Semaine nationale de la planification familiale : sept jours de sensibilisation pour une maîtrise de la fécondité

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • lundi 14 mai 2018 à 22h30min

Du 14 au 20 mai 2018, toutes les méthodes contraceptives sont offertes gratuitement au choix des bénéficiaires, dans toutes les formations sanitaires publiques du Burkina. Le lancement officiel des activités marquant le premier passage de la Semaine nationale de la planification familiale (SNPF), au titre de l’année 2018, est intervenu ce lundi 14 mai 2018, dans la commune de Boussé (province du Kourwéogo).

Semaine nationale de la planification familiale : sept jours de sensibilisation pour une maîtrise de la fécondité

Mère de six enfants, Cécile Ouédraogo, la quarantaine, a eu pour la première fois recours à une méthode contraceptive, après la naissance de son 5e enfant. « Mon mari étant hors du pays, j’ai eu des difficultés pour le convaincre au départ. Il a lui-même constaté par la suite que j’avais du mal à m’en sortir avec des enfants en bas âge. Vu que n’arrivais pas à mener mes petites activités, il a fini par adhérer. C’est quand je suis repartie en Côte d’Ivoire l’année dernière que j’ai fait retirer le dispositif (norplant) et je suis tombée enceinte de mon 6e enfant », raconte-t-elle.

« L’enfant est un don de Dieu », dit-on. Si autrefois, « procréer à volonté était signe de richesse, de puissance et de prospérité », aujourd’hui, estime le chef du canton de Sao, « les temps ont changé. Notre monde actuel exige une vision nouvelle, une sorte de régulation, même dans un domaine aussi privé et sacré que concevoir et donner la vie ».

En effet, avec une population évaluée en 2018 à 19 632 147 d’habitants, dont 67% ayant moins de 25 ans, et un taux d’accroissement annuel de 3,1%, le Burkina Faso, selon le gouverneur de la région du Plateau central, Nana Fatoumata Benon/Yatassaye, représentant le ministre de la Santé, fait face à d’énormes problèmes démographiques et de santé. Cette croissance démographique galopante constitue, selon elle, un frein au développement économique et social pour le pays. Le Burkina Faso reste ainsi marqué par une insuffisance d’accès aux services de santé promotionnels, préventifs et de soins, au vu des besoins énormes de la population ; un faible accès à la scolarisation et à l’alphabétisation, des difficultés d’accès à l’emploi et d’énormes crises sociales.

Une prévalence contraceptive de 32% en 2020

Le rapport croissance démographique et développement économique n’est plus à démontrer et le Burkina Faso s’est résolument engagé à faire de la planification familiale une priorité pour la maîtrise de la fécondation et le contrôle de la croissance. Cette volonté s’est traduite par de nombreuses actions, dont la tenue annuelle de la semaine de la planification familiale depuis 2012, en raison de deux éditions par année et l’élaboration d’un Plan national d’accélération de la planification familiale pour la période 2017-2020 (en cours d’élaboration). Ce plan, selon le directeur de la santé de la famille, Dr André Yolland Ky, qui vise la capture du dividende démographique, ambitionne d’augmenter la prévalence contraceptive de 22,5% en 2015 à 32% en 2020. Cela, dans le souci de ramener l’indice synthétique de fécondité de 5,4 enfants par femme en 2015 à 4,7 enfants par femme en 2020, en rapport avec l’objectif du Plan national de développement économique et social (PNDES).

100 000 nouvelles utilisatrices par an

De l’avis de Dr Alimata Diarra/Nama, représentante résidente de l’OMS au Burkina Faso, représentante par intérim de l’UNFPA au Burkina Faso, la SNPF se présente comme une nécessité pour la promotion de la planification familiale. À l’en croire, 19% des femmes burkinabè n’ont pas accès aux services nécessaires et aux informations relatives à la santé de la reproduction. D’où la nécessité de tenir cette rencontre de sensibilisation et de plaidoyer au profit des populations, notamment celles vivant en milieu rural. À ce sujet, elle souligne que depuis 2012, la SNPF a permis de sensibiliser en moyenne 500 000 personnes par an, dont 60% de femmes, à l’intérêt de la planification familiale. Par ailleurs, de 32 743 nouvelles utilisatrices de planification familiale en 2012, l’on est passé à plus de 55 000 par an depuis 2014, soit une augmentation moyenne de 70%. Et depuis 2016, ce sont en moyenne 100 000 nouvelles utilisatrices qui sont enregistrées par an.

Notons que cette 7e édition de la SNPF sera ponctuée par plusieurs activités, dont l’offre gratuite de méthodes contraceptives, la mobilisation communautaire, le plaidoyer destiné en l’occurrence aux leaders coutumiers, les conférences en milieu scolaire, les causeries éducatives, les animations de stand.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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