Démissionnaires de l’UNIR/PS : « Je n’ai pas adressé une lettre de démission au président et ne comprends pas cette décision », Désiré Traoré, député- maire de Solenzo

LEFASO.NET | David Demaison Nébié • mardi 8 mai 2018 à 21h24min

La rumeur avait couru avant de se confirmer, l’Union pour la Renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) est secouée par une vague de démissions. Des militants de premier ordre qui auraient assisté à la rencontre constitutive d’un parti politique formé entre autres par des dissidents du parti l’œuf seraient « démissionnaires » ou « démis », c’est selon. Puisque c’est après leur participation à ladite rencontre qu’en application des textes de l’UNIR/PS dit-on, ils auraient été considérés comme démissionnaires par les premiers responsables du parti. Parmi eux le député Alexandre Sankara du Kadiogo, Justin Wahir Somé le président du tout nouveau parti politique Progressistes unis pour le Renouveau (PUR). Certains ne l’entendent pas de cette oreille, arguant qu’ils n’ont jamais adressé de lettre de démission au parti. Dans un communiqué de presse publié à cet effet, Me Bénéwendé Sankara, président de l’Union pour la Renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) a dit prendre acte de cette décision (Voir pièces jointes). Le Député-Maire de Solenzo Désiré Traoré est aussi concerné. Il dit n’avoir jamais déposé de lettre de démission. Pour lui, cette démission aurait été décidée par le parti. Nous l’avons rencontré ce lundi 07 mai 2018. Il nous donne son point de vue sur cette décision et la marche de son parti.

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Démissionnaires de l’UNIR/PS : « Je n’ai pas adressé une lettre de démission au président et ne comprends pas cette décision », Désiré Traoré, député- maire de Solenzo

Ce ne sont plus des rumeurs, il y a une crise chez les sankaristes. Une décision du Président de l’UNIR/PS prend acte de votre démission du parti et certains camarades de l’UNIR/PS. Qu’en est-il réellement ?

Désiré TRAORE : Merci de me donner l’occasion afin d’éclairer la religion de nombreuses personnes qui ne cessent de m’appeler depuis le vendredi 4 mai pour comprendre ce qui se passe. Je n’ai pas adressé une lettre de démission au Président de l’UNIR/PS. Aussi, je n’ai pas fait de déclaration publique dans ce sens. Moi aussi, je n’ai pas compris le sens cette décision, seul le président peut nous donner des explications plus claires. Toutefois, si je venais à prendre une décision dans ce sens cette décision serait sans équivoque.

On vous reproche d’avoir pris part à une Assemblée générale constitutive d’un parti politique.

Désiré TRAORE : Faux et archi faux, je n’ai jamais pris part à une assemblée générale constitutive d’un parti politique, j’ai seulement assisté à la cérémonie de clôture de l’assemblée générale dudit parti le samedi 28 avril 2018 à 15 heures suite à une invitation des organisateurs de l’Assemblée générale qui se trouvent être des anciens camarades de l’UNIR/PS avec qui j’entretiens toujours d’excellents rapports.

Vous dites que vous aviez été convié à une Assemblée générale constitutive d’un parti politique fondé par vos anciens camarades, de quel parti s’agit-il ? Quand est-ce que ce parti a été créé ?

Désiré TRAORE : Le jeudi 26 avril 2018 à l’Assemblée nationale, j’ai reçu une invitation à une cérémonie de clôture d’une Assemblée générale constitutive d’un parti politique. Comme sus indiqué, c’est le samedi 28 avril 2018 que les organisateurs de l’Assemblée Générale ont rendu publique la création du parti politique nommé Progressistes Unis pour le Renouveau (PUR). De nombreux autres invités étaient présents à cette cérémonie de lancement de ce parti politique.

La direction de l’UNIR/PS était-elle informée de votre invitation et de la création de ce parti ?

Désiré TRAORE : Au siège de l’UNIR/PS, le secrétariat a refusé de réceptionner la lettre d’invitation qui m’était adressée. C’est ainsi que les organisateurs m’ont retrouvé à l’Assemblée nationale pour me remettre la lettre d’invitation. Je peux dire que la direction du parti a eu connaissance de ces invitations qui étaient adressées à un certain nombre de camarades de l’UNIR/PS, même le Président y était invité.

Quels sont les fondateurs de ce nouveau parti ? Viennent-ils tous de l’UNIR/PS ou d’ailleurs ?

Désiré TRAORE : Après lecture de la composition de leur Bureau, j’ai remarqué que bon nombre des membres sont nos anciens camarades de l’UNIR/PS mais j’ai remarqué quelques visages nouveaux.

Quelle est votre position actuelle par rapport à ce nouveau parti ?

Désiré TRAORE : Je vous ai déjà dit que j’ai gardé de bons rapports avec certains membres de ce nouveau parti. Je leur souhaite bon vent et surtout une bonne animation de la scène politique. Vous savez qu’il existe au Burkina Faso une liberté totale de création des partis politiques.

Depuis un certain temps on vous voit rarement dans les activités de votre parti. Que se passe t-il ?

Désiré TRAORE : C’est vrai, depuis le dernier congrès, j’ai demandé à ne plus faire partie de l’organe dirigeant du parti dans le but de mieux me consacrer à la gestion de ma commune. C’est la même décision que j’ai prise pour me faire décharger de mes fonctions de 2ème Questeur à l’Assemblée nationale. Je profite de l’occasion pour m’excuser auprès des militants qui n’ont pas très bien compris cette décision.

D’aucuns parlent de manœuvres dans le but du retrait des mandats des élus surtout au Kadiogo. Que dites-vous ?

Désiré TRAORE : Vous dites au Kadiogo ? En politique les manœuvres existent mais si celles-ci sont avérées, elles n’honorent pas leurs auteurs et je pense que le président est suffisamment lucide pour ne pas tomber dans ce piège. Je pense que les élus doivent être sereins car les raccourcis en politique se payent cash.

Quel sentiment avez-vous en voyant votre parti dans ces difficultés ? Et quelles sont les causes ?

Désiré TRAORE : (Silence) Je suis membre fondateur de l’UNIR/PS, j’ai le cœur meurtri de voir ce creuset partir en lambeaux. Au nom de l’idéal sankariste, de nombreux militants ont vu briser leurs carrières professionnelles, leur vie familiale etc. Des camarades ont souffert de leur engagement.
J’ai implanté le parti dans toute la région de la boucle du Mouhoun, parfois avec les moyens de bord. Je rends hommage à un grand frère Zounkata TUINA qui dirigea la mairie de YAHO.
Avec la persévérance et la détermination des camarades des Banwa, j’ai été élu député et ensuite Maire de la commune de Solenzo. Ces camarades méritent considération et reconnaissance mais hélas.
Pour les causes de nos difficultés, elles sont nombreuses mais on peut retenir les principales qui sont la gouvernance du parti, le manque de camaraderie et l’intolérance entre camarades, les petits calculs mesquins.

Entretien réalisé par David Demaison NEBIE

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