Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • dimanche 8 avril 2018 à 15h15min

Le 15 février 2018 à Ouagadougou, un groupe de leaders d’organisations de la société civile, après analyse de la situation nationale, ont procédé au lancement de la Coalition nationale pour la justice et la réconciliation (CNJR) dont l’objectif principal est de créer les conditions d’une « réconciliation véritable » des Burkinabè, condition sine qua non pour relever les défis auxquels fait face le pays. Un mois après la mise en route de cette idée, nous avons rencontré le premier responsable de la faîtière, Marcel Tankoano. Figure de la lutte contre le projet de modification de l’article 37 avec son mouvement, M21, M. Tankoano revient, à travers cette interview, sur les motivations de la création de la CNJR et donne sa lecture de la situation nationale.

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Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

Lefaso.net : Comment se porte la Coalition nationale pour la justice et la réconciliation, CNJR, un peu plus d’un mois après son lancement ?

Marcel Tankoano : On peut dire qu’un mois après son lancement, la Coalition nationale pour la justice et la réconciliation bat son plein. Et ce, à partir du moment où chacun de nous (organisations membres de la Coalition) a quand même fait une introspection de deux ans de parcours, de discours de combat, nous pensons qu’il est temps de procéder autrement, construire le Burkina Faso. Comme vous le savez, nous avons, à un moment donné de la marche de notre pays, eu des discours de va-t’en guerre.

Mais, on ne peut pas continuer dans cette dynamique. On est obligé de construire le Burkina, qui ne nous appartient pas seuls. Le pays nous a été légué par nos grands-parents, nos parents et nous nous devons aussi de le léguer à nos enfants. Donc, pour nous, aujourd’hui, il est normal, voire urgent, que nous acceptions cela. Allons à la réconciliation. Pas une réconciliation « mouta mouta » (pour utiliser le jargon burkinabè). Nous, nous parlons de vraie réconciliation ; celle des cœurs et non celle qui converge les populations vers le stade du 4-août ou le stade municipal pour faire le plein des lieux. Non ! Pour nous, la réconciliation est une chose sacrée ; en ce sens qu’il y a les dépositaires d’une telle question (je parle des responsables coutumiers et religieux), c’est à eux de conduire le projet.

La réconciliation qu’il faut au Burkina est politique ; parce que les populations elles-mêmes (du nord au sud, de l’est à l’ouest) n’ont aucun problème entre elles. Le véritable problème, c’est au niveau politique. C’est pourquoi, il faut trouver une solution politique à la situation. C’est au regard de tout cela que nous avons décidé, plus de 200 organisations de la société civile à travers le territoire national, de créer la CNJR pour changer le fusil d’épaule. Il faut regarder dans un grand ensemble, la situation qui se pose aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est un fait qu’il y a eu un coup d’Etat, une insurrection populaire et d’autres évènements qui ont endeuillé des familles. Mais, comme le rythme de la justice est différente de celui du citoyen lambda (les questions de justice sont un véritable marathon), alors qu’il faut continuer à travailler, à se nourrir, à se soigner, nous sommes obligés, tout en ayant en ligne de mire le triptyque (justice-vérité- réconciliation) de voir d’autres pistes pour apaiser les cœurs, en attendant que la justice classique suive son cours.

Que chacun fasse un sursaut patriotique, comprenne qu’entre nous Burkinabè, il y a certes eu des problèmes, mais ce n’est pas parce qu’on s’est frappé à un moment donné qu’on doit ne pas se parler à jamais. C’est vrai, on peut être divisé sur des questions, mais vers la fin, il faut s’accorder pour préparer l’avenir. Il faut dominer la rancœur pour envisager l’avenir. C’est ce qui a justifié la mise en place de cette faîtière qui vise à redonner un souffre aux différents secteurs-clés du pays (parce que, quoi qu’on dise, quand on prend le social, économique, etc., véritablement, les Burkinabè ne se retrouvent pas, c’est lamentable, c’est pitoyable). Certainement qu’aucun Burkinabè n’avait cru qu’en l’espace de quelques années, on allait retomber dans les mêmes travers qu’on a connus et qui ont conduit à l’insurrection.

Ça fait mal de le dire, mais quand c’est la vérité, il faut le dire ; parce que c’est en cela qu’on va trouver une solution. On ne peut pas minimiser la situation ; la situation des uns et des autres, et dire que ça va. On ne peut pas se chatouiller pour rire. Il faut prendre la situation de notre pays au sérieux. Donc, il faut s’asseoir, réfléchir pour jeter les bases pour continuer. Et puis, nous n’avons pas le choix que de faire une réconciliation, à partir du moment où même l’intégrité du territoire national est en proie aujourd’hui. Le Burkina doit rester un et indivisible. Quand vous prenez la partie septentrionale de notre pays, vous vous rendrez compte qu’il y a eu beaucoup de morts et au moment même où nous parlons, il y a des mouvements de populations vers d’autres zones (environs 5 000 personnes).

Au Sahel, il y a environ 98 écoles qui sont fermées et plus de 10 000 élèves remis à leurs parents. Un autre fait, c’est la région de l’est où dans le temps, le seul problème qu’on y connaissait, ce sont les braquages. Aujourd’hui, les mêmes terroristes écument cette zone (on totalise à ce jour environ trois morts). Bref, on est attaqué sur tous les fronts de notre pays. Au regard de tout cela, il va falloir changer de façon de faire et de voir les choses. Qu’on sache raison gardée, qu’on instaure un véritable dialogue entre Burkinabè, qu’on se dise que le Burkina est en guerre contre des bandits et qu’on ne peut combattre des ennemis pendant qu’à l’interne, il y a une division entre Burkinabè. C’est difficile. Il nous faut une solidarité, très forte, pour faire face à cette situation. Sans quoi, il ne faut pas qu’on se flatte, on n’y arrivera à rien.

Lefaso.net : Lors de votre conférence de presse de lancement de la CNJR, vous suggériez qu’à un certain moment de la vie, qu’on ait raison ou tort, il faut accepter jouer balle à terre et penser à l’avenir... C’est quoi votre message aux Burkinabè ?

Marcel Tankoano : C’est pour tout simplement dire qu’à un moment, on doit savoir s’arrêter pour regarder le Burkina d’aujourd’hui et de demain. En Afrique du Sud, il y a eu, à un moment, l’apartheid…et tout ce qu’il a comporté comme dommages. Mais, à un moment, il fallait construire le pays, malgré tout. Pas oublier le passé (la justice doit continuer son cours normal), mais le pays doit avancer. L’autre situation est celle du Rwanda (référence au génocide, ndlr), avec son cortège de morts.

Mais, ils (Rwandais) se sont assis, ont regardé et fait en sorte que le Rwanda soit un pays cité aujourd’hui en exemple. Mais, la justice suit son cours ! Or, il y a peu de temps, ce pays venait s’inspirer du Burkina sur plusieurs plans. Mais aujourd’hui, l’exemple, c’est eux. Donc, dans notre cas, où c’est la souffrance, il faut chercher les voies et moyens pour relancer le pays, apaiser les cœurs et permettre d’attirer les investisseurs (personne ne voudra investir dans un pays non stable). C’est dans cet esprit que nous avons dit qu’on est obligé de procéder ainsi, parce que les hommes passent, mais le Burkina Faso reste.

Lefaso.net : Dans cet esprit de réconciliation, quel est votre approche sur le terrain ?

Marcel Tankoano : Notre démarche est dirigée vers les leaders coutumiers et religieux. Il faut œuvrer à confier cette mission à ceux-là qui constituent le socle de notre société. C’est donc un travail qui se fait sans tapages. Nous avons rencontré de nombreuses personnes-ressources à travers le territoire et le travail se poursuit. On évite donc de faire du tapage ; parce que l’idée peut être pervertie ou des gens peuvent nous prêter des intentions qu’on ne nourries pas. Donc, quand nous les rencontrons, nous leur demandons d’user de tous les moyens pour amener les Burkinabè à la réconciliation des cœurs.

Quand vous prenez un leader religieux, c’est plus facile de dire à ses fidèles ce qui est et le message passe. Je pense que ces personnes sont mieux placées que nous pour le faire. Il y a à côté d’elles, les hommes de médias, pour accompagner cette dynamique. Le rôle des médias est très capital dans la construction de cette société que nous souhaitons tous. Depuis le lancement de la CNJR, j’ai reçu beaucoup de coups de fils de personnes qui nous appellent pour nous féliciter et encourager à poursuivre dans cette idée. C’est aussi ce retour qui fait notre fierté et notre force. Les gens nous disent que c’est vrai, beaucoup de choses se sont passées, mais on est obligé de construire ensemble le pays. C’est d’ores et déjà un succès pour nous à ce stade.

Lefaso.net : C’est dire qu’au-delà de tout, et hors des caméras et micros, les gens conviennent que la réconciliation est un passage obligé ?

Marcel Tankoano : Forcement ! Même dans un foyer, il arrive parfois que monsieur et madame ne s’entendent pas. Ils peuvent même passer des jours à se bouder, personne ne parle à l’autre. Parfois, ils en arrivent même aux mains. Mais, cela ne fait pas de ce couple, un couple divisé ; parce qu’au-delà de tout, quelque chose lie les membres du couple. C’est la même dans notre société. Donc, même ceux qui disent publiquement non, au fond, ils s’interrogent par rapport à cette situation. Nous sommes convaincus que seule la réconciliation va nous permettre de gagner, tous.

Aller à la réconciliation n’est pas synonyme d’abandonner la justice, non. Et comme on le dit, la justice des hommes reste la justice des hommes, la meilleure justice reste celle de Dieu. Il faut qu’on arrive à quelque chose et pour le Burkinabè, ce qui est urgent, c’est le bien-être social (se nourrir, se soigner, s’éduquer, se loger, se vêtir…). Il ne faut pas perdre de vue cela, car aujourd’hui, ce n’est pas facile pour la plupart des Burkinabè (au moins huit Burkinabè sur dix vous diront que la situation du pays est très difficile).

Lefaso.net : Un homme politique disait qu’à cette allure de cumul de dossiers de crime…, c’est la jeunesse qui risque d’hériter d’une haine transmise par les aînés ; ce qui justifierait l’impératif de la réconciliation. Est-ce votre avis ?

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Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

Marcel Tankoano : La jeunesse souffre aujourd’hui d’un manque de vérité ; on lui a toujours caché la vérité. Elle souffre également du manque de formation que les aînés auraient dû lui donner. C’est aussi le pouvoir des 27 ans qui n’a pas appris à cette jeunesse, comment se débrouiller. On lui a appris à attendre tout des responsables, à faire la courbette pour être quelqu’un.

Nos aînés (leaders) n’ont pas créé des débouchés pour la jeunesse, ils ont passé le temps à travailler à contenir la jeunesse. Tout en sachant qu’à un moment donné, il y aura un blocage. Moi, j’en veux à nos aînés, qui ont pensé qu’ils vont rester éternellement dans leur position, ils n’ont pas préparé l’après-eux. On entendait des expressions du genre « attendez, vous êtes jeunes, ça vient…, vous êtes pressés ». Voilà la situation réelle de notre pays. Donc, aujourd’hui, la question, c’est comment libérer cette jeunesse. Les Universités burkinabè sont réservées aux enfants des pauvres. Quelqu’un qui est à l’université aujourd’hui est considéré comme un potentiel chômeur, quelqu’un qui a raté sa vie, alors que c’est censé être le temple du savoir.

Lefaso.net : Parler de réconciliation, c’est aussi évoquer le cas des familles des victimes. Sur ce sujet précis, on a l’impression aujourd’hui que de toutes parts, on en fait une utilisation à des fins inavouées (un terrain de combats politiques, de positionnement…), que celle de rendre véritablement justice, au nom de toute la patrie et pour l’histoire !

Marcel Tankoano : Effectivement, pourtant ce que les familles des victimes attendent aujourd’hui, c’est de savoir ce qui s’est réellement passé. Qui a fait quoi dans la mort de leur membre ? Mais, quand vous regardez effectivement, que ce soit du coup d’Etat que de l’insurrection, il y a des victimes qui croupissent toujours sous le poids de leur blessure, des balles dans leur organisme, etc. Mais vous ne verrez pas quelqu’un aller vers ces gens-là pour dire voilà mon soutien, on passe plutôt le temps à évoquer le nom des victimes et familles des victimes à d’autres fins…

Lefaso.net : Il y a donc un jeu d’hypocrisie qui ne dit pas son nom… !

Marcel Tankoano : Exactement, c’est le terme que je cherchais… C’est malsain et cela fait très mal. J’écoutais la dernière fois un blessé qui disait qu’en réalité … (silence), quand lui, il s’est retrouvé dans la salle (salle où se tient le procès du putsch) et qu’il a écouté la plaidoirie de la défense, il a eu l’impression que ceux qui devaient les défendre n’ont pas d’arguments solides à leur cause. Donc, que lui, il était obligé de quitter la salle...et n’avoir que ses yeux pour pleurer. Donc, ça donne l’impression qu’il n’y a pas une appropriation réelle de la situation. Pourtant, rien que pour le coup d’Etat, on comptabilise plus de 200 blessés, qui sont-là, certains sont devenus invalides et d’autres portent des séquelles à vie. Ses propos m’ont beaucoup touché…

Lefaso.net : Un vrai combat est également ailleurs !

Marcel Tankoano : Oui, le combat-là est ailleurs. Moi qui vous parle, je traîne une blessure de l’insurrection populaire. Je ressens régulièrement les douleurs et c’est fini, c’est quelque chose qui reste indélébile sur moi. Mais quand quelqu’un te voit, au lieu de demander comment tu vas, c’est « tu manges me laisser ». Donc, c’est vraiment regrettable aujourd’hui que les victimes de ces évènements (les martyrs comme les blessés) soient seulement évoquées dans la bouche et à d’autres fins que pour la cause nationale. C’est regrettable, même humiliant…

Lefaso.net : Dans un tel contexte, pensez-vous qu’on puisse avoir une issue du procès à même de réconcilier les cœurs ?

Marcel Tankoano : C’est difficile de répondre à cette question, parce que dans tout procès, il y a toujours des mécontents. Mais ce qui sera intéressant, c’est de connaître la vérité, ce qui s’est réellement passé. Le citoyen lambda a ses présumés coupables, mais la justice a sa façon de voir les choses. Pour dire qu’en réalité, on ne peut pas sortir de ce procès totalement satisfait. Ça va être difficile. Mais, ce qui va amoindrir la souffrance des uns et des autres, c’est la vérité. Quand vous prenez la configuration autour du procès, vous constaterez que du côté de la partie civile, la mobilisation n’est pas ça, c’est plutôt du côté de la défense qu’on ressent la mobilisation. Cela donne déjà à réfléchir. Tout cela nous consolide sur le fait qu’on doit parler Réconciliation nationale.

Lefaso.net : Et cette réconciliation nationale que vous prônée est-elle celle qui se fait sans tapages et qui met les parents des victimes à son centre !

Marcel Tankoano : Oui, c’est bien cela. Pas celle qui se fait par des cérémonies au stade ou à la place de la révolution, sinon ça devient populiste. On ne peut pas se dire la vérité là-bas, c’est du folklore. Il y a une façon de se parler, entre bourreaux et victimes, pour apaiser les cœurs. Les gens parleront aux familles des victimes, leur faire comprendre que leurs membres sont morts pour toute la nation, pour toute l’histoire de notre pays. Il faut donc une reconnaissance nationale et cette démarche est importante que celle qui se fait dans les stades où on ne sait qui a fait quoi. Il faut placer les victimes dans ce sens-là.

Lefaso.net : Toujours dans la marche pour la réconciliation, mais en lien avec la sécurité, vous appeliez le président du Faso (lors de la conférence du 15 février) à reconsidérer sa position vis-à-vis de l’Armée…, en recourant à un militaire à la tête de la défense nationale et à un spécialiste à la sécurité. La double attaque du 2 mars 2018 et tous les commentaires qui s’en sont suivis semblent, malheureusement, consolider votre perception, de plus en plus partagée par bien d’autres Burkinabè !

Marcel Tankoano : Oui, nous avons dit qu’il n’y a pas de honte à reconsidérer sa position. Nous avons dit de mettre à la tête du ministère de la défense, un militaire et à la sécurité, un spécialiste. Mais, il a fallu seulement qu’on dise cela pour entendre tout de certaines personnes. Le 15 février (2018) que nous avons dit cela. Le 2 mars, le haut commandement même de notre pays a été attaqué. Comment expliquer que des terroristes viennent attaquer le centre du commandement d’un pays (même si on peut dire que l’Etat-major, c’est l’administration). C’est un endroit stratégique, un symbole fort qui devrait dissuader toute personne, même du haut de sa folie. Mais, c’est ce lieu même qui a été le théâtre des vrais dégâts. Comment expliquer cela ? Certains nous ont dit que c’est nous qui avions demandé (sous la transition) la dissolution du RSP (Régiment de sécurité présidentielle) …

Quand nous disions cela, c’était pour dire que nous voulons une armée unifiée, une armée républicaine. Pour nous, aujourd’hui, le Burkina est en guerre et la guerre appartient aux spécialistes. Il faut avoir le courage de dire certaines choses et reconnaître que certaines personnes ne se sont pas assumées jusqu’au bout. Nous avons demandé au président du Faso de revoir sa position, il n’y a pas de honte à cela. Aujourd’hui, quand, en tant que populations civiles, on sort et tape la poitrine, c’est parce qu’on se dit que si ça chauffe, c’est l’armée qui va nous sauver. Mais si l’armée même se cherche, on fait comment ? Si l’armée a été frappée à ce niveau, quels mots encore pour convaincre les Burkinabè qu’on peut tenir ?

Lefaso.net : Revenant à ce qui se passe au sahel, vous souligniez les déplacements de populations, des écoles qui se ferment… Voulez-vous dire qu’on parle peu d’une situation aussi grave, qui mérite d’être plus prise au sérieux ?

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Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

Marcel Tankoano : Il faut dire même que la situation est tellement grave... Il y a eu plus de cent morts dans cette partie. Là-bas, ça ne va pas du tout…. C’est comme la situation dans certains pays où lorsque vous êtes dans la capitale, vous ne savez pas que ça chauffe. Il fallait prendre la question du nord plus au sérieux, mettre les moyens qu’il faut pour y faire face à temps.

Aujourd’hui, la situation s’est généralisée. Pour nous, la question du nord n’a pas eu le traitement qu’il faut. Si on nous attaque une fois, on peut dire qu’on nous a surpris, une deuxième fois, ce peut être une erreur, mais une troisième fois, on ne peut plus qualifier. Je ne sais vraiment pas ce qu’il faut dire encore (silence)… Quand j’ai écouté le Premier ministre, quand il s’est rendu après l’attaque (du 2 mars 2018) à l’hôpital national Blaise Compaoré et à l’hôpital Yalgado Ouédraogo, qui s’est étonné et a dit que ‘’c’est une leçon…’’. C’est grave, parce qu’une leçon, c’est quand c’est une première ou deuxième fois, quand on va au-delà, ce n’est plus une leçon. Pour nous, la situation est grave et il faut une solution urgente. Si on s’amuse et on banalise la situation du Burkina, on ne pourra plus se retrouver. On est en train d’être compressé, même des activités on ne pourra plus tenir à un certain moment, si on s’amuse.

Je vous prends un exemple, il y a eu un festival sur le site du SIAO et entre temps, il y a eu une rumeur de présence de jihadistes sur les lieux, mais, on a ramassé des gens pour amener à l’hôpital Yalgado (du fait de la débandade créée par la rumeur, ndlr) ! Ce qui veut dire qu’il n’y a plus de sérénité. Il faut revoir les choses. On a même tenu un forum sur la sécurité (tenu en octobre 2017 sous le thème : « Garantir la paix et la sécurité pour un développement durable au Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité » et qui a réuni près de 600 acteurs du secteur de la sécurité, ndlr), qu’a-t-il servi au juste ? Pire, après ces assises, les attaques se sont multipliées, jusqu’à ce qu’on vienne frapper notre Etat-major. Il ne nous reste qu’à évoquer Dieu.

C’est au président du Faso de prendre la mesure de la chose et de comprendre une chose : il est le seul à répondre devant l’histoire du Burkina. Ce n’est pas son entourage que le peuple a élu, c’est bien lui Roch Marc Christian Kaboré. A son bilan en 2020, je me demande quelle fierté de totaliser autant de morts sous son mandat (personne n’en sera fière). Or, en prenant le pouvoir, ils (dirigeants) avaient promis défendre l’intégrité du territoire national, protéger les Burkinabè et leurs biens. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Des gens qui meurent dans l’atrocité. Combien de familles endeuillées à ce jour ? Il faut un travail minutieux, qu’il s’élève au-dessus de certaines considérations, car il nous avait dit qu’il était la solution, qu’il était l’homme qu’il fallait, le peuple lui a fait confiance et il faut qu’il trouve des solutions à son problème.

Lefaso.net : Un ancien ministre sous la transition, dont je tairai le nom, a déclaré qu’une des solutions à la situation actuelle du Burkina serait de faire en sorte que tous ceux qui sont en exil rentrent pour participer à de larges concertations de relance du pays. Est-ce votre avis ?

Marcel Tankoano : Je ne vois pas d’inconvénient à cela. Un exemple, quand Thomas Sankara a pris le pouvoir le 4 août 1983, à la guerre de Noël, Seye Zerbo était en prison, mais Sankara est allé le voir, juste pour des conseils sur comment on fait (quand bien même c’est Sankara qui l’a mis en prison, parce qu’ils ont fait un coup d’Etat). Donc, il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso. Chacun, à son niveau, a son apport. Je ne trouve donc pas de problème à cela. Qu’on trouve la formule qui sied. L’importance d’un homme, ce n’est pas forcement sa présence, mais même de loin, de sa façon de voir les choses, de ses conseils, il peut aider. Pour nous, ce qui est important, c’est de savoir ce qu’on veut du Burkina Faso ; parce que, c’est devenu très dur pour tout le monde (on n’ira pas loin que cela dans la recherche de mots).

Lefaso.net : Les perspectives au niveau de la CNJR ?

Marcel Tankoano : C’est de poursuivre notre agenda, continuer à faire le travail auprès des personnes-ressources et sur l’ensemble du territoire. Nous sommes déjà fiers, parce que les gens se retrouvent dans notre combat ; ce qui nous facilite la tâche sur le terrain. Souvent, quand on se rend chez certaines personnes-ressources, on se rend compte qu’elles sont en avance sur nous. Ça fait plaisir. Notre ligne de mire, c’est de voir notre pays sortir de cette souffrance pour être un pays où il fait bon vivre, un pays qui donne espoir à toutes les couches sociales.

Lefaso.net : En guise de conclusion ?

Marcel Tankoano : Merci à Lefaso.net de nous avoir donné la parole, un mois après le lancement officiel de notre coalition pour revenir sur les péripéties. De nombreuses personnes confondent notre démarche à la réconciliation prônée par la CODER (Coalition pour démocratie et la réconciliation nationale), il y a bien une nuance. Dans notre cas, c’est la victime qui demande la réconciliation alors que de l’autre côté, c’est le bourreau qui veut nous imposer la réconciliation. Encore, notre réconciliation ne se fait pas à travers des foras ou un forum national ; nous allons vers les personnes habilitées à conduire un tel processus.

Je voudrais terminer en interpellant, une fois de plus, le président du Faso par rapport à la situation sécuritaire du Burkina Faso. Au-delà de nos divergences politiques et autres, qu’il comprenne qu’il a la lourde charge de conduire les Burkinabè à bon port. Il n’y a jamais une gestion sans difficultés, on est d’accord, mais la situation de notre pays recommande qu’il prenne, lui-même, son bâton de commandement pour dire finalement au peuple : « vous m’avez fait confiance, vous m’avez choisi, je vous avais dit que je suis l’homme qu’il faut, je vais vous amener à bon port. Je suis celui-là qui va vous donner à boire, à manger, vous soigner…, je suis celui-là qui va vous sauver ».

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 7 avril à 16:46, par yam@
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Une des rares fois qu’une OSC a fait une intervention sage et pleine de sens, pourvu que ça continue car c’est le Burkina qui gagne.

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    • Le 7 avril à 23:15, par PAK
      En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

      Une lecture de la situation nationale qui donne davantage à réfléchir notamment sur la situation sécuritaire où nous sommes à près de 200 morts depuis janvier 2016, 98 écoles complètement fermées, environs 10000 écoliers et élèves qui ont arrêté leur cursus scolaire parce-que nous parents sommes dans l’impuissance d’assurer la sécurité pour un déroulement normal de leur cursus, des enfants alors déjà condamnés par la société à n’avoir pas d’avenir ; cet état des lieux montre qu’aucun sacrifice pour un retour véritable à la normale n’est de trop. Il faut que nous burkinabè, on est l’humilité de se mettre à la place de tous ces enfants et ces parents qui observent en toute impuissance le sombre avenir qui semble réserver à leur progéniture et qui ne participent pas aux gros débats que nous menons dans les réseaux sociaux.

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  • Le 7 avril à 17:17, par papa
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Mr Tankoano, vous insistez sur la reconciliation comme s´il y avait eu une guerre civile au Burkina et surtout, ne confondez pas le cas du Rwanda a celui du Burkina. Au Burkina il ya eu un soulevement populaire qui a chasse´ un dictateur et son clan tandis que la situation du Rwanda etait celle de deux ethnies opposees´( Hutou contre Tutsis ou vis-versas ) donc pas d´amalgame. Le Burkina-Faso est compose´ de 63 ethnies, dites moi laquelle de ces ethnies doit demander reconciliation a quelle ethnie ? c´est ca la question, puisqu´il nya pas eu de guerre ethnique ou tribale qui necessite une reconciliation. Le mot reconciliation semble devenir un mot a la mode dans ce Burkina post-insurection ou chacun utulise comme il veut

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  • Le 7 avril à 17:36, par  !!!
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Merci d’être revenu à la raison, mieux vaut tard que jamais. C’est ensemble que nous allons réussir à construire ce pays.

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  • Le 7 avril à 17:38, par  !!!
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Merci d’être revenu à la raison, mieux vaut tard que jamais. C’est ensemble que nous allons réussir à construire ce pays.

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  • Le 7 avril à 18:17, par Ka
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Merci Oumar : J’ai toujours eu plaisir à te lire. Mais ces percheurs de la réconciliation dans notre pays a l’heure actuel perdent leur temps. Tant que Djibril Bassolé le cerveau du coup d’état a la maternelle et son agneau complice Gilbert Diendéré ne sont pas condamnés pour leurs crimes de 1987 à nos jours, parler de justice et de la réconciliation n’est que de chercher une aiguille dans une botte de foin. Tant que François Compaoré, Blaise Compaoré, ne sont pas derrière les barreaux pour les crimes gratuits qui ont endeuillés plusieurs familles de notre pays, la réconciliation sera entre les dents d’un crocodile.

    Je suis, bien entendu, partisan de la réconciliation véritable, celle qui est dans les cœurs, pas celle de façade qui est dans l’esprit de manipulateurs machiavéliques.
    La réconciliation est l’œuvre de tous, elle n’est pas l’apanage ni l’exclusivité du microcosme politique, qu’il soit ou non représentatif. S’il y a une volonté ferme et clairement revendiquée du peuple à se réconcilier, la réconciliation s’imposera d’emblée aux décideurs et il leur suffira d’en prendre acte. Mais tant qu’il subsistera des foyers de haine profonde et viscérale comme on en voit encore, surtout des criminels a la salle des banquets devant les juges en rigolant, et narguant les familles de victimes, la réconciliation ne pourra avoir lieu, surtout si certains de ces abcès purulents sont au sein du microcosme politique et y fait la pluie et le beau temps.

    Mais ce que je voudrai que ces prêcheurs de la réconciliation sachent, c’est que la démocratie et l’état de droit vont de pair. Donc l’impunité et la démocratie sont incompatibles. Tôt ou tard, ceux qui se sont livrés à des exactions ou à des mises en coupe réglée de leurs pays et pensent s’en tirer à bon compte (par exemple par l’exil doré ou pas) finiront par être rattrapés et payer pour leurs méfaits.

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    • Le 7 avril à 23:31, par TINKOUGRI
      En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

      L’esprit de JUSTICE doit se baser sur la vérité La suspension de la CONSTITUTION par Zida et ses complices ne constitue-elle pas un coup d’état ? la mise à l’écart de la constitution par la transition justement appelée BATARDE ne constitue-elle pas une atteinte à la constitution donc un coup d’état ? tous ceux qui se sont rassemblés chez le MOOGHO NAABA pour élaborer et soutenir la mise en place de la charte anticonstitutionnelle ne sont-ils pas des PUTSCHISTES constitutionnellement parlant ? toutes les lois votées et les fonctions exercées par les membres de cette transition ANTICONSTITUTIONNELLE ne sont-elles illégales et criminelles aux yeux de la constitution ? Si coup d’état=prise du pouvoir anticonstitutionnellement ZIDA, KAFANDO et tous ceux qui ont dirigé la transition ANTICONSTITUTIONNELLE ne sont-ils pas des PUTSCHISTES au meme titre que le général Diéndéré et ses camarades ?

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      • Le 8 avril à 20:38, par Ka
        En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

        Tinkougri, tu es Timbaaga : Vouloir aux actions de la transition est d’être un criminel en puissance qui mérite la CPI. Vous pouviez avoir des dents longues contre Zida d’après les informations et les désinformations concernant sa gestion du denier public, c’est votre droit. Mais accusé une transition avec son représentant son excellence Michel Kafondo, malgré toutes les intempéries causé par les criminels qui ont fui la queue sous les jambes durant son mandat est d’être de mauvaise foi : Cette transition nous a permis une alternation politique suivi d’une élection présidentiel dont plus de 50% du peuple Burkinabé ont choisi un représentant et son programme pour cinq ans.

        Pour Ka comme pour plus des 50% de la population, regrette aujourd’hui la transition, car la transition avec le président Michel Kafando et son équipe n’avait pas eu assez de temps devant elle : Malgré le peu de temps, cette équipe a fait un travail de titan qui n’a pas été repris par le président Roch Kaboré et son équipe.
        La transition nous a permis des élections transparentes et apaisées, arrêter les assassins de nos enfants, si cela n’avait pas été fait sous la transition et son équipe, rien ne prouve que cela sera fait avec les RSS.

        Ce que le peuple demande a Roch Kaboré et son équipe c’est de corriger les imperfections de l’équipe de la transition faites à la hâte, car leur temps de gouvernance était très court. Je ne parle pas ici d’un individu, mais à toute l’équipe de la transition qui n’a pas laissé l’alternative a Roch et son équipe en mettant au frais les criminels du coup d’état à la maternelle de Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré.

        Vous qui aviez tout perdu comme avantage avec le régime criminel de Blaise Compaoré, vous vouliez nous berner avec votre connaissance du système juridique des ragots des makis. S’il vous pas, quittez dans ça, et demandons qu’une justice équitable soit faite pour vos mentors, afin que les cœurs des familles des victimes soit apaisés pour une vraie réconciliation solide et durable au pays que nous aimons tous.

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      • Le 9 avril à 13:08, par Le Vigilent
        En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

        Je vois que le sieur TINKOUGRI regrette son paradis perdu ; et je le comprends. Voila de gens quivivaient grassement sur le dos du peuple Burkinabe grace a leurs basses besognes en faveur des tenants du regime chasse par l’INSURRECTION. Il peut pleurer et gemir comme il veut mais il ne pourra jamais rien contre les acquis de l’INSURRECTION, contre la victoire du peuple face aux elements du RSP manipules par les generaux de pacatille pour mettre fin au regime democratiquement elu ; et ne pourra jamais retablir le RSP definitivement dissout. TINKOUGRI, tu peux t’associer au tristement celebre Soumane Toure pour precher votre evangile sur le pretendu caractere anticonstitutionnel de l’INSURRECTION voulue et realisee par le peuple souverein du Burkina Faso. Vous n’arreterez pas la marche radieuse du peuple Burkinabe vers une societe veritablement democrataque, de paix et de justice.

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  • Le 7 avril à 19:33, par djè
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Belle réflexion de la situation sécuritaire, c’est vraiment déplorable ce qui se passe sur ce plan.

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  • Le 7 avril à 20:09, par Agir
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Avant d’aller à cette concertation honteuse il faut que vous fassiez votre mea culpa. il faut que les criminels insurgés demandent pardon au peuple Burkinabé pour le mal qu’ils ont fait à cette nation et qu’ils passent devant la justice repondre de leurs actes. on ne detruit pas impunement les institutions d’un pays tout simplement parce qu’un president voulait consulter son peuple à travers un referendum

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  • Le 7 avril à 21:19, par Yako
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Merci Mr Tankoano,c’est un signe de maturité.Sauf que vous faites une conclusion partielle erronée.Car,vous et CODER vous avez le même souci c’est la méthode qui diffère.Comme quoi il n’ya pas d’âge pour grandir.Le coup d’état du CNT fut l’erreur d’une jeunesse naïvement désabusée par une élite qui n’a ni foi ni cœur.Nous somme un peuple sage comme tel vous pardonne. Merci encore pour la modération.
    Cordialement

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  • Le 8 avril à 01:30, par Ib
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Monsieur mon journaliste préféré, je reviens encore avec ma doléance : celle de vous demander d’interviewer le maire de la commune de bobo, on a vraiment envie de savoir beaucoup de choses sur ce qu’il entend faire de notre capitale économique, ça ne bouge pas à ce niveau.

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  • Le 8 avril à 09:05, par Zemosse
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    TANKOANO, Rock tout seul ne peut pas sauver le Burkina. Il faut revoir totalement la gestion du Pays : sociale (justice sociale, jeunesse....), financière( salaires, fonds publics, malversations ), sécurité (renseignements ). C’est trop pour Rock tout seul ; il est dépassé. Il n’est plus la solution mais le problème. C’est triste à dire. Il a hérité d’un système pourri qu’il a lui même contribué à installer.

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  • Le 8 avril à 10:21, par taali soumaré laa maane sougri
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Une chose est certaine, quelle que soit l’issue des résultats de ce jugement du Putch, rien n’indique que c’est la clé de la réconciliation. La frustation est grande et l’insatisfaction est généralisée sur tous les plans sécuritaire, politique économique morale et même spirituelle. Ce que nous avions semé, nous sommes en train de les recolter et il faudra maintenant en consommer. L’intolérance, la méchanceté, l’orgueil, le synisme, la fourberie, la tricherie, le paternalisme, le clientélisme, le populisme, la démagogie à outrance, la marchandisation de l’administration, l’irresponsabilité au plus haut summum, la moutonnerie, l’anerie, la clochardisation et surtout, le laxisme, l’incompétence avérée sont les maux qui nous plombent.

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  • Le 8 avril à 11:26, par Mafoi
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Désolé mais je reste sur ma faim car monsieur Tankoano ne fait que dépeindre la situation nationale par le plus petit bout de la lorgnette en faisant des amalgames monstrueux.En effet,en quoi sa prétendue réconciliation a à voir avec la situation sécuritaire ?A moins qu’il nous dise clairement que ceux que le peuple burkinabè cherche à juger à savoir ces putschistes notoires qui ont pour têtes de gondole ces 2 généraux de pacotille,ces fuyards que sont bilaise koaussi né Compaoré,françois Compaoré etc....sont en réalité les principaux instigateurs de ces actes barbares.Si tel est le cas,cette fumisterie nommée "réconciliation" ne passera pas,au contraire ils aggraveraient leur cas d’autant que,je le cite :"les populations elles-mêmes (du nord au sud,de l’est à l’ouest) n’ont aucun problème entre elles".J’invite donc monsieur Tankoano à ne pas surfer sur une situation sécuritaire dramatique pour nous vendre sa réconciliation à la coder.D’ailleurs en quoi mettre "un militaire à la tête de la défense nationale et un spécialiste à la sécurité" changerait quelque chose à la donne ?Le problème est ailleurs qui est que nous n’avons jamais eu une armée digne de ce nom.Qui sont ces militaires qui sont au front ?Que des soldats imberbes sans expérience alors que les galonnés se la coulent douce ailleurs.Nous aimerions avoir des Lieutenant Colonel Arnaud Beltrame mais ça ne sera pas pour demain avec ou sans votre réconciliation tant que notre armée ne changera pas en profondeur

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  • Le 8 avril à 15:45, par Samd paa Wendé
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Dieu même dont la miséricorde dure à jamais ne pardonne à personne tant qu’elle même ne reconnaisse son péché et demande pardon.
    Alors une occasion est donnée à ceux qui sont accusés de reconnaitre leurs fautes ou de nier devant la justice ,ceux dont la culpabilité est avérée ,s’ils sont humbles demanderont le pardon et la réconciliation ira de soi !
    C’est incompréhensible que pendant qu’il se tient le procès du coup d’État du 15 SEPT 2015 ,on trouve des gens qui embouchent leurs trompètes pour fredonner chaque jour la réconciliation avant l’issue du procès. On ne peut pas mettre tout en perte et profit et demander la réconciliation , c’est trop facile !

    Répondre à ce message

  • Le 8 avril à 19:14, par MOREBALLA
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    Monsieur TANKOANO vous lisez l’avenir sociopolitique du Burkina en bon initié du sable du gulmu. Vous vous êtes rendu compte que l’après 2020 est pleine d’incertitude , il est donc très sage d’avoir des propos et des pensées de réconciliation et d’apaisement, carrément à l’opposé du verbiage du M21. Pour notre part nous nous exprimerons toujours pour l’équité et contre l’injustice, quelque soit le qui, qui en subisse ou qui en fait subir.

    Répondre à ce message

  • Le 8 avril à 19:20, par Ka
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    ’’’A’’’ l’internaute Tinkougri, tu es Timbaaga : Vouloir aux actions de la transition est d’être un criminel en puissance qui mérite la CPI. Vous pouviez avoir des dents longues contre Zida d’après les informations et les désinformations concernant sa gestion du denier public, c’est votre droit. Mais accusé une transition avec son représentant son excellence Michel Kafondo, malgré toutes les intempéries causé par les criminels qui ont fui la queue sous les jambes durant son mandat est d’être de mauvaise foi : Cette transition nous a permis une alternance politique suivi d’une élection présidentiel dont plus de 50% du peuple Burkinabé ont choisi un représentant et son programme présidentiel pour cinq ans.

    Pour Ka comme pour plus des 50% de la population Burkinabé, regrette aujourd’hui la transition, car la transition avec le président Michel Kafando et son équipe n’avait pas eu assez de temps devant elle : Malgré le peu de temps, cette équipe a fait un travail de titan qui n’a pas été repris par le président Roch Kaboré et son équipe.
    La transition nous a permis des élections transparentes et apaisées, arrêter les assassins de nos enfants, si cela n’avait pas été fait sous la transition et son équipe, rien ne prouve que cela sera fait avec les RSS.

    Ce que le peuple demande a Roch Kaboré et son équipe c’est de corriger les imperfections de l’équipe de la transition faites à la hâte, car leur temps de gouvernance était très court. Je ne parle pas ici d’un individu, mais à toute l’équipe de la transition qui n’a pas laissé l’alternative a Roch et son équipe en mettant au frais les criminels du coup d’état à la maternelle de Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré.

    Vous qui aviez tout perdu comme avantage avec le régime criminel de Blaise Compaoré, vous vouliez nous berner avec votre connaissance du système juridique des ragots des makis. S’il vous pas, quittez dans ça, et demandons qu’une justice équitable soit faite pour vos mentors, afin que les cœurs des familles des victimes soit apaisés pour une vraie réconciliation solide et durable au pays que nous aimons tous.

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  • Le 9 avril à 14:04, par Le Vigilent
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    insi donc, le Sieur Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR est un expert hors paire en matiere de DEFENSE et de SECURITE ? Vivement que le president Rocch Marc Christian Kabore lui confie ce departement afin qu’il puisse sauver le Burkina Faso de ces attaques terroristes qui n’en finissent pas !
    Dans ce pays, chacun sort d’on ns sait d’ou pour proclaimer ses « verites et certitudes » fondees sur les ragots des maquis, cabarets et autres cercles de capains. Un peu de modestie et de raison dans les declarations car dans ce pays, les responsables aux differents niveaux en savent beaucoup plus que vous dans leurs domains respectifs de competences.
    Il faudra que les gens de la CODER cooptent Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR pour amener rapidement le pays a la vraie RECONCILIATION.

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  • Le 9 avril à 15:04, par SAPO
    En réponse à : Situation nationale : « Il n’y a pas de honte à concerter tout le monde pour sauver le Burkina Faso », Marcel Tankoano, président du M21, coordonnateur de la CNJR

    " De nombreuses personnes confondent notre démarche à la réconciliation prônée par la CODER (Coalition pour démocratie et la réconciliation nationale), il y a bien une nuance. Dans notre cas, c’est la victime qui demande la réconciliation alors que de l’autre côté, c’est le bourreau qui veut nous imposer la réconciliation."

    C’est là , ta plus grosse erreur. Dans ce pays qui est victime et qui bourreau ; qui n’est pas bourreau et qui n’est pas victime.

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