Energies renouvelables : Vers la création d’une filière dans les écoles techniques secondaires

mercredi 25 avril 2018 à 01h26min

Koudougou, la cité du Cavalier rouge, a abrité les 23 et 24 avril 2018 un atelier national de réflexion pour la création d’une filière et la mise à disposition de curricula de formation et de formateurs en énergie renouvelable au Burkina Faso. Organisée dans le cadre du programme « Voix pour le changement », cet atelier a réuni une soixantaine d’acteurs de la formation technique et professionnelle, sous les auspices de Madame le Gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Coulibaly.

Energies renouvelables : Vers la création d’une filière dans les écoles techniques secondaires

Le Burkina Faso fait ses premiers pas dans le domaine des énergies renouvelables, qui constituent 6,4% de l’offre d’énergie. Et cela n’est pas sans difficulté : faible qualité des services intimement liée à la faible qualification technique de la main d’œuvre, elle, consécutive à l’offre de formation presque inexistante dans le domaine. Après avoir mené le plaidoyer auprès du ministère de l’énergie pour une meilleure qualité des services en matière d’énergie renouvelable (ER), les OSC membres du programme « Voix pour le changement » ont décidé d’ajouter des partenaires stratégiques à leur arc. Il s’agit du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation et du ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles. Ceux-là ont pris part, aux côtés d’autres acteurs, à un atelier de 48h dans la ville de Koudougou, en vue de baliser le terrain pour l’intégration d’une filière « Energie renouvelable » dans les écoles techniques secondaires du Burkina. L’objectif à terme étant de former une masse critique de professionnels certifiés, capables de fournir des services de qualité aux populations.

Recommandations

Par petits groupes, les catégories d’acteurs ont formulé des attentes à l’endroit des uns et des autres

Pour appuyer ses actions de plaidoyer, les OSC membres du programme ont réalisé trois études. Elles portent sur l’état des lieux de l’offre de formation en énergie renouvelable, les opportunités de financement des écoles en vue de la création ou le développement des filières de formation en énergie renouvelable, et la relation entre la formation et la qualité de service. Outre ces études, le ministère de l’éducation nationale, le ministère de la jeunesse et la chambre de Commerce ont fait des communications aux participants, qui à l’issue de travaux de groupes, ont formulé quelques recommandations.

Selon Dieudonné Sanou, chargé de programmes à OCADES CARITAS Dédougou, la première recommandation des participants à l’atelier concerne l’optimisation des efforts entre les ministères de l’éducation et de la jeunesse dans la mise à disposition des curricula de formation pour les établissements d’enseignement technique et professionnel. Aussi, il a été recommandé la création d’une fédération des établissements privés et publics œuvrant dans le domaine des ER afin de porter une voix commune auprès des décideurs. Enfin, il a été proposé une synergie d’actions de l’ensemble des acteurs pour un accès des populations à des services d’énergie renouvelable de qualité.

Attentes

Dieudonné Sanou, chargé de programmes à OCADES CARITAS Dédougou (Au micro)

Cependant, notons qu’un peu plus en amont, chaque catégorie d’acteurs présente à l’atelier a exprimé ses attentes à l’endroit des autres participants. Par exemple à l’endroit des OSC, il est attendu entre autres un plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers pour le financement des activités. De l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT), l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE) et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-BF), il est attendu la facilitation de l’immersion professionnelle des apprenants en leur sein et la possibilité d’initier des projets de convention avec d’autres entreprises. Ces structures ont également donné l’assurance que les OSC seraient impliqués dans l’élaboration du référentiel de certification des installateurs en ER.

« Nous sommes confiants »

Vue des participants au deuxième jour de l’atelier

Pour assurer la continuité des conclusions des travaux de l’atelier, il est prévu la désignation, au niveau de chaque catégorie d’acteurs, de responsables chargés de la mise en application d’une feuille de route. A quand la création de la filière dans les établissements d’enseignement technique et professionnel ? « Difficile d’y répondre », selon Martin Van Dam, coordonnateur des énergies renouvelables à l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) au Burkina. Toutefois, l’homme pense qu’un allègement des procédures administratives et une bonne coordination seront nécessaires à la mise en œuvre de cette vision commune. « Nous sommes confiants qu’ensemble, en communiquant, en partageant des informations, nous allons atteindre notre objectif », a-t-il laissé entendre.

Encore du chemin à faire

Martin Van Dam, coordonnateur des énergies renouvelables à l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) au Burkina

Outre la communication, il faudra également du courage et de la détermination de la part des OSC, à en croire l’Abbé Jean Paulin Ki, Secrétaire exécutif d’OCADES Dédougou. « Un long chemin a été parcouru et nous venons de fixer les balises d’un autre chemin. Nous avons du travail qui ne sera accompli que main dans la main », a-t-il lancé. Une invite bien reçue par la directrice de la formation continue et de l’insertion (MENA), Mme Solange Compaoré/Traoré, qui a indiqué que le plan de développement des établissements d’EFTP pourrait bien être réajusté pour prendre en compte les énergies renouvelables. De son côté, Madame le Gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Coulibaly, a réitéré sa disponibilité à accompagner l’ambitieux projet.

Le programme « Voix pour le changement » en bref

Abbé Jean Paulin Ki, Secrétaire exécutif OCADES-Dédougou

En rappel, le programme « Voix pour le changement » est mis en œuvre et coordonné par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV). Financé par le ministère néerlandais des Affaires étrangères (DGIS), il bénéficie de l’appui technique de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI). Il comprend trois composantes à savoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la résilience pastorale et les énergies renouvelables. Cette dernière thématique est portée par trois OSC dont l’Association de la gestion des ressources naturelles et de la faune de la Comoé-Léraba (AGEREF/CL), le Centre écologique Albert Schweitzer (CEAS) du Burkina Faso et l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES)/Dédougou.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 25 avril à 09:29, par L’ECOLOGUE En réponse à : Energies renouvelables : Vers la création d’une filière dans les écoles techniques secondaires

    Quand on lit de près cet ecrit, tout de suite, l’on est proté à crire que initiative de meilleure, il n’y en a pas ; sinon que cette initiative est vraiement la bienvenue et très AMENE.
    C’est du reste le sentiment premier que j’eprouve pour ma part.
    Mais comme le dit la sagesse africaine, " à examiner de très près le lait, malgré sa blancheur apparente trompeuse, on y trouve des poils noirs" ; cela est bien naturel car les poils noirs ne viennent que du pelage des vaches qui ont été traites.

    Aussi, c’est le cas pour ce que je viens de lire et du sentiment que j’ai. Nous sommes très portés à louer ces initiatives mais lorsque je vois qu’elles ne ne sont que l’émanation d’expertise extérieure avec le vocal à moi très détestable des ptf (entendez des partenaires techniques et financiers), je suis tout de suite rebuté par tout ce qui a précedé.
    Donc il ne s’agit pas d’une reflexion venant de la prise de conscience d’acteurs burkinabé pur sang, mais de choses suggérées, de choses pensées dehors pour nous proposer et nous les faire adopter comme étant bonnes pour nous.

    Alors, la très simple question que je me pose est celle-ci : à quand notre génie intrinsèque va être libéré afin que nous soyons nous mêmes les premiers "expresseurs" de nos besoins parce que comme la loi de la nature le veut, c’est le milieu, l’environnement dans lequel l’HOMME vit qui lui inspire les voies de s’y adapter en recherchant lui seul ces voies ; c’est nous les noirs qui vivont ou du reste dont dame nature a doté notre milieu de cette ENORME IMMENSE richesse qui n’existe autant ailleurs ?

    Comment peut-il se faire que ce soient d’autres qui ne sont pas nés dans ces conditions climatiques soient ceux que vont suggérer (se passer pour les experts NORD) les voies ou du moins les solutions à adopter la recherche de l’utilisation de cette ENERGIE solaire ?
    Depuis combien de temps ddes générations de ce continent sont dans les écoles de formations d’ingénieurs de toutes les sortes qui n’ont pas pu comprendre que notre salut en matière de sources d’energie, c’est l’exploitation du soleil mais que cela passe prioritairement par SA MAITRISE donc naturellement par la formation des acteurs spécialisés.

    Je ne puisse le croire que des qui se pretendent "intellectuels" ne soient pas parvenus depuis lors à un tel niveau aussi élémentaire de CONCEPTION.
    Je suis totalement renversé de le constater et très amer par ailleurs que probablement que certains n’ont pas été incapables de voir les choses ainsi pour notre bonheur ; mais que ceux qui ont pu venir à de telles élévations de l’expression de leur génie n’ont tout simplement été minimisé, non écouté, voir même ridiculisé parce qu’ils osaient sortir de l’ordinaire de la conception des choses.

    Sortir de l’ordre ETABLI par le système colonial (par les autres pour nous), vos propres frères ne vont pas vous écouter avec toute l’attention digne de cela ; mais mieux, ils vont vous vendre, vous livrer poings et pieds liés à l’enemi
    Par contre dès lors que l’idée va venir de l’extérieur, c’est ce qu’il y a de mieux à suivre.

    En conclusion, la classe ou une certaine catégorie des scolarisés qui ont la chance d’être à des niveaux de décision du pays ou même du continent, ne sont pas pour les intérêts de notre continent parce qu’ils ont été formés pour défendre les intérêts ETRANGERS à ceux des populations africanes.

    Comme Thom Sank ; Patrice Lumumba, Mouamar Kadafi, Modibo Keita, et que la liste est bien longue de ces dignes fils de notre continent qui ont montré la voie de notre libération mais que nous avons LACHEMENT laissé assassiné par nos enemis de toujours.
    Il est grand temps que nous accordons toute la confiance à la liberation du genie africain pour notre liberation reelle.
    .
    Ce faisant, soyons NATIONALISTES jusqu’au bout des ongles comme les autres nous le montrent par ailleurs ! parce que c’est par leur ultranationalisme qu’ils se défendent pour survivre sinon ils ne sont pas supérieurs à quelque point de vue que ce soit de nous.
    AIMONS NOUS ET NOTRE CONTINENT que nous devons être prêt à nous sacrifier pour le preserver pour la POSTERITE.
    Telle est une seule digne RAISON DE VIVRE. NOUS SOMMES NOTRE PROPRE SOLUTION
    La Patrie ou La Mort, Nous Vaincrons.

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  • Le 25 avril à 14:33, par ER En réponse à : Energies renouvelables : Vers la création d’une filière dans les écoles techniques secondaires

    L’Ecologue, il y a quelque chose qui a été fait. Allez - voir au ministère de la jeune et de la formation professionnelle.(DGFP) et au MENA (DGESTP).

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