Bonne gouvernance : Journalistes et OSC sur le même front

lundi 30 avril 2018 à 18h30min

La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (Media fondation for West Africa ), en partenariat avec le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a organisé du 25 au 27 avril 2018 une formation au profit des journalistes sur les questions de gouvernance et de redevabilité. Les médias sont des acteurs clés dans la promotion de la bonne gouvernance dans leurs actions de veille sur l’action publique. Pendant trois jours, leurs capacités ont été renforcées pour davantage de transparence, de redevabilité des gouvernants.

Bonne gouvernance : Journalistes et OSC sur le même front

Le projet « Renforcement de la participation du public et exigence de redevabilité dans la gouvernance à travers des plateformes effectives des médias et du dialogue sur la gouvernance » lancé le 24 avril a aussitôt initié une formation au profit des journalistes.
La bonne gouvernance et la redevabilité en démocratie, c’est le sujet d’entrée en matière développé par le Dr Luc Marius Ibriga, contrôleur général de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). Il notera que la bonne gouvernance, concept vulgarisé dans les années 1980, surtout par la banque mondiale, est intimement liée à la démocratie.

La notion de bonne gouvernance implique entre autres, la transparence, la primauté du droit, la participation des parties prenantes, la lutte contre la corruption. En somme il s’agit de l’ensemble des mesures édictées pour assurer et optimiser la gestion des affaires publiques aux plans politique, économique, administratif…

Au Burkina Faso, selon Luc Marius Ibriga, les exigences de la bonne gouvernance se retrouvent même dans la constitution, avec le principe de redevablité. Aussi différentes lois votées et des institutions publiques comme le programme national de bonne gouvernance, l’assemblée nationale, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC)…font la promotion de la bonne gouvernance qui pour être efficace, a besoin d’une citoyenneté agissante. Pour exercer la redevabilité, le citoyen doit être informé, et c’est en cela que les journalistes sont des acteurs incontournables.

La bonne gouvernance est également promue par des institutions sous régionales comme la CEDEAO avec son protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance. Le contrôleur général de l’ASCE-LC a expliqué le fondement et les implications du protocole, avant de partager l’expérience de son institution dans le contrôle en tant que structure chargée du contrôle et de la lutte contre la corruption.

Les médias, oxygène de la bonne gouvernance

Dans une société démocratique, l’on ne saurait parler de bonne gouvernance sans les médias. Selon le deuxième formateur, Germain Bitiou Nama, directeur de publication du journal l’Evénement, pour plus de transparence, de redevablité dans la gestion des affaires publiques, il faut plusieurs éléments. Un engagement citoyen de la part des journalistes, un leadership engagé et éclairé des pouvoirs publics. Quand on ferme les yeux sur les fautes de gestion, cela pourrait plus tard être source d’instabilité, une barrière vers la prospérité partagée, se convainc le journaliste Germain Bitiou Nama pour expliquer la nécessité et la responsabilité pour les hommes de médias de plonger leurs plumes dans les plaies de la société.

Les médias burkinabè dans l’ensemble jouent avec courage leur rôle de chien de garde, s’est-il félicité. Nul besoin encore de rappeler ‘’les lièvres’’ débusqués par les journalistes dans leurs productions, mais aussi par les plateformes qu’ils offrent aux citoyens de s’exprimer. Selon Germain Bitiou Nama, certaines radios et télévisions doivent leur célébrité à des émissions interactives sur la redevabilité et la transparence.

Toutefois, le communicateur a déploré les entraves de tous ordres qui empêchent les journalistes dans leurs missions d’intérêt public. En premier lieu, il s’agit de la loi 051 du CNT portant accès à l‘information publique. Son vote a été un espoir pour les citoyens, surtout pour les journalistes, en ce qu’elle était véritablement un outil de transparence. Mais, aucun décret d’application n’a été pris, si bien que la loi est restée une coquille vide.

En plus, il faut noter la culture du secret entretenu toujours par certains agents publics. Malgré les textes, Germain Bitiou Nama se convaincra donc que tout dépend de la culture démocratique du milieu.

Des recommandations pour un Burkina mieux gouverné

En plus des journalistes, des acteurs de la société civile ont reçu également une formation sur leur place dans la promotion des valeurs de la bonne gouvernance. A l’issue des travaux, des recommandations ont été formulées dans le sens de permettre à ces deux groupes d’optimiser leur combat. Ainsi, les hommes de médias ont recommandé entre autres, la mise en place d’un front uni OSC et journalistes en vue d’une forte collaboration dans la promotion de la redevabilité, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

Ils fondent espoir en ce front eu égard à l’insuffisance de sanctions ou de suites judiciaires données au travail d’investigation de la presse.
Ensuite, les journalistes ont interpellé l’autorité sur l’application effective de la loi N°05 -2015/CNT portant droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs. Pour ce faire, il faut la création de l’Autorité nationale d’accès à l’information publique (ANAIP) et la prise des décrets nécessaires à l’application effective de la loi N°05 -2015/CNT portant droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs.


Lire aussi : Médias et bonne gouvernance : Un projet pour renforcer l’attelage


Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 1er mai à 02:36, par SAWADGO En réponse à : Bonne gouvernance : Journalistes et OSC sur le même front

    Grand merci pour ce pas feutré ! Juste suggérer une petite correction sur les lois cité. Je pense que c’est la seule loi N°05-2015/CNT au lieu de la loi 051 cité en premier lieu. Merci M.Tiga Cheik SAWADOGO pour la publication. Grand Chapeau à M.le Contrôleur Général de l’Autorité de l’Etat. Bravo à Journalistes/participants. A mon humble réflexion, la création de l’ANAIP serait inutile car une loi votée non appliqué est sans effet ; ce qu’une loi n’a pas pu faire appliquer c’est pas un décret qui pourra le faire. Personnellement, je doute fort de notre Assemblée Nationale car je ne peux comprendre que malgré à nombre élevé de ses députés arrive à oublier ou fermer l’œil sur l’application de certaines lois qu’elle a créée vu l’importance. Pour preuve ; voyons ce qui c’est passé à l’ouverture du procès du putsch manqué au côté des journalistes étant donné que cette loi 05 existe depuis 2015/CNT. Création de l’ANAIP= augmentation de charges à l’Etat.

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