Extrémisme violent au Burkina : Les difficultés économiques, première cause du basculement !

mercredi 11 avril 2018 à 00h43min

« Contributions des organisations de la société civile dans un effort collectif efficace de la lutte contre l’extrémisme violent ». C’est sous ce thème qu’a été organisé, le mercredi, 4 avril 2018, à Ouagadougou, une table-ronde sur la contribution des acteurs de la société civile à la lutte contre l’extrémisme violent au Burkina.

Extrémisme violent au Burkina : Les difficultés économiques, première cause du basculement !

Ce cadre qui a réuni une quarantainede participants d’organisation de la société civile (OSC) dont des journalistes etdes associations de religieux vise à accroître le dialogue et à offrir des possibilités d’échanges entre ces acteurs de la société civile. Il s’agit par-là, d’établir une compréhension commune de base des causes et des approches de lutte contre l’extrémisme violent parmi les OSC. Selon les initiateurs, ce cadre de réflexion approfondie sur la question de l’extrémisme violent permettra aussi de recueillir des avis et des propositions pour une lutte efficace contre le phénomène. Lestravaux se sont déroulés de façon participative avec en sus trois panels.

Ainsi, le premier panel, intitulé« comprendre la nature de la menace », a d’abord été analysé par le directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), Dr Thomas Ouédraogo, à traversla présentation d’une étude réalisée sur l’« initiative de la vulnérabilité et résilience pour faire face à l’extrémisme violent dans le sahel ». Ladite étude a été réalisée dans des villages de Gorom-Gorom (province de l’Oudalan, région du Sahel). Elle a porté sur cinq villages répondant aux critères de vulnérabilité et cinq villages résistant. 205 ménages ont été concernés pour 40 focus groupes réalisés. Selon Dr Thomas Ouédraogo, la perception qui se dégage est l’absence de l’Etat dans ces zones (ce qui crée des frustrations, des sentiments susceptibles d’inciter à une forme de rébellion ou à l’extrémisme violent) et des facteurs de vulnérabilité, il ressort que l’on est plus exposé à l’extrémisme violent du fait des problèmes économiques. En clair, les premières causes de l’extrémisme violent ont un lien direct avec les conditions socio-économiques difficiles. Comme on peut le constater, relève Dr Ouédraogo, l’aspect idéologique (qui se classerait en 4ème lieu) n’est pas le principal facteur.

Le deuxième sous-point de ce premier panel a consisté en la présentation d’un résumé d’une étude sur la radicalisation et l’extrémisme violent, menée par Pr Augustin Loada (ancien directeur exécutif du CGD). Il a été présenté par Lucien Ouédraogo, chargé de programme justice et sécurité de l’Ambassade du Danemark. De son déroulement, il retient que la persistance de la corruption, la dégradation du pouvoir d’achat des citoyens,le chômage juvénile, les radiations de militaires…sont également à l’origine de la fragilisation de la stabilité du pays. A cela, s’ajoute le développement de « l’économie criminelle » de la drogue et l’intégration de Burkinabè dans des groupes terroristes externes. D’où la recommandation d’allier réponse économique à celle militaire pour espérer réduire l’extrémisme violent au Burkina.

Le deuxième panel, « quels sont les rôles des OSC dans la réalisation d’une approche sociale-globale à la lutte contre l’extrémisme violent ? », a été décliné en quatre sous-thèmes. Ainsi, Cheick Koné de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) s’est penché sur les « contributions des leaders religieux » ;« l’apport des femmes » à la lutte contre le phénomène a été scruté par Justine Kyelem de la Plateforme des Femmes du G5 Sahel et d’autres thématiques relatives à la « contribution des jeunes » et aux « apports des OSC », respectivement analysé par Henri Kaboré de Yali Fellows et Aristide Béré, directeur général des libertés publiques et des affaires politiques du ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation.

Quant au troisième panel, il a porté sur les « expériences réussies et prometteuses des OSC dans le travail contre l’extrémisme violent » et s’est décliné en plusieurs sous-points axés, tous, sur des exemples de réussite.

Ces tables-rondes se sont déroulées sous la houlette de Lamoussa Robgo, directeur-pays d’Egalité d’accès Burkina ; Amina Kassé, directrice exécutive de NDI-Burkina et Dr Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD.

Selon la directrice pays de Créative Associates International, chargé de la mise en œuvre du projet partenariats pour la paix, Mariama Sawadogo, ces échanges sont la première d’une série devant conduire dansdifférentes régions du pays avec d’autres acteurs. Les conclusions vont donc servir à l’élaboration d’une stratégie de lutte contre le phénomène. Pour Linda Trudel de l’USAID, partenaire financier, le projet Partenariats pour la paix est une initiative du gouvernement américain pour le renforcement des capacités et de réseautage en vue de faire face à l’extrémisme violent.

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