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Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

Accueil > Actualités > Culture • • jeudi 29 mars 2018 à 00h47min
Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

Le chef traditionnel de Issouka a célébré le samedi 24 mars 2018, la fête des récoltes Nabaasga. À travers cette célébration placée sous le signe de la cohésion sociale, Naaba Saaga appelle toute la population du Burkina Faso à rejeter la violence et à cultiver une solide cohésion sociale en travaillant à réduire les disparités pour le bien être du pays.

Célébré chaque année, le Nabaasga est une fête traditionnelle qui permet à la population et plus particulièrement aux chefs traditionnels de s’adresser aux ancêtres pour les remercier pour leur bonté durant l’année écoulée, et aussi formuler des vœux pour celle à venir. C’est à cette occasion que le chef traditionnel de Issouka, Naaba Saaga 1er a célébré le samedi 24 mars 2018 son Naabasga. Il intervient dans un contexte social marqué par des attentats, des violences qui secouent le pays et freinent le développement. C’est pourquoi, le message du Nabaasga de 2018, depuis Issouka a été centré sur la cohésion sociale pour pouvoir venir à bout de ces perturbations sociales.

La présente édition a été marquée, comme à l’accoutumée par les trois (3) sorties du Naaba avec des toges de couleurs, rouge, blanche et multicolore. À travers ces sorties, le chef réaffirme à la population d’Issouka en particulier et de Koudougou, sa disponibilité à être présent avec elle dans les moments de joie comme de peine dans la transparence, la sincérité, en étant un homme de paix pour porter la voix des sans-voix et les peines des plus faibles au plus haut niveau. Au titre des audiences, en plus des chefs traditionnels de l’Association Song-Naam, la famille, les amis, le monde Universitaire de Koudougou, les autorités administratives et religieuses, le chef a reçu le ministre de l’urbanisme et de l’habitat. Tous venus témoigner leurs amitiés et surtout leur attachement aux valeurs traditionnelles.

En intégralité le message du Chef

Nous sommes devant vous aujourd’hui empli d’un sentiment d’humilité, reconnaissant pour votre soutien et conscient des sacrifices jadis consentis par nos ancêtres. C’est avec le Cœur serré que nous nous adressons cette année aux ancêtres en ce moment précis de l’histoire de notre pays. Nous notons avec amertume que la vie humaine perd progressivement en valeurs positives auprès d’autres humains. Nous condamnons cela. Nos pensées profondes et nos prières rejoignent les familles meurtries, les victimes innocentes qui sont parties et bien sûr, trop tôt. Et à ceux qui sont restés, que vos blessures soient apaisées par l’Amour de la Vie et l’Espoir d’un monde meilleur. Nous croyons profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union et la solidarité que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons les mêmes espoirs. Qu’il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l’épreuve, nous avons refusé de sombrer, nous n’avons pas tourné le dos ni faibli.

C’est le lieu pour nous avant tout, de rendre hommage aux filles et aux fils d’Issouka. Nous saluons les amis(es) d’Issouka, venus partager ces moments avec nous en ce jour spécial de Naabasga. Chers amis(es), notre gratitude est sans limite pour tout cet apport humain et matériel. A la population de Koudougou nous vous restons très attachés et très reconnaissants. Ensemble, nous présentons nos profonds respects et nos hommages au Moogho Naaba Baongo pour tous ses efforts consentis dans la préservation de nos valeurs traditionnelles et culturelles. A tous ses ministres et toutes celles et ceux qui portent des charges et œuvrent quotidiennement au renforcement d’une cohésion sociale si chère au développement harmonieux de notre patrie, recevez nos marques d’amitiés et d’encouragements.

Nous faisons une mention spéciale à tous les chefs traditionnels de l’Association Songnaam ici présents et tous ceux d’ailleurs de par le pays. Ils sont les repaires sociaux, les garants de nos traditions et des valeurs humaines fondamentales. Chers collègues, vous constituez des références privilégiées aussi bien pour la société elle-même qui vous reconnaît comme telles que pour la jeunesse. Merci de nous avoir honorés de votre présence en ce jour. Nous nous inclinons devant la mémoire de ceux qui ne sont plus de ce monde. Le rôle du chef traditionnel est d’appeler à la construction et à la solidification d’une cohésion sociale en tout temps et spécialement durant ces Nabaasga, célébrés chaque année par nous tous. C’est toujours un moment profondément symbolique pour nous adresser à nos ancêtres tout en sollicitant leurs protections et leurs bénédictions.

Nous avons choisi de centrer notre message sur la cohésion sociale qui est la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, en réduisant les disparités et en évitant la marginalisation. La société doit être le creuset harmonieux dans lequel nos enfants puisent leurs forces, trouvent leurs repères pour embrasser une vie pleine d’espérance et d’assurance.

Nous vous souhaitons un Naabasga heureux. Nous souhaitons pour vous et vos proches, le restant d’une année plus doux, plus beau et plus généreux. Que ce qui fut difficile hier ne soit désormais plus qu’un mauvais souvenir au milieu des milliers de souvenirs joyeux de demain. Que nous soyons sources de réconfort et de soutien pour les veuves, les orphelins, les plus petits, les oubliés, les rejetés, les malades et les révoltés.

Puissent les mânes de nos ancêtres veiller sur nous tous. Puisse le Bulkiemde nous aider à bien assumer nos responsabilités sociales cohésives. Retournons dans nos familles, nos lieux de travail, nos lieux de formation, d’apprentissage et d’éducation ; retournons à nos organisations politiques, syndicales, retournons tous à ces endroits qui sont les nôtres avec l’immense devoir de travail, d’unité pour la construction de cette cohésion sociale. Votre exemple, notre exemple seront les raisons de notre fierté et nos succès seront les ferments de notre espérance.

Bon Naabasga Issouka le 24 Mars 2018
NaabaSaaga 1er

Ousmane KABORE
Communication Chefferie
Issouka

Vos commentaires

  • Le 29 mars à 09:43, par PAK En réponse à : Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

    Félicitations au chef de Issouka pour la perpétuation de la tradition. Cependant, je note avec regret que vous ne faites pas allusion dans votre discours au chef du Canton de Lallé notamment sa Majesté Naaba Koanga mais directement au Mooro Naba alors que vous êtes bien intronisé par le Lallé Naba dont la compétence territoriale s’étend de Pabré (dans le Kadiogo) aux environs de Kyon dans le Sanguié en passant bien sûr par Koudougou dont Issouka n’est qu’un des quartiers. Même décédé, le chef de canton dans la pure tradition du Mooro est cité dans les préséances jusqu’à l’intronisation d’un autre. Encore Félicitations car l’une des rares Nabasga médiatisée dans le Canton de Lallé.

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    • Le 29 mars à 10:35, par Na songba En réponse à : Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

      Nous nous inclinons devant la mémoire de ceux qui ne sont plus de ce monde.Merci de bien lire entre les lignes Monsieur K. Vous voyez bien que le chef porte une pensee pieuse pour celui et ceux cités par vous. Il n’ y a toujours pas de chef à Lalle. Alors pourquoi etes vous contre que le chef d’Issouka cite le Moogho Naaba ? . Merci pour les felicitations addressées au Chef d’Issouka qui au moins a introduit le Nabaasga dans la ville de Koudougou pour perpetuer la tradition dans cette ville afin d’aider la population à comprendre le sens d’un Nabaasga.

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      • Le 2 avril à 07:37, par PAK En réponse à : Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

        M. Na songba, ce n’est pas des choses à lire entre des lignes ; ça se dit explicitement et en début de discours ou en prise de parole officielle notamment lors des solennités. Si j’ai une cérémonie coutumière appelée "Nabasga" (le mot ici dit tout), tout se passe dans le discours comme la préséance dans les discours administratifs ou politiques. C’est juste des erreurs qu’on peut corriger. Si je détiens mon pouvoir du jeune chef de canton de Boulsa, je n’ai peux pas me permettre de rendre au Dima de Boussouma sans mentionner a priori le chef de canton.

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  • Le 29 mars à 10:59, par Ka En réponse à : Nabaasga Issouka 2018 : Pour une cohésion sociale au Burkina Faso face aux défis du moment

    Merci PAK pour ta limpide réflexion qui mettra ce chef de quartier sur les rails. Souvent la prétention oblige certaines personnes à oublier l’essentiel : Avec le respect que je dois au chef du quartier de Issouka de Koudougou, il devrait de temps à temps penser à son supérieur qui est le chef de Lallé. Et comme je le dis souvent : ‘’’’La culture est la seule valeur pour identifier tout un peuple : Et ceux qui sont les porteurs de ses valeurs culturels sont nos chefs coutumiers, dont leurs continuités des coutumes de l’ancêtre au grand-père, allant au père en fils, restent une référence de notre jeune démocratie qui cherche son vrai chemin. Je profite dire aux familles du chef de Lallé, que je compatie avec eux, et de tout faire pour la continuité règne pour l’union de toutes les filles et tous les fils du Boulkiemdé.

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