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Conférence mondiale de Cape Town : « Le tabagisme, un obstacle au développement durable sur tous les fronts », (directeur général de l’OMS)

Accueil > Actualités > Société • • mercredi 7 mars 2018 à 23h56min
Conférence mondiale de Cape Town : « Le tabagisme, un obstacle au développement durable sur tous les fronts », (directeur général de l’OMS)

Environ 2 000 hommes politiques, chercheurs, scientifiques, représentants des Nations-Unies et de la société civile, professionnels de la santé et décideurs de plus de 100 pays participent à partir de ce mercredi, 7 mars 2018 (et ce, jusqu’au 9 mars) à Cape Town, Afrique du Sud, à la XVIIème Conférence mondiale sur le « Tabac ou la santé ». Il s’agit, là, de réfléchir sur des mesures pour contrer l’industrie du tabac qui, après avoir perdu du terrain dans les pays développés, a mis le cap sur le continent africain où le nombre de fumeurs est estimé aujourd’hui à plus de 700 millions. Premier du genre en Afrique depuis 50 ans, ce rendez-vous mondial se tient sous le thème : « Unissons le monde pour une génération sans tabac ».

En Afrique, et selon les acteurs de lutte, l’industrie du tabac a trouvé un terrain favorable (pas de mesures de protection des populations comme dans les pays développés) à sa propagation. Pire, elle a opté de prendre les tout-petits pour principale cible, par des stratégies diverses dont l’envahissement des écoles. Sans tapages, mais de manière efficace. Face à la menace qui pèse donc sur le continent (son avenir en cause à travers sa jeunesse), les acteurs ont décidé de ne plus croiser les bras pour regarder les choses se faire. Le tabac étant considéré comme le « produit de consommation courante le plus mortel jamais fabriqué ». C’est dans ce contexte que s’ouvre la 17ème Conférence mondiale sur le « tabac ou la santé » (c’est le premier Forum international de contrôle du tabac).

Présidium de la conférence de presse avec entre autre le ministre sud africain de la santé, Dr Aaron Motsoaledi (3e à partir de la gauche) et l’ambassadeur Michael R. Bloomberg (à l’extrême droite)

« Nous sommes honorés d’accueillir en Afrique du Sud cette importante conférence internationale avec des experts mondiaux et d’autres professionnels de la santé pour lutter contre cette épidémie, en travaillant ensemble pour protéger les générations actuelles et futures des conséquences sanitaires, sociales, environnementales et économiques dévastatrices de la consommation de tabac », a exprimé le ministre sud-africain de la santé, Dr Aaron Motsoaledi.

Pour les organisateurs de cette rencontre, la collaboration internationale est essentielle pour s’attaquer au tabagisme, « principale cause de décès évitable » dans le monde avec son cortège de plus de sept millions de décès chaque année. « La cigarette est le produit de consommation courante le plus mortel jamais fabriqué », apprend-on.

A la faveur de la séance plénière d’ouverture, les intervenants ont tous appelé à une mobilisation des politiques pour la lutte antitabac. C’est pourquoi ont-ils salué et mis en exergue, les pays africains (à l’image du Kenya et du Sénégal) qui ont pris la mesure de la gravité de la situation par la mise en place et l’application effective de dispositions de lutte.

Le tabagisme, au-delà des préoccupations de santé … !

Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, à la conférence de presse d’ouverture de la Conférence mondiale...

Les cancers liés au tabac tuent sept millions de personnes dans le monde chaque année, soit un décès sur dix, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des données, il ressort aussi que le nombre de fumeurs baisse dans les pays les plus riches, mais continue d’augmenter sur la planète. 5 500 milliards cigarettes vendues chaque année par l’industrie du tabac à environ un milliard de fumeurs, pour un chiffre d’affaires d’environ 700 milliards de dollars.

« Le tabagisme nuit non seulement à la santé, mais aussi aux économies, aux environnements, à l’éducation et à l’équité ; c’est un obstacle au développement durable sur tous les fronts », a appuyé le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon le premier responsable de cette organisation, des politiques publiques sont aujourd’hui mises à rudes épreuves du fait des effets du tabac dans les pays.

Le directeur général de l’OMS (à droite), devisant avec l’ancien maire de New-York, Michael R. Bloomberg (connu pour sa hargne contre le tabagisme)

Il faut donc une offensive contre cette « épidémie » et c’est dans cette dynamique que l’ambassadeur mondial des maladies non-transmissibles de l’OMS, Michael R. Bloomberg (milliardaire américain, philanthrope, homme d’affaires et homme politique, maire de la ville de New-York de janvier 2002 à décembre 2013) a annoncé, ce mercredi, la création de STOP (Stopping Tobacco Organizations and Products), un observatoire mondial. Selon l’initiateur, si les mesures de lutte contre le tabagisme ont sauvé près de 35 millions de vies dans le monde, il ne faut surtout pas perdre de vue que l’industrie du tabac cherche de nouveaux utilisateurs, en particulier parmi les jeunes. "Nous ne pouvons pas rester sans rien faire alors que l’industrie induit le public en erreur afin d’attirer plus de gens sur ses produits - et ce chien de garde mondial nous aidera à riposter", a-t-il lancé.

Quid de la situation au Burkina Faso ?

Des journalistes à la conférence de presse

La Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac (CCLAT) sera donc la pierre angulaire de la XVIIème conférence mondiale. Principal instrument en la matière, conclue en 2003, la CCLAT (dont le Burkina est partie) a pour objectif de « protéger les générations présentes et futures des effets sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques dévastateurs de la consommation de tabac et de l’exposition à la fumée de tabac ». Le préambule de cette Convention reconnaît la nécessité pour les États de donner priorité au droit de protéger la santé publique, étant donné la nature exceptionnellement néfaste des produits de tabac et le tort que causent les compagnies qui les fabriquent.

A ce jour, il apparaît que la politique globale en matière de taxe sur le tabac est le moyen le plus efficace de réduire les taux de consommation de tabac. Mais, peu de pays suivent les recommandations de la CCLAT sur la taxe.

Plusieurs sujets et stratégies y relatifs seront donc discutés pendant ces trois jours. Entre autres sujets majeurs, l’actualité sur l’« e-cigarette », qui fait objet d’opinions controversées au sein même des spécialistes de santé publique. Il sera aussi question des nouveaux produits annoncés par la firme du tabac.

Au Burkina Faso, ce sont plus de trois milliards 5 00 millions de cigarettes qui sont vendues chaque année, confient des organisations de la société civile de lutte contre le tabac, précisant qu’à ce jour, ce chiffre est même largement dépassé.

En février 2017, Afrique contre le tabac (ACONTA), de concert avec l’Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (ACTA), publiait un rapport d’enquête sous le titre : « Grands cigarettiers, petites cibles : l’industrie du tabac cible des écoles au Burkina Faso ». Cette étude (qui a concerné plusieurs autres capitales africaines) a mis à nu une « situation alarmante » au Burkina ; tant les écoles sont prises d’assaut par l’industrie du tabac dans sa stratégie de conquête de ‘’nouveau public’’ (les plus jeunes). Une situation qui engendre plusieurs conséquences dans le milieu scolaire (voire, dans la société toute entière) avec la flambée des actes de violences et d’incivisme, le basculement facile dans la drogue, la fragilisation de la santé de ces jeunes, la baisse du niveau scolaire, etc.

Depuis plusieurs années maintenant, ACONTA, en particulier, n’a de cesse tirer sur la sonnette d’alarme par voies de presse, caravanes publiques, ateliers de formation et d’information des acteurs (élus nationaux et locaux, forces de répression, journalistes, ministres, etc.). Si l’adoption en décembre 2017 de la loi portant augmentation de la taxation sur les produits du tabac (un de ses combats majeurs) a été saluée, ACONTA pense également que l’élément capital est l’application effective de la loi, la mesure de la gravité de la situation par les décideurs et la sensibilisation réelle des populations sur les méfaits du tabac.

O.L.O
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