionale de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), compte 157 apprenants répartis dans six filières à savoir : la menuiserie bois, la construction métallique, l’électricité bâtiment, la coupe-couture, la mécanique deux roues et la coiffure féminine (ces deux dernières filières n’ont pas été équipées par la coopération taïwanaise).

Selon le directeur régional de l’ANPE de Gaoua, M. Adama Zerbo, la construction, la réfection et l’équipement de cinq bâtiments par la République de Chine (Taiwan), à 331 millions de francs CFA, a eu un impact positif sur la renommée du centre car ayant suscité de l’engouement auprès des jeunes. Là aussi, les premiers responsables sont satisfaits de la coopération taiwanaise et attendent d’elle, la poursuite de la formation continue des encadreurs, l’appui du centre en matière d’oeuvres et l’accompagnement des apprenants en kits d’installation à leur sortie.

L’enseignement technique, l’avenir du Burkina

En plus du centre géré par la direction régionale de l’ANPE, la cité du Bafuji abrite le lycée professionnel régional Domba Somé. Ce lycée compte plusieurs spécialités dont l’agroalimentaire, l’électrotechnique, la maintenance des véhicules automobiles et la construction. Plusieurs élèves de cette école, qui bénéficie toujours de l’assistance technique taiwanaise deux fois par an pour la maintenance des équipements, poursuivent leur formation en tant qu’élèves professeurs à l’université de Koudougou et autres universités.

Dans l’atelier Maintenance automobile du lycée professionnel régional Domba Somé

Ici aussi, les difficultés ne manquent pas : Absence d’internat pour accueillir les apprenants vu l’éloignement du lycée d’avec Gaoua centre, insuffisance de salles de cours, faible effectif d’élèves obligés d’abandonner parce qu’ils n’ont pas de repères dans la zone exerçant à leur propre compte, faible industrialisation de la région, ce qui rend difficile les stages des élèves pour leurs stage.

“Dans cinq, dix ans, j’ai foi que des ingénieurs qui ont fait leurs premiers pas dans cette école reviendront installer des usines et booster l’industrie du Burkina Faso. J’ai foi en l’enseignement technique, et je suis convaincu que le développement de ce pays passera par ces établissements professionnels”, soutient le proviseur de l’Établissement, Koumbir-Yélor Somda.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Messages

  • Merci aux dirigeants et à tout le peuple de notre cher Taïwan, vous êtes venus en 2è position mais vous avez su faire mieux. Les différentes formations professionnelles que vous avez dispensé à nos enfants resteront bénéfiques à donner des fruits pour toujours pour des générations futures. C’est mieux d’apprendre quelqu’un à travailler pour se gérer lui-même au lieu de lui tendre quotidiennement la main chaque fois pour lui donner l’argent à manger. Vos avez fait un bon boulot. Nous vous resterons profondément toujours reconnaissants. Au revoir et Que Dieu tende sa main sur votre pays pour vous aider à obtenir ce que vous demandez. Amen.

  • Merci à Fasonet pour ce rappel. Quand quelqu’un te lave le dos, il faut toi même laver ta figure. Taïwan a fait le nécessaire et le plus gros, c’est à l’état maintenant de veiller à ce que ces centre ne se ruinent pas si vraiment il compte sur sa jeunesse.

  • Que personne n oublie ce qu une grande démocratie asiatique a fait pour notre pays, notre coeur va vers Taiwan, cette decision de rupture est incompréhensible, je suis désolée pour les taiwanais nos amis que certains se soient laissés mener par des apats empoisonnés et qui compromettent nos valeurs d’intégrité.

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