Coopération : L’appui de l’ambassade taiwanaise au centre d’étuvage du riz de Bama

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • lundi 21 mai 2018 à 13h15min

Au Burkina, il n’y a pas que les projets retenus par la Commission mixte de coopération entre la République de Chine (Taiwan) et notre pays qui soient mis en œuvre. Il y a aussi ceux qui sont soutenus à l’initiative de la représentation diplomatique de l’ile de Formose. Le centre d’étuvage de riz de Bama, une zone rizicole située à quelques encablures de Bobo-Dioulasso, fait partie de ces projets.

Coopération : L’appui de l’ambassade taiwanaise au centre d’étuvage du riz de Bama

En 2008, un vent violent emporte, pendant l’hivernage, le toit du magasin du centre d’étuvage de riz de Bama, à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. L’Union des groupements d’étuveuses qui y travaille est dans la désolation, mais pour une courte durée. Car, l’ambassade de la République de Chine (Taiwan) va lui porter secours en réhabilitant la toiture du magasin. Ce geste ne figure pas dans la longue liste des réalisations de la commission mixte de coopération entre les deux pays, mais pour les étuveuses, elle vaut son pesant d’or et marque le début d’une histoire contée aux journalistes de la caravane de presse, jeudi 17 mai dernier.

Une unité moderne

Selon Mme Ouédraogo Maimouna, expliquant les différentes étapes de l’étuvage

Selon Mme Ouédraogo Maimouna, responsable à la formation du centre d’étuvage, cette histoire est marquée par le don d’une décortiqueuse de riz paddy de type JB-30 à l’Union. L’agro-alimentaire étant un domaine assez sensible, les étuveuses ont été formées sur les normes qualité du riz étuvé afin de mieux développer leurs activités. Aussi, dans le cadre du projet GazoRiz initié en 2013 par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV), une usine de pointe a été réalisée en 2016 grâce au soutien technique et financier de l’ambassade taiwanaise à hauteur de 380 000 euros et du Fonds de l’OPEP pour le développement international.

Vue du magasin construit grâce au financement de l’ambassade taiwanaise

L’Union qui compte aujourd’hui 689 membres a également bénéficié d’un château d’eau, d’un magasin d’une capacité de 200 tonnes, de deux hangars, de gazéificateurs et de trieuses. Grace à ce soutien les femmes arrivent à étuver au moins de deux tonnes de riz par jour, du riz qu’elles achètent auprès des producteurs des plaines rizicoles de Bama et qu’elles revendent sur place et dans des points tel que le siège de la confédération paysanne du Faso à Ouagadougou.

Le riz étuvé riche en nutriments

Une étuveuse en plein lavage du riz paddy

Du riz étuvé, un terme que l’on entend fréquemment mais dont on ignore l’importance. Parmi les journalistes venus visiter l’unité d’étuvage de riz de Bama, certains méconnaissaient le processus d’étuvage. Selon Mme Ouédraogo Maimouna, la première étape consiste à débarrasser le riz paddy de ses impuretés à travers le vannage. Ensuite, il faut laver à deux reprises le riz, l’égoutter et le laisser tremper dans de l’eau chaude. Passée cette étape, les femmes doivent renverser le paddy chauffé dans un récipient et le laisser se refroidir. Après le refroidissement, le riz paddy est de nouveau lavé et égoutté avant la pré-cuisson, le séchage et le décorticage. Une fois décortiquée, le riz est vanné, trié et conditionné dans des sacs en polyéthylène (50 kg, 25 kg, etc.)

L’étuvage, selon Mme Ouédraogo, permet aux vitamines (B1, B2) et minéraux (fer, potassium, magnésium, etc) qu’on retrouve dans l’enveloppe du riz paddy de pénétrer à l’intérieur des grains de riz grâce à la vapeur. Le riz étuvé est donc deux fois plus riche en valeur nutritionnelle que le riz blanc, généralement importé.

Plus d’un milliard et demi investis en un an

A la radio Argoutar de Dissin

Après l’étape de Bobo-Dioulasso, les journalistes ont mis le cap sur la région du Sud-Ouest, précisément dans la commune rural de Dissin (Province du Ioba) où l’ambassade de Taiwan a contribué à la réalisation de plusieurs infrastructures dont la salle polyvalente et de la radio Argoutar, la 105.1 FM, inaugurée en août 2014 et qui a une portée de 160 Km. Entre 2012 et 2017, l’ambassade a également l’Association Argoutar, présidée par l’ancien ministre Jean de Dieu Somda, pour la réalisation et la réhabilitation de 60 forages.

Outre ces réalisations données à voir aux médias, notons entre autres que l’Ambassade de la République de Chine (Taiwan) a injecté 98 905 euros et apporté une assistance technique spécifique à la maintenance et la réparation des scanners des Centres hospitaliers régionaux de Tenkodogo et Kaya. La Chambre de Commerce et d’Industrie, quant à elle, a bénéficié d’un financement de 250 000 euros pour l’organisation de l’Africallia 2016, et le ministère de la sécurité d’un financement de 510 818 euros pour l’acquisition de 13 véhicules de patrouille. La liste n’est pas exhaustive mais retenons que le budget consacré par l’ambassade taiwanaise pour les projets, sur la période 2015-2016, est de 2 400 000 euros soit plus d’un milliard cinq cent millions de francs CFA.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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