Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

LEFASO.NET | Haoua Touré • dimanche 13 mai 2018 à 21h38min

Il a officiellement été présenté à l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Bobo-Dioulasso, le samedi 12 mai 2018, un nouveau parti politique appelé Organisation des peuples africains (OPA), présidé par Maître Ambroise Farama. Outre la présentation du parti, il était question du lancement de la pétition relative à la nouvelle Constitution et de l’installation du tout premier commissaire régional de l’OPA section des Hauts-Bassins.

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Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

Créée le 11 février 2018 avec pour président Me Sigui Ambroise Farama, l’Organisation des peuples africains (OPA) est un parti « révolutionnaire, panafricain et anti-impérialiste » avec pour devise : « Le Burkina Faso ma fierté, l’Afrique ma force ». Bien que jeune, l’OPA voit déjà grand et les militants sont optimistes pour la conquête de Kossyam en 2020. Par ailleurs, l’OPA veut contribuer à la promotion de l’intégration africaine, la libre circulation des peuples et œuvrer à la création des Etats-Unis d’Afrique.

Cependant, cette quête du pouvoir nécessite des préalables dont l’implantation de comités dans toutes les communes, tous les villages et toutes les régions du Burkina et à l’extérieur. Ainsi, la région des Hauts-Bassins a été la première à bénéficier de l’installation du commissaire régional de l’OPA. C’est le président de l’OPA, Ambroise Farama, qui s’est chargé d’installer Kassoum Dembélé comme commissaire régional de la section OPA des Hauts-Bassins.

Selon le commissaire, l’un des atouts qui démarquent l’OPA des autres partis politiques, c’est l’engagement fort des militants qui, en plus de répondre à la mobilisation, financent le parti à travers des cotisations.

Quant aux motivations réelles de la création de l’OPA, c’est, selon Ambroise Farama, le constat de « l’insatisfaction de la population de la gouvernance de l’actuel gouvernement car elle constate que la gauche traditionnelle a échoué, en témoigne la démission de certains ministres à cause de cet échec ».
Il estime donc que l’OPA a le devoir et même l’obligation de reconstituer cette gauche à travers le néo-panafricanisme révolutionnaire qui s’appuiera sur des valeurs traditionnelles africaines, la responsabilité, la solidarité…

Le président a cité quelques points de l’échec de l’Etat comme l’insuffisance sécuritaire avec l’abandon du Nord à son propre sort, l’exploitation minière dont l’Etat ne bénéficie que de 10%, la gouvernance.
Il a également évoqué la dissolution du Tribunal militaire au profit du civil, l’incompétence judicaire avec le non-aboutissement de certains dossiers.
Par ailleurs, il a abordé l’échec du projet de Samendeni qui est aujourd’hui en deçà de la capacité du rendement prévu, à cause des détournements de fonds. Il est aussi revenu sur la question de l’insécurité alimentaire avec l’annonce du gouvernement d’une prochaine crise alimentaire. Ce qu’il déplore le plus, c’est la décision du gouvernement de revendre des vivres offerts gratuitement par la Chine pour aider le Burkina à lutter contre cette crise alimentaire, tandis que le parc automobile de l’Etat est renouvelé à coûts de milliards.

Pour relever ces défis, il a lancé un appel à ses militants et à la population en ces termes : « Le peuple doit prendre son pouvoir et ensemble nous allons construire un Etat burkinabè nouveau, un Etat dans lequel il fera bon vivre pour tous, qui va assurer la justice sociale, l’accès à l’eau, l’éducation et la santé pour tous ».

Concernant le lancement de la pétition contre le projet du gouvernement sur la constitutionnalisation de la capitale, Ambroise Farama a avancé les raisons qui l’ont motivé à le faire. En tant qu’avocat et donc assez imprégné des lois, il estime que le contenu de cette nouvelle Constitution pose problème en ce sens que la constitutionnalisation de la capitale comporte des risques car en cas d’attaque de la capitale Ouagadougou, dans une situation de guerre par exemple, la logique est de déplacer la capitale. Cependant, cette nouvelle Constitution interdit la modification pour délocaliser la capitale ; ce qui est évidemment absurde en temps de guerre. Voilà les raisons pour lesquelles l’OPA veut récolter 30 000 signatures pour contrer cette loi.
Pour ce faire, c’est logiquement le président de l’OPA qui a apposé sa signature pour donner le top de départ de cette pétition.

Haoua Touré
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 14 mai à 05:40, par Lompo Gabriel
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    Les autres partis je les votais par défaut. Voici un parti de jeunes qui donne de l’espoir. De par sa devise ’’Le Burkina Faso ma fierté, l’Afrique ma force’’ montre bien combien l’idéal de ses premiers responsables tout comme ’’Thomas Sankara ’’ a une vision large et mature pour le Burkina et l’Afrique toute entière.
    Félicitations à vous. Vous pouvez me compter parmi vos militants et vous avez déjà ma voix pour 2020. LG

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  • Le 14 mai à 08:03, par Nobga
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    A ce rythme on n’aura plus un seul avocat non politisé (crédible) pour défendre nos dossiers de justice de façon impartiale. Ils vont tous à la soupe à leur manière ! Que c’est très dommage pour nous ! Ceux- là même qui devaient se mettre de côté pour critiquer et défendre convenablement les droits des faibles s’embourbent et nous avec.

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  • Le 14 mai à 08:48, par sidwaya
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    La constitutionnalisation de la capitale est une preuve des pensées régionalistes des Mossi du plateau central. Comment des gens éclairés peuvent pensée un seul instant que la capitale d’un pays peut être inamovible ! Au-déla même des questions de guerre (que Dieu nous epargne de ça), à un moment donné on peut penser que la capitale actuelle ne permet pas certaines ambitions de notre développement et on décide de la délocaliser. Je ne croyais à Touré Soumane mais de plus en plus les choses confirment ses idées. Je crois qu’il faut très vite enlever cette partie de la constitution. C’est pour cela que j’ai toujours dit que les intellectuels politiciens sont les principaux freins au développement de notre pays. Ils sont responsables de la crise sociale et économique de notre pays. Des gens qui égoïstes et foncièrement régionalistes.

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    • Le 14 mai à 16:37, par RV
      En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

      Pour ce qui est de Ouaga comme capitale, Me Farama fait du populisme par intérêts électoralistes.
      Et c’est villain pour un nouveau parti de se discréditer de la sorte.
      1. Il était commissaire de la Commission Constitutionnelle. À ce titre il aurait dû démissionner.
      2. Cette disposition n’est pas intangible. Elle peut donc être modifiée.
      En cas de force majeure, la capitale peut se trouver hors du pays. Cas de la capitale de la France libre en Angleterre !
      3. En temps de guerre, même un pays peut disparaître. URSS.
      4. Le CNR a changé la Haute Volta en Burkina Faso sans demander l’avis du peuple dont il se réclamait.
      Quant on parle de velléités de partition du Nord Burkina, on ne peut pas alimenter la haine ethnique sans conséquences.
      Heureusement que la majorité des burkinabé ont plus de hauteur que les politicards !

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    • Le 14 mai à 17:22, par Zangoté
      En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

      Je suis Mossi du Plateau Central mais je n’étais même pas au courant de cette disposition. De grâce, soyez vous-même moins régionaliste et le Burkina se portera mieux. De toutes les façons, ce n’est pas en ridiculisant les gens que vous obtiendrez leurs voix. Allons seulement.

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  • Le 14 mai à 11:39, par sage
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    C’est le Burkina Faso s’appuie sur son identité culturelle, les vertus transmises par nos ancêtres et en revisitant l’histoire du Royaume mossi, vous conviendrez avec moi que nous ne formons qu’un seul et unique peuple. Ce fondement devrait être battis dans l’union, dans la fraternité, dans la convivialité, dans la solidarité et dans l’amour pour son frère et sœur.

    Mais hélas, le blanc a su exploiter notre force pour nous diviser. D’abord la religion (on se hait entre religion parce que l’un est musulman et l’autre est chrétien alors que nous formons un seul peuple), ensuite l’ethnie (on parle de mossi, de bobo, de dioula, de bissa, de peulh, ; ; alors que nous formons une seule identité, un seul Père et une seule nation), l’aide ou le prêt (financement du PNDS à Paris alors qu’il suffisait que nous comptons sur notre propre force en étant debout comme un seul homme pour construire ce pays avec la combativité et le sacrifice) ; le mode et avec tous son corollaire, on veut tout ce qui vient d’ailleurs comme si on était né dans un autre pays.

    Les burkinabès doivent se regarder en face sans distinction de religion, ni d’ethnie, ni de région et redessiner ensemble la base de leur développement sans faire appelle à des forces occidentales mais en comptant d’abord sur nous même.

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  • Le 14 mai à 12:09, par tolodo
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    Je souhaite devenir militante de votre parti que dois je faire ?
    merci

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  • Le 14 mai à 13:30, par TRAORE
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    Mon ami Lompo Gabriel, tu n’as rien vu encore avec les politiciens. Les jeux de cache cache. Politique à la recherche du gombo dans des mensonges. Opposition comme pouvoir, ils sont tous pareils. Lorsqu’ils chantent, tu les écoutes et tu te cherches.

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  • Le 14 mai à 20:58, par justice
    En réponse à : Politique : l’OPA fait son entrée dans l’arène politique burkinabè

    Est-ce seulement par la politique que l’on peut faire sortir le Burkina de sa situation actuelle ? Sans une vraie conscientisation du peuple, la politique va devenir la première cause de notre retard à tous les niveaux. La politique a déjà divisé nos familles dans les villages. Tous les chercheurs d’electeurs arrivent à mentir parce que nos populations n’ont pas un niveau politique élévé. Et je comprends pourquoi une fois au pouvoir les politiciens ne veulent pas faire de l’éducation leur priorité : ils ont tous peur de l’élévation de la conscience du peuple.

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