Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

DECLARATION • vendredi 27 avril 2018 à 15h37min

A Djibo, alors que les élèves manifestaient pour exiger la réouverture de leurs écoles, le Tribunal de grande instance se fermait pour cause d’insécurité. C’est ce que la presse de cette semaine a révélé.

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Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

La fermeture du Tribunal de grande instance de Djibo a été confirmée par le Conseil supérieur de la magistrature au cours de sa première session extraordinaire tenue du 23 au 24 avril 2018. Le compte-rendu qu’en a fait la Secrétaire permanente, publié dans l’Observateur Paalga du 25 avril 2018, indique que « l’absence de dispositif sécuritaire idoine a conduit le personnel en fonction dans ce tribunal à quitter ladite localité ».

Le Conseil supérieur de la magistrature a déploré la situation et suggéré que le Président du Faso, garant de l’indépendance du Pouvoir judiciaire en soit saisi, pour une recherche de solutions au problème sécuritaire du palais, et des réponses aux multiples conséquences que cette fermeture pourrait engendrer.

Ainsi donc, après la fermeture des écoles, des mairies, c’est au tour des palais de justice. Avons-nous perdu le Nord et le Sahel de notre pays ? Il est très surprenant, voire choquant, pour les Burkinabè de se rendre compte que l’État burkinabè est incapable d’assurer la sécurité du palais de justice de Djibo. Le palais de justice est l’expression-même de la souveraineté nationale. Le pouvoir judiciaire y est exercé par les juges sur toute l’étendue du territoire.

La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de lourdes conséquences. Il est évident, sur le plan politique, que la souveraineté nationale est profondément ébranlée par cette fermeture, puisque le Pouvoir judicaire ne peut plus être exercé sur le ressort de ce Tribunal de grande instance. Le gardiennage des droits et libertés individuels n’est plus assuré dans le ressort de cette juridiction. Les populations du ressort du Tribunal de grande instance de Djibo, en plus de ce qu’elles vivent de l’insécurité, peuvent voir en cette fermeture, un abandon de l’Etat central, un abandon du Président du Faso.

Si on ne peut pas en vouloir aux personnels en danger de partir en laissant les autres à leur sort, on peut en vouloir à l’Etat de n’avoir pas pris « les mesures idoines » leur permettant de rester. Si cette fermeture devait durer, il faudrait trouver les moyens de faire traiter les dossiers en instance pour éviter que ce qui n’était que de la lenteur de la justice devienne de l’injustice envers des justiciables. Mais comment gérer le sort des actes administratifs assurés par un tribunal ?

Il est évident que le Président du Faso a failli à sa fonction de garant de l’indépendance du Pouvoir judiciaire.

Il est évident que c’est le Droit fondamental d’accès à la justice garanti par la Constitution qui n’est plus assuré par l’État burkinabè aux populations visées.
L’UPC déplore la fermeture du tribunal et d’autres services publics dans le Sahel. Le parti exprime sa compassion à l’endroit des populations laissées à elles-mêmes, et à l’endroit des travailleurs menacés et forcés de quitter leurs postes.

Pour l’UPC, l’heure est grave. Le Gouvernement du Président Roch Marc Christian KABORE doit donc monter au créneau pour expliquer au peuple burkinabè comment nous en sommes arrivés là. Il faut surtout que dans les délais le plus brefs, des solutions idoines soient trouvées pour la réouverture de ce palais de justice, pour qu’aucun autre tribunal ne soit contraint de fermer pour les mêmes raisons.

Ouagadougou, le 27 avril 2018
Pour le Bureau politique national de l’UPC,
Le Secrétaire national chargé des affaires juridiques et institutionnelles,
Kouliga D. NIKIEMA

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Vos commentaires

  • Le 27 avril à 15:46, par abdoul
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Oh c’est triste !!!! Et pourquoi on demande aux enseignants de reprendre ? Donc la vie d’un enseignant ne vaut pas celle du magistrat ? Tant pis pour les enseignants qui banaliseront leur vie.....

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  • Le 27 avril à 15:51, par Faso biiiga
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Malgré les discours d’auto satisfaction qu’on entend partout, cette fermeture est bien la preuve que nous sommes entrain de perdre cette partie de notre territoire.

    Cher compatriotes ouvrons les yeux et ressaisissons nous avant qu’il ne soit trop tard !

    Tous derrières nos FDS ! mais nous devons aussi critiquer si ca ne vas pas pour pourvoir aller de l’avant.

    Succès aux armes du Faso !!

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  • Le 27 avril à 17:18, par Brahima
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Franchement il y a une chose que j’ai du mal à comprendre ! Que font ces milliers de militaires dans les casernes de Bobo, Ouaga, Dédougou, Pô,etc..., pendant que l’ennemi est entrain de récupérer notre Sahel ; sans être expert en la matière, j’estime que le minimum serait d’envoyer urgemment du renfort pour sécuriser la zone ; en principe à l’heure actuelle, tous les services publics du Sahel devrait être sous haute surveillance par la partie de nos FDS. En fait elle joue à l’occupé dans les casernes de Bobo, Ouaga, Dédougou, Pô,etc..., pendant qu’elle est vivement demandée au champ de bataille ( au nord) par le peuple Burkinabè, pour combattre l’ennemi qui avance sans résistance, chaque jour qui passe.

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  • Le 27 avril à 17:19, par SAA
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    "L’UPC déplore la fermeture du tribunal et d’autres services publics dans le Sahel. Le parti exprime sa compassion à l’endroit des populations laissées à elles-mêmes, et à l’endroit des travailleurs menacés et forcés de quitter leurs postes."
    Quelle hypocrisie !!!!!!!!!
    Votre partie et toute l’opposition aviez l’opportunité d’en discuter avec le président comme priorité, mais helas, il n’y’avait que le vote des Burkinabè de l’étranger et la constitution qui vous préoccupait. Rien que la soif du pouvoir.

    Aussi, voulez que le Gouvernement du président Roch Marc Christian KABORE explique au peuple burkinabè comment nous en sommes arrivés là.
    Quelle hypocrisie !!!!!!!!!
    Tout le peuple Burkinabè paie de son silence quand ces derniers (Fou de Dieu) pavanaient au Burkina tout en endeuillant nos voisins sans le moindre mot.
    D’autres personnes plus proche de l’UPC aujourd’hui peuvent mieux expliquer au peuple burkinabè comment nous en sommes arrivés là.
    Drôle d’opposition en Afrique et particulièrement dans mon FASO.
    La soif du pouvoir quant tu me tiens !!!!!!!!!!!!!!

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    • Le 28 avril à 10:02, par sti
      En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

      Le plus hypocrite c’est toi SAA. Continues de défendre aveuglement ton pouvoir, d’autres l’ont fait avant toi. Nous savons où ils se trouvent actuellement.
      Au lieu de voir objectivement les choses, vous vous mettez sournoisement à dénigrer chaque fois qu’une critique vient de l’opposition même si elle est fondée.
      Comment veux-tu que l’opposition en discute avec le Président si elle est convoquée pour autre chose ? Est-ce l’opposition qui a établi l’ordre du jour de la rencontre ? De la mauvaise foi de votre part ?

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    • Le 28 avril à 10:44, par Spartacus du Burkina
      En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

      L’hypocrite c’est bien toi
      Si des proches de l’UPC peuvent expliquer ce qui se passe ;quand est il de celui qui a été la deuxième personnalité de l’état en son temps,président de l’assemblée nationale 10ans,président du cdp jusqu’en 2014,et aujourd’hui président du pays en personne ?
      Répond plutôt à cette question au lieu de t’en prendre à l’UPC. Sans l’avènement du même UPC qui a énormément contribué à réunifier l’opposition contre le régime de Blaise, la vocation profonde de ton mentor était de voir Blaise mourir au pouvoir ,et j’en veux pour preuve sa célèbre déclaration d’anticonstitionnel de Article 37.
      Si le peuple Burkinabé etait responsable par leur silence sur les fou de dieu,il l’est toujours pour avoir reconduit ces mêmes ténors de l’ancien régime.
      Mise a part les concepts ethniques et l’achat des députés et cadres de ce parti qui est votre programme de société ; vous n’avez rien à reprocher à ce parti.
      Cdlt

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  • Le 27 avril à 18:28, par warbita
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Les magitrats affectes a fada ne sont pas fou pour rejoindre leurs postes alors que Djibo debande

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  • Le 27 avril à 19:20, par Ybi
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Pourquoi ne pas former tout le monde à la manipulation des armes comme Sankara l a souhaité en son temps ? Ainsi tout burkinabé serait prêt à défendre sa patrie comme notre devise nationale nous l enseigne" La patrie ou la mort nous vaincrons".

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  • Le 28 avril à 09:49, par wendemete
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    c’est vraiment deplorable que des hauts commis de l’État comme les magistrats détenteur de pouvoir a un niveau élevé désertent une ville. Djibo agonisait déjà (fermeture des écoles depuis plus de dix jours ) et avec la fermeture du palais, elle n’est qu’une ville morte(marché a bétail presque inexistant aussi). j"imagine déjà ce que les autres fonctionnaires(enseignants) diront quand on leur dira de retourner travailler. ils veillerons surement à vérifier que le palais de justice est rouvert et que tout le monde y travaille sans être inquiété. certes pour se sauver les magistrats ont fuient ; mais dans le contexte actuel ; nul n’est a l’abri des attaques terroristes ou qu’il soit et la débandade ne saurait être une solution. le sursaut de courage et de patriotisme doit émané d’eux et la population sera ragaillardie. toutes les vies ont la même valeur mais à grand pouvoir à grande responsabilité.

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  • Le 28 avril à 10:53, par DIABATE Yaya
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    Yaco aux pauvres détenus de DJIBO. Des gens qui n’arrivent pas à évacuer les dossiers même s’ils travaillent tous les jours,n’en parlons plus qu’il y a un problème de sécurité.Vivement que le conseil supérieur de la magistrature travaille à avoir un délai raisonnable pour le traitement des dossiers judiciaires.Sinon comment comprendre qu’un dossier d’instruction puisse faire plus de 3 ans (TGI Orodara) alors que ,pendant ce temps, ce sont des supposés innocents qui croupissent dans les maisons d’arrêt et de correction.Pauvre BURKINA FASO.Que Dieu nous sauve vraiment

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  • Le 28 avril à 11:27, par AMADO
    En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

    L’UPC se comporte comme si ses militants ont quitté le BURKINA et attendant 2020 pour revenir voter. Avant de critiquer ou reprocher il faut travailler. Le Faso d’abord. Ce qui ne marche pas incombe tout le monde. Les terroristes tirent sur tout ce qui bouge. Pas de UPC. de MPP. Seul DIEU est fort. Penser qu’après l’insurrection la vie sera rose immédiatement c’est rêver en couleur.

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    • Le 29 avril à 22:16, par zougou
      En réponse à : Burkina Faso : La fermeture du palais de justice de Djibo entraine de « lourdes conséquences » selon l’UPC

      Merci mon frère de te réflexion. On a l’impression de voir dans la brousse un charognard qui attend que la victime agonise pour en finir. L’upc n’attend que des situations compliquées pour sortir raconter des histoires. Dans l’écrit elle propose quoi ? Est-ce que c’est l’explication du gouvernement qui change le quotidien des populations du sahel ? Tous les pays du sahel ont ce problème et on a vu personne en vouloir à son gouvernement. Nous sommes maudits parce que nous avons des problèmes et nous ne sommes pas capable de nous unir pour combattre l’ennemie commun. C’est déplorable et irresponsable de vouloir fermer les yeux sur ce qui est évident. Je suis déçu de la vision de nos leader. Le but de tout un chacun est 2020 comme si quelqu’un a un remède miracle à la situation que le pays traverse. On peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre. Nous sommes hypocrites.

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