Démantèlement de présumés terroristes à Rayongo : Le film de l’assaut raconté par un voisin

LEFASO.NET | Par Jacques Théodore Balima • vendredi 25 mai 2018 à 14h00min

48 heures après le démantèlement d’un réseau de présumés terroristes, la vie a repris ses droits à Rayongo. Mais les populations riveraines affirment craindre des représailles. « Comme nous ne savons pas s’ils ont été tous anéantis, nous avons peur que les autres, s’il y en a qui ont réussi à fuir pendant les tirs, s’en prennent aux gens ici », s’est inquiétée une voisine de la villa dans laquelle résidaient les présumés terroristes.

Démantèlement de présumés terroristes à Rayongo : Le film de l’assaut raconté par un voisin

Rayongo. En l’espace d’une journée, ce quartier jadis ignoré par beaucoup d’habitants de Ouagadougou, est devenu tristement célèbre. Et pour cause, dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 mai 2018, des éléments de la gendarmerie ont débusqué des présumés terroristes qui habitaient une villa de ce quartier. De 1h30 à 8h, des éléments de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) ont échangé des tirs nourris avec ces hommes armés.

Le film de l’assaut

Un film que certains voisins ont suivi depuis leur cachette. « À cause de la chaleur, j’étais couché devant ma boutique. Au milieu de la nuit, j’ai été réveillé par le bruit des véhicules et des motos de la gendarmerie. Ils étaient nombreux. Ils ont tourné pendant un moment, puis ils se sont dirigés vers un six-mètres devant. J’ai eu l’impression qu’ils ont défoncé un portail là-bas, puisque j’ai entendu un bruit. Puis ils sont revenus. Ils sont descendus des véhicules et des motos qu’ils avaient laissés devant ma boutique ici (Ndlr, la boutique à l’arrière des villas jumelées). Je les regardais toujours et jusque-là je n’avais toujours pas peur. Ils se sont ensuite dirigés vers la villa. Ils ont également défoncé le portail, puis j’ai entendu des tirs. Et j’ai aussi entendu quelqu’un qui répétait de faire venir l’ambulance parce qu’il y a un blessé. C’est en ce moment que je suis rentré dans la boutique. Ma porte était toujours ouverte.

Ensuite trois gendarmes ont pris position devant ma boutique. C’est à cet instant que les tirs ont véritablement commencé. Par mesure de prudence, j’ai bouclé ma porte. Mais je n’ai pas fermé l’œil de la nuit », se rappelle encore O.B., gérant d’une boutique jouxtant la tristement célèbre villa rose de Rayongo.

Les présumés terroristes, il affirme ne pas les connaître. « Je ne les connaissais pas. Je ne me rappelle pas qu’ils aient acheté quelque chose ici. Pourtant leurs voisins viennent ici et je les connais tous », affirme-t-il.

La peur des riverains

Tout comme O.B., Rasmata (prénom d’emprunt) a vécu une nuit cauchemardesque. Vendeuse de légumes, sa cour est située à quelques pas de la villa rose. « J’ai été réveillée par les tirs. On n’osait même pas mettre le pied dehors. C’est vers 7h que les gendarmes sont venus nous demander de sortir. Ils ont fouillé nos maisons et après ils sont repartis », explique-t-elle.

Aujourd’hui, les voisins de la villa sont habités par la peur. « Comme nous ne savons pas s’ils ont été tous anéantis, j’ai peur que s’il y a d’autres, qu’ils s’en prennent aux gens ici », s’inquiète-t-elle. O.B., par contre, a été entendu par les gendarmes qui ont aussi noté son numéro de téléphone. Il pourra être appelé pour les besoins de l’enquête. « Les gendarmes ont pris nos numéros. On ne sait pas si ce qu’on va dire quand ils vont nous appeler, ne va pas nous condamner. Parce que dans une situation pareille, je ne sais pas ce qu’il faut dire », s’est également inquiété O.B.

Un bilan lourd…

Selon d’autres témoins, les hommes du commandant Evrard Somda ont vidé la villa de ses affaires. Une moto et bien d’autres choses ont également été retrouvées dans la maison. « Ils ont sorti du sucre qu’ils ont distribué aux gens ici », témoigne un jeune homme qui a suivi l’acte.

En rappel, au cours de l’opération, trois présumés terroristes ont été abattus et un quatrième arrêté. Un gendarme a également perdu la vie. Quatre autres et deux civils ont été blessés et sont actuellement soignés dans un hôpital de la place. Une trentaine de personnes ont été interpellées pour les besoins de l’enquête.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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