2e édition du festival « Les nuits djongo » : Le djongo prend le pouvoir trois nuits durant à Pô et à Tiébélé

LEFASO.NET | Marcus KOUAMAN • jeudi 10 mai 2018 à 21h23min

Débuté dans la soirée du vendredi 4 mai 2018 à Pô, la 2e édition du festival « Les nuits djongo » a refermé s’est portes dans la nuit du dimanche 6 mai 2018 dans la commune de Tiébélé. Durant trois nuits, les amoureux du live ont pu savourer plusieurs sonorités du pays des Hommes intègres.

2e édition du festival « Les nuits djongo » : Le djongo prend le pouvoir trois nuits durant à Pô et à Tiébélé

« Jeunesse et citoyenneté active : défis et perspectives », c’est sous ce thème que les villes de Pô et Tiébélé ont vibré au rythme du djongo, 72 heures durant. Au premier jour du festival (vendredi 4 mai), les habitants de Pô ont pu jauger la teneur de la chose grâce à la parade des troupes de divers horizons et des masques de la province de la Sissili. Une parade suivie de la cérémonie officielle d’ouverture du festival et du concert live. De 18h à 2h du matin, le public, qui n’a pas marchandé sa participation, a été tenue en haleine par des troupes traditionnelles et des artistes dont la renommée a traversé les frontières burkinabè. De la prestation de Solo Dja Kabaco celle à Maï Lingani (qui a clôturé la soirée) en passant par Alice Aditoua et Saga Den, le mixage entre le djongo et les autres styles n’a fait que rehausser le niveau de cette entrée en matière.

Au deuxième jour du Festival (samedi 5 mai), c’est sous un temps menaçant que le live a débuté à la place Nimaro de Pô. La nuit était prometteuse avec à l’affiche Awetou, Nourat, Smockey et Daizy Franck. Après une belle prestation de cette dernière sous de fines gouttelettes de pluie, c’est Awetou qui, à son tour, a montré au public de quoi il est capable. Lorsque Awetou, dont l’autre prénom est Adoua (pluie en langue kassena), prit possession du micro, les fines gouttelettes de pluie se transformèrent en grosses gouttes, comme par magie. Le tonnerre et les éclairs donnaient l’impression que la foudre allait frapper la scène. Fort heureusement, cette situation n’a fait que plonger la ville dans le noir, l’énergie de la nature ayant pris le dessus sur l’énergie électrique. C’est contraint par la pluie que le live de la seconde nuit a pris fin.

Le djongo dans toutes ses expressions
La dernière nuit du festival (dimanche 6 mai) a été consacrée aux habitants de Tiébélé. Cette commune bien connue pour la texture particulière de sa cour royale est en passe d’être inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Après une visite de ce joyau de Tiébélé fondé depuis les années 1600, place au live du soir. Les festivaliers qui ont effectué le déplacement ne se sont pas ennuyés avec les tambours de la cour royale de Tiébélé, la troupe Tienadouanin de Réo, les « soldats du micro » et Nourat. Le roi du djongo, Bil Aka Kora, est monté sur scène à Tiébélé, chose qu’il n’avait plus faite depuis 20 ans. Accompagné de ses musiciens du Djongo Système, il a, durant 40 minutes, tenu en haleine un public qui n’en demandait pas plus en déroulant des titres mythiques de son répertoire comme « Si Badina », « Sofia », « Dibayagui ».

C’est sous une note de satisfaction que les rideaux sont tombés sur la 2e édition du festival « Les nuits djongo » autour de minuit. Après son show, Bil Aka Kora, directeur artistique du festival, n’a pas manqué de remercier les partenaires et les bonnes volontés pour leurs apports à la réussite du festival. Malgré les difficultés financières pour tenir l’activité pendant les trois jours, le public a pu savourer plusieurs sonorités du terroir. « On ne peut jamais totalement atteindre tous les objectifs, mais l’essentiel pour moi est atteint. C’est de faire participer aussi des groupes professionnels, de jeunes groupes, des groupes amateurs et de faire venir des troupes de toutes les régions pour prester sur une belle scène », a-t-il indiqué. Il aurait aimé doter certaines troupes traditionnelles en matériel (tenue, instruments de musique) pour qu’elles fassent bonne presse, mais ce n’est que partie remise. La 3e édition du festival promet de belles choses, puisqu’elle va s’ouvrir aux artistes des pays voisins.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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