Vie politique nationale : Le CFOP désormais face à la presse chaque mardi

LEFASO.NET | Cryspin Masneang Laoundiki • mardi 8 mai 2018 à 21h27min

Le Chef de file de l’opposition politique du Burkina Faso (CFOP) a animé un point de presse sur les sujets d’actualité du pays, ce mardi 8 mai 2018 à Ouagadougou. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré a annoncé que cette séance va se tenir chaque mardi de la semaine.

Vie politique nationale : Le CFOP désormais face à la presse chaque mardi

Le rendez-vous est désormais donné avec les hommes de médias. Les « sujets brûlants » vont être décryptés hebdomadairement par le Chef de file de l’opposition politique du Burkina Faso (CFOP).
Pour cette première séance, le chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré a justifié le contexte de l’initiative. Selon lui, ce sera une occasion pour le CFOP de donner sa lecture de l’actualité nationale et une manière d’être disponible à la presse pour d’autres sujets éventuels. Chaque semaine, deux ou trois représentants des partis de l’opposition politique vont se présenter à la presse pour l’exercice. En ce jour, ce sont Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et Adama Séré du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF), qui se sont jetés à l’eau.
Au cours de ce premier tête-à-tête, plusieurs sujets étaient au menu des échanges.

Attaques terroristes

« Enlèvement de personnes, fermeture des tribunaux, menace vis-à-vis des agents de l’Etat, etc. Quand les gens de Ouagadougou vont jusqu’à dire parfois que nous avons pratiquement perdu le Nord, cela veut dire qu’on a quand même un problème », a déploré le CFOP. Une situation qui selon les conférenciers, ne les a pas laissés indifférents, car cela « va au-delà des questions partisanes ».
Toutefois, « même si on ne va pas se bagarrer, il faut qu’on se dise un certain nombre de vérités », a martelé Zéphirin Diabré. « Nous sommes en guerre et lorsque c’est ainsi, il faut que les deux ministères (défense et sécurité) qui sont à la pointe soient vraiment gérés par les meilleures compétences que nous avons », a-t-il commenté. Et Adama Séré du RDEBF d’ajouter que la question du terrorisme est transversale donc « le gouvernement devrait quand même mettre en place un mécanisme de sursaut national afin que tout Burkinabè partout où il se trouve, sache que le pays est attaqué et cela va permettre d’apporter une contribution pour remporter la bataille ».

Création d’une banque agricole

Selon Adama Séré, l’opposition est sensible aux sujets qui touchent la population. Parmi ceux-ci, figure le déficit céréalier annoncé par le ministre de l’agriculture.
En ce qui concerne le projet de la création d’une banque agricole, le CFOP dénonce déjà un problème de transparence à ce niveau. En effet, l’opposition dit avoir appris que 70 personnes ont été choisies pour avoir des actions dans cette banque en gestation. L’opposition se demande sur quelle base ces personnes ont été choisies. C’est pourquoi, un courrier d’explication a été envoyé au gouvernement afin de mieux comprendre la liste de personnes choisies et les critères en la matière, a annoncé M. Diabré.

Vers la fin de la politisation de certaines OSC

Le 16 juin 2017 lors de la deuxième session du cadre de concertation et du dialogue que le chef de l’Etat a eu avec les Organisations de la société civile (OSC), où il a dit que « le rôle des OSC, ce n’est pas la prise du pouvoir d’Etat ; le rôle des OSC, ce n’est pas de faire la politique ; le rôle des OSC ce n’est pas non plus de créer la division au sein des Burkinabè et de créer l’esprit de haine. De même, il ne nous appartient pas en tant que gouvernement d’instrumentaliser les OSC en notre faveur. Chacun de nous a une ligne rouge à ne pas franchir », a rappelé Zéphirin Diabré.
« Mais quand je mets cela en face de ce que le MPP est sur le terrain, il y a problème. Et cela crée une confusion de genre et c’est cela qui fait que l’opinion n’a plus confiance en ce que j’appelle le relais structuré », a constaté le chef de file de l’opposition. Selon lui, le phénomène s’est beaucoup fait ressentir après l’insurrection d’octobre 2014 où on rencontre des « fausses et vraies » OSC. Ainsi, le CFOP interpelle le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) et les OSC sérieuses à réagir.

7ème congrès ordinaire du CDP

Les 5 et 6 mai derniers, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a tenu son 7ème congrès ordinaire au cours duquel le président Eddie Komboigo a été reconduit pour un mandat de trois ans. Lors de la cérémonie d’ouverture, certains partis politiques de l’opposition dont l’UPC, y ont pris part. Cela a occasionné plusieurs réactions tendant à discréditer le CFOP. Face à cela, Zéphirin Diabré apporte la précision. « Le CDP est un parti légalement reconnu et appartient à la scène politique nationale. Les gens qui sont au CDP sont des Burkinabè donc ils ont raison de faire leur congrès. Ils sont membres de l’opposition donc c’est tout à fait naturel qu’ils aient le soutien et la solidarité des autres membres de l’opposition. On est dans la même famille politique », a-t-il indiqué.

Légitimité des Koglweogo

Dans la foulée, l’opposition burkinabè a félicité le groupe d’autodéfense « Koglweogo » de Boulsa, dans la commune rurale de Barsalogho, pour l’arrestation des présumés terroristes, la semaine dernière. A la question de savoir si c’est une manière pour le CFOP de légitimer l’existence des koglweogo, Zéphirin Diabré a répondu par la négative. « Il ne s’agit pas de légitimer puisque les populations l’ont déjà fait. Nous disons qu’il faut une coordination avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). Lorsque les koglweogo agissent en bien, nous saluons et quand c’est le contraire, nous denonçons », a-t-il clarifié.
Il faut rappeler qu’en entame des échanges, le CFOP a tenu à féliciter la presse burkinabè suite au classement 2017 de la liberté de la presse. L’occasion a été saisie également par l’opposition pour refaire un bref compte rendu de sa récente rencontre avec le chef de l’Etat, rencontre axée sur la nouvelle constitution et le vote des Burkinabè de l’extérieur.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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