Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • vendredi 25 mai 2018 à 23h43min

Aussitôt ouvert, aussitôt fermé. Ce vendredi 25 mai 2018, le président de la Chambre de première instance du Tribunal militaire de Ouagadougou a de nouveau renvoyé le procès du putsch de septembre 2015, pour lequel comparaissent 84 accusés, afin de permettre à des avocats commis d’office, de mieux s’imprégner du dossier de leurs clients.

Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

S’achemine-t-on vers l’interrogatoire tant attendu des 84 accusés dans le procès du putsch manqué de l’ex-Conseil national pour la démocratie ? Oui, si l’on en croit l’annonce faite par le président du tribunal, Seidou Ouédraogo. Ce vendredi 25 mai, date de la réouverture du procès, après un renvoi de 16 jours pour permettre au bâtonnier de commettre des avocats à huit accusés et pour permettre à six avocats commis d’office de mieux se préparer, Seidou Ouédraogo a de nouveau accédé à la demande de certains avocats : celle de renvoyer le procès. La date du 12 juin 2018 a été retenue. Revenons sur les principales articulations de la journée ayant conduit au renvoi de ce procès qui, au fil du temps, ne fait plus salle comble.

Diendéré ne veut pas de son avocat commis d’office

Dès l’ouverture à 9h, le président du tribunal donne lecture d’une correspondance de restitution de dossier de Me Mamadou Keita, commis d’office pour assurer la défense du général Gilbert Diendéré. L’avocat explique, dans sa lettre, avoir pris contact le 17 mai 2018 avec son client qui lui aurait fait savoir qu’il désire se faire défendre par ses anciens conseils. Ses anciens conseils, rappelons-le, sont le SCPA Somé et Associés, Me B. Mathieu Somé, Me Jean Yaovi Degli, Me Olivier Yelkouny, Me Bernard Guizot Takoré et Me Paul Kéré, le dernier avocat à se déporter. Cette position du général a conduit donc Me Mamadou Keita à jeter les armes.

L’avocat est maintenu en attendant

Selon le parquet militaire, la commission d’office a été faite sur la base que le général Diendéré n’avait plus de conseil, donc l’argument ne tient pas. De plus, le client n’a pas besoin d’accepter avant que l’avocat n’officie. S’adressant au président du tribunal, le procureur militaire, Alioune Zanré, a fait remarquer que le bâtonnier ne l’a pas saisi pour décharger Me Keita de son office. Ce qui signifierait qu’il continue d’exister dans son office.

Pour Seidou Ouédraogo, l’avocat est maintenu dans le dossier jusqu’à ce que le bâtonnier avise. « Est-ce que le médecin peut soigner un malade contre la volonté de celui-ci ? L’avocat ne peut pas défendre quelqu’un sans son consentement. Si on n’est pas d’accord sur la stratégie, la méthode, il va sans dire que je ne peux pas le défendre en toute loyauté, en toute dignité, en toute probité », a laissé entendre Me Kéita, qui a demandé un délai de 30 jours pour mieux préparer le dossier si le juge décide de le maintenir dans le procès.

Le déport d’un avocat commis d’office rejeté en attendant...

Me Kéita Mamadou, avocat commis d’office du Général Gilbert Diendéré

L’autre lettre de restitution de dossier tenant lieu de déport, est celle de Me Ibrahim Guitenga. Commis d’office le 11 avril 2018 pour assurer la défense de Relwendé Compaoré et de Nobila Sawadogo, il dit avoir pris attache avec ses clients qui lui auraient signifié qu’ils préféraient bénéficier des services de leurs anciens conseils. « Je me verrai mal à m’approprier une stratégie de défense que je n’ai pas initiée. Je restitue donc les dossiers », a-t-il déclaré au tribunal.

Pour le parquet militaire qui est resté sur sa position, l’avocat commis d’office ne saurait accepter les préalables d’un accusé pour sa défense et Me Guitenga doit poursuivre sa mission. Une position que l’avocat ne partage pas, car il estime que « la commission d’office ne fait pas de l’avocat un aliéné, un prisonnier [...] un objet de procédure ». « Je ne suis pas là pour faire perdurer la procédure à longueur de journée. Peut-on forcer un avocat à assurer une défense lorsque les conditions ne sont pas réunies ? », a-t-il interrogé. Tout comme Me Mamadou Keita, il est tenu de déférer, sauf motif légitime d’excuse ou d’empêchement admis par le bâtonnier.

Rappelons qu’à l’audience du jour, des avocats commis d’office n’ont trouvé aucun inconvénient à assurer leur mission de service public. Il s’agit Me Régis Bonkoungou, avocat de Abdoul Karim Baguian dit Lota ; Me Thimotée Zongo, avocat de l’adjudant Ouékouri Kossè ; Me Jacques Soré, conseil de Abdou Compaoré (dont la demande de liberté provisoire a été acceptée, ce vendredi) ; Me Alexandre Sandwidi, avocat du sergent-chef Roger Joachim Damagma Koussoubé et Me Idrissa Badini, avocat du sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo et de Minata Guelwaré.

Rendez-vous le mardi 12 juin prochain pour la suite du film.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 25 mai à 18:48, par Kpièrou En réponse à : Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

    A suivre la justice moderne dite démocratique et républicaine, à l’allure où vont les choses, il n’y aura jamais de jugement à ce putsch manqué.
    Quand ces personnes faisaient leur coup, ils savaient ce qu’ils posaient comme acte. Revenons à la justice traditionnelle où chacun va exposer ses raisons, tenants et aboutissants et le tribunal va décider et ce sera fini.
    Le droit moderne est un droit mensonger qui ne profite qu’à ceux qui ont le pouvoir de payer. La vérité ne pointera jamais avec de tels tribunaux ;

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  • Le 27 mai à 06:49, par Joe papi En réponse à : Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

    Non la justice mouta’mouta ’revenons au temps TPR et finissent avec ce problèmes. on appris ses faux generaux la main dans le sac passons au chose sérieuse. on es fatigués de ses reportage

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  • Le 27 mai à 20:28, par Coulibaly André En réponse à : Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

    Voilà où cela nous mène á vouloir coûte que coûte singer les blancs.Ces gens ont semé la désolation dans des familles.Certains ,notamment le principal accusé,à savoir le général diendjéré ont reconnu leur forfaiture.Et on peine à le juger !En plus,avec son sourire narquois,il nargue le peuple.Quelqu’un qui à l’heure actuelle devait se retrouver à 2m sous terre conformement à leur méthode du temps de blaise compaoré(cf cas de boukary lingani ,henri zongo et bien d’autres).Rock,à force de rouler au diésel,tu nous conduiras droit à la catastrophe.Il est temps que tu changes de carburant.Va au super.Ça passe ou ça casse !

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  • Le 28 mai à 09:27, par Ka En réponse à : Procès du putsch manqué de septembre 2015 : L’interrogatoire des accusés annoncé pour le 12 juin 2018

    Tout ce qui se passe avec ce jugement du coup d’état manqué, est un crime contre notre justice Burkinabé qui veut montrer sa crédibilité. Malgré ce coup théâtrale que nous fait les supposés accusés et les avocats de la défense, Il y a aussi une certitude divine qui dit que l’on récolte toujours sur terre ce que l’on a semé, malgré la miséricorde de Dieu et la foi après le pardon de Dieu. Si tu as semé la mort, attends-toi à la récolter aussi.

    Ce qui me rassure que le Burkina veut tourner la page des jugements expéditives du temps du régime de Blaise Compaoré, ‘’’’c’est l’appel du président Roch Marc Christian Kaboré dans un de ces discours au début de son mandat, un appel à "rendre justice dans toutes les affaires sensibles", dont les dossiers de l’assassinat de Thomas Sankara, Norbert Zongo, du putsch manqué et de l’insurrection populaire, pour "aider le peuple à se réconcilier". Et cet appel résonne encore dans les oreilles d’un peuple averti qui attend les actes forts.

    Le président nous a confirmé dans cet appel, que la justice militaire doit solder une longue série de dossiers, dont principalement ceux du putsch manqué de septembre 2015 et de l’assassinat du "père de la révolution" burkinabè, le capitaine Thomas Sankara, tué lors du coup d’Etat qui porta l’ex-président Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Également en instance, le dossier du journaliste d’investigation Norbert Zongo, tué en 1998 avec trois compagnons, a connu une évolution avec la mise sous contrôle judiciaire de François Compaoré, frère du président déchu Blaise Compaoré, poursuivi pour "incitation à assassinats".

    Et si le peuple est patient avec cette justice militaire, c’est qu’il sait que nul n’a le droit de tuer son prochain pour quelques causes que ce soit, même pas pour le pouvoir. Pour tout Burkinabé, ce coup d’état à la maternelle, ces responsables ont utilisé des balles réelles en tuant des innocents qui n’était pas nécessaire, car nul n’a le droit de tuer ses semblables, pour le pouvoir. Nos enfants et autres qu’ils ont tués, ont également le même droit à la vie qu’eux. C’est pourquoi, malgré les ruses des présumés accusés et les avocats de la défense, la justice sera dite un jour. Même dans 20 ans comme a entendu les familles des victimes de Hisséne Habré l’ex-président Tchadien aujourd’hui condamné pour ses crimes.

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